‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 209 sur 254 · INFLUENCE DES MILIEUX · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES MILIEUX

coteaux du Dijoonais ne le saurait être à celui des stériles contrées du Morvan.

Ce que vous apprenez surtout à connaître ici et à constater, c'est la lésion, bien plus que la maladie, qui est à Torganisme ce qu'est la lésion à l'organe; mais, la lésion connue, alors surgissent en foule des questions secondaires en apparence, capitales en réalité : comme celle de savoir ce qu'a été la santé antérieure, quelles ont pu être les causes du mal, ce qu'est actuellement l'état de l'organisme, etc. Vous voyez ainsi que, la lésion déterminée, vous n'avez encore résolu que la plus faible partie du problème, car il vous reste encore à traiter la maladie, et même à la guérir ; ce qui vaut bien qu'on y songe.

Je viens de dire que ce qui était vrai de Paris ne l'était pas de Home ; on en peut conclure que les statistiques prouvent tout au plus pour un climat spécial, un hôpital particulier, une année déterminée; car il n'est pas jusqu'aux constitutions médicales qui ne changent, si bien que ce qui est vrai statistiquement aujourd'hui, pourra ne Vôtre plus demain, ni peut-être de longtemps. Or c'est dans ces conditions d'observation étroite et insuffisante que tous les médecins des hôpitaux ont fait les travaux qu'ils nous ont légués ; les uns saignant toujours, les autres émétisant sans cesse; — d'autres, enfin, disant merveille de l'expectation ; tandis qu'en un milieu différent les toniques ne connaissaient pas les revers.

Il faudrait cependant distinguer. Je le répéterai à vous en lasser, il y a des pneumonies lobaires ou lobulaires, rhumatismales ou non, bilieuses ou nerveuses. Quelles étaient donc celles qui rentraient dans les séries citées par les saignants, les émétisants, les tonifiants ou les expectants? Il serait bon de le savoir.

Si nous voulions faire une sorte de récapitulation de nos malades depuis que je suis à la Pitié, nous trouverions des pneumonies de toute espèce. Rappelez-vous d'abord ces deux individus que nous avons vus en même temps couchés aux n" 36 et 38 de la salle Saint-Paul. Tous deux avaient une pneumonie grippale : le n° 38, vigoureux et n'ayant jamais fait d'excès, fut bientôt guéri sans autre traitement que les expectorants ; le n' 36, plus jeune, mais déjà miné par l'alcoolisme, guérit également

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par le même traitement, mais beaucoup plus lentement que l'autre. J'avais essayé d'abord de lui donner une potion alcoolique, mais il ne put la supporter : notez en passant ce fait d'un ivrogne repoussant l'alcool, qu'on doit, en général, libéralement accorder en pareil cas aux individus qui s'en sont fait une triste habitude.

Ainsi, voilà deux individus qui ont guéri par une médication simplement expectorante. C'est là une simple catégorie de faits.

Maintenant, rappelez-vous le malade naguère couché au n* i4 de cette même salle Saint-Paul ; sa pneumonie était d'un tout autre genre : lobulaire au point de vue anatomique, elle était déterminée non plus par un état grippal, mais par une stase sanguine due à une maladie du cœur. Ce malade périt, malgré nos efforts, malgré les expectorants et les toniques : je crus devoir lui mettre un vésicatoire ; le vésicatoire se sphacéla. Voici donc une deuxième catégorie dans les maladies lobulaires, catégorie qui diffère de la première autant par les symptômes que par la cause.

Si les pneumonies lobulaires présentent différentes catégories, les lobaires n'en présentent pas de moins nombreuses.

Les quelques pneumonies lobaires franches que nous avons eues ont guéri sans grand effort thérapeutique.

Au contraire, nous avons eu de nombreuses pneumonies du sommet qui, presque toutes, se sont mal terminées. Je vous ai dit assez longuement, pour n'avoir pas à y insister, que cette sorte de pneumonie n'était souvent mortelle que parce qu'elle est le partage des organismes dégradés. Rappelez-vous seulement que nous avons vu mourir ainsi coup sur coup quatre malades qui étaient ruinés physiologiquement, ou par l'âge, ou par l'ivrognerie, ou par la misère et le chagrin réunis.

Et voici maintenant qu'au n* 39 nous voyons une vieille femme doublement intéressante pour moi : d'abord parce que je l'ai déjà guérie il y a deux ans, à la Charité, d'une première pneumonie ; ensuite parce qu'elle a prouvé le mal-fondé de cette assertion de Niemeyer, que la tuberculisation est la suite de la pneumonie du lobe supérieur.

Sortie de la Charité (où je l'avais gardée en observation pen-

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