REFROIDISSEMENT ET ÛPPORTUNITI^; MORBIDE
le devenait d'autant plus que je n'ai pu parvenir à enrayer le flux intestinal.
La nécropsie a été faite ce matin, et, comme je l'avais supposé, elle a démontré l'existence d'une pneumonie du sommet arrivée en quelques points à la période d'bépatisation grise.
Samedi, je vous avais dit que, en considération de sa constitution primitivement vigoureuse, cet homme résisterait peut- Hve mieux que d'autres également atteints de pneumonie du sommet ; mais, dimanche matin, je trouvai une telle dépression, nonobstant l'emploi de la médication alcoolique, que je conçus les craintes les plus vives. Les craintes redoublèrent encore, lorsque j'appris que le malade avait été agité la nuit au point même de quitter son lit ; je portai dès lors le pronostic le plus grave. Ce pronostic s*est malheureusement vérifié, et voilà comment il nous est permis de dire aujourd'hui que ce malade est bien réellement mort de chagrin et d'une fluxion de poitrine.
Maintenant pourquoi y a-t-il pneumonie? Pourquoi la phleg^ masie pulmonaire est-elle la plus fréquente des inflammations spontanées ? Pourquoi est-elle produite par le froid ?
Ceci nous amène à étudier très-sommairement l'action du froid sur l'organisme vivant.
Les efi'ets en sont bien différents suivant le mode d'action. Le froid agit-il lentement, ainsi que d'une façon persistante et locale, il produit des effets topiques tels qu'on le voit faire dans le rhumatisme articulaire chronique ou rhumatisme noueux (i). Est-il humide et son action est-elle durable, il en résulte surtout des affections catarrftales (2), Le refroidissement est- il intense et brusque, il détermine un état fébrile qui, suivant la nature de l'organisme, ou l'opportunité morbide actuelle, sera suivi de déterminations sur des tissus à peine organisés, ou qui le sont bassement, les tissus séro-fibreux des articulations ou les tissus analogues, l'endocarde, puis les séreuses splanchniques ; c'est le rhumatisme aigu (3). Ou bien cet état fébrile aura pour suite
[\) Voir, t, II, les leçous sur ce sujet. (2) Voir, t. II, les leçons sur ce sujel. (8) Voir |)lu9 haut, leçon XVÎÎÎ, p. 85G.
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rinflammation de tissus également très- élémentaires, à savoir : le tissu conjonctif, et ce sera ou la, pneumonie ou It pleurésie qui apparaîtra. Nous verrons, en effet, que le poumon n*est et ne pouvait être que du tissu conjonctif aussi ténu et aussi peu organisé que possible. Maintenant, le refroidissement brusque, en supprimant soudain les fonctions de la peau, peut entraîner Thypérémie parfois excessive et foudroyante d'un organe à fonctionnement analogue à celui de la peau, le rein, et les désordres de ce que Ton appelle V albuminurie se manifestent (I).
Pour nous en tenir à la genèse de la pneumonie, je ne vous fferal pas cette injure de discuter l'action topique du froid sur le poumon dans la production de la pneumonie. Vous ne croyex pas, comme quelques-uns l'ont dit, que ce soit l'air froid Inspiré qui produise localement l'inflammation du poumon. C'est à la suite d'une action localement exercée sur la périphérie cutanée que l'état général inflammatoire est constitué, dont la pneumonie sera l'expression. Mais pourqtioi n'est-ce pas alors un phlegmon qui en résulte, c'est-à-dire l'inflammation du tissu conjonctif général? Ici la voêcularité de l'organe joue un r61e considérablt. C'est parce qu'il est du tissu conjonctif simplement que le poumon est un organe fragile et vitalemcnt peu résistant; c'eit parce qu'il se congestionne facilement et à un très-haut degré, que la congestion concentrique produite par refroidissement deviendra une phlegmasie rapide et intense.
Force est bien d'admettre autre chose qu'un fait d'hydraulique, par acte réflexe, le refoulement pur et simple du sang vers le poumon ; auquel cas la congestion pourrait rester la congestion, entraver mécaniquement et d'une façon proportionoelle à son étendue la fonction respiratoire ; produire même l'asphyxie ; mais à coup sûr jamais la fièvre.
Ou encore, et c'est là un fait tout matériel et tout physique que peut encore entraîner ce phénomène d'hydraulique — le refoulement du sang vers les poumons, — la congestion concentrique fera rompre une partie des vaisseaux violemment et exagérément distendus, produira une hémorrhagle, et ce sera Vhé-
(1) Voir, t. Il, les leçons siip cp «iijpI.