VÉRIFICATION DES LOIS PHYSIQUES. Î
Aorte thoracique. . • • 175 cai.
Artère poplitée • • • • 137 —
— fémorale. 66 —
Aorte abdominale et ses branches. . 59 —
Artère carotide Î5 —
— sous-clavière . . • , iS —
Tronc brachio-céphalique.. 20 —
Artère axillaire (1) 18 —
Eh bien, absolument comme pour les dilatations, vous voyez que le siège des anévrysmes est, par ordre de fréquence, Taorte ascendante, et dans celle-ci d'abord les sinus de Valsalvay puis le grand sinus; après quoi viennent, pour l'aorte, sa portion thoracique descendante y puis sa portion abdominale (lois des diamètres, des courbures et des éperons). Mais, dans le tableau de Crisp, vous voyez l'artère poplitée occuper le second 'rang comme fréquence, et la fémorale te troisième, ce qui est dû à la loi des violences extérieures : extension brusque et tiraillements pour la poplitée, habituellement fléchie chez certains sujets (les cochers par exemple) ; extension et frottement sur un os pour la fémorale.
Que si, voulant encore vérifier par une méthode indirecte les lois mécaniques invoquées, j'analyse les cas de t^pture de l'aorte, je trouve, d'api;è8 les recherches de Broca, que, sur 28 cas, la rupture a eu lieu :
19 fois sur l'aorte ascendante (dans le péricarde) ; 7 fois sur l'aorte thoracique ; 9 fois sur Taorte abdominale;
ce qui est absolument la vérification de la loi des diamètres
(1) Dans un remarquable travail (ANévRYSME, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicaleSy t. IV, p. 687), M. Léon Lefort objecte avec raison que Crisp a rassemblé indistinctement tous les cas d'anévrysmcs publiés dans les journaux de la Grande -Bretagne, mais non tous les cas observés ; de sorte que ce n*cBt point là la statistique de l'observation réelle. « Du tableau de Crisp, il résalteraii en effet, dit-il, que les anévrysmes poplité et fémoral réunis sont plus fréquents à eux seuls que les anévrysmes de l'aorte ! » C'est qu'en effet on est loin de publier tous les cas d'anêvrysmes de cette artère, tandis qu'on relaie plus volontiers les faite d'anévrysme dit chirurgical en raison des opérations qu'ils ont nécessitées. Quoi qu'il en soit, on sait que l'artère poplitée est, en effet/ celle des artères périphériques la plus souvent frl^>pée d'anévrysme. Et cela me suffit.
pour les 28 cas, et de la loi simultanée des diamètres et des courbures pour les 7 cas de rupture de Taorte thoracique.
Quant à Tétiologie de ces cas de rupture, elle n'est pas moins intéressante, en ce qu'elle est la conflrmation de Tétiologie générale des altérations artérielles que je développerai bientôt : ainsi, Vâge auquel se sont produites les ruptures est compris entre 30 et 60 ans (période où nous trouvons les dégénérescences endartériques) ; elles ont été observées 19 fois chez l'homme et 9 fois chez la femme, ce qui ne veut pas dire que le sexe ait en soi de l'influence, mais que l'homme ne se rompt l'aorte plus fréquemment que parce qu'il l'altère plus volontiers que la femme par les excès alcooliques et vénériens ; puis que, l'ayant altérée de la sorte, il se la rompt plus facilement par les efforts de sa vie plus active. Qu'ifpuisse y avoir d'ailleurs antécédents alcooliques ou vénériens, c'est ce qui ressort de l'élude des cas suffisamment détaillés. Dans un fait signalé par Morgagni, un Aoiwme (influence des habitudes sociales du sexe) de cinquante-neuf ans (influence de l'âge), ayant fait des excès vénériens et alcooliques, mourut subitement au milieu des efforts d'éternuments incoercibles : à l'autopsie, on trouva l'aorte malade et ossifiée, rompue à un travers de doigt dô son origine (loi des diamètres). Dans un cas de Dalmeida, cité par Luton, un homme (sexe) de quarante ans (âge), ivrogne et syphilitique (excès), mourut subitement d'une rupture de l'aorte, à 1 pouce de son origine (loi des diamètres) ; les parois étaient ramollies, et il y avait de plus un anévrysme poplité (généralité des causes et généralisation de la lésion). Cette même généralisation, nous la retrouvons dans un cas de Manec, où l'on voit la mort survenir par rupture de l'aorte abdominale, ossifiée, chez un homme qui avait trente anévrysmes sur différentes artères; et nous la retrouverons bientôt encore, cette généralisation des lésions, quand je vous parlerai des anévrysmes miliaires.
En même temps que ces lois mécaniques, qui régissent les lésions artérielles, se retrouve la môme série étiologique : vieillesse, alcoolisme, diathèses {goutte, rhumatisme, syphilis, et j'ajoute scrofule), série étiologique mentionnée d'une façon presque banale par tous les auteurs, et que je vais essayer d'interpréter; ce