‹ Leçons de clinique ophtalmologiqueChapitre 21 sur 28 · NEVRITE OPTIQUE SURVENUE APRES UN ERYS1PELE · texte numérisé non relu

NEVRITE OPTIQUE SURVENUE APRES UN ERYS1PELE

sion du globe et la douleur orbitaire à la pression sur l'œil, confirment le diagnostic du processus essentiellement rétro -bulbaire ; les urines de la malade sont normales.

Ce cas est donc remarquable, d'abord parce qu'il sort de la névrite optique franche, et ensuite parce qu'il est survenu à une période post-érysipélatense, au lieu de survenir dans le décours de l'érysipèle. Nous n'aurions que des hypothèses à faire ici pour relier cette névrite rétrobulbaire à l'érysipèle. A moins d'admettre par une permanence de ses toxines dans les tissus ou dans les fosses nasales qui lui ont évidemment donné naissance, cette apparition tardive de la névrite, hypothèse parfaitement soutenable, si l'on se rapporte aux faits concernant la permanence prolongée du streptocoque dans les tissus antérieurement atteints, faits dont vous trouverez la démonstration bactériologique danslathèse si complète d'Achalme sur le streptocoque (1893), nous sommes obligés d'admettre qu'il y a eu du côté du nerf optique une infection secondaire, mystérieuse du reste, puisque aucun fait clinique ne l'a mise en lumière, dans le cas qui nous occupe, mais pouvant reconnaître pour origine les innombrables microbes qui encombrent normalement nos cavités naturelles et qui peuvent aller, sous une influence indéterminée et variable, envahir les tissus anciennement atteints par l'érysipèle et constituant un lieu de moindre résistance. Seules, des autopsies, avec recherches bactériologiques dans les tissus, pourraient arrêter notre conviction sur l'une ou l'autre de ces deux hypothèses. Vous venez donc de voir des cas où l'érysipèle a sournoisement et à une époque où on le croyait définitivement vaincu, envahi le nerf optique lui-même. Il y a loin de ces cas sans fracas, mais qui peuvent être des plus ri an-

gereux pour la vision, à des cas tels que ceux que j'ai vus à l'hôpital Lariboisière et que j'ai communiqués à la Société de chirurgie, où le phlegmon orbitaire s'accompagnait de suppurations sous-méningées ré tro-craniennes , avec perforation de l'écaillé du temporal. Mais il nous faut bien savoir que les cas latents peuvent entraîner quelquefois la cécité et passer inaperçus pour le praticien non prévenu. Le traitement consistera ici en compresses chaudes, en iodure à la dose de 2 grammes par jour, en révulsion à la tempe par les sangsues et les ventouses scarifiées. La variété rétro-bulbaire s'accompagne en général, comme je vous l'ai dit, d'un pronostic moins grave.

N. B. — Après huit jours de ce traitement, la malade a en effet récupéré la perception lumineuse, et, après un mois de traitement, l'acuité visuelle arrivait à 1/10. Le rétablissement partiel de la vision s'effectue donc progressivement.

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