KYSTE PURULENT DE U PLÈVRE
vcsicatoire et une potion diurétique. Puis, comme Tépanchement s'obstinait à ne pas disparaître, on mit ainsi vésicatoires sur vésicatoires sans ponctionner la poitrine, jusqu'à ce qu'enfin, trois mois environ après l'entrée du malade, en mars, le liquide se fit jour à 12 centimètres environ au-dessus et en dehors du mamelon, dans un espace intercostal, qui se perfora en deux endroits presque en ipôme temps. Un aulre orifice s'ouvrit un peu plus haut, à 3 centimètres au-dessous du mamelon. Du pus s'écoula en abondance par tous ces pertuis, qui restèrent fistuleux. L'écoulement du pus soulagea grandement le malade. Le niveau du liquide baissa suffisamment pour que la fistule supérieure se fermât, mais cela six mois après son ouverture spontanée. Quant à la fistule inférieure, à deux pertuis, elle persista indéfiniment ; parfois elle semblait avoir de la tendance à s'oblitérer : il ne coulait que très-peu de liquide purulent ; puis elle se rouvrait bientôt largement, et le pus s'en écoulait en abondance au grand soulagement du malade, qui était pris d'oppression dès que sa fistule donnait peu : en d'autres termes, la plèvre gauche continuait à suppurer, et quand l'issue tendait à se fermer, le liquide s'accumulait et déterminait des phénomènes d'oppression.
En février 1869, treize mois après y être entré, le malade quitta l'hôpital ayant toujours sa fistule pleuro-cutanée. Le mois suivant, en mars, il rentra à l'hôpital, dans mon service de la salle Saint-Paul, et peu de temps après un autre symptôme vint démontrer qu'à son tour le feuillet viscéral de la plèvre s'était rompu comme autrefois le feuillet pariétal, et qu'il y avait ainsi simultanément fistule pleuro-cutanée et fistule pleuro- bronchique : en efl'et à la suite de nombreuses quintes de toux, le malade rejeta du pus en abondance par la bouche. A partir de ce moment, l'expectoration purulente persista en présentant des alternatives relativement à l'abondance.
Ainsi, quand la fistule pleuro-cutanée se fermait en partie, et qu'il ne s'en écoulait plus qu'une quantité insuffisante de liquide purulent, la toux devenait plus vive, l'oppression augmentait jusqu'à devenir excessive, et enfin après quelques quintes de la toux la plus pénible, le malade expectorait à flots du pus dont la quantité s'élevait d'un à deux crachoirs dans les vingt-quatre heures.
i76 LES PLEURÉTIQUES.
Quand, au contraire, la flstule cutanée était largement ouvert*?, les linges de pansement étaient chaque jour baignés de pus, et dans ces cas le malade en expectorait une quantité bien moindre. Il y avait donc une sorte de balancement dansie rendement du kyste pleural par la bouche et par la peau. Comme la sécrétion purulente était continue, quand la fistule cutanée donnait peu, le pus s'accumulait, puis se faisait jour de vive force par la fistule bronchique.
Cet état si pénible durait ainsi depuis plusieurs mois ; le malade déclinait chaque jour, perdait son appétit et ses forces ; il avait de temps à autre des frissons assez prononcés, des sueurs la nuit, le sommeil était constamment troublé par la toux, lors* que enfin au mois de juillet, voulant mettre un terme à ces accidents, je résolus de faire pratiquer une contre-ouverture à la paroi thoracique, d'y passer un drain, et de vider ainsi cette cavité pleurale transformée en un véritable kyste purulent. Je pensais faire des injections détersives d'abord, excitantes ensuite, pour arriver à tarir cette abondante sécrétion de pus et amener la rétraction des parois de la plèvre chroniquement enflammée. J'espérais obtenir ainsi la cicatrisation de la fistule pleuro-bronchique.
11 va sans dire que j'auscultais fréquemment le malade pour voir si la tuberculisation ne viendrait pas compliquer la situation et aggraver fatalement l'état du malade, qui, d'ailleurs, déclinait chaque jour.
Indépendamment de l'amaigrissement qui allait croissant, les extrémités inférieures commençaient à s'œdématier. Cependant, en dépit de l'atteinte profonde portée à l'hématose, aucun signe de tuberculisation pulmonaire ne se manifestait. Du côté gauche de la poitrine la matité était évidente dans la moitié inférieure du poumon, en arrière comme en avant et latéralement. Un peu au-dessus il n'y avait que de la submatité ; quant au tiers supérieur, il conservait une sonorité à peu près normale. Les vibrations thoraciques étaient complètement abolies dans tous les points où se percevait la matité, et le murmure respiratoire ne s'y entendait pas davantage. Au contraire, la respiration se faisait entendre avec son rhythme et son timbre normaux au som-