VÉSICATOIRES DANS LE TYPHUS FEVER
place pendant trois^ ou quatre heures, puis nous les taisons enlever : ttDployésdeceitefaçon, ils réussissent très bien à relever l'énergie vitale, à réveiller l'action du cœur et du système capillaire, à rétablir Tactivité de la respiration ; on peut en juger aisément par ramélioration du pouls, la diffusion plus générale de la chaleur, et la régularité des diverses fondions.
LfOrsqu'on n*a en vue que l'effet stimulant des vésicatoires, 11 serait mauvais de les laisser plus de deux ou trois heures; il suffit dans ce cas qu'ils produisent la rubéfaction, ou une vésication tellement légère^ qu'elle donne à la surface l'apparence d'une éruption millalre. Vous avez alors, dans leur intégrité, les efTets excitants de cet agent thérapeutique, et vous n'avez que ceux-là; vous évitez ratfaiblisseraent consécutif qu'il produit.
Vous devez savoir que les vésicatoires appliqués selon le procédé ordinaire ont un double résultat : ils excitent d'abord, et dépriment ensuite; car ils agissent primitivement comme stimulants, et secondairement comme évacuants. Ils produisent d'abord de la douleur, de la chaleur et de la rougeur ; après un petit nombre d'heures, ces syniplômes sont atténués et suivis d'une effusion de sérum; du sang blanc est en réalité extrait des capillaires cutanés : de là une évacuation capable de dimiuuer une congestion accidentelle des parties voisines. Sous Tinfluence de l'excitation à laquelle ils sont soumis, les caçlUeLives pousseiU dans la région une certaine quantité de sany blanc; et en parlant ainsi, je crois me servir d'une expression parfaitement physiologique, car la quantité de liquide en circulation dans une partie du corps dépend de l'action vitale des capillaires de cette partie. C'est à cette influence qu'on doit rapporter l'afflux du sang sur un point, et non pas à la force ou à la rapidité de l'action du cœur; je vous l'ai suflisaninicnt prouvé dans une précédente leçon. C'est par suite des changements survenus dans les capillaires, que les phénomènes de la congestion active et de rinllanioiation sont produits; les vaisseaux de la région alïectée se dilatent cl se multiplient, ceux qui étaient invisibles deviennent perceptibles. Ces modifications ont été attribuées à tort par Haslingset d'autres auteurs, à la débilité et au fonctionnement imparfait des capillaires (1).
A l'action stimulante produite par les vésicatoires succède leur effet débilitanL Si on les laisse en place jusqu'à ce qu'ils aient amené une vésication complète, ils agissent comme évacuants et déplétifs, ils ont
(i) Voyez la note de la page 93.
une influence dépressive sur toute Técononiie. J'ai fréquemment observé ceseflets successiFs dans les maladies chroniques, lorsque je trouvais utile de revenir plusieurs foisà Tusage des vésicatoires. Le jour de leur application , les malades me disaient qu'ils se sentaient plus forts et plus à Taise ; mais le lendemain ils étaient plus faibles, plus déprimés; et cet élat persistait quelquefois plus d'un jour. Or beaucoup de médecins paraissent oublier cette double action. Si , dans un cas d'inflammation survenant chez un sujet très aiïaibli, vous leur proposez d'appliquer quelques sangsues, ils refuseront; mais ils n'hésiteront pas à couvrir l'organe atYecté d'un large vésicatoire, qu'ils laisseront en place jusqu'à complet effet, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il ait soustrait à l'organisme une proportion considérable de sérum.
Vous ne supposez pas, je pense, que je vais vous exposer ici les règles générales de l'emploi des vésicatoires dans les fièvres; vous trouverez tout cela parfaitement indiqué dans vos livres et dans vos manuels. Du reste, je n*ai point formé le projet de vous indiquer, dans tous ses détails, le traitement du typhus lever; je procède autrement : je passe, persaltum, d'un pointa un autre sans ordre et sans méthode; à vous délire les traités dogmatiques, et de les comparer avec l'enseignement que vous recevez ici.
Laissez-moi maintenant vous présenter quelques observations sur cet état particulier du cerveau que nous observons dans la période moyenne du typhus, et contre lequel les vésicatoires constituent notre principal, pour ne pas dire notre unique moyen d'action. Chez plusieurs des malades que nous voyons à l'hôpital, nous rencontrons un cortège de symptômes bien propres à nous embarrasser, et qui n'existent ordinairement pas, lorsque la maladie a été convenablement traitée; cela est vrai surtout des individus qui nous arrivent à une époque avancée du typhus, alors que leur intelligence est tellement altérée, que nous ne pouvons obtenir d'eux aucun renseignement.
Un homme au déchu de la vie, éloigné de tout secours médical, est attaqué du typhus; durant les huit ou dix premiers jours, il est mal soigné ou ne l'est pas du tout ; pendant ce temps, les accidents augmentent, ils amènent les complications les plus fâcheuses, et le traitement devient très difficile, souvent même impossible. Or, parmi tous les symptômes qui surviennent lorsque la maladie a été négligée au début, il n'en est pas de plus formidables, il n'en est pas de plus funestes que les symptômes cérébraux ; il n'est pas dans le typhus fover d'aiïeclion locale contre laquelle le trailom< ni pr(''V(MUir agisse avoc autant d'effi-
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caché. Je voudrais graver dans votre esprit cette règle importante: attaquez de bonne heure les manifestations cérébrales, n'attendez jamais qu'elles fassent explosion; surveillez avez soin les premières élinoelles de Tinflammation pour pouvoir les étouffer aussitôt , et ne laissez pas votre malade succombera une épouvantable phlegmasie du cerveau.
Tous les auteurs vous enseignent que lorsque le malade a la face injectée, les yeux rouges, de la céphalalgie, de la photophobie, vous devez appliquer des sangsues et un vésicatoire à la tête, administrer des purgatifs, presciire le tartre sUbié, la poudre de James, et tous les médicaments usités contre Tirritation cérébrale; mais un médecin attentif et observateur préviendra tous ces symptômes, alors même qu'il n'y aura encore ni rougeur de la face, ni injection des yeux, ni douleur de tête ; et quoique le patient jouisse encore de la plénitude de sa raison, le médecin vraiment digne de ce nom pnissentira l'affection cérébrale qui est imminente, et prendra ses mesures pour s'opposer à ses progrès. Observez attentivement les fonctions de l'encéphale, elles vous révéleront, dans presque tous les cas, l'approche des accidents cérébraux.
Chez les malades qui en sont menacés, vous constaterez un peu d'agitation et d'anxiété; vous les verrez déployer une énergie qui n'est pas en rapport avec leur état ; ils sont privés de tout sommeil, ou s'ils parviennent à dormir, leur repos est troublé par des tressaillements soudains et des songes incohérents. Néanmoins, si vous leur parlez, leurs réponses sont raisonnables; ils ajoutent qu'ils ont à peine mal à la télé, et si vous vous bornez à cet examen superficiel, vous serez fort exposés à laisser passer inaperçu l'élat du cerveau. Mais si vous poussez plus loin vos investigations, vous apprendrez que ces malades ne dorment presque jamais, et qu'ils ne sont pas môme assoupis; vous verrez qu'ils sont impressionnables, irritables, et qu'ils se parlent à voix Lasse. Cet ensemble de phénomènes m'a souvent conduit, bien qu'il n'y eût pas de chaleur à la tête, de suffusion des yeux, ni de céphalalgie, à soupçonner l'invasion des symptômes cérébraux, surtout si le malade était au neuvième ou au dixièrne jour, époque ordinaire de l'apparition de ces accidents ; et en face de ces indications prémonitoires, je n'hésite jamais à prendre les mesures nécessaires pour prévenir le développement ultérieur de l'intlammalion. J'ordonne aussitôt de raser la tête et de la couvrir entièrement d'un vésicatoire, de sorte qu'au moment où l'affection cérébrale devrait apparaître, toute la' surface extérieure du
crâne verse au dehors du sérum, qiielqu^ois même du pus ; et lorsque, par ce moyen, j'ai opposé une barrière puissante au progrès du mal, une petite dose de tartre émétique ne tarde pas à en faire disparaître le dernier vestige. Je suppose, bien entendu, que le malade a été convenablement traité dès le début, et que les premiers symptômes inflammatoires ont été vigoureusement attaqués par les saignées générales et locales, et par tous les moyens déplétifs exigés en pareil cas.
Il est une autre série de phénomènes précisément inverses, qui nous permettent également do préciser l'hivasion des accidents cérébraux. Le malade dort presque continuellement. Lorsque vous arrivez dans sa chambre le matin, et que vous demandez de ses nouvelles, celui qui Ta veillé ne manque pas de vous dire qu'il a passé une nuit excellente, et qu'il a dormi sans interruption depuis votre visite de la veille au soir. Le roveille-t-on pour lui donner à boire, il retombe aussitôt après dans son sommeil ; si on l'excite à sortir de cette torpeur, il porte autour de lui des regards alourdis et sans expression ; il y a en même temps une suffusion légère de la conjonctive, et une rougeur peu prononcée de la face et du cuir chevelu. Ces malades-là, qui sont en apparence dans un état satisfaisant, commencent à délirer vers le neuvième ou le dixième jour, et présentent des signes non équivoques de congestion et d'excitation cérébrales , quoiqu'ils aient été convenablement traités dès le début.
Dans tous les cas semblables, soyez sur vos gardes et ne vous laissez pas surprendre par ces symptômes d'un fâcheux augure. Vous obtiendrez ici (le très heureux résultats par l'emploi des vésicatoires. J'étais récemment mandé à quelque distance de Dublin dans des circonstances de ce genre. Le malade était plongé dans un assoupissement continuel ; il n'accusait ni chaleur à la tête ni céphalalgie ; malgré cela, et après un examen attentif, je prédis l'arrivée des symptômes cérébraux. Il s'agissait d'une fièvre tachetée, et dans cette forme de typhus vous pouvez annoncer l'invasion de ces accidents avec une exactitude presque absolue. l-,e pouls était à 96, la langue était normale; il n'y avait aucune manifestation délirante ni dans les actes, ni dans les réponses ; mais le sommeil ne cessait presque jamais. Tenant compte de la période delà maladie, et étudiant avec soin l'état des fonctions cérébrales, je fis raser la tête du malade et je la fis couvrir d'un vésicatoire. Malgré ces soins préventifs, les phénomènes que j'avais annoncés apparurent, et ils furent si violents, qu'il y eut une légère paralysie delà face et de la langue, accompagnée d'une immobilité œmplète des pupilles. Aprèsavoir insisté de