‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 177 sur 254 · ÉPANCHEMENTS PLEURÉTIQUES ET DÉRIVATION · texte numérisé non relu

ÉPANCHEMENTS PLEURÉTIQUES ET DÉRIVATION

lifs, les vomitifs, les sudoriflques elles diurétiques. Le mode d'action étant le môme pour tous, ce qui est vrai des purgatifs le sera des autres agents. Or les purgatifs appellent sur l'intestin une hypérémie sécrétoire destinée à contre-balancer Thypérémie pleurale. Mais ici encore l'action du purgatif est parfaitement illusoire— car, je le répète, il n'y a plus d'hypérémie morbide, celle-ci a depuis longtemps disparu ; il n'y a plus qu'un épanchement insensible et inerte, sur lequel l'hypérémie dérivatrice ne peut rien. La spoliation intestinale peut-elle davantage? En affamant les vaisseaux en général, va-t-elle en particulier faire reprendre à ceux de la plèvre le liquide épanché ? Je ne vous ferai pas l'injure de supposer que vous croyiez semblable chose. Je sais en eflfet un acte spoliateur capable de faire résorber les épanchements, et je ne sais que celui-là, c'est le choléra. Irezvous dans vos emportements thérapeutiques jusqu'à de pareils excès de zèle ? Je ne le pense pas. Et, d'ailleurs, le voulussiezvous,que vous ne le pourriez pas ; heureusement pour le malade.

Mais l'insanité de la médication révulsive ou dérivatrice au cas de vaste épanchement pleurétique ne se démontre pas seulement par le raisonnement, elle se révèle positivement par les faits. Vous avez vu la manifeste insuffisance de cette médication, non moins que ses néfastes résultats, chez le malade du n© 1 1 , qui subit en sept semaines la torture de huit vésicatoires et de quarantetrois purgations (i); du n* 42, qui fut tourmenté par quatorze vésicatoires et les diurétiques les plus variés (2). Or je sais des cas où des malades se meurent tout à la fois de leur pleurésie purulente (qui nécessiterait le traitement chirurgical dont je vous parlerai prochainement) (3) et de la médication vomitive, qui ne fait rien résorber.

Ce serait burlesque, si ce n'était lamentable.

Le mieux assurément serait de ne rien faire — c'est-à-dire de continuer la belle médication qui a présidé à la naissance de l'épanchement, l'expectation I Au moins n'ajouterait-on pas la

(1) Voir plus haut, leçon XXVIIÏ, p, 570. («) Voir plus haut, leçon XXVIII, p. 57*. (3) Voir plus loin, leçon XXX.

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spoliation aux troubles de rbématose, et ne serait^on malfaisant qu'à demi. On n'enlèverait pas alors une partie de son sérum à ce sang déjà mal hématose par l'amoindrissement de la surface pulmonaire; ajoutant ainsi l'anémie par quantité à Vanémie p<xr qualité!

Maintenant, puisque par leur abstention systématique les médecins de nos jours sont arrivés à ce glorieux résultat de transformer, je le répète à dessein, une affection médicale en une aifection chirurgicale, voyons ce que doit être l'opération de chirurgie devenue nécessaire, et ce à quoi elle obvie seulement.

Ce sera le sujet de la prochaine leçon.

ËPANCHEMENTS PLBURtTIODBa ET TBORACOCENTËSE. Ct»

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