DIX-SEPTIÈME LEÇON
LE TARTftE STIBIÉ JËT L'OPIUI» DANS LE TYPHUS FEVER.
(Suite.)
Mode d*action de Téinétique uni à Topium. — L'efficacité de ce traitement n*est pas la même à toutes les périodes du typhus fever. — Les sueurs du début n'ont aucune signification favorable. — Observations.
Certaines manifestalions morbides annulent les effets du traitement par le (artre stibié et l'opium.
Indications posologiques de i'cmétique et du laudanum.
Messieurs,
Dans notre dernière conférence, je vous ai parlé de l'influence narcotique des préparations anlimoniales, et j'ai tout particulièrement insisté sur les avantages qui résultent de la combinaison des antimoniaux avec les agents narcoti(]ues proprement dits. Je vous ai dit que les bons effets de Témétique dans le delirium tremens semblent être complètement indépendants de son action sur l'estomac, puisque nous avons observé c^s effets chez des individus qui n'avaient eu ni nausées, ni vomissements. Je vous ai signalé également ces cas de délire alcoolique dans lesquels l'opium employé seul, sous toutes les formes possibles, n'avait pu amener le sommeil , tandis qu'un mélange d'émétique et de laudanum avait réussi à calmer le malade et à lui donner un repos bienfaisant et réparateur. Nous allons poursuivre aujourd'hui l'étude des indications du tartre stibié dans le typhus fever.
Dans une des formes de cette maladie il est une période très redot table et très dangereuse, dans laquelle je me suis admirablement trouvé de l'emploi de ce médicament. Un individu est pris de typhus ; il en a tous les signes ordinaires , tels que la soif, l'agitation , la chaleur à la peau , la fréquence du pouls et la douleur de tête. Vous êtes appelés auprès de lui le troisième ou le quatrième jour, et vous trouvez encore
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présents tous les symptômes que je viens d'énumérer. La figure est roQfEe, la télé douloureuse ; le pouls, à 100 ou 110, n'est pas très fort Vous api^eoez en outre que le malade a eu dès le début des sueurs profoses, qui n'ont pas amené d'amélioration sensible: elles étaient telkment abondantes, qu'il était obligé de changer de linge plusieurs fois par jour; et cependant le pouls n'a pas diminué de fréquence, la céphalalgie est aussi intense que par le passé, l'agitation et l'insomnie sont de plus en plus marquées. Ici se présente une question de pratique fort importante. Comment agirez-vous dans un cas pareil 7 Votre malade n*a pds de douleur à Tépigastre: il ne présente aucun signe d'affection locale, ni dans la cavité thoracique, ni dans la cavité abdominale ; il a été purgé, on lui a donné des diaphorétiques, peut-être des mercuriaux; on a pris pour le régime, la ventilation et la propreté toutes les mesures convenables : et cependant le patient est toujours dans le même étal, le mouvement fébrile i)ersiste dans toute sa force, la céphalalgie, la fréquence du pouls et l'insomnie n'ont point été modifiées.
Il est clair que dans ces circonstances vous ne pouvez plus rien espérer des sueurs ; elles ne peuvent plus amener d'amendement. Je fus mandé, il y a quelque temps, auprès d'un jeune homme atteint de typbus, dont l'état était de tout point identique avec celui que je viens de TOUS décrire. C'était le sixième jour: le pouls était à 110; l'agitation était violente, la céphalalgie sévère. J'appris que depuis le début de la maladie il v avait eu des sueurs abondantes. Tout en reconnaissant la nécessité d'un traitement plus actif que celui qui avait été mis en œuvre jusqu'alors, les médecins voyaient dans les sueurs une contre- indication formelle à toute mesure déplélive; ils riisaient que cette sécrétion cutanée considérable montrait l'inopportunité d'une médication énergique, et qu'elle serait rapidement suivie de la guérison. Quant à moi, j'étais convaincu que leur interprétation était complètement erronée, et je déclarai nettement qu'il ne fallait rien espérer de celte diaphorèse; j*ajoutai que lorsqu'on les rencontre avec un mouvement fébrile persistant, avec un pouls rapide, de la céphalalgie et de lagitation, les sueurs indiquent toujours l'emploi des antiphlogistiques. ft plus spécialement la nécessité de la saignée. Je leur rappelai ce qui se passe chez les malades atteints d'arthrite qui sont inondés de sueurs sans en être soulagés, tandis qu'une large saiiniée du bras amène, comme chacun le sait, une amélioration évidente. Mon avis était donc de pratiquer immédiatement une saignée, quoique la maladie eût déjà cinq ou six
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jours dédale, et que le pouls ne tût pas très fort. En conséquence on tira au malade seize onces de sang; il se trouva quelque peu soulagé, et la faiblesse n'en fut point accrue. Restait la question du traitement