‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 57 sur 254 · INSUFFISANCE AORTIQUE ET ANOINE DE POITRINE · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE AORTIQUE ET ANOINE DE POITRINE

naitre la maladie concomitante de l'aorte et la lésion simultanée de tout Farbre aortique.

Vous aurez une première raison de croire que l'insuffisance aortique est accompagnée d'une maladie de l'aorte quand vous constaterez l'existence de la douleur rétro-stemale. Cette douleur, que mon collègue M. Bucquoy a signalée dans le cas de lésion de l'orifice aortique, et qu'il a très-justement rapportée au voisinage du plexus cardiaque, ne tient pas à la lésion de l'orifice du cœur, mais résulte d'une altération concomitante de l'aorte. Elle est vraisemblablement due à la propagation du travail morbide aux filets nerveux que cette artère supporte.

A plus forte raison devrez-vous croire à la lésion de l'aorte et la rechercher avec soin quand, chez un individu atteint d'insuffisance aortique, la douleur rétro-stemale prendra les proportions de Yangine de poitrine, cette névrose n'étant, dans ce cas, que l'exagération du rayonnement morbifique de l'aorte au plexus nerveux circonvoisin.

La coexistence de l'angine de poitrine avec l'insuffisance aortique n'est pas douteuse, et la corrélation causale de celle-ci avec celle-là ne Test pas davantage. Stokes en mentionne un fort bel exemple à la page 220 de son Traité des maladies du cœur et de C aorte (traduction de Sénac) : Il s'agit d'un jeune homme de vingt-neuf ans qui avait des attaques d'angine de poitrine depuis plus de dix anslW était atteint d'une insuffisance aortique avec hypertrophie considérable du ventricule gauche. Les signes stéthoscopiques étaient les suivants : a En appliquant l'oreille contre le thorax, on percevait une sensation comparable à celle que donnerait un choc sur une vessie pleine de liquide ; ce choc s'accompagnait d'un bruit particulier analogue à celui que l'on produit après avoir fermé le méat auriculaire par l'application et la pression du doigt sur le tragus, et qu'on cesse brusquement cette compression; ce bruit se terminait par \xn bruit de souffle 2iS&onvd\. Le deuxième bruit du cœur s'accompagnait également d'une impulsion et d'un mtir/nure; mais celui-ci était bien plus net et bien plus bref que le murmure systolique. » En d'autres termes, il y avait un bruit de souffle aux deux temps du cœur ; le second bruit était plus intense que le premier; c'est-à-dire qu'il y avait.

classiquement, les signes d'un rétrécissement avec insuffisance aortique. Nous verrons tout à Theure à quelles lésions correspondaient ces signes.

« Ce malade éprouvait des attaques d*angine de poitrine accompagnées d'accidents et de souffrances qui atteignaient un degré d'intensité extrême.

« Les accès étaient précédés d'un malaise nen^eux général ; les palpitations augmentaient jusqu'à devenir tumultueuses ; en même temps que les membres supérieurs et inférieurs devenaient douloureux du haut en bas, et il survenait une sensation de lassitude qui faisait désirer au malade de s'asseoir, ce qu'il n'osait faire, dans la crainte de déterminer l'explosion de J'accès. Après un temps variable entre deux et trois heures, pendant lequel on cherchait en vain à l'empêcher, le paroxysme débutait franchement par une sensation de constriction sternale; il semblait qu'on rapprochât avec force le sternum et la colonne vertébrale, et qu'on arrachât le cœur de la poitrine. A mesure que l'accès marchait, les douleurs gravatives des membres supérieurs étaient remplacées par des douleurs comparées par le malade à celles que produiraient des fils de fer chauffés au rouge et appliqués sur tout le trajet des nerfs cubitaux ; le cœur battait avec une force extraordinaire, au point d'ébranler le corps entier. Les carotides soulevaient avec force les téguments, et l'on pouvait suivre à la superficie du corps le trajet de toutes les branches artérielles. A chaque battement du cœur, le corps du malade tout entier semblait offrir une expansion générale, comme eût pu le faire un vaste anévrysmo.

({ Le malade, pour obtenir quelque soulagement, renversait habituellement la tête en arrière, et plaçait la colonne vertébrale dans l'extension, comme dans l'opisthotonos ; les bras, étendus d'abord en bas, étaient ensuite levés autant que possible audessus de la tête, afin de donner un point d'attache Rxq aux muscles grands pectoraux, dans l'espoir de diminuer la sensation de constriction thoracique. La position du malade, la pâleur de sa face, ses yeux noirs hagards et d'un aspect sauvage, l'extrême intensité de l'angoisse, la sueur qui perlait d'abord en grosses gouttes et qui bientôt roulait le long du cou, tout cela formait un

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