FIÈVRE LÉGÈRE ET EXPECTATION TRIOMPHANTE
plication, pendant une dizaine de minutes, d'un sinapisme sur le point douloureux; et, comme traitement interne, des bouillons et des potages.
Cela se passait le 7 août; le lendemain, 8, retendue des râles avait diminué; le souffle ne s'entendait plus; le pouls était à 70 au lieu de lOi ; la température, le matin, à 37^,8.
Le lendemain matin, la température n'était plus que de 37'*,2, le pouls encore à 70. Comme le point de côté se faisait toujours sentir, bien que moins fort, on mit un second sinapisme, et ce fut tout.
Le iO, la température axillaire était encore de 37*»,2 le matin et de 37",4 le soir, au lieu de 38 degrés qu'elle était la veille. Il n'y avait presque plus de râles; les crachats avaient presque entièrement perdu leur coloration rouillée, le malade respirait assez librement et demandait à manger. Je souscris à ses désirs. Et ainsi commença la convalescence, qui fut d'aussi courte durée que la maladie; car notre homme quitta l'hôpital cinq jours plus tard.
Cet homme était couché au n"" 38. Exactement dans le même temps entrait, le 4 août, au n*" 52, un malade atteint de la veille : vigoureux gaillard de trente-quatre ans, bien musclé; il a complètement perdu l'appétit depuis un frisson initial; la peau est chaude, le pouls fort et fréquent, la température à 39 degrés. Le point de côté est pénible et la toux douloureuse ; l'expectoration très-rouillée, très-abondante. 11 y a de la matité dans la fosse sous-épineuse droite ; des râles crépitants nombreux avec un peu de souffle à la partie externe de cette fosse.
L'aspect du malade, l'ensemble de son être, l'état de ses forces me font supposer que la pneumonie ne dépasse guère la période congestive, et je prescris, le 6, comme pour son voisin, un sinapisme matin et soir, deux pots de limonade citrique, des bouillons et des potages.
Le surlendemain, les râles avaient diminué d'étendue, il n'y avait plus de souffle, le point de côté se sentait à peine ; la température, qui avait été à 38*,8 le matin et à 39*»,4 le soir, était tombée à 37%2 le matin et à 38%i le soir (pouls à 70, au lieu de 86).
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Le 9, la température tombe à SÔ^'^O le soir (elle était à 3Vfi le matin et à 38 degrés le soir) ; le pouls est à 52.
Le iO, fièvre nulle, appétit vif ; cependant les aliments solide» ne sont donnés que le lendemain. Le malade sort quelques jours après de Thôpital, guéri de sa pneumonie par des sinapismes et de la limonade.
Un troisième malade, vigoureux magon do \ingtrsix ans, couché au n** 21, fut également guéri en cinq jours par un julep gommeux. Il était malade depuis trois jours lorsqu'il entra dans notre service le 15 juin ; mais il avait à peine de fièvre, la température axillaire étant de 38 degrés le soir. Ce qui le gênait le plus, c'était une forte céphalalgie, avec point de côté à gauche. Il n'y avait que des râles crépitants sans souffle, à la partie moyenne et postérieure du poumon gauche ; peu d'oppression ; peu de toux ; expectoration nulle.
Le 17, il y avait du souffle avec bronchophonie aux points crépitants Tavant- veille ; néanmoins, comme la température était tombée à 37'»,6 le soir, au lieu de 38<*,6 qu'elle était la veille ; malgré l'aggravation évidente de la lésion, je donnai à manger la portion à cet homme qui me la demandait depuis vingt-quatre heures.
Le 19, le souffle et la bronchophonie persistaient. Leâl, ils avaient disparu, et le malade était désigné pour partir en convalescence à Yincennes.
Scribo in aère romano, disait Baglivi, donnant à entendre par là que ce qu'il disait était vrai de Rome seulement. Loqmr sub cœlo parisiensij vous dirai-je à mon tour et pour les mêmes raisons. Et non-seulement ce que je vous dis n'est vrai que de Paris, mais de l'hôpital dans Paris. Nous n'avons aflaire qu'à des organismes qu'ont délabrés les excès, déprimés les chagrins ou ruinés le rude labeur. Aussi me gardé-je bien de conclure du savetier au financier, de Thorame de l'hôpital à l'homme de la ville, du citadin au paysan. Et si ce que je dis ici du Parisien n'est pas vrai du Bourguignon, ce que je pourrais dire du Bourguignon, buveur de vin, ne sera plus applicable au Normand, buveur de cidre ; enfin, même en Bourgogne, ce qui est bon à l'habitant des riches