TRAITEMENT DES HYDROPISIES
pour origine encore le plexus cardiaque endommagé au voisinage de la lésion cardio-aortique.
C'est dans cet ordre de moyens thérapeutiques que vous pourrez agir, et agir assez efficacement pour retarder longtemps l'arrivée de cette phase dernière où l'asthénie du système aortique (ou de rhématopoièse) amène à sa suite la cachexie.
Cette quatrième période est, vous le savez, caractérisée par des hydropisies multiples, dues à la fois à la stagnation et à l'altération du sang. Eh bien, à cette période encore, "Vous pouvez agir d'une façon bienfaisante, quoique vos moyens d'action soient plus limités, les organes étant plus malades et l'organisme moins résistant. C'est par l'usage prudemment combiné des purgatifs, des diurétiques et des sudorifiques, que vous pourrez, pour ainsi dire, appeler au dehors, par une spoliation aqueuse, là sérosité qui tend à s'épancher dans tous les tissus.
Déjà, dans la période des hj'pérémies, l'indication des sudorifiques aura dû se présenter ; mais c'est surtout dans cette quatrième période des affections cardiaques que ces agents thérapeutiques s'imposent. En tête semblent devoir se présenter les bains de vapeur; mais je ne saurais trop vous les déconseiller. Par la haute température à laquelle ils soumettent forcément jes malades, ils produisent brusquement une dilatationMes vaisseaux de l'hématose et de rhématopoièse, diminuent ainsi la tension déjà si affaiblie de ces vaisseaux, privent tout à couple cœur de ce ressort compensateur, utile encore, si faible qu'il puisse être devenu ; et par la soudaine rupture de l'équilibre vasculo-cardiaque, peuvent jeter tout à coup le cœur dans un désordre périlleux, qui ss traduit alors par de folles palpitation», comme par des irrégularités plus fréquentes et des intermittences pluf prolongées que celles qui existaient déjà. On peut éviter, il est vrai, la dilatation des vaisseaux de l'hématose en donnant le bain de vapeur soit dans le lit, soîidans un appareil qui laisse la tête libre et permet cle" respirer Taîr extérieur; mais ce moyen n'est que moms malfaisant et ne mérite guère qu'on le recommande.
Ce qui vaut mieux, c'est la poudre de Dower, composée, comme vous savez, de sulfate et de nitrate de potasse, d'îpécacuanha et d'opium; do sorte qu'elle fait couj> triple, et même quadruple, en
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s'adressant à toutes les voies de sécrétion et d'élimination possibles. Tous la donnerez à la dose de 20 à 30 centigrammes en deux ou quatre fois dans la matinée, une à deux fois par semaine.
D'un autre côté, il ne faut jamais perdre de vue l'organisme, que vous avez à soutenir, sinon à relever ; ainsi, notre malade du n* 7 ne va définitivement mieux que depuis que je lui ai donné de r^au-de vie, à laquelle il était habitué depuis longtemps. L'eau-de-vie, associée, comme je l'ai fait, à la dose de 60 grammes, à une potion gommeuse, n'est autre chose qu'un grog et agit de môme, c'est-à-dire tonifie et non pas réfrigère. Mais c'est là un point que je discuterai dans les leçons sur le Traitemmt de la pneumonie. Du reste, la théorie importe peu ; ce qui doit vous frapper, c'est le fait, et il est là sous vos yeux. Aux malades riches, vous pourrez ordonner toute autre liqueur généreuse, le vin ,de Porto, de Madère, de Xérès, etc., combiné ou non au quinquina.
Le café, donné en infusion, à dose médicamenteuse, c'est-à-dire non pas par demi-tasse, mais par quart de tasse, deux à trois fois par jour, agit également très-bien. C'est ainsi que la malade actuellement couchée au n* 12 de la salle Saint-Charles trouve que rien ne la soulage autant. Le café stimule d'abord l'estomac aussi bien chez les malades que chez vous après un bon repas ; il excite ensuite le système nerveux d'une façon bienfaisante, et provoque enfin la diurèse, ainsi que vous avez dû le constater personnellement. Pour toutes ces raisons, et parce que c'est là un médicament très-agréable (chose qui n'est pas à dédaigner chez desanorectiques), vous ferez bien de recommander le café. Le thé, plus agitant et non diurétique, ne vaut rien.
UaÎQtenant, messieurs, l'anémie des premières périodes est devenue plus profonde; il y a comme un effondrement de l'hématose, anémie par anoxémie, par anhématie, par désalbumini- «ation réhale, par dyspepsie, etc., etc. Le moins que yoxts puissiez faire alors est de donner du fer ; mais non pas d'une Açon brutale et pharmaceutique, qui n'est ordinairement pasaupportée : prescrivez-le comme vous le fournit la nature, sous forme d'eaux minérales naturelles. Celles de Bussang, et surtout d'Orezza, seront très-bien supportées. Cette dernière a en outre l'avantage