‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 59 sur 123 · LE TARTRE STIRIÉ ET L*0P1UM DANS LE TYPHUS FEVER · texte numérisé non relu

LE TARTRE STIRIÉ ET L*0P1UM DANS LE TYPHUS FEVER

Douzième jour. —Sept heures de sommeil; état plus satisfaisant, mais le« selles sont toujours involontaires. Pouls à 120 ; conjonctives injectées, peau chaude, langue nette; ventre souple, intestins libres; taches nombreuses. Môme prescription ; mais la teinture d'opium est portée à 5 ij li (5 grammes) pour huit onces (192 grammes) de véhicule.

Treizième jour. — La potion a été continuée pendant quelques heures, puis le malade a été pris de sommeil. Il a dormi si longtemps et si tranquillement, qu'on n'a pas jugé nécessaire de revenir au médicament. Pouls à 100; soubresauts beaucoup moins marqués; absence de délire ; la connaissance est revenue, les réponses sont raisonnables. Légère alimentation.

Quatorzième et quinzième jour. — L'amélioration continue, mais il y a encore beaucoup de fièvre, et plusieurs taches ont persisté. Vers le vingt et unième jour, là fièvre a disparu, mais le malade n'a pris aucun médicament depuis la nuit du douzième jour.

Cette observation vous fait connaître le traitement convenable aux trois périodes différentes du typhus : — \. Saignées générales, sangsues, lotions fraîches. — II. Emétique à hautes doses, sangsues. — III. Opium uni au tartre stibié.

Le fait suivant, qui m'a été communiqué par M. Knott, a vivement intéressé les médecins de la localité :

« Le 20 juillet dernier, je fus appelé auprès d'un riche fermier, nommé J. K...,domeuranl près de Boyie, dans le comté de Roscommon. Il était âgé de trente ans et était malade depuis vingt et un jours. Le typhus avait débuté par du frisson, de la céphalalgie, de la douleur lombaire, mais le mal de tête avait été d une violence inusitée. Dès le commencement le malade avait été pris d'un délire continuel. 11 dormait à peine et faisait de fréquents efforts pour vomir; la constipation était opiniâtre. En raison de ces symptômes, cet homme fut purgé avec la médecine noire. On lui fit plusieurs saignées abondantes; mais ce traitement ne fut suivi d'aucun soulagement durable. Au vingt et unième jour, je le trouvai dans l'état suivant. L'expression de la physionomie était anxieuse et farouclie; les yeux étaient éraillés et hagards, les dents couvertes de fulij^inosités; la langue était noire et sillonnée de crevasses; le délire était violent, le malade essayait de sortir de son lit; il avait des soubresauts de tendons. L'exeitation était considérable, la peau brûlante et aride. Tontes les sécrétions étaient diminuées; l'urine était haute en couleur. Du reste, il n'y avait ni éruption ni sen-

sibilité épigastrlque ; le ventre était légèrement tendu et tympanique, mais la pression ne semblait pas causer de douleur; il n'y avait pas eu d'évacuations alvines depuis trois jours. La nuit précédente cet homme avait pris quarante gouttes de teinture d*opium, et on lui avait donné un lavement; il eut une selle, mais il ne dormit pas un seul instant, et l'excitation devint, s'il est possible, plus grande qu'aupara* van t.

Dans ces circonstances, je jugeai convenable d'administrer l'émétique et l'opium d'après les principes que j'avais vu mettre en pratique par le docteur Graves, lorsque j'étais son interne à Meath Hospital. Je prescrivis donc une potion contenant pour huit onces (192 grammes) de véhicule camphré, quatre grains (^U centigr.) de tartre stibié, et une drachme {U grammes) de laudanum. Le malade devait prendre une once (32 grammes] de ce liquide toutes les deux heures. Après la troisième dose, il eut une selle séreuse très abondante ; après la quatrième, il s'endormit paisiblement : ce sommeil dura environ douze heures. A son réveil, il était couvert d'une sueur profuse et se sentait très reposé. Il put alors reconnaître ses amis. Les soubresauts et l'excitation générale étaient considérablement amoindris, mais n'avaient pas totalement disparu. Le pouls, qui était petit, filiforme et à 120, était tombé il 78. La potion fut continuée encore la nuit suivante, et donna les plus heureux résultats. A partir de ce moment, cet homme marcha à grands pas vers une guérison inespérée, et au bout de trois semaines il pouvait reprendre ses occupations. »

Je dois l'observation suivante à l'un des élèves de cet hôpital : Ellen Dowden , âgée de dix-huit ans, entra à l'hôpital de Meath le 18 juin. Elle nous dit être malade depuis douze jours. Le typhus avait débuté par sei symptômes ordinaires: céphalalgie, frisson, perte de l'appétit et du sommeil. Cette jeune fille avait été purgée énergiquement chez elle, mais elle n'en avait éprouvé aucun soulagement. Le jour de son entrée elle était très rouge. Elle avait la peau sèche et brûlante, et le corps tout couvert de macules; elle était morne et stupide; elle faisait des réponses incohérentes; ses yeux élaient légèrement injectés ; elle demandait continuellement à boire. La langue était sèche, noire et rude ; la compression de l'épigastre paraissait être très douloureuse ; le ventre était tendu et tympanique; la constipation était complète; il n'y avait ni toux, ni céphalalgie. Le pouls, à 108, était filiforme. Huit sangsues à l'épigastre, lotions froides sur la tête rasée.

LE TARTRE STlBiÊ ET L'OPICM DANS LE TTPHUS PEVER. 281

y Hydrarfjri cum creU gr. x.

Palf eris ipecacuanbœ composili .... gr. g. Misée. Fiant puWeres quatuor, in die sumendi (1).

Neuvième jour. — La malade va beaucoup plus mal; elle na doritii qu'une heure, le décubitus est toujours dorsal ; elle semble ne pas avoir conscience de ce qui se passe autour d'elle. Elle a déliré plusieurs fois durant la nuit; les dents et la bouche sont fuligineuses; la langue est très sèche, noire et inégale; le pouls est tombé à 80, il est très petit, mais cependant il est un peu moins ûliforme que le jour précédent. La douleur épigastrique est beaucoup moindre, les taches sont moins nombreuses, la céplialalgie n'existe plus. Une pinte de bière et de Tarrowroot. De plus :

^ Solutionis cbloridi sodée min. xv.

Misturse camphors. . f* 5 j*

GutUe nigrae min. j.

Misée. Fiat haustus quater in die sumendus (2).

Dixième jour. — Délire pendant toute la nuit, soubresauts violents et généralisés; poulsvif, à 120, légèrement dicrote; insomnie complète. La face est beaucoup plus rouge qu'hier, les yeux sont injectés; les selles sont involontaires. L'éruption est moins confluente; il n'y a pas de céphalalgie, le ventre est libre. La malade est couchée sur le dos, elle a les jambes fléchies et les pieds ramenés en haut; pas de symptômes thoraciques, respiration normale. On fait mettre sur la tête des vessies remplies de glace, et Ton prescrit en même temps la potion suivante :

If Misturae camphoroe f . 5 viij.

Tartari cmetici. . . gr. j.

Misée. Sumat f. 5 G , omni semi-hora (3).

(1) If Mercure avec la craie 60 centigrammes.

Poudre d'ipécacuanha composée. ... 12

Mêlez. Faites quatre paquets, à prendre dans le courant de la journùe. Quant à la poudre d'ipécacuanha composée, en voici la formule :

If Ipécacuanha en poudre 1 gros = \ gramme?.

Opium dur en poudre 1 gro.s = â

Sulfate de potasse en poudre 1 unce = 32

Mêlez.

(2) If Solution de chlorure de soude 6 grammes.

Mixture camphrée 2i

Gouttes noires. U,iO

Mêlez. Faites une potion qu'on répétera quatre fois dans la journée.

(3) ^ Mixture camphrée 192 grammes.

Tartre éraétique 0,00

Mêlez. A prendre une demi-once fluide 12 grammes) toutes les demi-lieures.

Onzième jour. — Hier soir, la malade a été très agitée; elle voulait sortir de son lit ; elle poussait des cris violents et ^e plaignait d'être mal traitée. A ce moment-là elle n'avait pas encore dormi ; elle avait eu des selles abondantes, mais elle continuait à aller sous elle; elle essayait de se débarrasser de la glace qu'elle avait sur la tète, il fallut recourir à la force pour la maintenir dans son lit; les soubresauts étaient extrêmement violents, la face était fortement injectée, les yeux étaient très rouges. On prescrit alors :

^ Misiurœ camphorœ f* § viij.

Tartari emetici gr. iv,

Tinclurœ opii f. 5 j.

Misce. Suniat f. § C» secundis horis.

A peine la malade en avait-elle pris deux cuillerées, qu'elle s'endormit; elle dormait encore le lendemain matin à l'heure de la visite.

Elle est beaucoup mieux sous tous les rapports; elle nous fait des réponses raisonnables; la figure est moins rouge, les yeux sont moins injectés, il n'y a pas de mal de tête ; le pouls, à 120, n'est pas aussi vif; la peau est encore très chaude, mais la langue est humide et propre. On ordonna de suspendre l'usage de la potion, si l'amélioration persistait; on fit donner un lavement émoliient. La malade ne tarda pas à entrer en convalescence.

J'emprunte pour le lait suivant la relation du docteur Dwyer qui était le médecin traitant :

a Je vous envoie, ainsi que vous me l'avez demandé, un résumé de l'observation de Steplicns. Ce jeune homme, très sobre dans sa manière (le vivre, fut pris d'un typhus tacheté, qui débuta par un état de langueur bientôt suivi de frissons. Je vis le malade au quatrième jour : il accusait une sensation désagréable de chaleur à la peau, un malaise général dans tout le corps, mais principalement à la région épigastrique ; des taches d'un rouge vif étaient éparses çà et là sur la poitrine, sur les bras et sur les mains; il v avait des douleurs dans la tête et dans les lombes; la lumière était mal supporlée; le pouls battait 108 fois, la langue était humide. J'ordonnai une potion huileuse, suivie de petites doses (ï hydrargyrum cum crefa et de poudre de Dover. Au sixième jour, le malade était agité et privé de sommeil, il avait les yeux rouges (.'t le pouls à 120 ; je prescrivis en conséquence une potion de huit onces (256 grammes), contenant quatre grains (2^ centigrammes) déniétique et une drachme (3 grammes) de teinture d'opium ; on devait en

Le jour suivant, on me dit que le malade s'est endormi après la troisième dose, que la quatrième a été administrée trois heures après, et qu'en somme il a reposé une bonne partie de la nuit. Je le trouve encore assoupi ; le pouls est toujours à 120 ; la peau est chaude et sèche ; il y a eu quatre selles. Continuer la potion m en surveillant les effets. Au huitième jour, bien qu'on n'eût donné depuis la veille que deux doses de la mixture, il y eut une superpurgation, l epigastre devint douloureux, le pouls monta à 1 32. La potion stibio-opiacée fut laissée de côté; j'ordonnai un julep avec de la craie, une petite quantité de vin de Porto, et un vésicatoire sur le ventre; on oublia le vésicatoire, mais, néanmoins, la diarrhée fut arrêtée. Le soir du neuvième jour, comme le malade se plaignait vivement de ne pas dormir, et qu'il n'avait pas de céphalalgie, je lui fis donner à deux heures d'intervalle deux doses de la potion stibio-opiacée.

» A ce moment un accident m'obligea à cesser mes visites auprès de Stephens, mais je le confiai au docteur Grant, qui voulut bien prendre des notes sur son état, et avec lequel j'avais des conférences journalières.

Au dixième jour, notre malade eut une exaspération fébrile, causée probablement par l'irritation intestinale; il se plaignait d'un violent mal de tête ; les yeux étaient rouges, la peau aride et brûlante, la langue brune et fendillée; 133 pulsations, ^9 inspirations; frémissements des artères temporales. Lorsqu'on ne lui parle pas, Stephens se lamente et délire; mais il répond raisonnablement lorsqu'on l'interroge; l'abdomen est rénitent et tendu ; il y a de la sensibilité dans la région du cùlon, et un peu de ténesmo; l'insomnie est complète. On ordonna quatre grains (26 centigrammes) de calomel et trois grains d'extrait de jusquiame; puis une potion huileuse et un vésicatoire sur le ventre; on fit des applications frdldes sur la tête et des fomentations chaudes aux pieds. La purgation agit très bien, elle produisit^plusieurs selles de couleur très foncée, et à la suite les syniplùmes furent quelque peu amendés; mais l'insomnie persistait toujours.

» Douzième jour. — Le malade a beaucoup déliré pendant la nuit, il a été fort agité; ce mntin il se plaint d'une céphalalgie lancinante; il fait encore des réponses raisonnables, n)ais il retombe dans le délire dès qu'on le laisse à lui-même; le pouls est à 120, le ventre est souple. On revient à l'usage du tartre stibié et de lopiimi ; on prescrit pour les trois premières doses une cuillerée à bouche de la potion toutes les

saillants; la peau est aride et brûlante. Ce garçon se plaint, en outre, d'une légère douleur à l'épigastre ; le pouls, plein et bondissant, bat 120 fois par minute. Toute la surface du corps est couverte de macules ; les intestins fonctionnent régulièrement; la langue est brune, fendillée et sèche. — Prescription :

ÎJtf Aquœ. . f- 5 j*

Liquoris chloridi sodœ min. x.

Miscc. Fiat haustus quartis horis sumendus.

Applicenlur hirudines xij post aurem et repetalur applicatio, si opus sit (1).

Septième jour. — Les sangsues ont produit un écoulement de sang abondant; la tête est moins douloureuse; il y a eu du délire pendant une bonne partie de la nuit; le pouls est tombé à 100, mais il est encore très plein; il y a un peu de toux et une bronchite légère.— O/i répétera la potion ; quatre sangsues devant le larynx.

Huitième jour. — Il y a eu fort peu de sommeil; le malade ne se sent pas mieux, il est 1res irritable; il a beaucoup déliré et a été très agité pendant la nuit. La toux est moins fréquente ; la langue est noire et sèche; constipation. Pouls à 100, respiration un peu précipitée. — Même f.otion ; un lavement émollient pour le soir.

Neuvième jour. — Douleur épigastrique beaucoup plus vive; délire cx)ntinuel pendant la nuit, légers soubresauts de tendons; rougeur intense des yeux, regards fixes et farouches; pouls très plein, à 116, langue brune et sèche, dents fuligineuses.— Sfénie potion; huit sangsues à Vépigastre,

Dixième jour. — II paraît y avoir un peu de mieux; les sangsues ont notablement diminué la douleur épigastrique, mais la prostration est grande; le malade demande à manger; le pouls, à 100, est encore plein; insomnie complète. — Même potion, orrow-root.

Onzième jour. — La fièvre est plus intense, délire violent pendant la nuit; abattement considérable, absence de sommeil, soubresauts très marqués; soif vive. Pouls à 130 ; la télc est lourde, mais non douloureuse; la peau est brûlante et sèche; l'éruption persiste. — Même prescription.

Douzième jour. — Tous les symptômes sont aggravés : la face est

(1) '^ Eau 24 grammes.

Solution de clilorurc de soude 0,'iO

Mêlez, (Note du Trad.)

286 CLINIQUE MËUlCALt.

rouge et boiinie, ]i>s yeux sont injectés et hasards, les dénis fuligineuses ; les lèvres sont desséchées et Tendues, la langue est noire et très sèche ; les soubresauts ^ûnt généralisés et très violents. Le malade ne dort ni jour ni nuit, il est excessivement irritable. Le pouls, h 13tl, est saccadé; les pupilles sont contractées; le décubilus est dorsal, les jambes sont ramenées en liaut, les extrémités sont un jieu froides. — On fera des applications chaudes sur les pieds, el l'on donnera la potion suivante :

^ Tarlari emelici Rf- j'

MisturtD camphoriC f. 5 *''J-

TincluriP opii f- 3 ij.

MiEce. I^umat <:ochl£.irc unum ainplum sccunda quaquc liora (I).

Treizième jonr. — L'infirmier rapporte qu'après la troisième cuillerée, le malade a eu neuf à dix heures de sommeil tranquille : c'était la première foifi qu'il dormait depuis la semaine prêcédcnle. !1 a eu des selles abondantes après la seconde dose; les matières étaient claires et bilieuses. Le délire a cessé, la sulfusion des conjonctives a entièveinent disparu ; la langue est humide et nettoyée. L'assoupissement est continuel; les soubresauts n'existent plus, les réponses sont raisonnables ;

It céphalalgie. — Sangsues à la tête et aux narines; ces dernières à Gtose d'une disposition évidente à Tépistaxis.

Haitième jour. — Sir Henry Marsh voit le malade avec nous.

Neuvième et dixième jour. — On ajoute à la tisane pour la nuit quatre grains (0■^2&) de poudre de Dover, mais l'insomnie persiste.

Onzième jour. — Aucun repos ni le jour ni la nuit. On prescrit pour le soir :

^ Tartari emetici gr. jj.

Laudani C9j.

Mistone camphorœ f* S iv.

Hiiee. Sumat cochleare unum amplum secunda quaque hora (1).

Douzième jour. — Après la seconde dose le malade s'est endormi el a eu quelques heures de sommeil ; il a la peau moite, il est complètement délivré aujourd'hui de la mussitation et du délire qui avaient apparu le dixième jour, et avaient notablement augmenté au onzième. Ces jours-là, lorsqu'on le laissait à lui-même, il restait couché sur le dos, parlant constamment, mais sans violence et à voix basse ; il avait les yeux toujours ouverts; lorsque nous lui adressions la parole, il répondait raisonnablement, mais dès que nous quittions sa chambre, il se remettait à divaguer. Cet ensemble de symptômes inquiétants ayant disparu, nous ne Times pas continuer la potion, et nous nous bornâmes à prescrire quelques palliatifs et une alimentation légère. Le soii*, on jugea convenable d'appliquer un vésicatoire à la nuque.

Treizième jour. — Les taches sont très abondantes. M. S.... a été tranquille pendant la nuit, mais il n'a pas dormi du tout ; il esl fatigue et énervé; les autres symptômes sont modérés; pouls à 104 ; langue humide, abdomen un peu tendu et légèrement lympanique. Lavements de térébenthine, boissons diurétiques; bouillon de poulet, vin de Bordeaux coupé d'eau. A cinq heures de l'après-midi, je revois le malade : il n'avait pas de céphalalgie, mais rinsoinnie était la mémo; il y avait eu quelques selles, le ventre était encore un peu lympanique. Craignant que l'absence de sommeil n'augmentât l'épuisement, je prescrivis uuo potion composée d'une once (32 grammes) de mucilage de gomme

(1) ÎJ^ Tartre émélique Ok%OG

Laudanum 1«S30

Mixture camphrée 96 grammes.

Mêlez, A prendre une grande cuillerée luutes les deux heures. (Note du Trad.)

arabique, sept onces (22^ grammes) de mixture camphrée, trois £ (0«',i8) d'émélique, et une drachme (3 grammes) de laudanun: devait en donner une demi-once toutes les deux heures, jusqi que le sommeil survint.

A dix heuresdu soir, sir Henry Marsh et M. Barker vinrent voir M il avait dormi pendant une heure; il se sentait lourd, mais n'avai mal à la tête, il avait pris deux Fois de la potion ; il resta éveillé ju onze heures. Une troisième dose le fit alors dormir jusqu'à trois h du matin ; à quatre heures il en prit une quatrième, après quoi il mit jusqu'à huit heures. Lorsqu'il se réveilla, il était reposé et se vail beaucoup mieux. Comme il n'y avait pas eu de selles, le v était encore un peu tympanique, et cela nous engagea à prei deux drachmes d'huile de ricin sous forme d'émulsion aromat Le soir, nous limes prendre au malade quatre gouttes noires; i moins la nuit fut sans sommeil. Le matin du quinzième jour, trouvâmes M. S.... fatigué de n'avoir pas dormi, mais il n'avait p mal de tête, et la fièvre était beaucoup moins forte; le pouls était

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disparaître, au seizième jour, presque tous les phénomènes morbides ; à peine restait-il quelques vestiges des soubresauts de tendons. Toutes les précautions avaient été prises pour que le malade ne fùi pas troublé, nous avions apporté à son régime l'attention la plus scrupuleuse; je dois dire qu'il témoignait beaucoup de répugnance pour manger, et que nous avions beaucoup de peine à lui faire prendre une quantité suffisante d'aliments farineux légers. Pendant la nuit du seizième jour, il dormit assez bien; le lendemain il n'y avait pas de changement dans son état, mais la nuit s'était passée sans sommeil.

Au dix-huitième jour, la lièvre était complètement tombée; le pouls était à 70, la langue était humide ; une purgation avait procuré quelques selles. Ce jour-là, M. S.... s'entretint trop longtemps avec ses amis, parlant de son prochain départ pour la campagne, du ses projets, etc.; cependant il dormit quelques heures vers le soir, mais d'un sommeil agité et troublé par des songes. Au réveil il divaguait; on lui fit prendre huit gouttes noires, mais il ne put s'endormir de nouveau; loin de là, il sortit plusieurs fois de son lit et se mit à parler avec incohérence.

Le lendemain matin, dix-neuvième jour, à dix heures, le délire avait disparu, et l'attribuant à une excitation niomentanée, je me flattais qu'il ne reviendrait plus : cette opinion était d'autant plus probable, que la céphalalgie n'avait pas reparu, et qu'il n'existait aucun signe d'excitation vasculaire générale ou locale. Je devais bientôt être détrompé : dans les premières heures de l'après-midi, le malade se mit à divaguer et fut repris de délire; il se plaignait de mal de tète, bientôt il ne put supporter la lumière, et, lorsque je le vis à sept heures du soir, il ne lui restait pas une lueur de raison : il se croyait en voyage, et no paraissait pas avoir conscience de ce qu'on lui disait. Le pouls était tombé audessous de 60; il était mou, irrégulier, avec fie fréquentes intermittences ; la température de la peau n'était pas élevée, les pieds étaient froids ainsi que l'extrémité du nez; les traits étaient contractés. Pendant la journée, il avait un peu mangé à deux reprises différentes, mais il y avait mis une voracité extraordinaire; ses yeux étaient rouges ; en un mot son état jusliliait les i)lus vives alarmes.

Que faire en cette occurrence? Faire de nouveau raser la léte, mettre de nouveaux vésicatoires au sinciputet aux tempes? Certes, c'étaient là des mesures très judicieuses, et j'y étais tW'S disposé ; mais les indications du traitement interne étaient beaucoup moins claires. Nous étions arrivés au dix-neuvième jour; le malade avait eu à traverser

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M <«f /* ff,f siiu\f\f', ufifi \fUr\u'Ji\;ff\U: ïiieii ^surprenante dans les fwfU 'l/rf.f |«» 7>/rK d/! vo'** imi\r(; *j(tm\f\(' : f;**'sl la p<jliie quantité de l'iMd>»r>ffrri #(fM dwn* h» plupirl d «Titrer txn, a suîfi fX)ur amener le somffM'i! OH^ #if//;riM»r»'<' n*' |»#!tif ('Xrc t*,x\A\i\\m* (pie par la présence du t«rir<' «iilhir <|iii, donrM^ M dov4 ronvenablcs, exerce manifestement une

^ Lt TABTRE SïiBIÉ ET L'oPIIM DANS l.L TYPHUS FEVEK. 291

^■ction sédalive sur le système nerveux (1). Il est bon de noter également «ue le mélange ries deux agents donne très rarement lieu aux symptômes pénibles qui suivent l'administration de l'opium ou de ses com- DOsés, à une période avancée du typhus lever. L'addition d'une once 4e mucilage et d'une once de sirop simple semble faciliter la tolérance ide l'estomac.

Dans le décours de la maladie et même vers sa fin, il arrive assez isouvent qu'il se fait vers la tète une détermination sanguine, soudaine ou graduelle, qui exige ta nouveau un traitement antiphlogistique plus ou moins modifié, aidé par des vésicatoires. Je crois qu'on pourra souvent prévenir celte complication, en s'efforçant, en temps opportun, de ramener le sommeil : un malade atteint de typhus fever et (jui a passé plusii-urs nuits ^ans dormir, est sous l'imunnence d'une inflammation ou d'une congestion du cerveau; la céphalalgie, le délire et la rougeur des conjonctives en sont de sûrs indices. C'est alors que vous retirerez de grands avantages du mode de traitement que je vous conseille, à la condition toutelois de l'employer à temps; si vous en différez l'usage jusqu'à ce que la phlegmasie cérébrale soit bien et dûment constituée, l'opium, ne l'oubliez pas, fera plus de mal que de bien.

Cette condition particulière du système nerveux à laquelle s'adresse la méilication stibio-opiacée peut exister concurremment avec d'autres états fonctionnels ou organiques, qui annihilent leseffutsdu traitement. Par exemple, lorsque le ventre est tendu et ballonné, le remède échoue ordinairement; mais je crois pouvoir affirmer que dans les fièvres convenablement traitées dès le début, la tympaniie ne devient jamais considérable, dans les cas où elle se manifeste; si le médecin accorde à ce symptôme, au moment de son apparition, toute l'attention nécessaire, il pourra le plus souvent en arrêter les progrès. J'ai observé moi-même plusieurs cas dans lesquels le tarlreslibieet l'opium ont été inetticaces, alors que j'en attendais les plus heureux elfets : il n'est pas dagent

(l) Je crois qu'il faut tenir compte, cri outre, de la prostration du malade. Les ellcls de l'opium sur l'économie sont d'autant plus prompts, d "autant plus énerj^iriuts, que l'activité de l'innervation est plus alVaiblic. M dans le lyphus lever, dans la lièvre typhoïde, comme dans toutes les maladies a tendance adynamique, il ne l.tut qu'une très faible quantité d'opium pour produnc le î^ommeil, on sait que dans d'autres alleclions caiactensécs par la surexcitation ou l'alaxic des fondions du système nerseux, dans la chorée par exemple, des doses vroiu)ent énormes de préj)arations opiacées sont admirablement tolérées. (Note du Trad.)

fièvre épuisante, ei il avait dû supporter une médication trèséoer-

lie. Fallail-ii couvrir la tète de sangsues? devions-nous tenter -i'ap-

nation du froid? ou bien devions -nous immédiatement recourir

la saturation mercurielle? Tel eût élé bien certainement, ii y a

lelques années, le traitement mis en usage, et je ne doute pas que

itte thérapeutique n'eût singulièrement précipité la terminaison

itale.

Les écrits de Goocli, qui nous a faitconnattre le diagnostic et le traitenent de certaines afl'ections liabituellement confondues avec l'hydrocéphalie inflammatoire, rinconleslable vérité de ses assertions que nous avions pu vérifier plusieurs fois dans notre propre pratique, nous déterminèrent, sir Henry Marsh, M. Bai ker et moi, à revenir à la vésicaiiou; en même temps nous fîmes prendre à l'intérieur, toutes les trois heures, une mixture composée d'une once (lU grammes) de véhicule camphré, deux grain^ (12 centigrammes) de carbonate d'ammoniaque, et vingt gouttes de Ii<iueur d'Hoffmann. Nous prescrivîmes, en outre, des fomentations chaudes sur les pieds, et nous donnâmes pour boisson du petitlait chaud.

Peu de temps après notre visite, M. S... s'endormit; ce sommeil dura près de sept heures sans interruption ; au réveil, la raison était revenue. Le lendemain malin, vingtième jour, à huit heures, nous constatâmes une amélioration notable ; le seul vestige persistant de cette rechute qui^nous avait donné de si chaudes alarmes, était un peu d'intermittence dans le pouls, qui était d'ailleurs devenu p'us naturel et plus plein. Il n'y avait pas eu d'évacuations alvines : je mentionne ce détail, parce que bien des médecins auraient éié tentés de prescrire quelque purgatif; mais, d'après la dépression et la mollesse du ventre, cette médication ne nous semblait pas indiquée, et, de plus, notre façon d'interpréter le fait actuel nous défendait de la proposer. Nous ordonnâmes un régime farineux, et la répétition de la potion à de plus longs intervalles. Le soir du vingt et unième jour, le pouls ne présentait plus aucune trace d'irrégularité ni d'interniission, les perturbations du système nerveux avaient entièrement disparu ; de ce moment la convalescence commença.

11 est, ce me semble, une particularité bien surprenante dans les faits dont je viens de vous rendre compte : c'est la petite quantité de laudanum qui, dans la plupart d'entre eux, a suffi pour amener le som meil. Cette circonstance ne peut être expliquée (jue par la présence di tartre stibié qui, donné à doses convenables, exerce manifestement un

LE TABTRE SïiBIÉ ET L'oPILM DANS Lt TYPHUS FEVEK. 291

actJQn sédative sur le système nerveux (1). Il est bon dénoter également que le mélange des deux agents donne très rarement lieu aux sympiômes pénibles qui suivent l'administration de Topium ou de ses composés, à une période avancée du typhus lever. L'addition d'une once de mucilage et d'une once de sirop simple semble faciliter la tolérance de l'estomac.

Dans le décours de la maladie et même vers sa fin, il arrive assez souvent qu'il se fait vers la tète une détermination sanguine, soudaine ou graduelle, qui exige à nouveau un traitement anliphlogistique plus ou moins modifié, aidé pHr des vésicatoires. Je crois qu'on pourra souvent prévenir cette complication, en s'efforçant, en temps opportun, de ramener le sommeil : un malade atteint de typhus fever et qui a passé plusieurs nuits sans dormir, est sous l'inimmence d'une inflammation ou d'une congestion du cerveau ; la céphalalgie, le délire et la rougeur des conjonctives en sont de stjrs indices. C'est alors que vous retirerez de grands avantages du mode de traitement que je vous conseille, à la condition toutefois de l'employer à temps; si vous en différez l'usage jusqu'à ce que la phlegmasie cérébrale soit bien et dûment constituée, l'opium, ne l'oubliez pas, fera plus de mal que de bien.

Cette condition particulière du système nerveux à laquelle s'adresse la méilication stibio-opiacée peut exister concurrenmient avec d'autres états fonctionnels ou organiques, qui annihilent lesefiètsdu traitement. Par exemple, lorsque le ventre est t(Midu et ballonné, le remède échoue ordinairement; mais je crois pouvoir affirmer que dans les fièvres convenablement traitées dès le début, la tympaniie ne devient jamais considérable, dans les cas où elle se maniteste; si le médecin accorde à ce symptôme, au moment de son apparition, toute l'attention nécessaire, il pourra le plus souvent en arrêter les progiès. J'ai observé moi-même plusieurs cas dans lesquels le tartre slibié et l'opinin ont été inefticaces, alors que j'en attendais les plus heureux ellets : il n'est pas d agent

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