FOMENTATIONS CHAUDES DANS LE TYPHUS PEVER
bain ctiaud, et qu'on fasse arriver sur sa tête, avec une certaine force, un petit jet d'eau très froide, on constate bientôt un grand calme; la douleur de tète s*apaise, et souvent, lorsque le patient est reporté dans son lit» il est délivré de tous ses accidents cérébraux. La chaleur brûlante de la peau fait place à une sensation de fraîcheur ou môme de froidt l'injection de la face disparaît, le délire s'évanouit, fréquemment une crise favorable survient. Les effets de cette médication sont réellement très remarquables, et je suis convaincu que dans les cas où j'ai employé le tartre émétique avec tant d'avantages, elle m'aurait donné les mêmes succès.
Les affusions froides recommandées par le docteur Smith sont très fréquemment employées à l'hôpital de la Charité, à Berlin ; elles constituent un moyen vraiment héroïque, et je regrette que nous n'ayons pas ici d'appareil convenable pour leur application. Mais je crains que, pour quelque temps encore, cette pratique ne reste bornée aux établissements publics, et qu'elle ne se généralise pas dans la clientèle particulière. 11 y a contre elle, dans ce pays, des préjugés sans nombre. A l'époque où l'on employait les affusions froides contre la scarlatine, leur administration intempestive et mal raisonnée fut la source de beaucoup àe maux, et ne contribua pas peu k les faire tomber en discrédit. En résumé, cette méthode exige un appareil spécial qui est rarement à la disposition du médecin dans les familles, et je crois, en vérité, que dans bien des cas nous pouvons nous passer parfaitement de celte médication (1).
Vous savez tous que dans les cas de congestion céphalique, on a l'habitude de raser la tôle et d'y faire des lotions froides. J'ai souvent répété dans mes leçons que ce moyen est appliqué d'après un procédé imparfait, et même dangereux, et je me suis efforcé de montrer qu'il avait pour résultat l'augmentation de la chaleur des téguments, bien
(1) M. le professeur Trousseau, qui a popularisé cette métliode en France, et qui en a si heureusement précisé les indications, a fait connaître un procédé inapplication qui n'exige aucun appareil spécial, et qui permet an médecin d'employer les all'usions froides dans tous les cas où il les juge utiles : n Le malade est mis nu dans une baignoire vide, on lui jette sur le corps trois ou quatre seaux d'eau à la température de 20 à 25 degrés centigrades. Celle aiïusion dure d'un quart de minute à une minute an maximum. Le malade est immédiatement après euveloppé dans des couvertures, puis remis au lit sans être essuyé, mais recouvert convenablement. Généralement la réaction s'est étabUe avant que quiny.eâ vingt minnteî«9e soient écoulées. » (Loc cil.^ l,p. 29.)
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fluUÀ que l'abaissemeot de leur tempénture. Les loiioas froides ne sont oo réfrigérant que si elles sont pratiquées sans intemption, de fiiQon à maintenir la partie au-dessous de la température normale do corps. Mais c'est précisément ce qui ne se Eût pa& La garde fiât sa lotion, puis elle s'endort ou s'occupe d'autre chose, jusqu'à ce que la vapeur qui %'éàese de b tête du malade attire son atientioD; alors seulement elle renouvelle son application froide. Je n'ai pas besoin de vous dire que le froid a'msi employé perd toute influence réfrigérante ; bien plus, il n'a d'autre effet que de produire une réaction vive, qui annihile entièrement la médication. Aussi, à part quelques cas exceptionnels, j*ai renoncé aux lotions froides, et je donne la préférence à des fomentations chaudes composées de parties égales de vinaigre et d'eau bouillante; je les fais appliquer sur les tempes, sur le cuir chevelu rasé, et je les fais renouveler très frér^uemment. Je suis certain que nous n'avons pas assez souvent recours à ce moyen, dans le traitement de la céphalalgie, ef des autres phénomènes cérébraux. Vous savez que les chirurgiens traitent ks inflammations locales tantôt par des applications chaudes, tantôt par des application? froides; vous savez aussi que les indications spéciales de ces deux méthodes opposées ne sont pas encore précisées, de sorte que le praticien se laisse guider, et se décide le plus ordinairement d*après son expérience individuelle. Eh bien! il en est exactement de même en médecine pour le traitement des douleurs et des congestions internes, parmi lesquelles je comprends les déterminations encéphaliques du typhus, avec leur cortège obligé de céphalalgie, d'insomnie et de délire. Dans quelques cas, le froid fait merveille ; dans d'autres, les lotions pratiquées sur la tête avec de l'eau aussi chaude que possible amènent à leur tour les plus heureux résultats.
La première idée des fomentations chaudes m'a été donnée en 1833, par Swift, qui avait été amené par hasard à en constater l'efficacité. Il se lava la figure avec de l'eau très chaude un jour qu'il souffrait d'un violent mal de U*Xe\ le soulagement soudain qu'il ressentit l'engagea à combattre par ce moyen la céphalalgie de Tinfluenza, et il le fit avec le plus grand succès. La grippe qui régna ici en 1833 et en 1837, et qui se montra de nouveau en 18^7, était caractérisée, entre autres symptômes saillants, par de violentes douleurs de tète. Les malades tombaient très vite dans un état marqué de 'débilité, qui interdisait absolument les moyens ordinaires de déplétion. Or, dans la première de ces épidémies, Swift a observé qu'en appliquant sur la région frontale, temporale et occipitale de l'eau aussi chaude qu'elle pouvait être supportée, on
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oblenait presque inslantanément un soulagement nolnble ; il parvint ainsi à faire disparaître rapiilement la inaniTestation la plus pénible de la maladie, tout en attaquant celle-ci par les moyens appropriés. Hon ami le docteur Oppenheim (de Hambourg) m'a dit avoir constaté la supériorité de celte méthode d:ins ries circonstances analnsues. Ce sont les observations de Swil't qui m'ont conduite étendre à d'autres maladies l'emploi des fomentations chaudes sur la \éte; et quoique Je ne puisse pas vous donner à cet égarri de règles précises, quoique je ne sois pas en mesure de poser les indications spéciales de ce mode de traitement, je puis vous affirmer d'une manière générale que les lotions cliaudes d'eau et de vJnai^Te vous réussiront mieux que tout autre moyen, pour combattre la céphalalgie du typhus rever(l).
Occupons-nous maintenant de l'emploi des mercuriaux. Et d'abord devons-nous, oui ou non, les administrer dans le typhus"? Je ne parle pas ici de l'action purgative du mercure, mais de son action générale sur l'économie; en d'autres termes, devez-vous placer un malade atteint de typhus sous l'influence de la saturation mercurielle? Devez-vous pousser l'usage du médicament jusqu'à produire la stomatite et la salivation? Je l'ai vu faire autrefois, et la majorité des médecins avaient la plus entière confiance en cette pratique. Elle a été vivement recommandée par les chirurgiens de l'armée et de la marine, dans les fièvres tropicales ; mais je dois avouer que je ne suis point disposé à adopter cette méthode, et que j'ai même de bonnes raisons pour ne pas en conseiller l'emploi. En premier lieu, nous avons pu observer que les malades de nos salles ont fréquemment contr.)clé le typhus par contagion, alors qu'ils étaient on pleine influence mercurielle. D'aulre part, nous avons vu que les sujets qui sont touchés par l'épidémie pendunl la salivation n'échappent pas plus que les autres ; la maladie fournit chez eux sa course tout entière, et elle parait plutflt aggravée qu'atténuée
(I) CGrlainee céptialalgii^a, certaine! douJeurs nùvralg'iquei, dit te profeeieur BenneU, gonl immédiatement calmées par une applicalion froide. Dana d'autres cas, identiques en apparence, c'etl la chaleur qui réusait. Je me rappelle avoir élé mandé auprès d'une dame qui prtsenlait tous le> lymplflmei du tjphus fever. Pour calmer une eéplialalgîe violente dont elle était tourmentée, je versai de l'eau froide sur sa léte ; nuis, à ma grande surprise, elle n'obtint aucun soulagement. Je rtmplatai immédiatement l'eau froide par de l'eau cliaude, eL à l'instant mémo la douleur disparu! comme par enclisntemenl.... Je ne puis donner ici d'aulre règle de londuitc que celle-ci : » Si le froid éclioue, essajei de la chaleur. ■ (Bennelt, Clinkal liclurei on (he pr;nciplei ond praclice ofmedkine, 3' édit. Edinburgh, I85U, p. S3i.)
(Note du Tli*u.l
par la saturation mercurielle préexistante. J'ai vérifié C68 faits dans ma pratique privée aussi bien qu'à l*hôpilal.
Ainsi donc , la mercurialisation ne met pas l'homme à i*abri de la contagion du typhus, et ne modifie ni la marche, ni la forme de la maladie. Mais ce n'est pas tout : j'ai vu nombre de typhus traités par remploi quotidien du mercure, et je ne puis me rappeler un seul cas dans lequel cette méthode ait paru enrayer la maladie, adoucir ses manifestations ou amener une crise favorable. Je sais fort bien qu'en pro* testant contre ce mode de traitement, je me sépare d'mi grand nombre de confrères qui, du commencement à la fin du typhus fever, s'efforcent sans relâche de placer leur malade sous l'influence mercurielle; mais je suis convaincu que dans les cas où la guérison est survenue, on a confondu bien à tort le post hoc avec le propter hoc. De plus, le typhus est une des mnladies où il est le plus difficile, pour ne pas dire impossible, d'influencer l'organisme par le moyen du mercure; il est certains états généraux qui annihilenli'eflet de la médication mercurielle, et le typhus grave est précisément un de ces états; lorsqu'il a profondément modifié l'économie, lorsqu'il s'en est pour ainsi dire emparé, elle n'est plus apte à être affectée par le mercure. Lorsqu'un malade merc ur ta li se ^wérii du typhus, gardez-vous de croire que la guérison provieime de ce (jue son organisme a été influencé par le mercure; il n'en est rien; le malade ressent l'influence mercurielle parce qu'il guérit du typhus. Ajoutez à cela que le mercure exige un régime tout particulier, (lu'il absorbe toute l'attention du médecin, et qu'il l'empêche d'administrer d'autres médicaments qui seraient bien plus justement indiqués, et par consécjuent plus utiles.
Ces considérations, et d'autres encore, m'ont convaincu que l'administration du mercure dans la fièvre, dans le but de produire la salivation, est aussi inutile que peu judicieuse. 11 est cependant des cas dans lesquels nous sommes contraints d'y avoir recours, quelles que soient la forme et la période de la maladie.
Toutes les fois, en effet, qu'il survient une inflammation viscérale, nous devons donner les mercuriaux, et bien des pneumonies qui eussent été certainement mortelles, ont guéri sous cette influence. Mais une fois ces cas mis à part, je ne vois pas que ce médicament nous pmcure aucun avantage; aussi ne suis-je pas dans l'habitude de m'en servir. J'emploie quelquefois le calomel comme purgatif, ou bien je prescris de petites doses {Vhydvagyrwn cum creta, pour ex ci 1er légèrement le foie et prévenir la congestion du canal intestinal : mais c'e^t tout, et