‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 185 sur 254 · PLEURÉSIE PURULENTS, ASPIRATION ET INJECTIONS. «SI · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE PURULENTS, ASPIRATION ET INJECTIONS. «SI

l«pte, ainsi qw nous l'avons vu à la suite dps ponctions répétées.

Lq bénéiice obtenu p^^r ces év^^puatipn^ successives de 1^ plèvre était fort passager et môme très-problématique, rép^nchement se reformant avec une grande rapidité, au détriment de la vitalité de la plèvre quii au lieu de faire du liquide hémorrhagique, faisait du liquide purulent ; au grand dommage surtout de rprganisme, lequel s'altérait en môme temps que la plèvre, la malade no digérant plus aucun aliment, Tamaigrissement devenant extrême et la ^mpérature étant fort élevée; desort^ enfin que M. pieulafoy proposa au docteur Veillard, dont cette jeune fille étaitla cliente, l'établissement d'un tube thoracique h demeure, On en était là lorsque, cinq jours après la cinquième ponction, un pneumothorax se produisit. La dyspnée était excessive, il y avait cinquante inspirations par pfiinute et ceut trente pulsations. L'état général était des plus alarmants.

« Cependant le trocart thoracique n** \ fut mis en place dans le septième espace intercostal, fixé au moyen de rubans de fil et de pollodion, et il fut possible de faire dans la journée deux lavages et deux injections. Le liquide retiré avait Todeur du sphacèle; aussi les lavages furent-ils faits avec de Teau tiède chargée de phénol et les injections composées de 400 grammes d'eau pour 4 grammes de sulfate de sine.

a Les lavages furent continués le lendemain et les jours suivants ; sous l'influence de ce traitement, l'état de la n)alade s'améliora rapidement, et dès les premiers jours le changement était notable. L'odeur infecte du liquide avait disparu. La purulence était moindre et la gravité des symptômes généraux s'amendait sensiblement, La pialade prenait du lait, des œufs et du vin, qu'elle digérait parfaitement.

« La cavité de la plèvre s'oblitérait, mais bien lentement; car, après un mois de ce traiternent, on pouvait injecter sensiblement la môme quantité de liquide. Cependant, au bout d'un mois, les signes du pneumothorax commencèrent k disparaître ; la malade reprenait des forces, elle mangeait de bon appétit et pouvait se lever et faire quelques pas dans sa chambre.

« Un mois plus tard, la jeune malade commença à sortir: à ce moment le lavage et l'injection du soir furent supprimés, et on

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ne fit plus qu'une fois par jour, le matin, la toilette de la plèvre. Le liquide conservait encore sa nature ptu*ulente, mais le poumon malade respirait dans une bonne moitié de son étendue, et la cavité de la plèvre s'était considérablement rétrécie.

« Cinq mois après l'application du trocart thoracique, la cavité pleurale n'était pas encore comblée, mais elle se trouvait réduite à quelques centimètres cubes, et c'était la sœur de la malade qui faisait tous les matins, au moyen d'un aspirateur à crémaillère, le lavage et l'injection. Quant à la jeune malade, elle pouvait sortir et vaquer à ses occupations (1). »

Tel était l'état de la malade lorsque l'ouvrage de M. Dieulafoy a été imprimé.

Dans un cas antérieur, et sans trocart thoracique, M. Dieulafoy a obtenu une guérison complète chez une jeune cliente du docteur Linas. C'était un cas de pleurésie traumatique purulente provoquée par une plaie d'arme à feu.

On fit d'abord deux ponctions à vingt-quatre heures d'intervalle ; puis, cinq jours plus tard, on se décida à placer un tube à demeure et à pratiquer l'aspiration et des lavages. « Mais, au lieu d'agir avec toute la force du vide préalable, M. Dieulafoy montait peu à peu la crémaillère de manière à doser, pour ainsi dire, la force d'aspiration ; et, grâce à ce moyen, il était possible d'extraire des caillots de sang et quelques détritus de fausses membranes qui nageaient dans le pus. Quand le tube venait à s'oblitérer, il suffisait, par un coup de piston en sens inverse, de repousser le corps oblitérant dans la cavité thoracique, où il subissait à la longue la fragmentation. Il fut ainsi possible d'aspirer le pus et de pratiquer ensuite deux lavages par jour avec de l'eau additionnée d'un millième d'acide thymique. Dès le deuxième jour de ce traitement, l'amélioration était grande, le sommeil reparaissait, la fièvre diminuait d'intensité, mais la toux était toujours fréquente. »

Sept semaines plus tard, et après diverses péripéties dues surtout à la déviation du flux menstruel qui, deux mois de suite, s'effectua par la plèvre malade (le liquide de la plèvre devenant

(1) Dieulafoy, Traité de Vaspiraiion des liquides morbiâeSy p. 348.

LAVAOES PAR LE SIPHON DE PÛTAIX. 65S

alors hémorrhagique), la source purulente était tarie, la malade se levait, et deux mois plus tard cette jeune fille était complètement guérie, sans fistule thoracique, sans douleur de côté ni gêne de la respiration (1).

Avant M. Dieulafoy, M. Potain avait eu l'idée de ces lavages de la plèvre et il avait imaginé pour les pratiquer un appareil à siphon très-ingénieux, ainsi composé : c'est un tube en caoutchouc bifurqué en forme d'Y à branches courtes. A la branche impaire on adapte un tube de verre un peu fort et effilé légèrement, de manière que son extrémité puisse s'engager dans le tube à drainage qui traverse la paroi thoracique et plonge dans là cavité de la plèvre. A chacune des deux autres branches, on fixe par le moyen d'un bout de verre cylindrique un tuyau de caoutchouc de même calibre qu'elle et long d'environ i mètre.

L'un de ces tubes longs descend jusqu'à terre dans un récipient placé au pied du lit, il sert à opérer l'extraction du liquide pleural ; l'autre monte vers un réservoir placé au-dessus du lit du malade et qui contient du liquide, lequel peut pénétrer dans la plèvre en vertu de la différence de niveau.

Il y a donc ainsi deux siphons : l'un supérieur, constitué par le tube qui verse dans la plèvre le liquide du réservoir supérieur ; l'autre inférieur, formé par le tube qui évacue dans le vase placé au pied du lit le liquide contenu dans la plèvre.

Chacun de ces siphons peut être rendu indépendant et fonctionner séparément au moyen de deux petites pinces à ressort, qui efTacent le calibre d'un des longs tubes et font ainsi ofBce de robinet. En fermant le tube supérieur, on ne laisse subsister que le siphon inférieur. En fermant le tube inférieur, le siphon supérieur seul fonctionne. Et ainsi, suivant que l'une ou l'autre de ces pinces est serrée, le liquide sort de la poitrine ou y pénètre.

Le manuel opératoire est des plus simples ; on ponctionne la poitrine avec un trocart ordinaire, puis on retire le dard et on fait pénétrer par la canule le tube à drainage. On marque à l'avance par un trait la longueur de la canule, plus la longueur dont il doit pénétrer dans la cavité pleurale, laquelle est généra-

(I) Dieulnfoy, Traité ai V aspiration des liquides morUdes, p 8a9.

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lement de 10 centimètres; Le liquide s'échAppant de la pierre par ce tube, l'air n'a pas, au début de l'opération, de tendance à pénétrer dans la plèvre, ce qui rend inutile l'emploi de la baudruche.

Pour fixer le tube à drainage, on retire la canule, le tube restant dans la plaie, et on fait glisser sur ce tube une plaque en caoutchouc d'environ 10 centimètres de diamètre, percée à son centre d*un trou fait à l'emporte-pièce, dans lequel le tube est un peu serré. Cette plaque est glissée jusqu'à la peau et maintenue à l'aide d'une bande en toile et du coUodion. Cette opération terminée, on remplit d'eau le système formé par le tube en Y et ses deux longues branches dont les extrémités aboutissent, l'une au réservoir supérieur l'autre au récipient inférieur. On engage le tube effilé dans le tube à drainage introduit dans la poitrine, la longue branche supérieure étant fermée par une serrefine ainsi que la branche impaire du tube en Y. Lorsque le tube de verre effilé est hermétiquement adapté au tube à drainage, on retii'e la serre-fine qui fermait le tube en Y, et alors le liquide purulent s'écoule par le tube inférieur; l'appareil se trouve ainsi amorcé et le liquide contenu dans la plèvre étant soumis à l'aspiration qui résulte de la différence de pression aux deux extré* mités du siphon inférieur, l'évacuation est évidemment plus complète qu'elle n'eût été par une simple ponction.

On peut d'ailleurs ralentir cet écoulement en comprimant légèrement le tuyau de caoutchouc ; si, au contraire, l'écoulement devient difficile, ou même s'arrête, le liquide étant trop épais ou des flocons pseudo -membraneux obstruant le tube, on ferme la branche descendante ; on ouvre l'autre, et l'eau pénètre avec une force plus ou moins grande par le siphon supérieur. Il dépend de l'opérateur de régler cette pression, en élevant ou abaissant le réservoir supérieur, ou en comprimant légèrement la branche ascendante.

L'eau employée pour cette opération, et qui remplit le réservoir supérieur est de l'eau bouillie tiède.

« En faisant alterner l'introduction de l'eau et l'évacuation du liquide pleural, dit M. Potain, on arrive bientôt à nettoyer complètement le sac ; d'autant mieux que la flexibilité de l'appareil

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