‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 53 sur 287 · VIRUS SOI-DISANT VACCINS · texte numérisé non relu

VIRUS SOI-DISANT VACCINS

se demande si ces granulations ne seraient pas le microbe de la rage ?

Admettons-le pour un instant : mais ces granulations microbiques n'ont pu disparaître par évaporalion ; or, une moelle sèche, d'après M. Pasteur, est privée de virulence, donc les granulations sèches ne sont pas virulentes, donc encore c'est le liquide qui est virulent.

D'ailleurs, la salive d'un chien enragé est éminemment rabifique, et c'est un liquide. Dans ce liquide existent les microbes les plus divers, dont aucun n^est spécifique; et cependant les morsures malheureusement trop fréquentes de chiens enragés démontrent assez clairement et sans mystère que le liquide salivaire est rabiûque. C'est donc que la salive est rabiflque en tant que liquide.

Il se produit probablement une modification isomérique du liquide et du solide qu'elle contient; et si la partie solide peut transmettre la rage, c'est quand elle est imprégnée du liquide, isomériquement modifié par la maladie et par le fait de la spontanéité vivante.

En fait, il est certain que les déviations des phénomènes de la vie engendrent les maladies, et que des poisons morbides se développent spontanément dans les organismes vivants. Le choléra et la rage en sont des exemples; c'est le triomphe de la doctrine de la spontanéité morbide.

Maintenant, on a cru pouvoir transformer ces poisons morbides en REMÈDES, comme la thérapeutique l'a fait pour certains alcaloïdes végétaux; c'est affaire au temps de le démontrer (I).

Ici, le parasitisme prend l'analogue pour l'identique; les inoculations développent le plus souvent des maladies différentes de la maladie primitive ; et les parasitistes se contentent de ces analogies pour conclure de ceci à cela. C'est ainsi qu'ils provoquent une maladie expérimentale, qui ressemble à peine à la maladie primitive ; ainsi, le choléra expérimental, qui est à peu

(1) Voir, plus haut, leçon lxxxv, page 15, les résultats de la vaccination antirabique, et, page 75, ceux de la vaccination anliphthisiqiie.

74 SPONTANÉITÉ MOHBIDE.

prôs au choléra indien ce que l'expectoration est à la phlhisie !

Enfin, dans les doctrines parasitistes, on méconnaît la genèse des produits morbides ; on ne sait pas voir l'évolution des zooglées en bacilles, l'évolution des granulations moléculaires en bâtonnets, et cependant (nous l'avons vu tout à l'heure) l'expérimentation se charge de nous apprendre comment naît le bacille : le laboratoire venant ainsi confirmer et compléter les enseignements séculaires delà clinique.

Ainsi, l'organisme vivant est spontané en santé comme en maladie; en d'autres termes, il fait bien ou mal ses fonctions — cela est évident pour le simple malaise comme pour la maladie confirmée; et je m'efforce de le démontrer.

La doctrine parasiliste est que les maladies sont dues à une invasion microbienne ; la doctrine traditionnelle est que les microbes ne peuvent rien sans la prédisposition de l'organisme ; c'est encore ce que je m'efforce de démontrer.

Je l'ai dit dès 1883, à l'Académie de médecine : « Après tant et de si laborieuses recherches, il n'y aura rien de changé en médecine, il n'y aura que quelques microbes de plus{\) », et l'on m'a traité de blasphémateur scientifique (2).

Or, voilà que, sept ans plus tard, en 1890, un des disciples les plus autorisés de M. Pasteur, M. Duclaux, reprend presque textuellement mes paroles : « Eh quoi ! disaient les cliniciens et les épidémiologistes, allons-nous être obligés de renoncer à toutes ces notions si chères sur l'influence des climats, des saisons, des milieux, des privations, de^la misère physiologique ? Le microbe va-t-il effacer et remplacer tout cela? Tranquillisez-vous, leur répondait-on, vous verrez tout cela reparaître. Il y aura le microbe en plus (3) » .

Aiusi le blasphéraateur"s'est trouvé être un prophète. Pour moi, je m'efforce de raccorder la médecine du présent, pleine de promesses^ à la médecine du passé, pleine de réalités.

(I) Bidleti7i de P Académie de médecine, 27 mars 1S83, page 396. (■2) Pasleui-, Bulletin de l'Académie de médecine, 17 avril 1S83, page 512 : M. Peler commel ce blasphème médical de dire : « Eli! que m'importent vos microbes? Ce ne sera. qu'un microbe de plus. » (3) Journal de Pasteur, septembre 1890.

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