‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 142 sur 254 · TRAITEMENT DE LA NÉVRITE CARDIAQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA NÉVRITE CARDIAQUE

dépasse seulement de 1 centimètre le diamètre normal (i), concluez hardiment qu'il y a névrite y puisqu'il y a aortite ; qu'ainsi, ce n'est pas d'une simple névrose qu'il s'agit; que le cas est mortel, et que la mort surviendra dans un avenir plus ou moins rapproché, d'une façon qui pourrait bien être subite.

Je dis plus : c'est qu'au cas où vous ne trouverez aucun signe évident d'aortite, si les douleurs propres aux nerfs phréniques sont associées à celles des nerfs cardiaques, vous pouvez encore conclure qu'il y a névrite et non point névralgie de ces nerfs ; et que les conséquences sont celles que je viens de dire. Vous voyez d'ici la haute importance séméiotique de la douleur des phréniques en pareil cas.

Au contraire, si l'investigation de l'aorte ne vous a donné que des résultats négatifs , si surtout il n'existe pas de douleurs des phréniques, affirmez la névralgie et croyez à la guérison.

Les accidents qui viennent de faire le sujet de cette conférence, se manifestant d'une façon violente et qui peut être rapidement périlleuse, il importe de les combattre avec une activité proportionnelle à leur intensité.

Au cas de névrite cardiaque chronique, les attaques de ce qu'on a appelé Vangine de poitrine symptomatique ne sont autre chose que des exacerbations violentes de cette névrite. Vous en savez assez le péril, en raison du mauvais état du cœur, pour comprendre la nécessité d'y mettre rapidement un terme. Eh bien, ce sont encore les émissions sanguines qui sont alors les plus efUcaces : n'hésitez pas dans ce cas, et malgré la pâleur, qui n'est pas alors celle de l'anémie, mais de la contracture des vaisseaux périphériques, de ce que j'appelle le tétanos vasculaire par retentissement sur le sympathique, n'hésitez pas à appliquer une demi-douzaine de ventouses scarifiées ou à faire mettre trois ou quatre sangsues, chez les hommes, àla région stemale supérieure, au niveau du plexus cardiaque (chez les femmes, un peu plus bas). C'est ce que j'ai fait pour la malade du n'^S; c'est ce que

(1) Voir, plus haut, pour ces mesures normales, V Snélarlériiêf XV« leçoq, p. 81J.

400 l'Es B0INÏ8 DE eOTfi.

je fois eif ¥iUe ; et j'ai ¥u cette médication réussir à calmer les douleurs n^vritiques cqnti*e lesquelles avaient écboué les moyens antispasmodiques les plus variés. Une dame sujette à ces exacerbations de la névrite cardiaque chronique, liée k Texistenoe d'une lésion cardio-aortique (rétrécissement de Torifice de l'aorte), s^e^ trouvée si bien d'une première ^application de si|[ sangsue$ que je lui avais faite pt dont on avait laissé couler les piqàres pendant une bQure, h l'occasion d'une des plus violentes attaques qup j'aie jamais vues, que, dans ses attaques ultérieures, elle en réclamait de nouveau l'application et le bénéfice. Qf cette médication n'a pas eu un résultat seulement temporaire : les attaques de névrite sont devenues et plus rares et moins intenses.

Lorsque l'attaque a Ijeu sous forme dyspnéjque, et que le malade semble suffoquer, u'bésite* pas k ouvrir la vei^^; une saignée fait immédiatement disparaître l'angoisse. Je vous parle ainsi par expérience : dan* un fjas oi| l^ malade, bonamQ dp cinquante-six ans, était en proie h we oppression guipiffai^ij devoir être mortelle, biftu qu'il p'y §ût ^UPUR F^l§ rtans la pqil4*ine, je n'ai pas été arrêté par la pâleur dft 1^ face, 4oi>t le n§z s'était déj^ eWlé ; une «^gnéQ de 5PP gr^ww? mit (ip ^^ accidents. Avant la saigpée, ilsuffis^t, ^epuia près fie quarante-^uit beurp§, du plu# léger effprt ppur provoquer l'attaque ; après l'émissipn fanguinp, le rétablissement s'est ppér^ progfegsivpmerjt, c'esti-dire que le malade ^ pu reprendre, ^vep prudence, ^^s occu- R^tipug habituelles , bjen qu'il ^it toujours §a pévrite cardiaque cl^rgnique (par aortite) avec ses poipts douloureux rétro-sternaux et diapbragrpatiques gauches. Jfe ne 4oute pas que, sans la saignée, il n'eût succombé ^ cet état paroxystique, qu'avait foit naître une journée fatigant^ précédée d'assez noqibreuses émotions.

Penfl4nt l'eîtacprbation, donnez l'étjier par perles : quatre à sijç, deux par dpu^, h djx pp quipjce fpiputes d'intervalle; puis, cette dose prise, op continue l'emploi de cette substance vraiment efficace par l'usage d'une potion éthérée, additionnée d'eau distillée de laurier-cerise. 11 est bien évident que les perles no sont qu'un moyen de donner rapidement, et sans oflenser le goût,

TRAITEMEH? PE U HJVHITB CARDIAQUE. 401

iiviQ dQ9^ ponsidér^blo d'étber, et que, si vous n'eu avez pas k votre dUpP^ifiQR, vpps donnerez le médicament par vingt à trente gontJe» g^r du mcre et ei) m répétait plus fréquemment radipiftisJr^tipq.

}jQ$ vp][^tpusfi8 HPRliflHéeiou les sangsues tombées, continuez la révulsion h l'aide dQ vésipatoires.

. Il n'est nuUein§pt coijtradictpire à l'emploi des ventouses scarifiées ou deç sangsues, gui vont droit au mal, de réchaufTer Ip malade par des applications de boules d'eau chaude, de dilater par des siT^apispie# se§ vftjsseaw péripbériques contractures, d'exciter simultanément le système nerveux central par des boissons aromatiques légèfemflWt alcoolisée», telle» que le thé au rhum. Il y a là des effets sepppdaires redoutables et que ? ous devez combattre pon^ipe ypus poprrei.

Parce que la névrite est persistante pour les raisons que VftHs ç^vei, et que le ma)ade en réalité souffre toujoqrs plus ou moins de c#tte p^vrit^, pe laisse? pour ainsi dire jamais le mal tranquille ; ^ névri)^ chronique révulsion chronique; daps Tintervalle des e^^acprbatioQs, application» quotidienne» de peinture d'iode sur la région précordiale trois jours par semaine au-dessus du seip, le» trois aptrfif jpufs §w-dpssons, ou biensinapismes matin e\ soir suf les mén^f régions. C'e§t dan» pe» oa» qu'un cautèrp est ))jenfai»ant, non p^ popf comb^Ure l'hypertrophie du eœur, qui n'est qu'un effet cpnsépq^f e^ n(ipes»§ire di^ effort» de l'orgue, mais pour agir à la fois contre la lésion persistante de l'aorte et coiitre la névrite cafdjaque ; gp pop»^quence, appliquez ce cautère au deuxième espape in^rcpstal gauche, près du »temum.

pans l'intervalle de» p^pprbation» et quips^e jours i trois semaines par mois, tenez yptriQ paal^de sou» l'influence du bromure de potassium, & la dose de t à 2 gramme» par jour.

^e pe conseille pas (es jnjepMon» hypodermi<]Ues de moiphine à la région du cœur, parce qu'elle» pe »ont dirigée» que contre l'effet de la névrite, la douleuri et que, d'autre part, on les a vues produire la syncope en dehors de l'angine de poitrine ; or, celleci pouvant la provoquer par elle-ipè|ne, vous comprenez le danger possible de cette médicaMon d'ailleurs purement palliative.

YftUs avez ^»»^z yp, p^r lp§ e^^emplpP que je you» m ai cité», la

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gravité excessive de la névrite cardiaque' aiguë de la péricardiie. C'est dans ces cas qu'il faut savoir verser le sang avec une salutaire hardiesse, soit par une saignée si le système nerveux n'est pas trop profondément sidéré, soit par une large application de ventouses ou de sangsues. Vous répéterez cette application moins énergiquement le môme jour, à une dizaine d'heures d'intervalle ; puis le lendemain moins énergiquement encore ; après quoi devront venir les vésicatoires. Mais, je ne crains pas de le répéter, que la pâleur de la face ne vous arrête pas : elle n'est point l'indice d'une anémie générale, d'un défaut de quantité ou de qualité du sang ; mais le résultat d'une anémie toute locale, et par contracture des petits vaisseaux cutanés.

Je ne veux pas dire, croyez-le, que vous réussirez toujours dans ces cas, mais au moins aurez-vous agi rationnellement et fait votre devoir.

Je suis persuadé, et j'ai mes raisons pour le dire, que certains cas de péricardite ne sont devenus brusquement mortels que parce qu'on avait méconnu l'invasion du mal, ou qu'on en avait contemplé platoniquement l'évolution sans rien faire pour l'entraver.

Maintenant ce n'est ni de l'exacerbation d'une névrite cardiaque chronique ni d'une attaque de névrite cardiaque aiguë, mais d'une névralgie cardiaque qu'il s'agit : oh ! alors vous serez toujours triomphants, à moins de faire exprès pour ne pas l'être.

C'est ici que l'exactitude du diagnostic a de l'importance et que la distinction nosologique que j'ai établie devient utile. Au cas de névralgie, les émissions sanguines n'ont plus la même raison d'être ; non pas qu'elles soient absolument contre-indiquées; mais ce qui convient le mieux, c'est la révulsion par les sinapismes, par les vésicatoires, ainsi que la stimulation diffusible par Téther, . le café, le thé et les alcooliques.

Ce sont ces malades que vous guérirez non-seiïiement de leur attaque, mais du renouvellement de celle-ci. C'est à propos de ces malades-là qu'on a dit que l'angine de poitrine pouvait guérir et qu'on en a fait un argument contre l'existence de lésions organiques commQ cause de cette an^e. Je le crois bien ! on a simple*

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