RAPPORTS DU COEUR
qui seraient ici tellement bien indiquées, c'est que l'hydrothérapie en général est assez mal appliquée dans les hôpitaux, et que, pour cette rhumatisante, je redouterais reflet d'une douche malencontreusement prolongée.
Si les manifestations actives du rhumatisme, dont les dernières étaient les sueurs profuses, ont disparu chez notre malade, il n'en est pas ainsi de son bruit de souffle mitral. On l'entend toujours à son lieu de production, c'est-à-dire à la partie supérieure du quatrième espace intercostal gauche, et en dedans du mamelon, à un point qui correspond au bord libre de la valvule milrale. Et si on entend maximum en ce point ce souffle de l'insuffisance mitrale, c'est que la lésioA est récente et que le cœur n'est pas hypertrophié.
Mais, à mesure que le cœur s'hypertrophie, la valvule se déplace : elle descend^ et le souffle fait de môme.
C'est ce que vous pouvez observer chez notre malade du n"* 26 de la salle Saint-Paul, où le souffle de l'insuffisance mitrale s'entend maximum au cinquième espace intercostal et en dehorê du mamelon : en un point où bat la pointe du cœur, mais la pointe à tétat normal (voir fig. 1, p. 63).
Eh bien, chez ce malade, comme chez la plupart de ceux dont le cœur est hypertrophié, rapportant, par une étrange assertion, à un cœur modifié dans sa forme, dans son volume et nécessairement dans ses rapports avec la paroi thoracique, ce qui n'est vrai que d'un cœur normal, on dit dans vos livres, classiques que le souffle de l'insuffisance mitrale s'entend maximum (t à la pointe du cœur ». Or, cela n'est pas, la pointe du cœur de notre malade du n<> 26 arrivant au septième espace intercostal gauche (fig. 1), ainsi que vous l'a démontré la percussion à l'aide du plessigraphe.
D'ailleurs, il y a encore chez ce malade, comme chez tant d'autres dont le cœur s'est hypertrophié à la suite de leur lésion d'orifice ou de valvule, une nouvelle cause d'erreur que je vous signale, c'est qu'à chaque battement du cœur il y a un soulèvement du cinquième espace très-manifeste à la vue, de sorte qu'on est t^nté de croire que ce soulèvement est dû au choc de la
pointe du cœur. Rien n'est plus inexact ; Tespace intercostal e,^ soulevé par la paroi du ventricule hypertrophié et non pas par 1 pointe de Torgane, comme le démontre une percussion métho dique et précise, qui nous fait voir que la pointe descend ci réalité jusqu'au septième espace intercostal; lequel n'est paj soulevé par les battements du cœur.
Ainsi le bruit de souffle de l'insuffisance mi traie d'un cœur hypertrophié s'entend maximum plus bas et plus en dehors que celui de la môme lésion, récente, et dans un cœur non hypertrophié.
C'est là, direz-vous, une proposition de séméiotique presque naïve en raison de son évidence même ; eh bien, vous allez voir qu'il est nécessaire de l'émettre et de la démontrer.
11 semblerait que la connaissance des rapports exacts des diverses parties du cœur avec la paroi thoracique dût fournir d'utiles renseignements à la clinique et permettre la localisation précise du siège des bruits anomaux. Rien n'est cependant plus illusoire.
En effet, ce que l'on a déterminé de la façon la plus rigoureuse et la plus vraie, ce sont les rapports du cœur normal; or le cœur malade augmente de volume et change nécessairement de rapports avec la paroi thoracique qui, elle, ne s'est pas modifiée : de telle façon que les orifices et les valvules d'un cœur malade ne correspondent plus aux mômes points de la poitrine que les orifices et les valvules d'un cœur sain.
Je n'insisterais pas davantage, si des hommes considérables n'avaient dit la chose inverse et n'avaient déduit, de rapports anatomiques normaux^ des notions cliniques qui manquent de rigueur.
C'est à cet hôpital môme de la Pitié que Gendrin, le premier, je crois, essaya de préciser rigoureusement le rapport des orifices et des valvules du cœur, ainsi que celui des gros vaisseaux, avec divers points du squelette de la poitrine.
D'après lui, et cela est le plus ordinairement vrai dans l'était normal, en dehors du bord gauche du sternum se trouvent les deuLX tiers de Cartère pulmonaire et un tiers de l'aorte. De sorte