NON PÉRIODIQUES
Joui
rs libres.
Jours libres.
intervalle
till
1 ir
Jl4«
liG''
Remarquez, messieurs, que lous les nombres qui représentent les intervalles apyrétiques conformes à la période, sont des multiples de 3 plus 2 : la raison en est évidente.
Il ressort de ce tableau que dans treize intervalles, la périodicité latente a été conservée au point d'indiquer avec exactitude le jour du retour de la fièvre, et que, dans les trois autres, il y a eu dans celte indication une erreur d'un demi-jour au plus. Il importe do remarquer que deux l'ois l'écart a ou lieu après do lon^^ues intormissious, ^ç>ws
/|96 CLINIQUE MÉOiCALF.
pouvons doue conclure que la loi dé périodicilê est rigoureusemeDi vraie pour les intervalles qui sont compris entre dix et soixante ou soixante et dix jours, mais que pour ceux qui sont plus prolongés elle n*est plus aussi certaine. Pendant l'année 18^3, il y a eu vingt-sept accès; en 18(i& il n*y en a eu que onze, et la plupart ont eu lieu pendant les mois de mars et d'avril ; quelques-uns de ces derniers ont été remarquables par leur violence. Ici donc la maladie ne s'est point usée elle-même, elle a été guérie. L'enfant n'a pas eu d'accès depuis le 1^ décembre 18a(i.
Quelques mots maintenant sur le mode d'administration du sulfate de quinine. Je l'ai fait prendre d'abord d'après les règles ordinaires, jusqu'à disparition des accès ; j'en continuais alors l'usage pendant dix ou quinze jours, à doses graduellement décroissantes. C'est la méthode généralement recommandée par les auteurs : lorsque le sel de quinine a été donné à hautes doses, il iaipente, (Ul-on, de ne pas en suspendre brusquement l'administration, de peur que l'économie ne soit fâcheusement impressionnée par l'absence de ce puissant tonique. Mon expérience personnelle me porte à douter de la justesse de ce raisonnement, et je suis convaincu qu*en suivant ces préceptes, nous allons contre notre but, puisque nous accoutumons le malade aux effets de la quinine, alors que la fièvre intermittente n'existe pas. Ce médicament est l'antagoniste direct de l'accès, et tnnt que Taccès le demande, il est bien toléré par Torganisrae. Au contraire, lorsque les paroxysmes ont cessé, les effets curatifs du sel de quinine semblent diminuer, et la constitution s'y accoutume tellement que, lorsque la fièvre revient, le remède a perdu ses propriétés auti périodiques. 11 se passe ici ce qui a lieu pour le mercure : de petites doses, administrées à propos, suffisent pour guérir les maladies vénériennes, à la condition que le médicament ne soit donné que lorsqu'il existe des symptômes syphilitiques et qu'on ne dépasse pas la quantité qui est nécessaire pour modifier ces symptômes. Si, au contraire, on donne le mercure comme moyen préventif, lorsqu'il n'y a encore aucun accident, ou bien si, pour combattre ceux qui existent, on le donne à trop hautes doses, on arrive à saturer 1 économie, et non pas à la mettre à l'abri des ravages ultérieurs de la maladie.
C'est pour éviter ces inconvénients que j'ai imaginé le second mode de traitement : il consiste à administrer le sulfate de quinine pendant quatre jours successifs, et à le suspendre pendant les six jours qui suivent; vous embrassez ainsi rinlervalle compris entre trois accès. J'espérais par là mettre suffisamment en jeu l'action curative du re-
DE LA PÉRIODICITÉ LATENTE. U^l
mède, et échapper à riiiconvénient de Taccoutamance, rintervalle des six jours devant empêcher la saturation. Cette méthode paraît avoir été excessivement efficace ; sous son influence la maladie a été atténuée, les accès se sont éloignés, et l'on a obtenu enûn une apyrexie considérable de cent trente-six jours. Voyant que, malgré cette amélioration, la fièvre n'était pas définitivement vaincue, j'essayai d'un troisième procédé : j'attendai», pour donner le sel de quinine, l'apparition d'un accès, complet ou tronqué, peu importe ; et je le donnais alors à hautes doses, de façon à couper les paroxysmes le plus tôt possible. Dès que j'avais obtenu ce résultat, je suspendais l'usage du médicament jusqu'au prochain accès que je traitais de même. C'est là en somme la meilleure méthode ; les paroxysmes sont rapidement arrêtés, et le remède est teim en réserve jusqu'à leur retour. Le tableau ci-joint vous fera connaître la quantité de sulfate de quinine qui a été absorbée par notre petit malade. Le sel préparé par M. Donovan était parfaitement pur.
Le procédé le plus simple pour prendre le sulfate de quinine, c'est, selon moi, démettre la dose à prendre dans une demi-once d'eau; en agitant le liquide avec une cuiller, le mélange est rapide: par ce moyen on évite les acides qui sont employés pour dissoudre le sel, et qui peuvent être nuisibles pour les dénis.
Pendant l'été de 1843, le jeune gentleman dont je vous ai retracé riiistoire paraissait très affaibli : son aspect maladif rappelait ses longues souffrances ; et même, lors(iu'il était à llowth, sous la direction bienveillante du docteur Stokes, il avait présenté une tuméfaction de la rate. Aujourd'hui, ce jeune homme est fort et robuste; il a retrouvé sa complexion florissante d'autrefois.