‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 211 sur 254 · TRENTE-QUATRIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-QUATRIÈME LEÇON

Encore le rhumatisme ot ses manifestations variées. — Fièvre intermittente péripneumonique.— La médication doit s'inspirer de la nature de la fièvre. — Tout traitement systématique exclusif est déraisonnable. — L'expectation et ses résultat». — Les toniques et les pneumoniques dégradés. — Que l'alcool refroidit quand il empoisonne, réchauffe quand il nourrit, diminue la fièvre quand il tonifie. — Brown et les i\Tognes, Rasori et les abstèmes.

Messieurs,

Nous n'en avons pas uni avec les péripéties de notre malade du n* 19 (I). Le 18 au matin, c'est-à-dire il y a deux jours, je le trouvai de nouveau avec une température de près de 41 degrés, sans qu'aucune modification dans l'état de ses organes vînt justifier cette élévation subite. J'ai cherché partout; je n'ai rien trouvé ; rien de plus dans les organes primitivement atteints; rien au poumon droit, ni au péricarde. II avait une soifdes plus vives, sa langue était sèche; et cependant, je le répète, il n'y avait aucune aggravation appréciable dans l'état matériel de ses organes.

Eh bien! messieurs, j'ai fait dresser un tableau de l'état du pouls et de la température aux différents jours de la maladie, afin que vous pussiez vous rendre facilement compte des singulières variations qui se sont offertes à nous. Vous vous rappelez que le 12 au soir il avait 41 degrés, et que le lendemain la température était brusquement tombée à 37', 8, soit 3%2 de moins que la veille. Cette sorte d'apyrexie dura trente-six heures, au bout desquelles nous voyions le 14, au soir, une température presque hyperpyrétique de 4r,5. Un épanchement considérable et une endocardite, constatée par M. Duguet, expliquaient suffisamment cette recrudescence inattendue. Après vingt-quatre

(1} Voir, plus haut, leçons XXXII, p. 724, tt XXXIII, p. 7S5.

752 LES PNËUMONIQUES.

heures de cet état fébrile, et sans qu'aucune modification se produisît dans rétat matériel des organes, survint tout aussi brusquement une nouvelle période d'apyrexie qui dura douze heures de plus que la première (remarquez ce point), soit quarante-huit heures.

Le 18 au soir, nouvelle recrudescence fébrile que rien ne vient justifier et qui ne dure que douze heures; après quoi la fièvre tombe de nouveau. Elle n'est pas encore revenue.

Eh bien ! messieurs, ces chifi'res sont très-significatifs. A une première période apyrélique de trente -six heures, vous en voyez succéder une seconde de quarante-hjait heures, soit douze heures de plus'; à une première période pyrétique de vingt-quatre heures, vous en voyez succéder une seconde de douze heures ; la fièvre tend donc à diminuer de durée et à reparaître moins fréquemment. ;Mais à quelle maladie avons-nous donc affaire? Est-ce à une pneumonie rhumatismale, comme je vous l'ai annoncé? Ou ne serait-ce pas plutôt à ce qu'on appelait autrefois une fièvre larvée^ à une fièvre pernicieuse péripneumonique ? Nous observons bien de cette dernière les exacerbations manifestes, mais c'est tout. Ce caractère à part, nous ne trouvons plus que des diff'érences.

Cette fièvre péripneumonique intermittente (très-rare d'ailleurs), signalée d'abord par Morton, a pour caractères :

1® De présenter nettement les trois stades (frisson, chaleur et sueur) ;

^'^ D'offrir à l'auscultation la crépitation de la pneumonie au début, et parfois quelques heures plus tard un peu de souffle ; auquel cas on observe même des crachats pneumoniques ;

3^ De revenir par accès qui ne durent que six à sept heures, tous les symptômes disparaissant ensuite ou s'amendant notablement.

Ce sont là, vous le voyez, des phénomènes bien différents de ceux que nous observons chez notre homme, qui n'a pas d'accès légitimes, bien déterminés (le stade de sueur manque), et chez lequel on voit non pas cesser, mais au contraire s'aggraver les manifestations pulmonaires, alors que la fièvre cesse.

Enfin, la fièvre intermittente péripneumonique affecte le type

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