KYSTE PURULENT DE LA PLÈVRE
met du poumon gauche ; du côté opposé la sonorité et la respiration étaient absolument normales.
En conséquence, je priai iM. Duplay d'examiner avec moi le malade, et de me donner son avis relativement à la contreouverture que je projetais de lui faire faire. M. Duplay introduisit avec une grande difficulté une bougie élastique, et trouva un trajet tortueux où la sonde s'engageait très-peu profondément. En quelque sens qu'il la tournât, la bougie se trouvait toujours arrêtée, excepté en haut, où la sonde pénétrait obliquement, bien qu'avec peine.
Cette exploration faite, M. Duplay ne fut pas d'avis de pratiquer une contre-ouverture ne sachant pas où la faire porter, attendu l'incertitude du chemin parcouru par l'instrument investigateur.
Cette ressource m'étant ainsi enlevée, je résolus de dilater l'ouverture fistuleuse au moyen de petits coins de laminaria digitata, me réservant d'agir plus activement ensuite. Ces choses se passaient vers la fin de juillet; au bout d'une semaine le trajet oblique fut suffisamment élargi dans une certaine étendue, pour que je pusse y introduire une sonde de gomme ordinaire, du calibre de 6 millimètres environ. Le premier jour de l'application de la sonde (i" août), il s'écoula environ un litre de pus par la sonde, et le malade en éprouva un grand soulagement. Les jours suivants, le pus continua à couler dans une vessie de caoutchouc vulcanisée que j'adaptai h la sonde, mais avec moins d abondance que le premier jour.
A partir de ce moment, la teinte grise et plombée du visage commença à diminuer, l'appétit revint en partie, ei lœdèmc des jambes disparut complètement. La respiration s'accomplissait mieux, et le malade ne se sentait plus gonflé comme autrefois après ses repas.
Cette amélioration ne me suffisait pas ; je tentai vers la fin d'août d'obtenir la guérison du kyste à l'aide d'injections excitantes. J'injectai d'abord de la teinture d'iode très-étendue; mais il en résulta presque aussitôt une oppression des plus pénibles, et le malade en rejeta une petite quantité par la bouche avec des quintes de toux très-fatigantes. Ce moyen étant trop douloureux, je dus l'abandonner et laisser reposer le malade pendant ptTER. — Clin, méd, c. — 37
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578 LES PLEURÉTIOIES.
quelques jours, durant lesquels cependant je lui fis respiret* des vapeurs de teinture d'iode, afin de modifier quelque peu parTinlermédiaire de la fistule pleuro-bronchique Tintérieur du kyste purulent, et à la fin d'août je comrtiençai les injections d'eau alcoolisée au vingtième ; à la suite des premières injections ébrii^lé passagère, pendant laquelle le malade a la sensation et le goût (le l'alcool dans la bouche. Le pus devint alors séreux et sanguinolent, et la quantité en diminua rapidement, au point que bientôt je ne laissai plus de sonde à demeure. De temps à autre, quand un peu d'oppression se manifestait, le malade remettait sa sonde, par laquelle il ne s'écoulait qu'une petite quantité de sérosité rosée. Alors aussi je recommençais l'injection alcoolisée.
A la fin d'août, voici quel était l'état des choses ; la matité persistait dans toute la moitié inférieure ; mais, au lieu de l'abolition complète du murmure respiratoire, on percevait comme un léger bourdonnement qui indiquait le déplissement du poumon vers ht base de l'organe. Des frottements pseudo-crépitants se faisaient entendre sur les confins de la matité. Il n'y avait ni souffle ni égophonie. "^
Le 3 septembre, l'ouverture fistuleuse est considérablement rétrécie, le malade ne tousse plus. Depuis trois ou quatre jours il sort à peine dans les vingt-quatre heures deux ou trois cuillerées de sérosité légèrement sanguinolente.
La sonde pénètre très-difficilement dans la cavité pleurale ; le chemin est plus court et plus tortueux.
Le malade non-seulement ne tousse plus, mais il n'a plus le goût du liquide injecté, comme il l'avait dans la bouche pendant les huit ou dix premiers jours où les injections furent pratiquées. Ces deux choses démontrent évidemment que la fistule pleurobronchique est fermée.
Quand le malade veut faire une profonde inspiration, il se sent gùné, dit-il, dans le côté gauche; cependant, progrès considérable, la respiration s'entend presque jusqu'au bas du poumon, faible, il est vrai, mais enfin perceptible. Quant à la matité, elle est toujours très-prononcée.
L'état général est excellent ; le malade mange avec appétit , dort sa nuit entière ; toutes les grandes fonctions s'accomplissent