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FIÈVRE INTERMITTENTE

La rate en particulier est sujette, même dans l'état de santé, à des modifications très remarquables sous l'influence de la digestion, et son volume diffère notablement cbez l'animal à jeun et chez l'animal qui a mangé. C'est même une chose étonnante, que la rapidité avec laquelle cet organe se remplit de sang, passant ainsi d'un état de coilapsus à un état de congestion. Il est aisé dès lors de concevoir comment la rate peut augmenter de volume, pendant les accès d'une fièvre périodique, surtout au mo^nent du stade de froid. Ce développement n'est jamais aussi marqué dans le foie; cet organe conserve à peu près toujours la même grosseur, tout au moins n'est-il pas sujet, comme la rate, à des variations diurnes subordonnées aux diverses périodes de la digestion. Il est donc évident, à priori, que la rate sera bien plus fréquemment que le foie, le siège de la congestion, et que son accroissement sera toujours plus distinct et plus appréciable.

Mais ces deux organes ne sont pas seuls exposés à être congestionnés pendant un paroxysme fébrile; tous les autres le sont également, et ce fait est d'une grande importance au point de vue pratique; vous ne devez jamais le perdre de vue. Un malade auquel je donnais des soins, avait une fièvre tierce ; à chaque paroxysme il souffrait dans la poitrine, il avait un peu de toux, et ces symptômes disparaissaient durant l'apyrexie. A mesure que la maladie fit des progrès, la toux et la dyspnée augmentèrent aussi, et finalement le sulfate de quinine devint impuissant. La congestion pulmonaire était de plus en plus marquée, elle tendait à devenir persistante, enfin elle ne disparut plus dans l'intervalle des paroxysmes; le malade mourut avec une hépatisation des deux poumons.

Ce fait s'est passé il y a quelques années, à l'époque où l'on admettait encore la vieille théorie de la débilité, pour expliquer le stade de froid de la fièvre intermittente; on était bien loin par conséquent de songer aux émissions sanguines pour combattre les congestions viscérales. Plus tard la saignée pendant le stade de froid a été proposée par le docteur Mackinlosh, et cette pratique a été l'objet de nombreux essais à l'hôpital de iMealh; je ne saurais trop vous la recommander lorsque quelque organe interne est le siège d'une inflammation paroxystique (1). 11 est bien entendu, d'ailleurs, que ce mode de traitement

(l) Le caractère anatomique de l'inflammation est l'exsudat ; et ce dernier, une fois formé, ne peut disparaître qu'au bout d'un temps plus ou moins long, pen<lant lequel il est préparé à labsorption. Vm conséquence, aussi longtemps que dan? une fi«"ivre

n'est point constamment applicable; lorsque l'accès est léger, lorsqu'il n'y a pas de congestion viscérale bien marquée, la saignée est complètement inutile; si au contraire un organe important est menacé, elle constitue un moyen héroïque : dans quelques circonstances, elle coupe définitivement la fièvre, et dans tous les cas, elle en rend les pa* roxysmes plus légers et plus traitables.

Les accès de la fièvre intermittente soûl parfois accompagnés de symptômes de congestion et d'inflammation du côté de quelque viscère ; donnez encore ici le sulfate de quinine, et vous arrêterez à la fois les phénomènes périodiques et les accidents viscéraux. Je me souviens d'avoir eu dans mon service un jeune garçon qui, pendant les paroxysmes, avait une bronchite intense et de la dyspnée. La toux ne cessait pas complètement pendant l'apyrexie, mais elle était beaucoup moins violenle; la gravité des symptômes pulmonaires pendant l'accès me faisait hésiter sur l'opportunité du sulfate de quinine. Cependant au bout de quelque temps je me suis décidé à l'essayer ; il a mis fin et aux accès et à la bronchite. Je dois vous faire observer que cette bronchite avait un caractère chronique, et je crois que dans les fièvres intermittentes accompagnées de lésions viscérales, le sulfate de quinine ne réussit que si la complication est très légère ou d'une nature chronique. Si elle est très sérieuse, le sel quinine restera sans ctfet; de là la nécessité, dans le traitement des fièvres d'accès, d*exarainer avec le plus grand soin l'état des organes internes (1).

intermittente accompagnée, les symptômes pulmonaires disparaissent complètement pendant Tapyrexie, on ne doit admettre qu'une congestion pulmonaire, et non point une inflammation légitime ; lorsqu'au bout d'un certain nombre d'accès, comme l'indique très bien Graves, les symptômes locaux persistent durant les jours intercalaires, alors seulement on est autorisé à conclure à une inflammation du parenchyme. Mais que se passe-t-il en même temps ? Un élément continu vient s'ajouter à la fièvre périodique, et l'on observe en réalité, non point une pneumonie intermittente, dont l'existence est inconciliable avec le processus inflammatoire, mais une pneumonie dont la fièvre afl'ecte la forme rémittente, en raison des exacerbations qui correspondent aux accès de l'intermittente primitive. Je ne veux point nier par là la réalité des déterminations locales dans les fièvres d'accès ; je veux dire seulement que ces déterminations ne méritent le nom d'inflammation, que lorsqu'elles sont devenues permanentes ; jusquelà, je ne puis y voir qu'un mouvement congestir, survenant avec le paroxysme fébrile et disparaissant avec lui ; si la maladie se prolonge, si le quinquina ne vient pas enrayer les accès, ces congestions répétées du même organe pourront produire l'exsudation, soit; mais on aura alors une inflammation déterminée par la fièvre intermittente antérieure, ce qui est bien différent d'une inflammation intermittente. (NoteduTRAD.) (1) Il ne sera peut-être pas inutile de dire ici quelques mots des modifications que présente Turine pendant les paroxysmes de la fièvre intermittente. Il résulte des tra-

Il est certaines aiïections qui sirmilcnt d'une Façon étonnante la fièvre intermittente; et comme une méprise pourrait devenir très dangereuse,

vaux les plus récents (Redenbacher et Sydney Ringer), que pendant le stade de frisson Turée g*élève notablement au-dessus de la quantité normale ; durant le stade de chaleur elle commence à diminuer, revient à peu prés à la proportion de l'état sain pendant le stade de sueuç, et reste quelque peu au-dessous de la limite physiologique durant Tapyrexie. D*après Redenbacher, l'urine de la période de frisson contient 3 f fois autant d*urée que Turine normale ; d'après Ringer, Taugmentation est beaucoup plus considérable, elle va de 200 h 500 pour 100. Ce dernier auteur a signalé en outre un rapport fort remarquable entre la quantité d'urée excrétée et l'accroissement de la chaleur : à mesure que le thermomètre placé dans l'aisselle du malade s'élevait d'un degré, la proportion d'urée s'élevait d'une certaine ^lanlité au-dessus de la limite normale. Ce résultat me parait d'autant plus important, qu'il démontre directement l'influence de l'accès fébrile sur la combustion interstitielle des matières azotées. Ringer a vu, en outre, que le chlorure de sodium augmente dans l'urine, pendant le stade de frisson ; mais cette augmentation n'aflecte aucun rapport constant avec l'élévation de la température. Le même auteur a constaté un autre fait qui mérite d'être signalé : lorsque sous l'influence du sulfate de quinine la fièvre a cédé, alors que les observations thermumétriques répétées pendant plusieurs jours de suite, n'accusent plus aucune augmentation de chaleur, on voit jusqu'au troisième jour l'urée et le chlorure de sodium augmenter dans l'urine, à l'heure où les accès fébriles avaient lieu primitivement.

Je dois dire, pour présenter exactement l'état de la question, que le docteur Hammond est arrivé à des résultats tout diflerents ; selon lui, en eflet, l'urée diminue pendant le paroxysme et augmente pendant l'apyrexie. Il en serait de même du chlorure de sodium. Il y aurait donc de nouvelles recherches à faire sur ce point ; cependant je dois faire observer que les expériences de Redenbacher et de Ringer sont pleinement confirmatives de celles de Wunderlich, de Traube et de Lehmann.

D'un autre côté, M. Burdel a constaté la présence du sucre dans l'urine de tous les fébricitants (80) qu'il a examinés. 11 s'est servi pour ses recherches de la potasse caustique, de la liqueur de Fehling, du sous-nitrate de bismuth el de la levure de bière. La quantité de sucre est à son maximum pendant le stade de froid ; elle peut s'élever alors jusqu'à 10 et 12 par 1000. L'auteur pense que la proportion du sucre est en rapport direct avec la gravité de la fièvre ; il a observé que si le malade accuse, durant son accès, des douleurs vives au niveau de la région hépatique, la quantité de sucre dans l'urine dépasse d'un cinquième et même d'un tiers celle qui y est contenue, lorsque les douleurs siègent dans l'hypochondre gauctie ou dans la région lombaire.

Redenbacher, Ueber den Harnsloffgehalt des Uiins bel Inlermiltens {Henle's und Pfeufer's Zeitschrifty 111 B., 1858).

Hammond, Ueber die physikalischen und chemischen Veriinderungen des Urins bei IntermittenSt etc. (Archiv fur gemeinschafiUchen Arb. IV, 1858).

Ringer Sydney, On the connexion belween the heat of Ihe body and Ihc excreled amounts of UreOy Chloride of Sodium and urinary Wafer^ during a fit of ague {The Lancett 1859).

Burdel, Sur la glycosurie dans les fièvres paludéennes {Union méd., 1859).

il importe de s'informer toujours, avec le plus grand soin, de l'origine et de la marche de la maladie. Certaines fièvres hectiques qui revêtent le caractère périodique, ont pu souvent être prises pour des intermil^ tentes légitimes ; j'en ai eu encore tout récemment la preuve, k propos d'une dame qui était venue du comté de Limerick pour me consulter sur une fièvre intermittente irrégaUère dont on la dii^ait atteinte. Cette dame était accouchée au mois d'août ; à la sufte de sa couclie, elle avait été prise de fièvre pour s'être exposée au froid, et elle avait eu un peu de toux. Ce symptôme avait persisté pendant deux ou troi^^semaines, sans aucune expectoration, puis la malade avait présenté des accès intermittents sous le type tierce. On la mit alors à l'usage du sulfate de quinine, mais cette médication n'eut d'autre effet que d'aggraver la toux, sans modifier en rien les paroxysmes fébriles. Divers moyens de traitement furent successivement essayés, mais sans succès ; les accès devinrent irréguliers et plus fréquents, voilà tout.

Du moment où je vis cette dame, je fus convaincu qu'elle était atteinte de quelque lésion viscérale; en examinant sa poitrine, je constatai, en effet, sous la clavicule droite, une diminution de la sonorité et des cracjuements tuberculeux ; de plus, la toux qui éuût restée sèche jusqu'alors, devint soudainement humide, et je pus entendre un véritable gargouillement. La prétendue fièvre intermittente n'était donc que la fièvre hectique de la phthisie, et le docteur Stokes, qui avait été appelé en consultation, arriva à la même conclusion.

Les choses se sont passées à peu près de même chez un malade que je voyais, il y a quelque temps, avec sir Henry Marsh. Ce gentleman avait des accès inlermillenls bien marqués, et nous le traitions en conséquence ; mais le sulfate de quinine et les autres remèdes que nous mettions en usage n'avaient abouti qu'à convertir la fièvre en rémittente. Tout à coup, ce malade qui n'avait jamais accusé aucun symptôme du côté du foie, fut pris d'ictère et mourut. L'autopsie nous montra dans le parenchyme hépatique dix-sept ou dix-huit petits abcès. Ici donc l'hectique intermittente dépendait de l'indammation interstitielle du foie, affection le plus souvent latente et incurable.

Je n'ai pas besoin de vous raj^eler les mouvements fébriles qui accompagnent les maladies du cerveau et celles des organes urinaires ; vous savez qu'ils sont souvent caractérisés par des intermittences parfiiites. Mais il est une forme de fièvre intermittente anomale, dont je crois devoir vous dire quelques mots; je veux parler de ces accès qui semblent l'apanage exclusif des femmes nerveuses; tout au moins ne les ai-je

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jamais observés chez les autres. Après un accouchement, apr^s une maladie aiguë ou à la suite d'émotions morales vives, ces personnes impressionnables deviennent sujettes à des paroxysmes fébriles périodiques. J*étais mandé, il y a déjà quelque temps, par le docteur Stokos, auprès d'une dame qui, peu de temps après sa couche, avait été prise d'une fièvre tierce très évidente : elle avait, au temps voulu, des frissons violents, puis de l'accélération du pouls, de la chaleur à la peau, et des sueurs profuses. Dans l'intervalle des accès, elle se sentait assez bien ; cependant il restait de la fréquence et de la vivacité dans le pouls, et les intermittences n'étaient pas parfaites. L'accoucheur avait donné le sulfate de quinine sans aucun résultat. En examinant cette malade, je lui trouvai un tempérament nerveux et hystérique très nettement accusé, et je conseillai d'administrer les antispasmodiques. Une mixture composée de musc, de camphre et de teinture ammoniacale de valériane, fit disparaître rapidement les accès intermittents.

Mais il est temps de revenir à notre jeune marin. Comment devionsnous attaquer sa fièvre? Elle n'avait pas jusqu'ici amené d'asoite, mais il étiiit clair que, si on la laissait progresser encore, elle ne tarderait pas à produire un épanchement dans la cavité péritonéale. Dans les cas analogues il faut attacher une grande importance à fabsence de lièvre : si, en effet, le pouls n'est pas accéléré, si la peau n'est pas chaude, il est inutile d'employer les antiphlogistiques généraux ; les saignées locales suffisent pour calmer une irritation et une douleur qui sont également locales. Chez notre malade le ventre était un pou douloureux, et une application de sangsues fut très avantageuse; nous ne les avions pas fait mettre sur l'abdomen, mais à l'anus, parce qu'il est bien reconnu que les sangsues appliquées en ce point sont toutes -puissantes pour combattre la congestion intestinale, et subsidiairement l'engorgement du foie.

Tous ceux qui ont été à même de constater combien le flux hémorrlioïdaire soulage la congestion hépatique compliquée de dyspepsie, admettront sans peine avec moi refllcacité des évacuations de ce genre, et chercheront à imiter artificiellement les procédés curateurs de la nature : de là, les sangsues à l'anus dans le cas de congestion des intestins, et d'engorgement du foie ou de la rate. Du reste, il n'est point nécessaire d'en appliquer un grand nombre : trois ou (juatre, tous les deux jours, suffisent parfaitement, et cette pratique nous a toujours paru répondre d'une manière satisfaisante à toutes les indications. J'ordonnai en outre à ce garçon quelques grains de pilules bleues, tous

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les jours, non pas dans rintention de le soumettre à l'influem^e niercurielle, mais simplement pour amener racoomplisseroent régulier des fonctions intestinales ; et j'eus soin do» supprimer ce médicament dès que la' douleur hépatique eut disparu; car c'est un fait d'expérience que le mercure est un très mauvais agent dans les cas de fièvre intermittente compliquée d'hypertrophie indolore du foie. Hais il ne suffit pas pour une guérison parfaite d'avoir fait disparaître la congestion active et la douleur, il ne suffit même pas que la fièvre ait cessé, car vous avez à combattre Taugmentation du volume du foie; dans ce but vous devez d'abord placer un ou deux sétons au niveau de l'organe, pour recourir à l'administration de l'iode et des toniques. L'etfet des sétons contre les lésions de cette espèce est depuis longtemps connu, et il n'est vraiment pas besoin de nous arrêter sur ce point. Je me bornerai à vous citer un fait Après avoir été prise plusieurs fois d'ictère, une dame avait conservé une hypertrophie chronique du foie. Le lobe droit qui était principalement affecté descendait jusqu'à la crête iliaque; il était en outre excessivement dur. Cette lésion était survenue après une abondante salivation mercurielle. Je fis mettre deux sétons au niveau de la tumeur hépatique; elle diminua rapidement, et au bout de quelque temps la guérison était complète.

Quant aux toniques, ils sont d'une utilité incontestable dans les cas d'hypertrophie chronique du foie et de la rate. Nous nous servons Iiabituellement dans cet hôpital d'une poudre analogue à la célèbre poudre splénique du Bengale ; c'est un mélange de toniques végétaux et minéraux, auxquels on ajoute un purgatif végétal, l'aloès par exemple ; celte combinaison nous a donné les plus heureux résultats. L'iode est un adjuvant précieux, surtout lorsque le malade est affaibli et hors d'état de supporter le mercure; ce médicament agit en relevant les forces, et en facilitant l'absorption des produits morbides, dont le dépôt a causé l'hypertrophie (1).

Avant de terminer celte leçon, je désire consacrer quelques instants

(t) Je ne veux point ro'arrdter ici sur les intumescences de la rate et du foie qui accompagnent la fièvre intermittente et qui souvent même persistent après la disparition des accès ; je ne veux point non plus insister ni sur l'anémie, particulière à la cachexie paludéenne (hypo-albuminic, hypo-globulie), ni sur les hydropisics qu'elle détermine : tous ces^faits sont aujourd'hui classiques, et Ton ne peut rien ajouter aux travaux remarquables de MM. Audouard, Piorry, Nepple, Andral et Gavarret, Becquerel etRodier, etc. Mais parmi les affections secondaires qu'entraînent après elles les fièvres intermittentes rebelles, il en est deux dont la connaissance est d'une date toute récente

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à une question pleine d'intérêt, la susceptibilité de la race humaine pour les diverses nrjaladies. Vous savez que certaines espèces morbides sont particulières aux climats chauds, et qu elles deviennent presque fatalement mortelles chez les blancs qui s'exposent à leur influence. C'est ordinairement à Timpureté de Fair qu'on attribue ces maladies, surtout celles d'Afrique ; et cette môme cause qui, dans les climats plus

et qui mériteDt de trouver place ici ; je veux parler de la mélanémie et de la leucocylhémie.

I. Déjà Richard Bright, Annesley, Haspel et StewarJson avaient signalé la coloration noire que présentent la rate, le foie et le cerveau chez certains individus, qui ont eu pendant leur vie des fièvres intermittentes ou rémittentes ; Heckel avait montré plus tard que cette coloration tient à la présence de granulations pigmentaires dans le sang ; peu de temps après, Virchow avait constaté l'existence de ces granulations dans le sang et dans la rate tuméfiée d'un malade qui était mort hydropique après une fièvre périodique opiniâtre ; mais c'est Frerichs qui a fait l'étude la plus complète de cette singulière altération. La mélanémie est constituée par la présence dans le sang de corpuscules pigmentaires. Ces corpuscules affectent trois formes principales : ce sont des cellules, des amas ou des cylindres ; ils sont ordinairement noirs, plus rarement ils sont bruns ou d'une teinte ocreuse, plus rarement encore d'un jaune rougeàtre ; ces nuances représentent, dans leur gradation, les diverses phases des transformations de riiématine. Le pigment pâle se décolore rapidement sous l'influence des acides et des alcalis caustiques; le pigment foncé qui est plus ancien résiste plusieurs jours à leur action. D'après Frerichs, le pigment, dans la mélanémie, se trouve dans la rate, dans le sang de la veine porte, dans le foie, dans les veines sus-hépatiques, dans les reins, dans le cerveau, surtout dans la substance grise. Je dois dire que d'autres observateurs l'ont également rencontré dans les glandes lymphatiques, et l'année dernière le professeur Grohe en a publié une très belle observation.

Comme jusqu'ici, à l'exception d'un seul cas, on n'a jamais rencontré le pigment dans le foie, sans qu'il y en eût en même temps, et en quantité plus considérable, dans la rate, comme on peut suivre en «luelque sorte par la pensée, la marche des granulations à travers la veine splcnique, la veine porte, le foie, les veines sus-hépatiques, les poumons, les reins, le cerveau, etc., comme enfin on a observé des cas de mélanémie dans lesquels les corpuscules pigmenluires occupaient uniquement la rate et la veine porte, Frerichs en rapporte la formation à la glande spléniquc; toutefois, en raison du fait exceptionnel que j'ai indiqué, il fait quelques réserves, et il admet que le pigment en petite quantité peut être également formé par le foie. Voici, du reste, le résumé de l'observation : In malade mourut dans le marasme après avoir souffert d'une fièvre quarte rebelle et d'une albuminurie consécutive. La rate avait subi la transformation lardacée, et ne contenait pas de pigment ; le foie en renfermait une quantité considérable ; les corpuscules occupaiefit non-seulement les ramifications capillaires de la veine porte, mais aussi des branches assez volumineuses du même vaisseau ; les reins étaient également envahis par le pigment, mais il n'y en avait pas dans le cerveau. Le professeur Eiscnmann qui a donné une analyse remarquable du travail de Frerichs, fait remarquer avec juste raison que ce fait ne suffit poinl pour admettre la formation du

froids, produit la fièvre intermittente, fait nattre dans la zone torride une fièvre rémittente mortelle. Hais comment se fait-il que cette forme de fièvre appartienne exclusivement à l'Afrique dont elle ravage à la fois les côtes orientales et occidentales, et qu'elle soit inconnue sur les rivages de TAmérique du Sud, qui présentent cependant les mêmes conditions physiques, à savoir de vastes marais remplis de matières

pigment dans le foie, puisque les granulations anomales occupaient des rameaux volumineux de la veine porte.

L'existence des corpuscules pigmentaires dans le sang ne suffit pas pour constituer un état morbide appréciable pendant la vie. Tant que ces produits circulent sans entrave dans les vaisseaux capillaires, aucun phénomène anormal ne vient éveiller Tattention de l'observateur; mais lorsque ces granulations, arrêtées dans leur libre parcours se réunissent en agrégats plus ou moins considérables, on voit survenir des troubles sérieux dans la circulation, dans la nutrition et dans les fonctions des organes intéressés ; les niodillcations subies par le foie peuvent aller jusqu'à l'atrophie ; les lésions des reins portant sur les tubuli et sur les glomérules, peuvent devenir le point de départ d'une albuminurie persistante; enfin l'accumulation des granules pigmentaires dans les petits vaisseaux de l'encéphale peut en amener la déchirure , de là des hémorrhagies et diverses manifestations cérébrales qui ont le plus souvent le caractère torpide.

En se basant sur cinquante et une observations qui lui sont personnelles, Frerichs reconnaît quatre formes à la mélanémie. Dans la première, les symptômes cérébraux sont prédominants. — Dans la seconde, les lésions du foie et les troubles digestifs constituent les principaux accidents. — Dans la troisième, c'est l'aflection des 'reins qui domine toute la scène.— Dans la quatrième, il n'y a pas de désordres locaux bien évidents; l'anémie et l'hydrémie consécutives aux lésions spléniques, sont alors les phénomènes les plus saillants. — La marche de cette affection est aiguë ou chronique ; on l'a vue durer plusieurs mois; dans d'autres circonstances, elle est devenue mortelle en quelques jours. Sur les cinquante et un cas de Frerichs, trente et un se sont terminés par la mort; dans tous les cas on observe une coloration spéciale de la peau ; c'est une teinte d'un brun grisâtre, tellement caractéristique, selon le professeur de Berlin, qu'elle fait immédiatement soupçonner l'existence de la mélanémie. Pour assurer le diagnostic, il faut extraire un peu de sang par une piqûre et constater, au moyen du microscope, les granulations pigmentaires.

Quant aux causes de la mélanémie (et ceci nous ramène directement à notre point de départ), il n'y en a qu'une réelle; c'est la fièvre paludéenne intermittente et rémillente. Or, comme dans un grand nombre de fièvres maremmatiques l'affection pigmentaire manque complètement, Frerichs se pose, sans la résoudre, la question suivante : La mélanémie dépend- elle d'une activité plus grande du miasme paludéen, ou d'une modification de sa qualité?

Telle est la mélanémie {j'en ai emprunté l'histoire à l'ouvrage de Frerichs). On conçoit que pour une élude complète de cette affection, il faudrait examiner bien d'autres questions, dans le détail desquelles je ne puis entrer. Et d'abord, quel est le mode de formation de ces granulations pigmentaires? Faut-il y voir avec Meckel, une

MALARIOUS FEVER D'AFRIQLE. hl9

végétales et animales en décomposition? D'un autre côté, d'après les comptes rendus des dernières expéditions de Bornéo (je parle surtout de celle du capitaine Keppel sur la Didon, et de celle de sir Edward Belcher sur le Samarancf), nous ne voyons point que les matelots aient été atteints de cette fièvre terrible ; et cependant, campés sur- des terrains que la marée venait de recouvrir, ils étaient constamment exposés

augmentation pure et simple du pigment normal de la rate? Faut-il Taltribuer, avec Virchow, à des modifications de la pulpe splénique et des globules sanguins? Dironsnous, avec Heschl, qu'il s'agit d'une création nouvelle, ou avec Planer, que ce pigment n'estque le reliquat d'extravasalions sanguines multiples? Admettrons -nous enfin, avec Frerichs, qu'à la suite de la stase du :^ang dans les cavités veineuses do la rate, l'épithélium vasculaire s'imbibe de l'hùmalosinc décomposée? Toutes ces hypothèses et bien

aux émanations malsaines de marécages couverts de manglîtfi, et ils étaient sous la même latitude qu'au cap Corse.

Comparons maintenant, au point de vue de la salubrité, l'Afrique intertropicale avec les autres parties du même continent. Lorsque je m'occuperai de l'influence pernicieuse qu*ont pour nos marins les côtes occidentales, je trouverai dans l'histoire toute récente du steamer V Eclair^ une preuve du danger des émanations auxquelles on rapporte l'origine de la fièvre des côtes. J*ai à peine besoin d'ajouter que ces effets mortels se font principalement sentir sur les blancs qui habitent ces malheureuses contrées; jugez-en, du reste, par ces chiffres, que j'emprunte au rapport de Bathurst sur la mortalité de l'une de nos colonies : « En 1826 il y avait à Sierra-Leone 366 soldats européens ; 301 moururent pendant la saison des pluies ; en 1835, sur 1193, on en a vu périr 621 ; on envoya dans les fies de Los, au nord de rétablissement, 108 jeunes gens, 62 succombèrent. » Au surplus, l'influence de ce climat épouvantable atteint les animaux aussi bien que l'homme. Dans la relation des voyages qui ont été faits dans l'Afrique occidentale en 1865 et en lb/i6, John Duncan nous apprend qu au cap Corse, l'agriculture a fait très peu de progrès, et qu'il faut attribuer ce ré-

iiidépendantc, la leucocytose paUiologique est tout aussi douteuse à mes yeux que Taflection piginentaire,et je ne pourrais que me répéter. Enfin la question du processus générateur des globules blancs se rattache à la physiologie de la rate et des glandes lymphatiques, et non point à l'histoire des fièvres paludéennes.

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Comparez :

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Billroth, Zur normcUen und palhologischen Anatomie der nicnschlichen MHz {Virchow's Archiv, XX, 1861). (Note du Trad.)

MALARIOL'S FEVEK U'aFRIQLE. /i81

suitat à l'absence de chevaux : ces animaux ne peuvent vivre au delà de quelques semaines^ et pourtant la race en clle-môme, quoique petite, est extrêmement belle, et elle ifest sujette à aucune maladie.

Il n'existe probablement pas, dans le monde entier, de pays plus salubre que l'Afrique méridionale. Tous les historiens de la dernière guerre de Cafrerie s'accordent à dire que TéCat sanitaire de nos troupes était excellent, malgré les manœuvres et les travaux pénibles auxquels elles étaient soumises. Dans un intéressant mémoire publié par le colonel Napier, sous le litre de : Quelques mois dans l'Afrique méridionale^ je trouve quelques détails surprenants : a Les transitions subites du chaud au froid, et vice rer^a^ constituent l'un des caractères de ce climat variable, et néanmoins extrêmement salubre, dans lequel, chose étrange à dire, on peut avec la même impunité dormir sous un buisson en recevant la rosée et la pluie, ou s'exposer pendant toute la durée du jour aux rayons brûlants d'un soleil au zénith. A l époque où j'étais dans ce pays, je voyais succéder à des journées étouffantes des nuits réellement froides, et nos hommes n'en étaient point incommodés. »

Laissons les côtes occidentales de l'Afritiue, et voyons quelles sont les conditions sanitaires de Tile de l'Ascension. A l'époque où cette île fut visitée par Alexander, ainsi qu'il nous le rapporte dans son Afrique occidentale, tous les habitants européens et africains étaient en parfaite santé; et même les Européens paraissaient forts et robustes, fait bien rare au-dessous de 7 degrés de latitude. Il y avait là 60 Européens et ^0 Africains ; toute l'année et sans en être éprouvés le moins du monde, ils labouraient en plein soleil, pendant sept à huit heures de temps; ils se reposaient au milieu du jour.

Pour compléter ce parallèle, il faut que je vous lise quelques observations de M. Bynoe sur le climat du nord de l'Australie; ces observations sont contenues dans le second volume de V Histoire de la découverte de l'Australie, par J. L. Slokes : « D'après les renseignements fournis par les journaux de médecine et par une table de météorologie que j'ai dressée (pendant soixante années) pour les côtes de l'Australie, et pendant les saisons les plus diverses, ce continent n'a pas de maladies qui lui soient propres, et tout me porte à croire que cette contrée est d'une salubrité remarquable. Sur les côtes du nord et du nord-ouest, le rivage formé par un sol boueux est couvert de mangliers; il existe des polypiers en décomposition, en outre la température

est Irès-élevée, et néanmoins on ne voit naître ni fièvres ni dyseutérie. Nos roarins, constamment exposés dans leurs bateaux à toutes les vicissitudes atmosphériques, ont dormi pendant plusieurs mois sous des berceaux de mangliers; ils étaient tourmentés pendant les beares du repos par des nuées de moustiques, et cependant ils ont conservé leur bonne santé. En un seul point de la côte du nord, le climat parut être nuisible (si toutefois cette expression peut être employée ici) ; c'était sur les rives de la Victoria : la chaleur pendant une saison fut si considérable, que deux hommes d'équipage furent atteints d'un cûup de soleil. Durant notre station en Australie nous n'avons perdu que deux soldats; Tun est mort.de vieillesse, l'autre a été emporté par une dysenterie contractée à Cœpang.

Mais revenons à l'Afrique. Comment nous rendre compte des conditions climatériques toutes particulières des contrées intertropicales? Je ne sais; ces conditions existent, voilà le fait certain. A quoi sont-elles dues? Là est le problème; il n'a pas, que je sache, été résolu. Il y a là sans doute quelque influence chimique ou physique ; mais elle nous est parfaitement inconnue. Existe-t-il du moins quelque moyen de diminuer les ravages de celte fièvre d'Afrique qui tue presque toujours impitoyablement? Il n'y a, ce me semble, qu'une méthode à suivre pour atteindre ce résultat: il faut rechercher et étudier avec soin quels sont les effets de ce climat sur l'espèce humaine.

L'homme est le seul être animé qui, tout en conservant son identité spécifique, soit capable d'habiter sous toutes les latitudes et de se reproduire dans tous les climats ; cette faculté, il la doit à la souplesse de sa constitution physique, il la doit aussi aux ressources nombreuses que lui donnent la raison et l'expérience. Mais jusqu'ici il a paru se soucier assez peu de ce don précieux de la nature : tandis que Thisloirc consignant dans ses pages les terribles effets de la guerre, nous montre des peuplades décimées ou détruites^ nous cherchons en vain ce qu'on a fait pour sauvegarder ou pour accroître les variétés de l'espèce humaine; et cependant, si nous prenions la peine d'étudier leurs conditions physiques et intellectuelles, nous arriverions sans aucun doute à déterminer la portion du globe terrestre que chacune d'elles doit habiter, et à connaître plus complètement les devoirs que nous avons à remplir pour étendre l'empire de la civilisation. Que désormais donc les arbitres des peuples arrêtent l'œuvre de destruction ; que nous ne soyons plus exposés à être témoins de catastrophes aussi effroyables que l'anéantissement des malheureux aborigènes de la terre de Van-

Uiémen, etqu*à la voix de la raison (je n'oserais invoqner ici le saint nom de la religion), on laisse inachevé le monument funéraire auquel on travaille depuis le commencement des siècles; et pourtant il faut encore y réserver une place pour une des plus nobles branches de la famille humaine, pour Tlnde de l'Amérique du Nord : car elle est aujourd'hui sans vie.

On sait depuis longtemps que les nègres peuvent affronter impunément les exhalaisons délétères qui tuent les Européens. Cette assertion H reçu récemment une éclatante confirmation. Dans l'expédition du Niger, accomplie en 18/il et en 1862 par les ordres du gouvernement, la mortalité causée par la fièvre devint si considérable, qu*il fut impossible d'arriver au but, et l'un des navirts fut sauvé par les efforts du chirurgien qui fit fonction de mécanicien; presque tous les blancs qui composaient l'équipage avaient péri <1). Trois bâtiments avaient été frétés pour cette désastreuse campagne; le nombre total de leurs hommes montait à H5 blancs et 158 nègres: parmi les premiers, 130 furent pris de fièvre sur le Niger, et 60 succombèrent; quant aux noirs, 11 sentenieai ressentirent les atteintes de la maladie; de plus, elle fut cliez eux beaucoup moins sévère, et aucun ne tut frappé à mort. Sur ces 158 nègres, 133 appartenaient à la côte d'Afrique. Ils étaient Africainsde naissance; c'étaient surtout des Kroomen, tribu de marins qui, vu leur intelligence, leurs aptitudes nautiques et leur fidélité, pourraient devenir très-utiles entre les mains de quelque nation civilisée. La plupart de ces hommes n'avaieot jamais navigué sur les eaux du Niger, et cependant aucun d'eux ne fut malade. Les 25 autres noirs étaient venus d'Angleterre ; ils étalent originaires, les uns des Indes occidentales, les autres des Etats-Unis d'Amérique; il y en avait un ou deux de la Nouvelle- Ecosse : c'est à ce groupe qu'appartenaient les 11 hommes qui prirent la fièvre. Aucun d'eux ne mourut, quoiqu'ils eussent tous passé quelque temps en Angleterre, et qu'ils eussent par conséquent quitté depuis plusieurs années les contrées tropicales.

D'après l'observation du docteur M'William, ce fait prouve que « l'immunité dont jouissent les races noires contre la fièvre des pays chauds est détruite en partie par une résidence momentanée sous

(1) La lièvre qui décima le corps expéditionnaire du Niger paraît avoir été une fièvre rémiltefite. Voyet : William, Médical Histovy of the expédition to the Niger during //«? yea/'ç 1841-1842, etc. London, 1843. PrilcheU, Sortie Account of the A fn'ca» rémittent fever^ which occurred on bonrd Her M, stenm^liip Wilber force, in the river Niger^eic. London, 1843. (Note du T»AD.)

d'autres latitudes 9. Ce n'est pas le seul enseignement que oettft-h»* t jire apporte avec elle : sur 25 noirs qui s'étaient embarqués eo Angleterre, 10 étaient des Indes occidentales, et n'étaient jamais venus sur les bords du Niger; néanmoins ils échappèrent en partie, et ceux qui furent touchés eurent une fièvre très- bénigne; deux de oes 25 nègres étaient nés dans des pays froids. Il paraît donc que les hommes de la race noire ont une constitution physique qui les rend capables de résister mieux que les blancs à la fièvre délétère des con-> trées tropicales.

Cette vérité a été démontrée d'une manière bien plus frappante encore par les ravages que la fièvre a commis à bord du steamer r Éclair^ lorsqu'il stationnait en 18i!i5 sur la côte d'Afrique. Je n'ai pas besoin de m'arréter sur des événements qui sont si bien connus de tous; il me suffit, pour remplir mon but, de vous rappeler que sur les &0 Kroomen qui étaient à bord, pas un ne fut pris de cette fièvre qui tuait presque tous les Européens : le fait est consigné dans les documents officiels. A l'arrivée du navire en Angleterre, 5 de ces nègres eurent une fièvre légère; mais sir William Burnett l'a attribuée à leur transbordement; on les avait fait passer sur le Worcester^ bâtiment beaucoup plus froid que l'autre.

Le major Forbes nous a donné le compte rendu de onze années de séjour à Ceylan ; entre plusieurs détails intéressants, je vous citerai le suivant. A l'époque où les Anglais travaillaient à établir les routes splendides qui traversent aujourd'hui cette lie, ils rencontrèrent quelques localités si insalubres^ que les naturels eux-mêmes tombaient victimes de la fièvre; il eût fallu renoncer à l'entreprise, si l'on n'eût pas remarqué que nos soldats cafres, qui travaillaient comme pionniers, restaient relativement indemnes : grâce h eux, on put achever l'œuvre, même dans les lieux où la chaleur et Thumidité^ agissant sur d'immenses dépôts végétaux^ produisaient des émanations mortelles pour les autres races d'hommes.

Dans une lecture que j'ai faite en i8^/i; devant le Collège des médecins, j'ai abordé riiistoire détaillée des difiérentes races de l'espèce humaine^ au point de vue de leur diffusion sur la surface du globe; je vous renvoie à ce mémoire qui a été publié dans le Dublin literary Jouj^al du i*"' avril 18/!i^. Quant à la fièvre intermittente, je crois que les observations qui précèdent sont d'un grand intérêt, parce qu'elles en établissent l'origine miasmatique. — Mais je ne puis terminer cette leçon sans vous exprimer encore une fois cotte conviction profonde à

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