‹ Leçons de clinique thérapeutique; (volume 2)Chapitre 34 sur 48 · II · texte numérisé non relu

II

OBSERVATIONS

Moyenne. Pays de Caax Moyenne de plus. anal.

Lait do 1 mois.

Même chèvre. Lait 4 jours après.

(1) Pour le professeur Parrot, 300 mois, 600 grammes pour les deaxiègrammes de lait pour le premier me, troisième, quatrième el cin-

Composition de 100 parties de lait de vache.

AOTEORS.

ta

OS es

ce

OBSERVATIONS

Moyenne générale.

Boutsinnult et £ebel.. .

Lait âgé de 200 jours.

5 litres par jour. Foin.

Id

Même Tache. Lait de 210 jours. 5 litres par ^ jour. Betteraves.

Id

Même Tache. Lait de 1 302 jours. 3 litres en- 1 viron par jour. Foin, tourteaux.

Playfair.

Vache nourrie en prai- \ rie. Traite à Tétable après beaucoup d'exercice.

Id

Même vache. Lait du

, lendemain. N*est pas

sortie. N*a pas mangé.

Id

MaT et 8

cxtr." el8.

Même vache, nourrie à retable. Lait du ' soir.

Simon...

i.OOO

Id

Doyèro. .

l.OSiO

Moyenne de plusieurs analyses.

Poggiale.

Moyenne de 10 analyses.

Filhol et Joly...

Vache de 7 ans. Toulouse. Traite entière, t. Lait de six mois.

Id

Autre vache. Traite entière.

Id

Même vache." 4 jours après. Traite entière.

Chevalier et Henry.

Id

Vache nourrie à la carotte.

La môme à la betterave.

Gomp- i Besanez. '

Moyenne de plusieurs analyses.

Marchand.

Composition movenno du lait de vache du pays de Caux.

D« la

contogfon

de la tu-

bercnlote

par le

lait.

Mais n'oubliez pas que, dans cette grande question de Talimentation artificielle des enfants, il ne suffit pas de dire que tel lait est supérieur à tel autre lait, mais qu'il faut encore que ralimentation des animaux qui fournissent le lait ne subisse pas trop de modifications, et c'est cette variété dans ralimentation qui nous explique les différences dans les résultats obtenus et dans les analyses faites parles divers auteurs.

La possibilité de la contagion de la tuberculose par le lait, contagion qui résulte de la présence du bacille de Koch, soulève une question de la plus haute importance, celle de savoir si le lait doit être administré cru ou bouilli. Quoique je ne partage pas les craintes de plusieurs de nos collègues et confrères qui affirment que c'est là un mode de contagion très fréquent, je reconnais que cette contagion est possible; tout en étant exceptionnellement rare, et dans mon Hygiène alimentaire î'sli donné la raison de cette rareté. Je crois donc qu'on peut, sans inconvénient, préconiser le lait bouilli lorsqu'on ignore l'origine de ce lait, quoique cette ébuUition

quiéme mois, 800 grammes pour le sixième elles suivants, représentent dans tous les cas une quantité de lait qui suffit à nourrir les enfants élevés au biberon, à la condition expresse que ce lait soit pur et de bonne qualité, et que, si Ton vient à le couper, suivant le conseil de beaucoup de praticiens, il soit additionné d*une quantité de sucre qui sera :

de 30 grammes pour le premier mois ; de 40 grammes pour les quatre suivants; et de 50 grammes pour les autres, à partir du sixième.

A partir du sixième mois, il faut accoutumer les enfants à des aliments autres que ceux qu'ils tirent du sein ou du biberon. Et parmi les préparations qui seront données alors, les

bouillies faites de lait et de farine tiennent le premier rang ; puis viennent les potages gras ou maigres et surtout les panades. On substituera donc au lait un poids équivalent des matières précédemment énumérées, et la ration de Tenfant sera compo* sée, dans ce cas, de :

Lait 700 grammes.

Fécule, farine, pain. ... 170 — Sucre • 130 —

(Parrot, Rapport, au nom d*ane commission composée de MM. Labric, Parrot et Siredey, sur l'allaitement artificiel dans les hôpitaux et hospices ; BtUletin et Mém. de la Soc médicaledes hôpitaux de Paris^ 1874, t. XI, p. 50.)

DE LA DYSPEPSIE DES NOUVEAU-NÉS. 6i7

fasse perdre les éléments gazeux contenus dans le lait et le rende par cela même d*une digestion plus difficile.

Au lieu du lait bouilli, on peut utiliser un lait produit commercialement et dans lequel on a détruit par la chaleur tous les micro-organismes, c'est le lait stérilisé. Comby, qui a expérimenté ce lait chez les jeunes enfants, en a obtenu d'excellents résultats et il combat ainsi )es troubles digestifs des nouveau-nés (1). A Pétersbourg, dans les hôpitaux des enfants, on stérilise par les procédés pastoriens le lait et les biberons. Gomme ce lait stérilisé est bien supporté par les enfants et qu'il est d'une digestion facile, je crois qu'on devra en généraliser l'emploi dans l'alimentation arti* ficielle.

Mais n'oubliez pas cependant qu'il y a un lait naturel ne

(1) Les procédés de fabrication de lait stérilisé restent secrets. Voici d'après Comby le procédé qui est mis en usage en Normandie, à Neuchatelen-Bray.

Le lait provenant de vaches normandes qui vivent nuit et jour, presque toute Tannée, dans les herbages, et ne restent à l'étable que dans la saison la plus froide, est apporté matin et soir à la fabrique où il subit les manipulations suivantes :

Après avoir été essayé, au point de vue de sa richesse en beurre et en caséine, il est soumis à un filtrage qui le débarrasse des impuretés qui ont pu le souiller depuis la traite jusqu'à la livraison.

Puis il est chauffé au bain-marie à 80* et brassé, manœuvre qui ne manquerait pas de le faire tourner s'il n'était pas normal.

Après ce bain d'épreuve, le lait est mis dans les bouteilles stérilisées

Dn lait stérilisé.

et bouché avec des bouchons stérilisés à l'autoclave.

Puis il est porté à une température élevée (115 ou 120*, on a refusé de m'indiquerle chiffre exact), mais j'ai cru comprendre que le lait, ainsi soumis à l'action de la vapeur chaude, ne reste pas longtemps à cette température élevée ; l'immense cuve dans laquelle sont placées les bouteilles de lait est animée d'un mouvement rapide et saccadé, qui laisse agir altemativementlavapeuretl'eau froide.

11 y a là un tour de main qui prévient TébuUition, tout en assurant la stérilisation du lait. Enfin la surface des bouchons est enduite d'une couche de parafQne qui fait obstacle à la pénétration de l'air.

Après chaque stérilisation en grand, on prélève des échantillons qu'on place dans une étuve d'Arsonval, pour s'assurer que le lait est réellement stérilisé et ne cultive pas (a).

(a) Comby, Traitement de la diarrhée infantile par le lait stériliii {Soc. mid, de» hop., 10 octobre 1890, page 709).

da lait.

beron.

contenant jamais de bacilles de la tuberculose, c'est le lait de chèvre, et Pages a longuement insisté sur ce point. Vous aurez donc à choisir entre le lait de vache bouilli ou stérilisé ou bien le lait de chèvre, pour éviter la contagion possible de la tuberculose.

Qnantité Quellc quautlté de lait doit prendre l'enfant? C'est là un point important élucidé par Parrot (a). L'enfant doit prendre pendant le premier mois 300 grammes de lait par jour ; pen* dant les deuxième, troisième, quatrième et cinquième mois, 600 grammes par jour ; pendant les autres mois, 800 grammes; et on ajoutera à ce lait les quantités suivantes de sucre : pour le premier mois, 30 grammes par jour; pour les deuxième, troisième, quatrième et cinquième, 40 grammes et pour les autres 50 grammes (1).

Dabi- Ce lait est administré dans des biberons, et on a discuté longuement pour savoir quel est le meilleur de ces instruments. Le plus commode, parce qu'il est le plus simple et le meilleur marché, est celui qui se vend sous le nom de biberon anglais. Il est composé d'un vase de verre plongeant d'un côté dans le liquide et de l'autre adapté à un tube de caoutchouc terminé par un renflement percé de petits trous. C'est par les mouvements de succion et par les pressions exercées sur ce renflement que le lait passe de la bouteille dans la bouche de l'enfant.

Cependant la plupart des hygiénistes ont repoussé le biberon dit anglais et cela pour les raisons suivantes :

(1) Pour Grange, le sucre ne doit fallait ajouter ce sucre aulait deTen-

pas être ajouté au lait de Tenfant. 11 font, il faudrait se servir dans ce cas

se fonde sur les expériences de Lus- de sucre de lait, qui peut être absorbé

sana, qui a montré que chez Tenfant sans être transformé (6). la salive est privée de ferment. S'il

(a) Parrot, Rapport sur V allaitement artificiel des enfanté (Union médicale^ 1874). (fc) Orangé, De Vallaitement artificiel {Journal des connaissances médicalety 1879).

d'abord pour les impuretés du caoutchouc qui entré dans sa fabrication (1), puis parce que lorsqu'il est mal construit, il constitue un véritable siphon, de telle sorte que Tenfant ne fait aucun mouvement de succion pour avaler le lait. Ces mouvements de succion, comme vous le savez, sont une gymnastique utile au développement du jeune être. Aussi ces hygiénistes proposent-ils de revenir au biberon en verre que Ton tient à la main.

Quoi qu'il en soit, que vous choisissiez le biberon anglais ou le biberon sans tube d'aspiration, il faut que l'instrument soit tenu avec une extrême propreté et nettoyé avec des solutions antifermentescibles, telles que les solutions boriquées par exemple. Mais cette question de la propreté du biberon est tellement difficile souvent à obtenir, que nous voyons Tarnierle proscrire d'une façon absolue de l'alimentation artifi* cielle des nouveau-nés et s'en tenir au verre et à la cuiller. S'il ne s'agissait que de nos services de crèches, je serais absolument de l'avis de mon collègue de la Maternité, car, comme vous pouvez le voir chaque jour par l'inspection que je fais des biberons de nos salles, je ne puis obtenir, surtout en été, que les biberons soient tenus dans un état convenable. Mais il n'en est plus de même dans les familles, où l'on peut, par des soins attentifs, maintenir les biberons suffisamment propres (2).

(1) On a signalé plusieurs incon- et âSpour 100 de craie. Dans d*autres,

Ténients des bouts en caoutchouc ; enfin, on a reconnu la présence de

outre qu'ils se ramollissent vite et Tarsenic. Fauvel a reconnu aussi, par

par conséquent doivent être changés de fréquentes analyses, les impuretés

plus ou moins souvent, on a reconnu des caoutchoucs employés dans les

que le mode de fabrication du caout- biberons.

chouc vulcanisé peut déterminer des (2) Dans un rapport à la Société

accidents. £n Allemagne, on a cons- française d'hygiène sur les biberons,

taté que des caoutchoucs renferment René Blache considère comme pré-

jusqu'à 50 pour 100 d'un mélange féruble le biberon tout en verre sans

d'oxyde de zinc, d'autres jusqu'à tube d'aspiration. On peut remplacer

18 pour 100 de carbonate de plomb la tétine en verre par une tétine en

Un point fort délicat dans Télevage du jeune être, c'est le mom^it où doit être modifié le régime exclusivement lacté. Ici vousâvet pour guide l'apparition des dents (1) ; on dirait que révoluti^m de ces dernières suit l'évolution du tube digestif, et à mœure que les dents apparaissent les fonctions du tube digestif se complètent. C'est le plus souvent à partir du sixième m<HS que vous pourrez commencer à introduire dans l'alimentation quelques féculents : biscottes, arrow-root, croûtes de pain desséchées. Vous pouvez préparer ces substances à l'eau ou au lait légèrement sucré ou salé. Vous pourrez aussi vous servir des bouillies diastasiques de Mialhe et de Liebig (2), ainsi que d'un

caoutchouc pur. Le biberon doit être tenu à la main pour faire boire le nourrisson (a).

(1) L'évolution des vingt premières dents, dents temporaires, dents de lait, qui tombent vers sept ans, et sont remplacées par des dents permanentes, se fait, à moins d*anomalie, par groupes entre lesquels il y a toujours un temps d'arrêt. Cette première dentition s'effectue de la façon suivante : 4* les deux incisives médianes inférieures; t" les incisives supérieures, d'abord les médianes, puis les latérales; 3* les deux incisives latérales inférieures et les quatre premières molaires; 4* les quatre canines; 5* les quatre dernières molaires.

La première dent apparaît le plus généralement vers six mois et demi.

D'après Trousseau, révolution des incisives médianes inférieures s'accomplit dans un espace de temps compris entre un et dix jours, les quatre incisives supérieures sont sor-

ties entre quatre et six semaines, les incisives latérales inférieures et les quatre molaires en un ou deux mois.

Les canines mettent deux ou trois mois à faire leur évolution; les dernières molaires, un temps égal (6).

(2) Voici la formule de Liebig :

On fait un mélange de 16 grammes de farine de froment, 16 grammes de farine de malt et 0^75 de bicarbonate de soude; on y ijoate 32 grammes d'eau, en agitant, pais 166 grammes de lait de vache; on chauffe à une douce température et en agitant sans cesse jusqu'à ce que le mélange commence à s'épaissir; on retire alors du feu et on contiaae à agiter pendant cinq minutes. Enfin, on porte le tout à Tébullition et l'on passe à travers un tamis à mailles serrées. On obtient ainsi une bouillie deux fois plus concentrée que le lait de femme, qui peut être très bien administrée à l'aide du biberon.

Lorsqu'elle a subi l'ébuUition, elle se converse très bien pendant vingt-

(a) René Blache, Étude 9ur les biberon» {Journal d^hygiène, 18 septembre 1879).

(b) Trousseau, Clinique médicale de VHâlel'Dieu de Pari$, 3* édition, 1878, t UI).

mélange qui a été proposé par Husson (de Toul) (1). Dans un travail fait en commun avec E. Hardy, nous avons ^« >*

•^ fiirine d'à-

démontré les avantages de la farine d'avoine (2) ; et quoiqu'un Toine.

quatre heures. La saveur de cette bouillie rappelle un peu celle de la farine et du malt; mais les enfants s'y habituent très facilement, et, en général, ils ne tardent pas à préférer cet aliment à tous les autres (a).

(1) Husson, pharmacien à Toul, dit s'être bien trouvé, dans l'alimentation de ses enfants, de la préparation suivante :

Farine d*avoine \ -^ «.««.«,«.

> 500 fffammes .

Arrow-root ) "

Sagou 400 —

Cacao 50 ^-

Sucre 500 —

Phosph. de chaux préc. 50 —

Vanille. i gramme.

Une cuillerée à bouche délayée avec précaution dans un verre de lait produit un aliment solide qui peut suffire à l'enfant jusqu'à l'âge de douze mois.

(2) Dans leur travail sur la farine d'avoine, Dujardin-Beaumetz et Ernest Hardy ont démontré que la farine d'avoine avait la composition suivante :

Gr.

Eau 8.7

Matières grasses 7.5

Amidon 64.0

Matières azotées, gluten 11.7

Matières minérales 1.5

Cellulose, matières non dosées.. 7.6

Cette analyse peut être rapprochée de celle de Payen, qui est la suivante :

Eau 10.77

Matières grasses 5.50

Amidon 60.59

Matières azotées 14. 39

Matières minérales 8.35

Cellulose 5.60

Si Ton résume cette analyse, en prenant la méthode Liebig» pour juger la valeur nutritive de cette farine en réunissant tous les éléments respiratoires, on trouve que la farine d'avoine contient :

Éléments plastiques. ... 10 grammes.

Éléments respiratoires . . 35 —

La proportion est dans ce cas à peu près la même que dans le lait de femme, où les deux éléments son^.

représentés par les chiffres suivants :

Éléments plastiques 10 grammes .

Éléments respiratoires. . . 38 —

ce qui ne veut pas dire, comme l'ont pensé plusieurs auteurs, que Dujardin-Beaumetz et E. Hardy assimilent le lait de femme à la farine d'avoine.

Quant au fer, on peut voir par les analyses données plus haut que l'avoine est une des substances qui en contiennent le plus.

Dans des expériences faites par Dujardin-Beaumetz et E. Hardy, et reproduites par le docteur Marie à la crèche de l'hôpital de Versailles, la farine d'avoine a fourni chez les jeunes enfants des résultats satisfaisants (b).

(a) Liebig, Afin, de la Soc, d'hydrologie médicale de Pari$y 1864-1865. \h) Dujardin-Beaumetz et Ernest Hardy, De la farine d'avoine et de 9on rôle dant Valimentation du jeune âge {Bull de la Société méd. des hôpitaux de Paris,

industriel ait fait un abus éhonté de ce travail, au point de vue de la vente de ces produits, il faut reconnaître que c'est un excellent aliment, très employé en Ecosse dans la nourriture des enfants et des adultes, et dont l'usage est général en Angleterre. On prépare ce gruau en le versant à la dose d'une à deux cuillerées dans un verre d'eau; on agite le mélange une ou deux heures, puis on chauffe le tout légèrement après avoir eu soin de le sucrer et de le saler. On obtient ainsi une masse semi-compacte qu'on donne par cuillerées à bouche.

Vous pourrez vous servir de tout autre gruau ou de toute autre farine, en ayant soin d'employer le moins possible de substances grasses dans la préparation. On dirait, en effet, que, chez l'enfant, la fonction du pancréas, au point de vue de l'absorption des graisses, ne se développe que très tardivement. Enfin arrive l'époque du sevrage, fixée surtout par l'apparition des autres dents, et en particulier des canines, époque à laquelle l'alimentation peut devenir plus complète. Du N'oubliez pas non plus que si l'aliment joue un rôle con-

phaml" sidérable dans le développement et la cure de la dyspepsie coutique. jy jeune être, les autres règles diététiques ont aussi leur importance. Les soins de propreté de la peau et surtout les conditions atmosphériques ont un rôle dominant. Examinez ce qui se passe dans notre crèche lorsque, dans ces salles si insalubres, la nécessité nous force à augmenter le nombre des lits; nous voyons immédiatement les enfants être pris de coliques et présenter des troubles intestinaux; cet état résulte de l'encombrement; l'air vicié et malsain a, en effet, une action prédominante sur l'apparition de la dyspepsie. Il faut au jeune enfant le grand air, le soleil, un logement vaste et aéré; en un mot, la plupart des conditions de la

t. X, p. 113, 1873, et Union médicaU, 1873). — Marie, Etude sur remploi de Vavoine. Thèse de doctorat, 1873.

campagne. C'est là ce qui explique la différence qu'il y a entre le nourrisson de la campagne et celui des villes : l'un a bonne mine, le visage coloré, les chairs résistantes; l'autre est petit, chélif, délicat. Il faut donc apporter le plus grand soin à renouveler l'air dans les pièces où se trouvent les enfants au berceau (1).

(1) Voici, rédigés parune commission médicale nommée par un arrêté du directeur de i*adminislration générale de TAssistance publique et composée de Moutard-Martin, Bergeron, Parrot, Blachez, Dujardin-Beaumetz, quelques conseils aux mères et aux nourrices :

1<» Jusqu'à la sortie des premières dents, c'est-à-dire entre le sixième et le septième mois, la seule nourriture de Tenfant doit être le /ait, celui de sa mère surtout, qui est toujours préférable si elle est bien portante, ou à son défaut celui d'une nourrice. Il est, en effet, très dangeureux de donner à Fenfant, dès les premiers mois, une nourriture solide {pairij gâteauœ, viande^ légumes et fruits);

2* Le sein devra être donné toutes les deux heures environ, et moins souvent la nuit;

3* A défaut de lait de femme, on pourra se servir du lait tiède de vache ou de chèvre, coupé au quart d'eau pure^ légèrement sucrée; à partir du cinquième mois, le lait peut être donné pur. Tous les autres liquides employés généralement pour couper le lait {eau de gruau, eau panée p eau d'orge, infusions diverses) sont nuisibles;

4* Pour faire boire ce lait, se servir exclusivement de biberons en rerrCf qu'il faut avoir soin de nettoyer toutes les fois qu'on s'en est servi. Ne jamais faire usage de ces suçons de linge ou d'épongé avec

lesquels on cherche à calmer les cris de l'enfant, et qui ont le sérieux inconvénient de provoquer les maladies de la bouche;

5* Ce n'est qu'à partir du sixième ou du septième mois que l'on peut commencer à donner des potages légers faits avec du lait et du pain blanc, de la farine séchée au four, du riz, du maïs, des fécules ; à la 6n de la première année, il est toujours utile de donner ces potages pour habituer peu à peu l'enfant au sevrage. Ce sevrage ne doit avoir lieu qu'après la percée des douze ou seize premières dents, lorsque l'enfant est en bon état de santé, et pendant le calme qui suit la sortie d'un groupe de dents ;

6*" Chaque matin, la toilette de l'enfant doit être faite avant la mise au sein ou le repas; cette toiletté consiste : !• à laver le corps de Fenfant, et surtout les parties génitales, qui doivent constamment être tenues propres; 2» à nettoyer la tête, sur laquelle il ne faut pas laisser s'accumuler la crasse ou la croûte qu'on appelle le chapeau ; 3"^ à changer de linge tous les deux jours ; 4* à donner un bain tiède dans lequel on tiendra l'enfant pendant cinq ou six minutes. La bande de ventre doit être maintenue pendant le premier mois;

7* 11 faut rejeter absolument l'usage du maillot complet, qui comprime le corps; plus l'enfanta de liberté dans ses mouvements, plus il devient ro-

Det

moyens

diètétiqnet.

Si je me suis aussi longuement étendu sur celte question de l'allaitement du jeune âge, c'est qu'il faut pour combattre la dyspepsie de Fenfant connaître bien Thygiène de cet âge, et que, si on a à traiter les troubles fonctionnels de la digestion d'un enfant à la mamelle, le premier soin sera de passer en revue toutes les circonstances diététiques ayant une inJQuence sur le développement de ces affections, et vous trouverez toujours la cause du mal et le remède dans une minutieuse interrogation.

Je dois cependant vous signaler quelques petits moyens pharmaceutiques. Tout d'abord, l'emploi de la magnésie, qui agit pour combattre la constipation des enfants dyspeptiques, et vous savez que l'enfant qui n'a qu'une seule selle par jour est constipé; il faut au moins deux ou trois selles

buste et bien conformé. Rejeter aussi tout bandage qui comprime la tête et qui peut produire plus tard des désordres dans la santé ou Tintelligence;

8* 11 est très important de garantir l'enfant contre les funestes suites de l'excès du froid ou de Texcés de la chaleur, soit au dehors, soit dans Tintérieur des habitations, dans lesquelles il n'est pas moins important que Tair soit renouvelé plusieurs fois par jour;

9* Il n'est pas prudent de sortir Tenfant avant le quinzième jour, à moins que la température ne soit très douce;

10* n est très dangereux de coucher l'enfant dans le lit de sa mère ou de sa nourrice ;

!!• Le litde l'enfant doit être composé de paille d*avoine fraîche, ou de fougère, ou de varech; le berceau sera garni de rideaux pendant les premiers mois de sa naissance, et surtout durant les saisons froides»

pour éviter les courants d'air; mais

ces rideaux ne doivent jamais être fermés complètement. L'enfant ne doit jamais être bercé.

1^ Il ne faut pas trop se hâter de faire marcher l'enfant, on doit le laisser se traîner à terre et se relever seul ; il faut donc rejeter Tosage des chariots, paniers, etc. ;

13* On ne doit jamais laisser sans soins chez les enfants les moindres indispositions (colique, diarrhées, vomissements fréquents, toux);

14* La grossesse ayant pour effet de rendre le lait moins nourrissant, en cas de grossesse toute mère on toute nourrice doit cesser de donner le sein ;

15* Il est indispensable de faire vacciner l'enfant dans les trois premiers mois qui suivent la naissance, ou même dans les premières semaines s'il règne une épidémie de petite vérole.

Le vaccin est le seul préservatif de cette maladie. L'enfant vacciné peut fournir du vaccin à de nombreux sujets sans le moindre inconvénient

par vingt-quatre heures. Employez la magnésie dite de Henry, donnée à la dose d'une cuillerée à café ou à dessert.

S'il y a de la diarrhée, usez soit de Feau de chaux mélangée avec le lait, soit de poudres inertes, telles que le sous-nitrate de bismuth, les yeux d'écrevisses, etc., ou bien employez la méthode de René Blache, qui consiste, à donner à Tenfant un gramme d'huile de ricin avec un peu de sirop de gomme.

Lorsqu'il y a des vomissements avec coagulation trop prompte du lait, donnez de l'eau de Vichy à la dose d'une cuillerée à bouche par tetée. Tel est le traitement de la dyspepsie au point de vue pharmaceutique; il est de bien peu d'importance si on le compare au traitement hygiénique.

Je ne veux pas, messieurs, terminer cette question de la médication de la première enfance sans vous dire quelques mots des préparations de phosphate de chaux, préparations multiples : lacto-phosphate, chlorhydro-phosphate, phosphates acides, etc. Toutes ont pour base, vous le savez, un sel soluble de chaux, et qui n'est soluble qu'à la condition d'être acide.

On a vanté ces phosphates et l'usage s'en est répandu ; on Des pbospensait, surtout d'après les travaux de Dusart, que l'action JJ^Îm. favorable de ces préparations dépendait de l'introduction, dans l'économie, d'un sel, le phosphate de chaux, très utile dans le développement du tissu osseux du jeune être. Je crois que c'est une erreur; les expériences faites en Allemagne, et plus récemment en France par Chery-Lestage, les faits de Sanson, les observations de Gaulet (a), permettent d'af-

(a) E. Heideû, Fahling's landwirthêch, Zeilung^ XXHI Jahr^i^., Heft 1, jaDvier 1874. — H. Weiske, Joum. fur LandwirUchaft, XXI Jahrg., Hea *, p. 139. — J. LehmanD, Ann, der Chemie und Pharmacie^ Bd CVIII, p. 357. — Th. von Goren, LandwirUchafl Versachs-Stanionen, Bd III, p. 161. — Hoppe-Seyler, Ann. des Landw.y XI Jahrg., p. 309. — Haubner, Gtiund-heilipflege^ \\\ Aufl.» p. 203. — Sanson, Mémoire sur la théorie du développement précoce des animaux domestiqueSy in Joum, de Panatomie et de la physiologie de Gh. Robin, février

fîrmer que le phosphate de chaux, qu'il soit introduit insoluble à l'état de phosphate tribasique, ou à Tétat soluble, c'est-à-dire de phosphate acide, ne se fixe pas dans Téconomie et passe, soit dans les matières fécales, soit dans les urines.

 cet égard, les expériences de Pommeritz sont décisives, et, messieurs, ne tombez pas dans la confusion que j*ai commise et qui m'a été vivement reprochée (a), ne confondez pas ce nom avec celui d'un expérimentateur : Pommeritz est l'endroit où Heiden (4) a fait ses recherches; ces expériences, dis-je, sont très rigoureuses, et les observations

(1) Heiden fit une expérience sur douze petits cochons de lait de la même portée et de force différente :

quatre était très vigoureux, quatre moins forts et quatre très faibles.

On les di?isa en séries de quatre:

deux forts et deux faibles. A un fort et à un faible on administra le phosphate de chaux mélangé à la nourriture ordinaire, qui est donnée seule aux deux autres cochons. L'expérimentation dura cent quarante-trois jours, et le seul résultat obtenu parait avoir été l'augmentation du sel dans les excréments. Heiden conclut lui-même de ces expériences que le phosphate de chaux ne s'assimile pas.

On peut tirer les mêmes conclusions des expériences d'autres observateurs allemands, Weiske, par exemple, qui a fait voir que le phosphate de chaux ajouté aux aliments

des vaches laitières, non seulement ne s'assimile pas, mais encore n'est pas éliminé par les mamelles. Sanson, professeur à l'école deGrignon, a repris ces expériences et est arrivé aux mêmes conclusions : le phosphate de chaux ajouté artificiellement à la ration des animaux n'est pas absorbé et passe entièrement dans les matières fécales et dans les urines.

Aussi Sanson conseille-t-il de donner aux animaux d'abord un allaitement plus abondant et de meilleure qualité, des jeunes pousses de graminées, l'addition d'une suffisante quantité de céréales» légumineuses on oléagineuses. Ghery-Lestage montre aussi par ses' expériences sur des cobayes que le meilleur moyen d'introduire les phosphates dans l'économie c'est d'user des plantes qui en contiennent le plus, et le tableau suivant, représentant les différents poids

1872 (Gatette hebdomadaire y 1874). — Dusart, De Vinanition minérale dans lef maladies f 1874 {Archives de médecine et de chirurgie, 1869-70). -- Caulet, Du rôle thérap. du hiphosphate de chaux (Progrès médical, 1873). — Cheiy-Ustafe, Recherches expérimentales et cliniques sur quelques préparations de pkosphste de chaux. Thèse de Paris, 1874. — Dujardin-Beaumetz, Soc. de thérap,, séance du 34 mars 1875.

(a) Tribune médicale, 10 octobre 1875, p. 64.

plus récentes de Dusart n'ont pu détruire les conclusions que Ton peut en tirer.

Si on veut introduire dans l'économie du jeune être le phosphate de chaux, il ne faut pas se servir de c^lui qui est préparé pharmaceutiquement, mais bien de celui que la nature a déjà assimilé en le faisant passer dans les végétaux. Aussi, les graines qui contiennent le phosphate en plus ou moins grande quantité, le pain de son, certains féculents, ont-ils une heureuse influence sur le développement du jeune enfant.

Mais, direz-vous, les phosphates acides ont une action favorable, et Ton voit à chaque instant d'heureux résultats de l'action de ces médicaments. Ces faits, messieurs, ne résultent pas de la pénétration du phosphate de chaux dans l'économie, ils proviennent de ce que ces phosphates acides introduisent, d'une part, dans l'estomac un élément utile à la digestion, acide chlorhydrique ou acide lactique, et, d'autre part, de ce qu'une fois ces préparations acides neutralisées dans l'intestin, il se fait un précipité de poudre calcaire.

obtenus, fait voir que l'avantage ap.

partient au cobaye qui ne prenait que du son :

S7 mai. ISjuiU. Dift

Gr. Gr. Gr.

Glycéro-phosphate

de chaux Î07 315 108

La eto -phosphate

de chaux 248 260 12

Chlorhydro- phosphate de chaux. 191 308 109

Phosph. de chaux. 175 280 105

Son pur 213 200 167

D'après une note lue à la Société médicale de FÉlysée par le docteur Caulel :

1* Le biphosphate de chaux (phosphate de chaux soluble) n'est ni décomposé ni absorbé dans Testo-

CLINIQrE THÉRAP., 6* éù'li.

mac; il arrive tel quel dans Tintestin, milieu acide, dans lequel il se dédouble et se précipite sous forme de phosphate de chaux ordinaire des pharmacies: il agit alors comme absorbant mécanique;

^ Le phosphate de chaux insoluble ne se comporte pas de même : au contact du suc gastrique, il se dédouble en un sel de chaux soluble (lactate de chaux ou chlorure de calcium) et biphosphate de chaux; or, le lactate ou le chlorure de chaux sont solubles, absorbables et absorbés ; donc, d'après Caulet, le phosphate de chaux insoluble des pharmacies cède à l'organisme une partie de sa chaux.

phosphate insoluble, qui agit à son tour pour diminuer Tirritation intestinale que présente si souvent le jeune enfant*

Telles sont, messieurs, les quelques réflexions que je désirais vous exposer sur la dyspepsie du nouveau-né; je terminerai là ce que je voulais dire du traitement des affections de Testomac.

Gomme vous le voyez, le traitement des affections storoacales en général exige beaucoup de la part du médecin; il réclame de lui des connaissances cliniques approfondies, afin de pouvoir juger et grouper les différents symptômesprésentés par le malade et en connaître Torigine et la marche; il réclame aussi de grandes notions pharmacologiques, afin de pouvoir varier et changer les différents médicaments et les approprier à chaque état ; il réclame enfin une étude complète et sérieuse de Thygiène, pour établir d'une façon scientifique et raisonnée les bases d'un régime approprié à chacune des formes de dyspepsie. Joignez à tout cela la persistance, l'énergie et la patience indispensables pour maintenir la médication ordonnée, et vous comprendrez combien, dans la cure des affections de l'estomac, le savoir, le talent et l'art du médecin sont nécessaires. Dans une autre série de leçons, je me propose, messieurs, de compléter cette étude du traitement des affections de l'estomac par celle de la thérapeutique des affections de l'intestin.

TRAITEMENT

DBS

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