‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 51 sur 123 · QUINZIEME LEÇON · texte numérisé non relu

QUINZIEME LEÇON

ESCHARBS DANS LE TYPHUS FEWER. — CONTAGION. — SYM- PTOMES DE CONGESTION OU D'INFLAMMATION CÉRÉBRALE.

Traitement des eschares. — Moyens de les prévenir.

Contagion de l'épidémie de 1834. — Impuissance du mercure comme a$i^ent prophylactique.— Observation.

Symptômes de congestion ou d'inflammation du cerveau dans le cours du typhus fever. — Frissons, — Douleurs dans les oreilles.

KSr.HAUES DANS I.K TVIMH S FEVKR. 2f\\

ajoute encore à la faiblesse générale. De là un état pseudo- fébrile caractérisé par la rapidité du pouls, l'agitation et Tinsomnie ; état très voisin de celui qui appartient à l'irritation scrot'uleuse. Mais le médecin doit se garder de se laisser tromper ici par Tapparente excitation de l'organisme; il doit avant tout recourir aux moyens capables de relever les forces du malade. Vous n'arriverez à rien par la médication aptiphlogistique; ce qu'il faut, ce sont des toniques, des narcotiques, un régime substantiel, mais non stimulant. Si vous n'accordez des aliments qu*avec parcimonie, si vous soumettez le malade à une médication débilitante dans le but d'éteindre sa fièvre, vous ne lui ferez que du mal, vous augmenterez sa faiblesse, et vous exaspérerez le mouvement fébrile. Prescrivez un régime analeptique, du vin, du sulfate de quinine, et recouvrez les ulcérations de préparations excitantes. Celle qui nous réussit le mieux est composée de deux onces (64 grammes) d'huile de ricin et d'une once de baume du Pérou; on l'élond sur des gâteaux de charpie, sur lesquels on applique deux ou trois fois par jour des cataplasmes de farine de lin. En outre, nous faisons laver matin et soir les ulcérations avec du chlorure de soude, dans la proportion de vin^^ ou trente gouttes de la solution saturée (1) poui' une once (32 grammes) d'eau. Nous conseillons aussi au malade de se coucher de temps en temps sur le ventre, et nous recommandons à l'inlirmier les soins ih* propreté les plus minutieux. Le lit liydroslali(|ue du docteur Arnott est d'um* grande utilité dans le trailemint de ces alfeclrous.

En résumé, nous prescrivons une nourriture substantielle, mais non échauffante ; nous donnons du vin eu quantité variable, selon l'impressionnabilité de IVconomie et les goûts du malade; nous administrons de petites doses de sultate de (juinine, et un narcoli(iue le soir, pour

(1) Voici la formule que donne la Piiarmacoptc de Londres :

Solution de chlorure de soude.

% Carbonate de somle I livio ^=^ o72 prainin«'s.

Eau distillée 'iH oticrs lluides r^- 1 152

Chlorure de sodiiini \ onces = I2H

Bioxyde de manjîan<"^e . \\ on* es = ÎU»

Acide sulfurique \\ onces = TiS

Dissolve/ le carbonate de soude dans denx pintes d'e.iu (050 g^ramnies); mettez dans une cornue le cidorurc do sodium et le bioxvtle de manjçanAse, réduisez en poudre, et versez dessus l'acide sulfuricjue, pré;dabl<;mrnt inélé avec tr(»is onces fluides (72 grammes) d'eau et refroidi ; cliauflTez rt faites p:is<pr le rlilore d'abord à travers cinq onces fluides (120 grammes) d'eau, puis \\ travers la tlissoluljnn précédente ilo t^oudc.

(Notr du Tn.\i>.) I. — 2' I IMT. Ml

calmer retcitation et procurer un peu de sommeil. Tel esi notre traitement général dans les cas de typhus avec eschares ; le traitement local repose sur l'emploi des applications stimulantes et détersiVes. et des cataplasmes, sur Tobservation rigoureuse des soins de propreté et sur le changement de position du malade.

Vous me permettrez sans doute de m'arréter encore quelques instants sur ce sujet, car ces eschares constituent une complication fâcheuse dans un grand nombre de maladies à longues périodes, et les praticiens, jeunes et vieux, commettent plus d'une erreur dans le traitement de ces lésions. Si la prolongation de la maladie prédispose à cet accident, quelles mesures prendrez-vous pour le prévenir? Vous devez avant tout accorder une attention toute spéciale à Tétat du lit. Le meilleur traitement préventif c'est, selon moi, de tenir le malade parfaitement propre, de le changer souvent de linge, et surtout de ne jamais le laisser couché dans Thumidité. Le médecin ne doit pas confier aux infirmiers le soin de veiller à ces détails; il doit tout voir par lui-môme. On vous conseille de faire changer souvent la position du malade, et d'avoir des matelas de diverses espèces, pour éviter les effets de la compression. Toutes ces règles sont bonnes. On vous dit également de faire des lotions avec de l'alcool camphré sur les parties qui commencent à se décolorer. Cela aussi peut être utile. Mais mettez en œuvre toutes ces ressources, et en dépit de vos efforts, lorsque le typhus aura duré quelque temps, lorsque la période de prostration sera arrivée, vous verrez se former des eschares, non pas par suite d'une pression mécanique, mais à cause d'une disposition générale. Souvenez-vous de cet homme qui avait une ulcération à la plante du pied et une autre au talon, bien que ces parties ne soient soumises à aucune compression.

Lorsque apparaît la première rougeur, indice du travail ulcéralif, on a recours d'ordinaire à des moyens thérapeutiques très variés. Les uns conseillent l'application de gâteaux de charpie imbibés d'alcool camphré, et les maintiennent aussi bien que possible, soit par des bandages, soit par des emplâtres adhésifs. D'autres se servent de charpie sèche ou de poudre à poudrer, quelques-uns même recouvrent tout simplement la région malade d'un emplâtre agglulinatif. Mais ce dernier moyen, sachez-le bien, aggrave souvent le mal; la substance emplastique produit des démangeaisons ou des éruptions sur les téguments circonvoisins, et le malade se gratte avec une telle force qu'il dérange tout le pansement. Vous ne devez pas oublier, messieurs, que les individus atteints de typhus sont toujours agilc's et qu'ils délirent fréquen)-

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