‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 144 sur 254 · VINGT-CINQUIEME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-CINQUIEME LEÇON

Pointa de côté de la tuberculisation pulmonaire. — Douleurs des sommets; leiir hâiitd valelll' dlagtloàlitïiie. — Phthisie de l*extr^me vieillesse, souvent mécoDtibe. ^ Lei poihts de oôië des tomhiets suivent tine mafcbë descendante, sont asymétriques et souvent plus intenses au début de la maladie qu'à une période plus avancée. — Caverne perforante et emphysème sous«cutané général*. — Douleur violente et subite de Thydro-pneumothorax. — Péricardite par pfdpagalidti èhea les |îhtbiéiquë<i. ^ Névralgie Ititerdostale gauche de l'anémie*

Vue d'ensemble des points de côté : latéraux, de la base, rélro-stcmaux. — îhdicts d'tltië \Hï6t{ de la bage thoraclque ou de son contenu.

Traitement dëi poitlië dtf dOtéi — Oii a ti'bp facilement abanddtiné les êmissiohé sanguines.

MCSSIBUBS)

J'arrive maintenant à une des parties les |ilus intéressantes et les plus pratiques de notre étude sur les points do côté : à ces douleurs de la partie supérieure de la poitrine^ douleurs a dans le dos » — a entre les deux épaules », dont les gens du ttiotide coti«> naissent la funeste signification et que toUS devex (connaître mieux qu'eux en sachant les interpt*éter.

Ces jours derniers une jeune femme entrait dans notre servicëj salle Saint-CharleSf n*" 8) se plaignant d'une douleur de la partie supérieure de la poitrine, ne to plaignant que de cela et n'entrant que pour cela. Elle ne parlait ni de sa fièvre, qui était cependant assez prononcée; ni dô la pAleur de sa iboe, aux potumettes plaquées de rouge ; ni de son dépérissement progressif, à la ^apU dite si expressive. La douleur, en raison de son intensité, était la seule chose qui la préoccupàti

En principe, une douleur aussi vive et fébrile des premier espaces intercostaux, cela veut dire nétrile ; cette névrite ellemême signifie pleurésie des sommets, et cette pleurésie des sont-» mets signifie tubercuUsation pulmonaire.

POINTS DE CéTÉ DR LA I^HfHlSIË PULMONAIRE. 405

Quidé par ces indices et ces induclions, tous m'avez tu diriger mon interrogation de façon à ce que; succcessitefflent^ la malade, partant de son point de côté supérieur ((}u'ell6 eroyait sa seule maladie^ alors cju'il fl'ëtait qii'un symptôme peu important de raffection réelle), fit elle-même et sans s'en douter raulobiôgi'ttphie de cette afi^otion t tiolis révélant de son point de côté lA cause prochaine^ la pleurésie ; de cette pleurésie la bause prochaine, la tubercullsatioii ; et de sa tuberculisation les causes multiples^ grossesse dans des conditions sobialés ii^tégulièresi perturbations physiologiques et psyohiqued) ehàgrin^ misère, et flnalement dégradation de Torganishie.

Cette jeline fille, âgée de dix-neuf ans; Parisienne^ est une ouvrière au maigre salaire et à la vie confinée : toutes circonstances tuberculipares. Elle a récemment perdu son père et en a éprouvé du chagrin; ce nonobstant) quelque temps après elle devenait grosse, et dut cacher son état aussi physiologique qu'il était peu avouable; nouvelle fcource pour elle de préoccupations et de chagrihs; Les trois premiers mois de cette grossesse blandëstihë furent tourmentés par des vomissements incoercibles; à \A suite desquels la jeuiie fille maigrit et s'affaiblit notablement. Cependant la grossesse continua son coui^ et raccouchenlerit eut lieu A terme il y a deux mois. La toux, qui existait depuis quelque temps, devint plus fréquente, et la Jeune fille ne se releta pas bien de ses coUches; Elle avait presque chaque joui* un peu de fièvre et soufi*rait surtout viveineiit du sorartiet gauche de M poitrine; Yous l'avez entendue^ le prëmieb jour de son entrée^ se plaindre de ce « point dé côté » et omettre tout le rester Et vous avez vu, au contraire^ comment^ ce point de côté « d'en haut » étant connu, tout le reste s'en déduisait naturelle^ ment pour le médeciti.

Les points douloureuji chez cette jedne malade sont les t^oi9 premiers espaces intercdstAux gauches; les apophyses douloureuses sont la dernière cervicale et les trois premières dorsalëSi c'est-à-dire les apophyses épineuses correspondant aux trois prë^ mie^s nerfs intercostaux; île Vous ferai remarquer que ces dou< leurs siègent d gauche^ c'est-à-dire au côté d'élection des douleuri simplement névralgiques ; qu'il s'agit d'une femme et qu'elle est

jeune, c'est-à-dire que la malade a l'âge et le sexe le plus souvent atteints de névralgie. Pour toutes pes raisons et parce que la malade ne se plaignait que de ses douleurs, taisant tout le reste, on eût pu ia croire simplement affectée d'une névralgie intercostale d'origine chloro-anémique ; mais celle-ci diffère de la névrite intercostale symptomatique de la tuberculisation pulmonaire par le chiffre des espaces douloureux : dans la névrite tuberculeuse, ce sont les premier^ deuxième^ et quelquefois troisième espaces qui sont affectés ; dans la névralgie chloro-anémique, ce sont les quatrièinCy cinquième et quelquefois sixième qui le sont. Dans cette névralgie, la pression est ordinairement le plus douloureuse au niveau de la quatrième apophyse dorsale : de telle façon que, lorsqu'on la presse, il arrive que parfois la malade se récrie et accuse en même temps un retentissement de la douleur sous le sein gauche, c'est-à-dire à l'extrémité de la branche nerveuse ' intéressée.

Vous m'avez vu traiter notre jeune malade non pas par des injections hypodermiques de morphine, ce qui eût été seulement le traitement de la douleur, mais par deux applications successives de vésicatoires pansés à la morphine, ce qui était à la fois le traitement de laphlegmasie tuberculeuse et de la névrite symptomatique.

C'est parce que cette douleur des sommets de la poitrine a une haute signification, c'est parce qu'elle est invariablement, sinon toujours liée à la tuberculisation du sommet des poumons, qu'elle nous a conduit à la rechercher et à la découvrir dans un de ces cas où, en général, on ne la soupçonne guère : comme, par exemple, chez la vieille femme couchée au n« 5 de notre salle Saint-Charles.

Cette femme est devenue tuberculeuse à un âge où l'on ne croit guère qu'on puisse le devenir, à soixante-quatre ans. Bien portante jusque-là, elle a été jetée l'hiver dernier dans la plus affreuse misère. 11 y a trois mois qu'elle a commencé à tousser, et il y en a deux à peine qu'elle crache. Comme, indépendamment de ces choses, elle se plaignait aussi d'une douleur entre les deux épaules et sous les deux épaules, je songeai immédiatement, malgré l'&ge avancé de la personne, à une tuberculisation corn*

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