EMPLOI DES MERCUKIALX DANS LE TYPHUS FEVER
en dehors des cas de pneumonie ou dUnflamroalion viscérale, je ne tente jamais de mettre un malade atteint de typhus en état de saturation mercurielie (1).
Permettez-moi maintenant une légère digression. Je désire appeler votre attention d'une manière toute spéciale sur un mainde qui est mort dans nos salles il y a vingt-quatre heures, car je pense qu'une autre méthode de traitement aurait pu sauver sa vie. Cet homme, nommé Cassels, avait été admis dans la salle des fiévreux, au septième ou huitième jour de sa maladie. Je ne puis vous dire exactement comment il avait été traité chez lui, mais je crois qu'il avait été très mal soigné, et qu'on avait complètement négligé de constater l'état des principaux viscères. Qu'il me suffise de vous dire que lorsqu'il nous arriva, il présentait, entre autres phénomènes, du délire, une insomnie complète et une agitation tellement violente, qu'elle nécessita la camisole de force. De telles conjonctures exigent de la part du médecin une atten!on extrême, en même temps qu'une décision rapide ; tout ce qu'il peut i,enter pour prévenir le danger doit être fait à l'instant même. J'ai le regret de vous dire que je n'eus pas en cette occasion une idée exacte et précise du traitement et des précautions nécessaires. Je ne pensais pas que la maladie dût amener aussi prompternent la mort, et j'attendis avec trop de confiance l'effet du remède que j'avais prescrit. J'avais ordonné la solution de tartre stibiéà haute dose; mais, en arrivant, le lendemain auprès du malade, j'appris qu'il avait obstinément refusé le médicament, et je vis que tous les symptômes s'étaient considérablement aggravés.
Dans un délire aussi violent, il est toujours très difficile de traiter le malade, et il faut souvent avoir recours à la force ou à la ruse, pour lui faire prendre ses remèdes. Je regrette vivement de n'avoir pas fait appliquer des sangsues sur la t<^te de cet homme, au moment où il est entré à l'hôpital; car, d'après l'état de son pouls, je suis convaincu qu'il les aurait très bien supportées. J'aurais dû faire mettre huit sangsues aux tempes, et en renouveler l'application deux ou trois fois dans la journée, en me guidant sur le pouls et l'état des forces. J'avoue (pie j'ai eu
(1) La Pharmacopée de Londres donne la formule suivante :
Mercure 3 onces = 96 {^ranimes.
Craie préparée o onces = UiO
Triturez ensemble, jusqu'à ce qu'on n'aperroiv» plus de globules niùt;illiques.
(Note du iRAD.)
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tort de me contenter de prescrire la solution stibiée et un Tésicitoîre sur la téte^ car j'aurais dû prévoir, d'après la Tîolence de son délire, qu'il serait très difficile de faire prendre à cet homme un médicament qudconque.
Dans les cas de ce genre, lorsqu'il est nécessaire de donner letartre émétique (et c*est un des meilleurs remèdes que vous puissiez employer contre l'excitation cérébrale du typhus), vous devez toujours être prêts à obvier aux refus obstinés du nmlade; deux moyens sont alors à voire disposition. Vous pouvez faire mêler en secret la solution médicamenteuse à la boisson ordinaire, et comme ces malades sont le plus souvent très altérés, il est rare qu'ils refusent de boire; aussi un infirmier intelligent parviendra facilement à leur faire prendre assez de tisane, pour que Taction du médicament sur la circulation cérébrale soit pleinement assurée. Vous pouvez en outre donner le tartre stibié sous forme de lavement; j'ai eu recours à cet expédient il y a quelque temps, et le succès a ét^; complet. Ce moyen a l'avantage d'être toujours applicable; que le patient s'y prèle ou s'y refuse, peu importe, pourvu que vous preniez soin de le maintenir par la camisole de force. Le meilleur proœdé d'administration consiste à faire dissoudre deux ou trois grains d'émétique dans quatre ou cinq onces de mucilage d'amidon ou d'ichthyocolle, et d'injecter cette solution au moyen d'un long tube flexible, afin qu'elle pénètre le plus haut possible dans l'intestin.
Vous pouvez être sûrs que le tartre stibié produira alors son plein et entier effet, qu'il combattra la congestion du cerveau, et procurera du sommeil au malade.
Dans les cxjngestions cérébrales graves du typhus fever, j'ai l'habitude de donner l'émétiquo par celte voie, lorsque l'estomac est trop impressionnable pour le supporter, et je puis vous affirmer que c'est là une bien puissante ressource. Souvent aussi j'adnûnislre de la même façon des médicaments expectorants, lorsque l'état des premières voies ou la faiblesse rlu malade m'empêche de les faire prendre par la bouche, à doses aussi élevées qu'il le faudrait, ou avec toute la rapidité • désirable. C'est ainsi que je prescris assez souvent l'ipécacuanlia en lavcnïent; c'est un médicament d'une valeur considérable, et qui ne jne paraît pas suffisamment apprécié par les médecins modernes. Je n'ai pas besoin d'ajouter que les vomissements et tous leurs effets consécutifs, sont produits exactement de môme que si la substance avait été ingérée dans l'estomac. En définitive, les cas dans lesquels ces expédients deviennent nécessaires sont relativement rares; mais le médecin