‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 57 sur 123 · LE TAKTIE SUBIE ET L'OPIUM DANS LE TYPHUS PEYEE · texte numérisé non relu

LE TAKTIE SUBIE ET L'OPIUM DANS LE TYPHUS PEYEE

melits fii ^rrliée ; le pools n'était pas beaucoup au-dessus du chiffre uuvttiaL

QUel^iies médecins, amis du malade, lui aYaient fait appliquer des MDgsaes à la région épigastrique ; mais on l'aYait Tait à titre de mesure préYentiYebîenpIatôlqaepourcombattrequelqueafrection actuelle. Vers le Inrîllèifieoa leneoYÎème jour, le pouls commença à s'élever ; le malade se plaignit de la tête, il devint agité et perdit le sommeil. Au onzième jmir, il Boaffrait encore plus de sa céphalalgie, il était en proie à une excilÉtioil nerreuse évidente : il n'avait pas goûté un instant de repos depuis quaranle-hnit henres. Cet état d'insomnie et d'agitation fut immédiatement suifi d'nn délire des plus violents Cet homme, les yeux toujours ouverts» portait successivement ses regards d'un objet sur un autre avec une inconcevable rapidité: il avait des tressaillements continuels dans les membres et était en proie à une jactitation incessante. Son délire ne lui laissait pas nn instant de répit : tantôt il criait et proférait des meiiaces, tantôt il parlait à voix basse et murmurait entre ses dents. Ses amis eoQçnrent alors les plus vives alarmes, et mirent en œuvre tous les moyens dont Tart dispose : après avoir fait raser la tète du malade, ils la couvtirenl d'autant de sangsues qu'ils en purent placer ; aux sangsues seccédèrent des applications froides qu'ils renouvelaient avec la plus ^citip^lense attention ; enfin ils insistèrent sur l'emploi des purgatifs. A ce motnent, c'est^-dire au onzième jour de la maladie, on m'envoya qnérir.

En arrivant auprès du malade, je vis qu'il faisait de violents efforts pour sortir de s^^n lit. et je retrouvai sur sa figure l'expression qui caractérise les maniaques. Dans celle conjoncture, je conseillai d'administrer le tartre stibié à hantes doses, de la même manière que dans te tas précédent; seulement, en raison de la violence du délire, je fis donner toutes les heures la doseqnV>n donne d'habitude tontes les deux heures. Le patient prit ainsi dix a «ionze ;,Taiiis ^60 à 72 centigrammes) d'émétique dans l'espace rl'une nuit, et le leiuiemain il ne délirait presque plus. Sous Tinfluence de cette médication, il devint bientôt tout h fait calme, tomba dans un profond somnjeil. et marcha rapidement dès lors vers la guérison.

Dans les deux ras préc»klents. j'étais îruidé par de^ règles eonnues de tous les médecins. C'est en effet un précepte thérapeutiq'ie bien vulgaire tjuecehiiqui recommande rémétiqne dans le typhus fev^r. lorsqu'il y a une congestion sanguine évidente vers lencéj.h île. et par suite, de la éoBl^enr de tête, de l'insomnie et du délire. .Mais dans les faits dont je

vais vous rendre compte, j'ai administré le tartre stibié dans des conditions tout à fait nouvelles et fort importantes à connaitre. Les principes qui m*ont conduit à cette pratique ont été établis depuis longtemps; mais la pratique elle-même est complètement nouvelle, et de plus (je le dis avec un juste orgueil, car elle a déjà arraché bien des malades à la mort) elle m'appartient en propre, elle est entièrement mienne.

Peu de temps après l'ouverture de notre session actuelle, un élève de cet hôpital, M. Cookson, qui se distinguait entre tous par son ardeur pour les études cliniques, fut pris de typhus fever en visitant nos salles, dans lesquelles étaient plusieurs malades atteints par l'épidémie rognante. C'était un de ces typhus insidieux qui ne présentent aucun symptôme prédominant à attaquer, aucune affection locale à combattre, aucun mouvement critiquée favoriser. Pendant les sept ou huit premiers jours, sauf une céphalalgie qui fut beaucoup soulagée d'ailleurs par une application de sangsues, ce jeune homme parut aller très bien. La peau n'était pas très chaude, la soif n'était pas vive; il n'y avait ni nausées ni douleurs abdominales; le pouls ne battait que 85 fois par minute. 11 y avait eu des sueurs suivies de quelque soulagement. Vers le huitième ou le neuvième jour, le pouls s'éleva, et le malade commença à présenter des phénomènes hystériformes. Or, toutes les fi>is (|ue dans le cours d'une fièvre vous voyez apparaître des symplôinos tie ce genre, tenez-vous sur vos gardes, le danger est proche. En fait, je ne nie rappelle pas avoir vu un seul cas ainsi caractérisé, qui n'ait pas alH>uli à des accidents nerveux d'une épouvantable sévérité. A ce moment je prescrivis les antispasmodiques; mais je n'en augurais rien de bon, car je savais bien que cet état n elail que le précurseur de |>lu'MUunènes plus graves encore. J'ordonnai, en outre, comme moyen préventif, une application de sangsues sur la léte. La tièvre continua à marcher, la céphalalgie devint beaucoup plus vive : l'état nerveux et l'insomnie persistaient ; enfin, le malade tomba dans une prostration protonde. Au quatorzième jour, il avait la langue noire et rùlie, le ventre biillonné; il n'avait plus conscience ni de la miction ni de la déftvalion: il elail depuis quatre jours en proie à un violent délire, et tentait à chaque instant de sortir de son lit. Depuis cinq jours et cinq nuits il n'avait pas eu un moment de sommeil.

Ix* diKteur Stokes est venu alors, avec s;i bienveillance habituelle, m'assi>teriie ses lumières et de st*s conseils, et nous avons mis successi-

U TAITBB STIBIÉ LT L*OPiUM DANS LE TYPHUS F£V£R. 269

gérer. Des Tésicatoîres ont été appliqués à h nuque, des lotions froides bôÊes sar la tête. Nous avons combattu le ballonnement du et eomme l'absence du sommeil était le symptôme leplussaillaM et le plus fâcheux à la fois, nous avons été amenés à essayer de rofwiii, mais aTecles plus grandes précautions. En conséquence, nous aïoos prescrit d'abord de la poudre de Dover unie à Vhf/drargyyum eumereta, dzns\ehui de modifier les phénomènes abdominaux et de monter iesommeil. N*ayant pas obtenu de cette façon les résultats que noos désirions, nous avons donné Topium en lavement; nous connaisj en efiet, la puissante influence de ce moyen dans le délire des » et des opérés. Même insuccès que la première fois, l'insomnie était toojoors absolue. Le soir, nous eûmes recours, comme dernière ressouTce, à une large dose de gouttes noires, bien convaincus que si cet agent échouait encore, il ne restait au malade aucune cliance de saint.

Le lendemain matin, de bonne heure, nous avions la douleur d'apprendre que notre médication était demeurée sans effet. L'agitation et le délire avaient été plus intenses que jamais. Nous étions alors au quinzièaie jonr, et en entrant dans la chambre du malade à huit heures du matin, nous l'avons trouvé dans l'état suivant : Tout son corps était a^fté par des tiraillements et des soubresauts de tendons; les yeux, in^tés, roulaient incessamment dans les orbites. Depuis plusieurs jours le déco bit us était dorsal; la langue élnit sèche et noire, le ventre ballonné; le pouls, à 1^0, était fréquent et filiforme. Le délire se traduisait par des phrases concises prononcées rapidement à voix basse. Il y avait alors huit jours et huit nuits que le malade n'avait rlf)rmi. Ici se présentait une question pratique de la plus haute importance. Comment calmer cet état nerveux? Comment ramener le sommeil absent? Les Tésicatoires à la nuque, les applications froides, les purgatifs, tout avait également échoué. L'opium, administré sous diverses formes, ne nous avait donné aucun résultat, et cependant il était clair (]ue si nous ne parvenions promptement à faire dormir le malade, il était perdu.

Dans cette occurrence, j'eus l'idée d'administrer l'opium suivant un procédé auquel je n'aViii^ jamais stjngé jusque-la. Repn'M-ntez-vuus bien l'ensemblede phénomènes auquel nous avions affaire : [>ouls faible et frèpjent; langue noire, sèche et frémissante; tympanite considérable, prostration extrême, soubresauts des tendons, agitation nerveuse exceâjive, mussitation continuelle, délire doux, insomnie complète. Je dis

au docteur Stokes que je désirais essayer d'un mélange da tartre stihié et d'opium. J'ajoutai que j'avais employé ce moyen avec beaucoup de succès dans plusieurs cas de delirivm tnmens, et que je cix)yais utile d'y avoir recours dans les circonstmioeB actuelles. U. Stokes me répondit qu'il ne connaissait rien qui justifi&t cette médication dans un cas p^^reil ; qu'il n'avait sous ce rapport aucune expérience qui pût le guider, mais qu'il s'en rapportait pleinement à moi. Nous prescrivîmes donc la potion suivante que j'ai l'habituded'employer dans le traitement du delirivm tremens : tartre stibié, quatre grains (2^ centigrammes} ; teinture d'opium, une drachme (^grammes); mixture camphrée (1), huit onces (256 grammes). Ou en donna une cuillerée à bouche toutes les deux heures. Le succès fut véritablement magique. Après la scr conde dose il y eut un vomissement bilieux très abondant, sans suites fâcheuses. Lorsqu'il eut pris trois ou quatre cuillerées de sa potion, le malade s'endormit; il se réveilla calme et dispos. A dater de ce moment, il alla de mieux en mieux et ne tarda pas à guérir.

Je dois maintenant vous dire quel(|ues mots de la maladie de M. Stephenson, élève de M. Parr dans cet hôpital. Ce jeune homme, comme plusieurs d'entre vous s'en souviennent sans doute, fut pris de typhus fever vers le milieu de janvier. Le mardi soir il se plaignit de fatigue et de malaise; le jour suivant il constata qu'il avait de la fièvre, mais sans aucun symptôme prédominant. Vers le soir il prit un mélange de calomel et de poudre antimoniale (2), sans effet appréciable;

(1) On emploie très-fréquemment en Angleterre, comme véhicule, une mixture camphrée dont voici la formule :

"^ Camphre 1 demi-gros = 2 grammes.

Esprit rectifié 10 minimes = à

Eau une pinte = 475

Broyez le camphre d'abord avec l'esprit, puis avec l'eau ajoutée peu à peu, et passez à travers un linge.

La teinture d'opium de la pharmacopée anglaise est ainsi composée :

^ Opium dur en poudre 3 onces = 90 grammes.

Esprit rectifié 2 pintes ^^ 050 grammes.

Faites macérer pendant quatorze jours et filtrez. {Pharmacopée de Londres.)

(Note du Trad.)

(2) Poudre d'antimoine composée.

!JJ Sesquisulfure d'antimoine pulvérisé. . . 1 livre = 372 grammes. Corne de cerf râpée 2 livres = 7û4

a TARTBl STIBIÉ ET L'OPIUII IUNS LE TYPHUS FBYER. 271

kl lendemain il avait des frissons, un violent mal de tète et des douleurs dam le dos; il était tournueuté par la soif et l'insomnie, et se sentait très a£bib]i. On lui presorivH une potion camphrée, additionnée de Urire stibié et de nitrate de potasse, ce qui amena quelques selles liquides et une légère diaphorèse; mais en raison de Taction du tartre stibié sur Testomac, en raison de lu soif et de la sensibilité épigastrique dont se plaignait le malade, on suspendit l'usage de celle potion, et l'on administra des boissons gazeuses. Deux jours après , comme la douleur persistait au niveau de Tépigastre, on fit appli((uer au creux de l'estomac douze sangsues, puis un vésicatoire qui amena quelque soulagement; le ventre tut maintenu libre au moyen de lavements.

La malade futf remis alors à l'usage de Témélique et du nitre, avec addition de cinq gouttes de laudanum à chaque dose; mais l'aggravation des symptômes gastriques força d'interrompre la médication. Une agitation très vive survint à ce moment, et le délire prit un caractère plus violent La tête fut rasée, on appliqua des sangsues derrière les oreilles et des vésicatoires aux tempes; on couvril en outre le venlre d'un large vésicaloire qui atténua beaucoup les accidents abdoniinaux, mais les phénomènes cérébraux et nerveux devenaient de plus en plus inquiétants. Le délire s'accrut encore, il s'y joignit des soubresauts de tendons; le malade épluchait ses couvertures; il ne dormait plus, et il fallait le maintenir par la force dans son lit.

Voici quels étaient, au dix-septième jour, les symptômes principaux: languebruneetsèche, soif peu vive; j)as de douleur dans le ventre; yeux rouges, regards indécis; insomnie depuis cinq nuits, mussitation continuelle; délire qui présentait les caractrres du delirium tremens, subsultus /eru/innm, jactitation extrême; selles et urines involontaires. Je conseillai de donner immédiatement h» mélange d'émétique et de laudaimm, et d'en surveiller attentivement l'action. Après deux cuillerées Ut calme survint, amenant avec lui un amendement notal)Ie(le tous les accidents; et avant qu'un eût donné la troisième dose, le malade tomba dans un profond sommeil : au réveil, la raison et la tranquillité étaient rev(*nues. La potion, continuée toutes les (juatre heures, produisit une amé-

toujours jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs. Pulvérisez le résidu et mettez-le dans un creuset ; allumez le feu, et augniunlez-le par degrés, de manière que le creuset soit rouge pendant deux heures. Uéduiscz le résidu en poudre très-fine. (Pharmacopès de Londres.) (Note du Trad.)

272 GUMIQUE MÉDICALE.

lioration de plus en plus sensible ; il y eut une nouvelle période de sonameil assez longuequi assura la guérison. Le lendemain du jour où j'avais ordonné la potioiï émétisée, M. Stephenion prit un peu de porter, et le jour suivant, du vin de Bordeaux et du bouillon de poulet. Au bout d'une semaine il put s'asseoir dans son lit, et sept jours plus tard il était en état de quitter Thôpital et d'aller à la campagne respirer un air plus pur.

Je puis vous citer une autre observation qui a également pour sujet un élève de cet hôpital : je veux parler de M. KnotL Ce jeune homme, très laborieux, très zélé pour les études cliniques, et qui m'était d'un grand secours pour tes autopsies, fut atteint de typhus vers la fin de janvier. 1^ maladie marcha pendant quelque temps sans présenter d'autre particularité qu'une agitation considérable et* un état nerveux très marqué. Puis le malade perdit le sommeil ; il tut pris d'une céphalalgie violente, d'une soif vive; il eut le délire et devint excessivement irritable. L'opium , administré à plusieurs reprises sous différentes formes, soit seul , soit uni au musc et au camphre, ne put réussir à ramener le sommeil, et l'état de M. Knotl s'aggravait de jour en jour. Au treizième jour, il était dans une situation véritablement dangereuse; l'agitation avait acquis une violence fort alarmante, tout sommeil était impossible. H paraissait évident à ce moment^là que si l'on ne tentait rien pour abattre l'excitation et procurer du repos au patient, il ne restait aucune chance de salut. Je proposai alors au docteur M* Adam, qui le voyait avec moi, de donner le tartre stibié et l'opium. Après trois cuillerées de la potion, il y eut une selle bilieuse très abondante, et immédiatement après, un sommeil bienfaisant s'empara du malade; il eut en dormant des sueurs proluses, et lorsqu'il s'éveilla au bout de douze heures environ, tous les symptômes funestes avaient disparu. L'irritabilité nerveuse était vaincue ; la soif et la douleur de tête avaient cédé; la langue était humide et nette, la raison complètement rétablie. Dès lors tout alla pour le mieux, et ce jeune homme recouvra rapidement ses forces et la santé.

Tout récemment encore j'ai employé l'éméliqueet l'opium dans plusieurs cas de typhus fever, et toujours avec le même succès. Un homme, du nom de Christopher Nowlan, entrait le 3 lévrier à l'hôpital de Sir Patrick Dun. Il était malade depuis dix jours; il avait du délire, des soubresauts de tendons; il ne pouvait ou ne voulait répondre à nos questions. Sa femme nous racontait qu'il avait eu de la diarrhée pendant les trois jours précédents, qu'il était parfois assoupi, mais qu'il ne

ES TASTBB STIBIÊ ET L'oPIU.M DANS LE TYPHUS FEVER. 27. 'J

dormait pas. Il paraissait considérablement afîaibli, et gardait le déçubitus dorsal. On appliqua successivement plusieurs vésicatoires volants sur la poitrine et sur le ventre, et l'on prescrivit du vin et du bouillon de poulet. Il prit en outre, toutes les trois heures, la mixture suivante :

'^ Mixlurœ camphorae f* o j.

Spirilus œlheris oleosi f. 3 s.

Spiritus ammonise aromatici f. 5 ss.

Moschi gr. viij.

Misce (1).

Sous rinfluence de celte médication, le malade sortit un peu de son état de prostration ; mais comme l'insomnie et le délire persistaient, je prescrivis la potion slibioopiacée. Elle eut pour premier résultat deux ou trois selles abondantes, puis après la quatrième dose survint un profond sommeil. Au réveil, Nowlan était beaucoup mieux; il entra bientôt après en convalescence.

Cette thérapeutique fut suivie d'elfels non moins remarquables chez un malade nommé Michel Merray, qui présentait la même excilalion nerveuse, la môme insomnie. Cet homme était malatle du typhus depuis dix jours, lorsqu'il entra à l'hôpital de Sir Patrick Dun ; il paraissait

(1) y Mixture camphrée 24 grammes.

Esprit d'éther huileux 2

Esprit d'ammoniaque aromatique 2

Musc 0,48

Mêlez.

J'ajoute ici les formules de l'esprit d'élher huileux et de l'esprit d'ammoniaque aromatique, produits inusités en France.

Esprit d'ether huileux.

^ Éthcr sulfurique. ... 8 onces fluides = 192 grammes.

Esprit reclific 16 onces fluides = 384

Huile élhérée 3 onces fluides = 72

Mêlez.

Esprit d'ammoniaque aromatique.

'^ Hydrochlorate d'ammoniaque 5 oncc^ = IGO grammes.

Carbonate d'ammoniaque 8 onces = 250

Cannelle en poudre

ûa 2 gros = 8

Girofle en poudre

Écorce de citron 4 onces = 128

Esprit rectifié ) . , . , , f^^n

/ aa 4 pmles = 1900

Eau )

Mêlez et distillez six pintes (2850 gram.). {Pharm. de Londres,) (Note du Trad.) I. — 2« ÉDIT. *8

faibli, que je lui fis donner de l'arrow-root, avec de la bière,

nuit qui suivit son arrivée, il eut un peu de délire, et ne

Tœil jusqu'au matin. Le jour suivant, Tétai était le même,

abilité était encore plus grande. Au 16 février, il y avait cinq

jet homme était à Thc^pital, et il n'avait pas encore dormi un

it. J'ordonnai la potion stibio-opiacée; trois cuillerées amenè-

mmeil. Le malade n'eut pas d*autres symptômes inquiétants,

it parfaitement.

m autre cas très grave de typhus exanthématique, la môme pra-

e donna encore les mômes résultats. La malade, Marie Far-

vait été atteinte après un refroidissement. Lorsqu'elle nous

le 25 février, elle était souffrante depuis huit jours. Elle ne

. pas dormir, elle avait mal à la tête; son pouls était irrégulier,

IX étaient injectés. Elle soupirait et gémissait constamment, et

sait complètement déprimée. Je lui fis donner des lavements à

œtida ; elle eut en outre des vésicatoires, et prit à l'intérieur, du

urc de soude qui sembla agir assez heureusement; mais le som-

ne revenait pas, et l'excitation nerveuse persistait dans toute sa

nce. Dans ce cas, le tartre stibié n*amcna pas immédiatement la

alescence, mais néanmoins il eut d'excellents effets ; après en avoir

quatre doses, la malade s'endormit et ne s'éveilla que le lendemain

dois maintenant appeler votre attention sur quelques autres fait< j'ai observés, tant à l'hôpital que dans ma clientèle ; maisauparaje crois devoir vous faire remarquer que j'ai toujours soin de vous les noms des médecins qui ont vu les malades avec moi : celte intion me met à l'abri de tout soupçon d'exagération, soit dans la ription des symptômes, soit dans l'interprétation des effets théraiques.

vous parlerai d'abord delà maladie de M. William Murpliy, élève i intelligent que zélé deMeath Hospilal ; cv fait est à tous égards e d'intérêt. Le père de ce jeune homme, praticien distingué de Fer- , où il était depuis des années médecin de l'hôpital des fiévreux» a à Dublin le jour même où l'état de son fils semblait désespéré, ]ues instants après la consultation dans laquelle M. Stokes et mo' s convenus de donner l'émétique et l'opium. Le docteur Murplr i a assuré plus tard uu'il n'avait iamais énrouvé d'aussi crand

LE TARTBE STIBIÉ ET L'OPILM DANS LE TYPHUS FEVER. 275

observation sur ce point : il s'est grandement félvcitc depuis de celle sage réserve, car s'il avait élevé quelque objection, le cas était si grave, que nous n'aurions peut-être pas osé mettre notre traitement en pratique.

William Murphy, âgé de vingt ans, étudiait le typhus dans cet hôpital, lorsqu'il fut lui-même violemment atteint le 6 janvier dernier. 11 prit une dose decalomel et de poudre de James, et se mit au lit. Le lendemain matin il était plus souffrant, et quoiqu'il eût pris une purgation qui avait amené des selles abondantes , il avait très mal à la tète, et le mouvement fébrile était intense; il eut alors des sueurs profuses qui ne produisirent aucun soulagement, et cependant elles persistèrent pendant plusieurs jours presque sans interruption. La soit était très vive; le malade était agité, abattu, faible; il y avait un état nerveux très marqué. La poudre antimoniale et le calomel furent continués pendant le second jour; le troisième, on donna un nouveau purgatif et l'on fit appliquer douze sangsues aux régions temporales, mais la douleur de tête n'en fut que médiocrement modifiée.

En somme, il allait plus mai, car il était tombé dans une prostration extrême. Au quatrième jour, la langue était sale et sèche; l'estomac, irritable, rejetait parfois les médicaments; il y avait aussi quelques vomissements bilieux; le pouls était fréquent et rapide, la maladie s'annonçait sévère et dangereuse. Je vis ce jeune homme le cinquième Jour; le céphalalgie avait augmenté, tous les phénomènes s'étaient aggravés. Je fis continuer la poudre de James, et je prescrivis des boissons effervescentes. Le lendemain, la situation était plus mauvaise encore, j'apprenais qu'il y avait eu du délire pendant une bonne partie de la nuit; le ventre était libre, et pour la première fois les sueurs avaient cessé ; la peau était chaude el sèche. Je donnai de petites doses de poudre de Dover, unie à de la chaux.

Au septième jour, la physionomie du malade exprimait la plus vive anxiété, et comme si ce n'était pas assez de l'agi^'ravalion de tous les symptômes précédents, une éruption morbilliforme cuntluente recouvrait tout le corps : cette circonstance me décida à faire donner, toutes les quatre heures, douze gouttes de solution de chlorure de soude dans une once de mixture camphrée. Je prescrivis en outre une légère alimentation, de l'arrow-root et du bouillon de poulet, et matin et soir un peu de pain rassis trempé dans du thé. Au huitième jour, il n'y avait aucune amélioration, le délire était continuel pendant la nuit j il

Page 1