TOUT RÉTRÉCISSEMENT S ACCOMPAGNE DE SPASME
Nous verrons ensemble» dans une leçon sur VKndartérUe^ pourquoi, de ces trois systèmes de canaux, deux, les voies digestives et aériennes, qui avaient à modifier leur contenu, étaient tapissées par une membrane muqueuse, tandis que le troisième système, celui des voies circulatoires qui n'avait rien à faire sur le sang qui le parcourt, n'était pourvu que d'une membrane interne inerte, épilhélio-fibroïde ; pourquoi il y a sécrétion et de quelle nature dans les deux premiers systèmes, et pourquoi il n'y en a pas dans le troisième. Nous envisagerons alors ces canaux au point de vue de l'action propre de leur surface interne ; mais nous ne les étudierons aujourd'hui qu'au point de vue de leurs couches extérieures.
Il est évident que, pour que les aliments pussent cheminer à travers les voies digestivos, il leur fallait une impulsion motrice et qu'une couche musculeuse était nécessaire ; de môme pour le sang : aussi la couche musculeuse a-t-elle été réalisée dans les voies circulatoires, seulement la disposition y est spéciale ; au lieu d'exister sur tout le parcours du canal, elle y est distribuée en certains points seulement, ramassée en une énorme masse impulso-motrice, qui est le cœur^ tandis qu'aux confins opposés elle est disséminée dans la couche musculeuse des petits vaisseaux et des veines ; la canalisation circulatoire étant ainsi composéede deux c^nes vasculaires contournés qui se rejoignent par leurs sommets et par leurs bases : un cône cardio-artériel^ formé par les ventricules et les artères; un cône eardio-vîineux^ formé par les oreillettes et les veines. A la base du cône cardio-artériel, les puissances musculaires sont accumulées sous forme de ventricules, tandis que les artères sont d'autant moins pourvues de muscles qu'elles sont plus volumineuses, c'est-à-dire, situées plus près de la base d'Impulsion ; les petites artérioles, au contraire, en étant plus richement douées. Au cône cardip^veineux, les muscles sont, inversement, d'autant plus évidents que les vaisseaux se rapprochent davantage de la base, les oreillettes, où la puissance musculeuse de ce cône est au maximum.
Dans les voies aériennes, et afin d'aider à expulser l'air peutêtre et certainement les mucosités surabondantes, une couche musculaire était nécessaire et les canaux aériens en sont pourvus.
Enfin il existe d'autres systèmes de canaux annexes des précédents, canaux de sécrétion de la salive, de la bile, du suc pancréatique ; canaux d'excrétion de l'urine, lesquels sont également pourvus d'une couche musculeuse périphérique.
Eh bien, tous ces canaux, étant contractiles, sont susceptibles de rétrécissement, et je reviens ainsi à ma proposition initiale : tout rétrécissement s'accompagne de spasme.
Et d'abord, un point de fait. Y a-t-il spasme à l'occasion d'un rétrécissement? Prenons un exemple : soit un étranglement herniaire incomplet, soit un simple pincement de l'intestin, comme dans le cas dont je vais vous parler tout à l'heure ; il est de toute évidence que, si le cours des matières alvines a été suspendu, s'il y a eu des vomissements stercoriformes,, malgré la perméabilité de la voie constatée à l'autopsie, c'est qu'il y a eu spasme.
Tel était le cas suivant : étant interne de M. Cruveilhier à l'hôpital de la Charité, je trouvai un jour dans nos salles une femme qui présentait tous les symptômes d'un étranglement : douleurs abdominales généralisées, météorisme, vomissements, etc. Il y avait à l'aine droite une douleur que la malade n'accusait pas spontanément, et, en ce point, une très-petite tumeur qu'on aurait pu prendre pour un ganglion douloureux.
M. Cruveilhier, avec cette sûreté de diagnostic que j'ai rarement vue réalisée à un aussi haut degré, déclara qu'il s'agissait d'un pincement de l'intestin au niveau de l'anneau crural. La malade fut donc transportée dans le service de M. Velpeau, qui, croyant à une affection cholérique, la renvoya chez M. Cruveilhier. L'autopsie, qui put être pratiquée quelques jours plus tard, montra qu'il s'agissait bien d'un pincement de l'intestin. Ainsi l'organe était à peine rétréci après la mort ; il était absolument perméable, et cependant la malade avait succombé aux accidents de l'étranglement externe. Evidemment chez elle un spasme s'était produit qui avait entraîné cet étranglement.
Quant au vieillard du n« 22 de la salle Saint-Paul, qui tout d'abord n'avait qu'un rétrécissement de l'intestin et qui subitement eut des vomissements stercoriformes, la môme explication est seule admissible, à savoir : la production d'un spasme du plan