‹ Leçons de clinique thérapeutique; (volume 2)Chapitre 40 sur 48 · KO · texte numérisé non relu

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droite, soit à gauche, vous êtes en présence d'un taenia inerme; enfin, le microscope lui-même permet de reconnaître la disposition des organes femelles, et si les divisions de la matrice sont très nombreuses, vous aurez une nouvelle preuve de l'existence d'un taenia inerme. Dans le taenia solium, en effet, les pores génitaux sont régulièrement alternes, disposés l'un à droite, l'autre à gauche, et la matrice a des divisions présentant un aspect moins dendritique. Tels sont les caractères permettant de reconnallre la variété dutaenia avant l'expulsion du ver.

L'histoire naturelle de ces tœnias présente, messieurs, un ixJ^eioppo.

ment des

gi-and intérêt, et c'est elle qui nous permet de connaître teous. l'origine de ces vers et d'expliquer leur fréquence chez l'homme. Déjà, dans les leçons sur les maladies de l'estomac, je vous ai signalé les points principaux de cette étude que je veux aujourd'hui compléter.

C'est Fortassin (4804) qui a montré le premier la relation existant entre la présence des taenias et l'alimentation de certains individus. Aujourd'hui, on connaît la raison de ces faits, et leshelminthologistes modernes, en montrant les différents états que le ver doit parcourir avant d'atteindre sa forme définitive, nous ont donné la clef de cet intéressant problème.

Ces vers doivent, en effet, avant d'atteindre leur état parfait, c'est-à-dire celui du taenia, passer par un état intermédiaire (état vésiculeux) dans le corps d'un autre animal, et il suffira que l'homme introduise dans son tube digestif de la viande contenant ces kystes pour voir se développer chez lui un taenia, taenia armé s'il provient des cysticerques du porc, taenia inerme s'il résulte des cysticerques du bœuf. Nous donnons, comme vous savez, le nom de ladres aux animaux ainsi malades, et vous verrez, lorsque nous compléterons cette étude par celle des kystes hydati-

ques (a), que si l'homme peut manger des bêtes ladres, il peut aussi à son tour devenir ladre par rapport à d'autres animaux.

Dans ces derniers temps, cependant, quelques doutes se sont élevés sur la nécessité absolue du passage de ces vers à la période intermédiaire ou vésiculeuse dans un autre organisme, et Mégnin a soutenu que le taenia inerme peut parcourir dans rintestin de l'homme ou des animaux toutes ses périodes. C'est là une question que je ne puis trancher. Quoi qu'il en soit, une surveillance attentive des viandes ou leur cuisson prolongée doit empocher la production de ces taenias, et c'est le seul traitement prophylactique à employer.

Mais, une fois les laenias produits, quelle conduite tenir?

Il faut tuer et expulser ces parasites ; mais, avant d'aborder

l'étude des laenifuges, je dois vous donner une idée générale

du mode d'action de ces médicaments.

D" Tous ces médicaments, pour être taenifuges, doivent

•t des d'abord empoisonner le ver ou du moins le mettre dans un

tonicides. ^^j ^j^^j q^,j| ^^ puisse fairc usage de ses ventouses ; puis, il

faudra profiter de ce sommeil ou de cet état de mort apparente, pour entraîner le ver au dehors, et cela assez promptement pour l'empêcher de reprendre racine dans un autre point du tube digestif. Si vous m'avez bien compris, vous voyez qu'il y a dans ces médicaments deuxactionsdistinctes : d'abord une action propre sur le ver ; puis une action d'expulsion de ce ver au dehors. Il faut que ces deux effets marchent de pair, et vous verrez que tout le talent du thérapeute consiste à mener de front le taenicide et le taenifuge.

Le plus souvent les médicaments de ce groupe sont des laenicides et l'action taenifuge est obtenue par un purgatif qu'il faut administrer, soit simultanément avec le taînicide, soit quelques instants plus tard. Mais n'oubliez pas qu'il ne

(a) Voir t. II, Traitement des maladies du foie. Leçon sur les kystes kydatiques.

faut pas trop attendre : le ver peut revenir à la vie, s'accrocher à la muqueuse, et tous vos efforts seraient alors sans effet. En règle générale, il ne faut pas laisser passer plus d'une heure entre l'administration du taenicide et celle du tsenifuge.

Il est encore quelques remarques générales s'appliquantà toutes ces substances : c'est que pour que le médicament ait une action sur ce ver, il faut, autant que possible, que le tube digestif ne contienne pas une grande quantité de matière alimentaire. De là la nécessité de purger le malade dès la veille et de le maintenir à jeun au moins pour le repas du soir. Pour moi, je recommande au malade de ne prendre à ce repas que du lait.

Il faut aussi, et c'est une nécessité absolue, pour affirmer la guérison, s'efforcer d'obtenir le ver avec sa tête. Pour arriver à ce résultat, nous exigeons que le malade aille à la garde-robe dans un vase plein d'eau tiède, ce qui empêche les tractions, qui bien souvent séparent la tête du reste du corps de l'animal.

Une fois ces précautions prises, quel médicament employer? Messieurs, je serai bref sur ce chapitre des anthelminthiques, et je ne veux signaler que les médicaments ayant fait leurs preuves. Donc, je n'énumérerai pas les substances puisées à une flore étrangère, telles le saoria, le tatzé, le mussenna, ni les anthelminthiques incertains, tels que l'étain, le pétrole, l'acide phénique, l'acide salicylique, l'éther sulfurique, la cévadille, l'essence de térébenthine. Je ne m'arrêterai pas davantage à la noix vomique préconisée par le professeur Masse (de Bordeaux), et j'arrive aux graines Deâgmboi

dedtrouillo.

de citrouille (1), qui ont été vantées par Tyson, en 1683, et **•"*"

{i) Citrouille (Cucurbita L,), Les en Europe. Elles présentent boau-

cilrouilles sont des plantes alimen- coup de variétés ; les principales

taires cultivées en grand nombre espèces sont, d'après Naudin : l" Cu^ CUXIQUE THÉRÂP., C* édit. I. — 55

sur lesquelles Mongeny (de Bordeaux) a fait un bon travail. Pour Heckel, celte propriété anthelrainthique n'appartiendrait pas à toute la graine, elle serait limitée à une enveloppe du périsperme et résulterait de la présence d'une résine à laquelle on a donné le nom de péporésine.

Quoi qu'il en soit, les graines de citrouille sont excellentes chez les enfants. On prépare avec ces graines, comme l'a montré Roger, soit une pâte sucrée, soit un looch que les enfants avalent facilement. Vous devez y joindre l'huile de ricin pour faciliter l'expulsion. Malheureusement, cetanthelminthique si bon à prendre est souvent inefficace, et la tête est rendue exceptionnellement.

curbita maximay Duchesne (potirons une sorte de pâte, soit simplement couronnés, potirons sans couronnes, avec partie égale de sucre en poudre, petit potiron plat, potiron de marat- seul ou additionné d'un peu d*eau. cher ou jaune gros de Hollande, gros Quelques médecins ne font pas dépotiron gris); 2* Cucurbita pepo cortiquer les graines; d'autre ne les (courgerons, citrouilles proprement emploient que mondées, dites, giraumons, pâtissons) ; 3^ oran- D*aprés Da?aine, la dose de graines gine ou courge orangine; 4* bar- de courge récemment décortiquées barines ou fausses coloquintes ; peut être portée à 100 grammes et 5* coloquinettcs ou cougourdettcs ; au delà ; 30 à 45 grammes suffisent 6** Cucurbita moschata Duchesne. pour un enfant. On administre le

Les semences de citrouille font médicament en une ou deux fois, ou

partie des quatre semences froides par cueillerée à café d'heure en heure,

majeures. Elles contiennent du mu- Une heure ou deux après la dernière

cilage et une huile fine employée dose on fait prendre au malade 30 à

soit pour cosmétique, soit pour Té- 60 grammes d'huile de ricin,

clairage. D'après Heckel, la partie active de

1/emploi des semences comme ver- la graine de courge réside dans la

mifuge est très ancien, et est en membrane anhiste du périsperme;

usage dans la plupart des pays. 17 grammes de cette pellicule, mé-

On fait prendre ces semences soit langée avec du sucre, auraient suffi

mélangées avec du miel en formant pour expulser un tsenia (a) .

{a) RIgaud, Gaz. hthd. de médecine, i. VIII, 1831. — Pelt, Gai. méd. de Paris, 186t. — Tarneau, le Tœnia et la Graine de citrouille {Ga*. des hop., 1862). — Debout, Note sur les deux agents antlielminthiques les plus inoffensifs (BuU. de thérap., 1862). — Heckel, Joum. de thérapeutique de Gûbler, 1876. — Bouchut, Des semences de citrouille dans le traitement du tsenia (Moniteur thérap., 1873, et Recueil de méd. vét., 1676). — Bellom, Consid. sur la path. du tœnia et son trait, par la graine de courge. Thèse de Paris, 1874. — Mac;iri, Tœnia che* un

DU TRAITEMENT DES VERS LNTESTINAl L 8G7

A an degré bien supérieur il faut placer le kousso (1), qui du kousso. longtemps a été le seul remède anthelminthique efficace et qui est aujourd'hui bien abandonné. On faisait avec les fleurs de kousso une infusion de 20 grammes pour 250 grammes d'eau. Cette infusion, d'une odeur répugnante, était prise avec dégoût, et le malade, avant d'avoir tout absorbé, vomissait très souvent cette drogue. Sa cherté, d'une part; le courage nécessaire pour prendre ce mélange, d'autre part, et surtout la découverte de médicaments tout aussi efficaces ont fait abandonner le kousso.

On a voulu lui substituer le kamala (2), qui s'administre «>» »«««"»»•• en poudre ou en teinture. C'est un bon médicament, taenicide et laenifuge, mais dont on use peu en France.

(1) Kousso (Brayera anthehniniica Kunth), Rosacées. Le konsso est un arbre d'Abyssinie pouvant atteindre 18 mètres de haut : on se sert en médecine des fleurs de kousso, dont les propriétés anthelminthiques ont été étudiées d*abord par Brayer, médecin français à Constantinople. L'analyse a reconnu dans ces sommités fleuries : du tanin, une résine acre et a mère (Wittstein, 1840), un principe actif, la koussinc ou kosine (Pavesi), Bedall, 1858; Cossein, Stromeyer, Kwosein, Martin, une huile volatile (W'illiiig), de la matière grasse, de la cire, etc.

Le kousso a une odeur désagréable, nauséabonde.

On le donne en poudre, 15 à ^0 grammes infusés un quart d'heure dans 250 grammes d*eau tiède, en granules, en potion.

Apozème de kousso (Codex français) :

Fleurs de kousso en

poudre demi-flne....

Eau

29 grammes.

Délayez la poudre dans Teau bouillante; laisser refroidir.

A prendre en une fois, sans avoir passé le médicament.

(2) Kamala matlotus philippinensiSy Echinus philippinensis H. Bâillon, Euphorbiacées. Le kamala est un arbre de 6 à 8 mètres de haut, (Abyssinie, Arabie, Ceylan, îles Philippines, Australie, etc.), dont les capsules contiennent de petites glandes rouges très nombreuses qui, broyées, donnent la poudre appeléo kamala, employée comme substance tinctoriale et comme anthelminthique.

Andersen a retiré du kamala une substance, la rottlérine, formant de petits cristaux aplatis, jaunes, solubles dans IVther, insolubles dans Feau et peu solubies dans Talcoo Ifroid.

L'absorption du kamala donne lieu

enfant de dix-huit moig; graines de courge fraichet {'^gr),guériion (Ga*. méd. de Paris, 1875).

Kouçcro iiiâle.

Il n'en est pas de même de la fougère mâle (1) dont on lait un extrait éthéré donnant d'excellents résultats dans le traitement du taenia.

Grâce aux perfectionnements apportés à la préparation de cet extrait par Peschier et par Kim, on obtient un médi-

(Juelquefois à des nausées et à des coliques légères (Mackiuson, Anderson, Gordon). La poudre peut être prescrite à la dose de 2 à 12 grammes, suspendue dans de l'eau. On peut la donner aussi sous forme de teinture.

Teinture de kamala (Anderson) :

Kamala 180 grammes.

Alcool rectifié 380 —

Faites macérer pendant deux jours et filtrez.

Doses : 4 à 16 grammes.

Blondeau (a) a donné, avec succès, 25 grammes de teinture sans que le malade ait éprouvé de dégoût ou de colique.

Davaine a trouvé le kamala efficace contre le bothriocéphale ; il préfère la teinture à la poudre et la donne aux petits enfants à la dose de 6 grammes et atuc adultes à la dose de 10 grammes de la façon suivante :

Teinture de kamala.... 20 grammes.

Eau aromatique 120 —

Sirop d'éc. d'oranges... 20 —

A prendre en quatre fois, d^heure en heure. Si le ver n'est pas rendu deux heures après la dernière dose, le malade prend 30 grammes d*huile de ricin.

(1) Fougère mâle {Poly podium filix mas L.), Fougères. Cette plante, itès commune, entre dans Talimentation de quelques peuples des con-

trées septentrionales. On emploie ses feuilles pour faire des matelas et des coussins recommandés aux enfants débiles, scrofuleux ou rachitiques. En médecine ou fait usage du rhizome ou tige souterraine et des bourgeons.

Le rhizome, plus actifà Tétat frais qu*à Fétat sec, contient, d*après Morin : huile volatile, huile fixe (stéarine et oléine), tanin, adde galliqne et acide acétique, sucre cristallisable, amidon, matière gélatineuse insoluble dans Teau et Talcool, fibres ligneuses et cendres. Peschier a constaté dans Textrait médicinal élhéré retiré du rhizome une substance cristalline incolore que Luck a appelée acide filicique ; Textrait éthéré contient aussi une huile grasse qui est saponifiable et fournit Tacide filixoïde.

D'après Peschier, les bourgeons frais contiennent Thuile volatile, résine brune, huile grasse, matière grasse solide, principes odorants verts et vert brun, rougeâtres, extractifs.

On prescrit la fougère mâle en décoction (dans de Teau ou du vin blanc) : 30 à 60 grammes pour 1 kilogramme, à réduire à 500; — en poudre; — en extrait résineux et eu extrait éthéré préparé soit avec les souches réduites en poudre et épuisées par Téther, soit avec les bourgeons selon la méthode de Peschier (de Genève). La poudre se donne à

(a) Blondeau, Soc. de Uiérap,, 1875.

canient très actif; à la dose de 3 à 4 grammes il donne des résultats positifs le plus souvent, mais il faut lui associer une préparation purgative, et Créquy a fait un mélange excellent qui consiste à renfermer dans une capsule du calomel et de l'extrait éthéré de fougère mâle. On fait prendre une vingtaine décapsules en une heure, de façon à absorber 50 centigrammes de calomel et 4 grammes de cet extrait éthéré.

Chez les enfanls qui ne peuvent prendre ces capsules, vous pourrez user d'une potion à cet extrait éthéré, mais en ayant soin d'y associer un purgatif.

Enfin, messieurs, ce sont ces mêmes extraits qui servent de base à plusieurs remèdes anthelminthiques connus, et particulièrement aux pilules de Peschier, qui sont journellement employées sur les bords du lac de Genève.

J'arrive maintenant au grenadier, dont les propriétés an- Dci^jcorcc

de grcnt-

thelminthiques, quoique déjà connues par les médecins de aier.

la dose de 2 à 4 grammes, Textrait éthéré, ou oléorésine, ou huile de fougère de Peschier, se donne à la dose de 4 grammes par jour, en quatre prises, à un quart d'heure de distance. Bien des méthodes ont été préconisées : méthodes de Mme Nuffer, de Bourdier,de Roujel, d'Alibert, de Beck, de Dubois, etc.

Trousseau ordonnait : diète lactée h; premier jour; le second jour, le matin à jeun, 4 grammes d*extrait éthéré en quatre doses, à un quart d'heure de distance; le troisième jour 4 grammes d'extrait en quatre doses, à quinze minutes d'interyalle, puis 50 grammes de sirop d'éther et avec 3 gouttes d'huile de croton tiglium.

On peut donner les pilules de Limousin,contenant50 centigrammes d'extrait de fougère mâle et 6 centigrammes de calomel.

Le malade prend seize de ces capsules, deux par deux toutes les dix minutes.

Bols vermifuges de Peschier :

Extr. éthéré de fougère mâle.

Racine de fougère mâle pulv.

Conserve de roses

2 décigr.

Pour un bol. Dose : dix bols en une fois. Le malade prend ces bols après n'avoir été nourri pendant deux jours que de potages maigres. Après avoir avalé ces bols, il boit une tasse de décoction de fougère mâle, et il prend deux heures après 30 grammes d'huile de ricin.

Fougère femelle (grande fougère femelle, fougère commune, Potypodium filix L.). A aussi été préconisée comme tcBuifuge.

Tantiquilé, avaient été assez oubliées pour que le travail de Goraès en 1823, qui rappelait ses vertus parasiticides, fût considéré comme un fait nouveau. Depuis cette époque, la décoction de grenadier a été très souvent employée, et cela avec un grand succès; le professeur Laboulbène, qui s'est occupé tout spécialement de cette cure du taenia, la considère comme le remède le plus sûr et le plus efficace. Tout récemment, dans un excellent travail, le docteur Marty a montré que les tiges comme les racines de cet arbre jouissaient de propriétés anthelminthiques (1).

Mais larécenle découverte de Tanret, qui a permis d*ïsoler les alcaloïdes du grenadier, a fait faire à cette application thérapeutiqueungrand pas dans la voie du progrès ; et comme je me suis occupé spécialement de ces différents alcaloïdes, permettez-moi, messieurs, de résumer en quelques mots l'état de la question.

Tanret a trouvé quatre alcalis dans le grenadier, auxquels tiërinet. il a douué le nom de pelleliérines (2), en souvenir du savant

(1) G*est récorce de racines de gre- On réduit Técorce en petits mor-

nadier que presque tous les auteurs ceaux,puisou verse dessus 750 gram-

ont conseillée : Mérat, Bourgeois, mes d*eau chaude ; ou laisse macérer

Davaiue, Tameau, Ranson, Cauvet. vingt-quatre heures, puis on évapore

Marty a montré, comme le pré- jusqu*à 5D0 grammes,

voyait déjà Laboulbène, que Técorce L'extrait éthéré et l'extrait aqueux

de tiges dé grenadier possède des ne donnent pas de résultats satisfai-

propriétés anthelminthiques aussi sants (a).

sûres que celles de Técorce de ra- (2) Voici ce qui a conduit Tanret

cines et que ces propriétés se trou- à appeler cet alcaloïde pelletiérine :

vaient intactes dans les branches on a donné en effet le nom de gra-

moyennes du grenadier. natine à la mannite du grenadier.

Quant à la préparation, c'est la prise d'abord pour un sucre particu-

décoction qui parait préférable; elle lier, celui depunicine à une matière

se fait de la manière suivante : résineuse complexe, et celui de gre-

Écorces fraîche» de racines ^^^^^ ^ ^« «««-«P <î'agrément ; pour

ou ligeg do grenadier.. 60grammes ne pas forger un mot trop baroque,

Eau 750 — Tadret appela son nouveau corps

(a) Léopold Deslandes, Archives de médecine^ 1833. — Bourgeois, Gût. des hôpitaux, 1854. — Laboulbène, BuU. de thérap,, 1873. — Auge, Etudes com^

chimiste Pelletier à qui nous devons la découverte de la quinine et de tant d'autres alcalis naturels; et pour distinguer ces différentes pelletiérines les unes des autres, il leur appliqua le nom de pelletiérine, d'isopelletiérine, de pseudopelletiérine et de méthylpelletiérine ; les deux premières sont exclusivement employées comme taenicides (1). : J'ai expérimenté sur les animaux et sur Thomme les divers alcaloïdes du grenadier, et mon élève le docteur de Rochemure (a), dans un excellent travail sur ce sujet, a reproduit la plupart de ces résultats. Ces expériences nous ont montré

pelletier ine, du nom de Tillustre Pelletier, auquel on doit la découverte de la quinine.

(1) Dans une note communiquée à TAcadémie des sciences le 31 mars 1879, Tanret indique qu'il existe quatre alcaloïdes dans le grenadier.

Pour obtenir ces alcaloïdes, il commence par traiter la poudre d'écorces de grenadier mélangée à un lait de chaux par de Teau, puis par le chloroforme.

Pour les divers alcaloïdes, il met à profit d'abord la propriété que possède le bicarbonate de soude de décomposer les sels de deux d'entre eux, tandis qu'il est sans action sur ceux des deux autres, ensuite la grande hygromélricité de deux de leurs sulfates.

Ainsi les traitements par le bicarbonate de soude et la soude caustique donnent deux mélanges qu'on transforme eu sulfates qu'on fait cristalliser. Les cristallisations étaient ensuite étalées sur du papier buvard, grâce

Action physiologique.

à la vapeur d'eau contenue dans l'air, les sulfates déliquescents pénètrent le papier, d'où on les retire par un traitement ultérieur; les autres restent cristallisés sur le papier. Ayant les sels, on en retire facilement les alcaloïdes.

En opérant de la sorte, on obtient avecle bicarbonate de soudeun alcaloïde liquide dextrogyre et un alcaloïde cristallisé sans action sur la lumière polarisée; — avec la soude caustique, deux alcaloïdes liquides :

l'un lévogyre, l'autre sans pouvoir rotatoire. Ces alcalis du grenadier sont tous volatils.

Tanret a désigné les deux alcalis non déplacés de leurs sels parle bicarbonate de soude sous le nom de pelletiérine (C*«H*°AzO*) et d'isopelletiérine, et a décrit ceux qui sont déplacés par le bicarbonate de soude sous le nom de pseudopelletiérine (C*8H*5AzO^) et de méthylpelletiérine (C*8H*7AzO«) {b).

paratives des médicaments tmnifuges, 1876. — J. Marty, De la vaUur relative de diverses préparations d^écorces de grenadier dans le Irailemenl du txnia (Bull, de thérap., t. XLIV, pp. 145, 203, 257, 304, 360, 394. 1878).

(a) De Rochemure, De faction physiologique et thérapeutique des sels de pelletiérine. Thèse do Paris, 1879.

(b) Tanret, Des alcali$ du grenadier {Comptes rendus de VAcad. des scienoeSf séances des 26 avril 1878 et 12 mars 1880).

su LEÇONS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

que les pelletiérines déterminaient des phénomènes toxiques identiques chez les animaux (1), et que la seule différence qui les séparait était l'intensité même de ces phénomènes. A cet égard, la pelletiérine occupe le premier rang, puis viennent Tisopelletiérine, la pseudopelletiérine, la méthyl* pelletiérine; et pour vous montrer la différence de cette puissance toxique, je puis vous donner quelques chiffres : ainsi, pour entraîner la mort rapide d'un lapin (dix à quinze minutes), il faut 17 centigrammes de pelletiérine, 20 centi-

(1) Les expériences que Dujardin- Beaumetz et de Rocheraure ont faites avec la pelletiérine ont porté sur des sangsues, des grenouilles et des lapins.

La sangsue, dans des solutions au 2/1000, perd rapidement sa propriété de contracter ses ventouses : en deux minutes elle perd ses moyens d'attache, en un quart d*heure, tous ses mouvements sont anéantis avec la pelletiérine ; on ne peut la rappeler à la vie. Lorsqu'on se sert de l'isopelletiérine, il faut cinq minutes après rimmersion pour faire perdre à la ventouse buccale toutes ses propriétés, et vingt minutes pour anéantir tous les mouvements; la sangsue peut être rappelée à la vie.

Avec la pseudopelletiérine, une sangsue placée dans une solution au même titre ne perd ses mouvements qu'au bout de vingt minutes d'immersion et peut être rappelée à la vie.

Avec la méthylpelletiérine, c'est au bout de neuf minutes que la sangsue perd la propriété de s'attacher; elle peut être rappelée à la vie.

Pour les grenouilles, une demigoutte de solution au dixième de pelletiérine ne les tue pas, et l'animal ne présente qu'une paralysie généralisée d'une durée de trois heures

environ. Dans ces cas, la respiration hyoïdienne n'est pas complètement suspendue et le cœur se contracte comme à l'ordinaire, bien que légèrement affaibli.

Au delà d'une demi-goutte, c'est-àdire avec une goutte, deux gouttes et plus, on tue une grenouille ; et les phénomènes d'intoxication sont d'autant plus violents, la mort est d'autant plus rapide que la dose injectée est plus élevée.

Les phénomènes d'intoxication consistent tout d'abord en une excitation nerveuse se traduisant par des convulsions et des contractures, puis un épuisement des puissances motrices se montrant sous la forme de résolution musculaire complète et définitive. Les membres, surtout les plus voisins de l'injection, sont les premiers atteints ; puis ce sont les muscles abdominaux, ceux de l'appareil hyoïdien, et enfin, en dernier lieu, le cœur, qui s'arrête en diastole. Les mouvements réflexes survivent aux mouvements volontaires, mais pour peu de temps. La mort survient dans un laps de temps qui varie, selon la dose injectée, entre une et six heures ; elle est encore plus tardive à la suite d'une absorption par l'estomac.

Chez le lapin, la pelletiérine tue en

DU TRAITEMENT DES VERS lOTESTINAUX. 873

grammes d'isopelletiérine et 40 à 50 centigrammes de pseudopelletiérine ou de méthylpelletiérine; pour une grenouille je vous dirai qu'il suffit d'une goutte d'une solution de sulfate de pelletiérine au dixième pour la tuer dans un laps de temps relativement court, et une sangsue plongée dans une solution à 2/1000 de pelletiérine y meurt au bout de dix minutes.

En analysant plus attentivement le problème, j'ai vu que la pelletiérine venait grossir le nombre des poisons curarisants et portait son action sur l'extrémité des nerfs moteurs, dont il détruit la neurilité tout en conservant la contractilité musculaire intacte et la sensibilité. Mais revenons à notre sujet spécial, c'est-à-dire au point de vue thérapeutique, et voyons comment nous devons utiliser ces alcalis, sous quelle forme et à quelle dose.

Au début de nos expériences, nous réunissions les quatre du tannato

de pelleUé*

rlne.

quelques minutes i la dose de 15 à fin, on a noté une légère élévation

20 centigrammes. Les phénomènes de la température,

d'intoxication consistent, à dose mi- Chez Thomme, lorsqu'on atteint la

nime, en une simple paresse muscu- dose de 40 centigrammes de pelle-

laire; la dose atteignant 15 à 20 cen- tiérine, on observe des vertiges, des

tigrammes, en une paralysie pro- troubles oculaires et de la paralysie

gressive frappant d'abord les mem- musculaire; le vertige etles troubles

bres inférieurs, puis le train anté- oculaires sont liés à une congestion

rieur, les oreilles, le cou, le thorax, très manifeste des vaisseaux du fond

et enfin le cœur. Les mouvements de l'œil, congestion qui est généra-

volontaires disparaissent avant les lisée à tout Fencéphale.

mouvements réflexes. La respiration L'examen attentif des phénomènes

est d'abord moins large et précipitée, toxiques et de très nombreuses expé-

puis ses mouvements deviennent riences sur les grenouilles montrent

plus pénibles, plus rares; finalement que la pelletiérine agit comme le

ils sont complètement suspendus. curare et que toutes les expériences

Le cceur bat encore, mais d'une physiologiques que l'on fait avec ce

façon tumultueuse et désordonnée, dernier peuvent être reproduites avec

puis il faiblit et s'arrête. Quelques les sels de pelletiérine (a), convulsions précèdent la mort. A la

(a) Dujardln-Boaumetz, De Vaction physiologique et thérapeutique des sels de

pelUtiérine (Bull, de thérap.. t. XCYUI, p. 433, 1880).

87i LEÇONS DE CLINIOliE THÉRAPEUTIQUE.

alcalis à l'élat de sulfate^ et malgré des succès très marqués on put noter cependant quelques insuccès. Je priai alors Tanret d'ajouter du tanin à la préparation, pour nous rapprocher ainsi autant que possible de l'état où se trouvent ces alcalis dans l'écorce du grenadier, qui renferme des principes tanniques en grande quantité, et il fut convenu que désormais nous administrerions 30 centigrammes de sulfate de pelletiérine et d'isopelletiérine dans une solution renfermant 50 centigrammes de tanin. C'est ce mélange des sulfates de pelletiérines dans une solution tannique que nous appelons improprement tannate de pelletiérine.

Parmi ces différents alcaloïdes que l'analyse des effets physiologiques nous avait permis de classer, quels étaient ceux qui jouissaient des propriétés anthelminlhiques? C'est là une question à laquelle Béranger-Féraud a répondu d'une manière positive (a). Expérimentant comparativement ces différentes pelletiérines, il a constaté que, tandis que la méthylpelletiérine et la pseudopelletiérine n'amenaient jamais l'expulsion du taenia, même à dose élevée, la pelletiérine et l'isopelletiérine, au contraire, soit isolément, soit mélangées, produisaient toujours la sortie du ver. Modcdad- Comme vous le voyez, la question, grâce à tous ces Irauon'dlT vaux, se précisait de plus en plus; la présence du tanin ^ril o"^ était déjà un progrès ; grâce aux recherches de Béranger- Féraud, on pouvait repousser, comme dépourvues de propriétés taenifuges, la méthylpelletiérine et la pseudopelletiérine; restait la question du purgatif. J'avais pensé, au début de ces recherches, qu'il serait peut-être bon d'associer le purgatif avec les pelletiérines, en reproduisant ce qu'avait fait Créquy pour l'essence éthérée de fougère mâle ; je réunis donc, dans une même potion, de l'eau-de-vie alle-

(a) Bércnger-Féraud, De l'action imr^ifuge des qtiatre alcalis du grenadier (BuU. de thirap., 1879, t. XCVU, p. 337, 387).

DU TRAlTËWEiNT DES VEftS INTESTINAUX. 875

mande édulcorée avec du sirop de séné et le mélange des sulfates de pelletiérines avec le tanin. Les résultats obtenus n*ont pas confirmé mes prévisions, et je revins alors à l'administration du purgatif une demi-heure après Tingestion de la pelletiérine ; je considère l'eau-de-vie allemande comme le meilleur purgatif en pareil cas, et je n'hésite pas à donner 30 grammes de cette teinture, parce que la présence du tanin, d'une part, et peut-être l'action paralysante des alcalis sur la fibre musculaire intestinale, de l'autre, s'opposent aux effets de la purgation. Je reconnais cependant que l'on obtient de bons résultats avec l'huile de ricin : 30 à 60 grammes. Quant à Béranger-Féraud, il préfère l'infusion de séné.

Quel que soit le purgatif que vous aurez choisi, donnez-le au plus tard une demi-heure après l'administration de la pelletiérine; et voici en résumé la règle de conduite que vous devez suivre pour obtenir avec les pelletiérines la sortie presque certaine du ver. La veille, faire prendre un léger purgatif et ne manger au repas du soir que du laitage; le lendemain matin, à jeun, administrer 30 centigrammes des sulfates de pelletiérine et d'isopelletiérine dans une solution contenant 50 centigrammes de tanin ; donner dix minutes après un grand verre d'eau, puis au bout d'une demi-heure faire prendre le purgatif, et enfin, recommander au malade d'aller à la garde-robe dans un vase plein d'eau tiède. Quelques instants après l'ingestion du médicament, les malades éprouvent quelques vertiges, et le taenia est rendu, en moyenne, quatre heures après l'administration du remède.

Dans les cas peu probables où vous auriez un insuccès, c'est-à-dire lorsque les pelletiérines auront amené l'issue presque totale du ver sans tête, il ne faut pas recourir immédiatement à l'administration d'une autre dose, mais attendre pour cela un certain temps, deux à trois mois ; et

ce que je vous dis là ne s'applique pas seulement aux alcalis du grenadier, mais à tous les médicaments taenicides.

Depuis que nous avons établi ces bases de traitement et que les malades s'y sont soumis religieusement, nous avons eu de nombreux succès, et neuf fois sur dix nous obtenons le tœnia avec sa tête. Je crois donc pouvoir affirmer que les pelletiérines ainsi administrées sont un excellent remède contre les tœnias, si ce n'est le meilleur, du moins chez l'adulte (4), car, jusqu'à nouvel ordre, je n'oserais conseiller ce médicament chez les enfants (2).

Pardonnez-moi, messieurs, si j'ai insisté si longuement sur celte action spéciale des pelletiérines, mais la plupart

(1) Dans trente-trois observations de Uenias traités par le tannate de pelletiérine, résumées pardeRocliemure, il y a eu trente succès complets, un succès probable et deux insuccès. L'expulsion du tœnia a eu lieu en moyenne quatre heures après l'ingestion de la pelletiérine.

(2) Bérenger-Féraud a donné un tableau fort intéressant sur Tactlon des différents tdenias expulsés à Thôpital Saint-Mandrier à Toulon.

Voici ce tableau:

Soocta. Intuoc. ToUl.

Calomcl » 2 2

Ail » 4 4

Poudre de fougère

mâle » 5 5

Huile éthérée » ^ 2

Graines de courge.. 4 77 81

Huile de courge.... » 3 3

Kousso en poudre.. 14 159 173

Extrait de kousso... » 3 3

Eucalyptus 8 » 8

Saecè*. latoee. Total.

Report

Feuilles.;

Fruits

Tiges herbacées.

Extrait d'écorce.

Racine sèche...

— flraiche...

Tige fraîche saine

Tige fraîche malade

Ëéorco dans ^1 250 gr. d*eau. I \ Écorce en poudre

Punicine

Sulfate de pelletiérine et d'isopelletiérine . . .

Tannate de pelletiérine

Tannate de mé-

thylpelletiérine

et do pseudo-

pelletiérine . . .

Total....

» 30 iiO 572

Total.

Comme on le voit par ce tableau, l'avantage, sans contredit, appartient au tannate de pelletiérine (a).

(a) Bérenger-Féraud, le Tsenia à Vhôpilal Sainl-Mandrier (Bull, génir. de thérap.,t.XCIX, p.49).

DD TRAITEMENT DES VEilS INTESTINAUX. 877

d'enlre vous ont suivi cette année, dans le service, les nombreuses expériences que nous avons faites sur les animaux avec cette substance, et je tenais à vous résumer les points principaux qui en découlent.

En terminantce qui a trait au traitement du taenia, je dois d» ffo^ro. vous signaler un taenifuge nouveau, très employé par les indigènes du Fouta-Djallon sous le nom de gogo^ et que le professeur Heckel a reconnu être une amomacée à laquelle il m'a fait le grand honneur de donner mon nom, c'est le Phrynium Beaumetzy (1). Mais les essais que j'ai faits avec cette plante ne sont pas assez avancés pour que nous puissions juger de la valeur réelle de ce nouveau taenifuge.

Je passe maintenant à l'étude du bothriocéphale, fort Dubothriocommun dans certains pays, en Suisse principalement, et ''^^*"**** cela à tel point que, lorsque vous voyez un bothriocéphale, vous pouvez presque affirmer la nationalité suisse du malade (2). On ignore la cause de sa fréquence; Cari Vogt,dans

(1) Voici, d'après une note manus- fossette, et xs^aXt), tête). Ce ver nicrite qui m*est envoyée par M. le bané et articulé, composé d'un très professeur Heckel, comment les in- grand nombre d'anneaux, est long digènes du Fouta-Djallon se servent de 6 à 20 mètres. Il diffère du tœnia du rhizome de gogo (Phrynium solium par la tête, qui n*a pas de Beaumeizi), Ils font bouillir 60 à 80 crochets, ni de proboscide, ni de grammes de poudre grossière de cette ventouses ovales ou oblongues; sa substance dans 250 grammes d'eau, tête est oblongue, avec deux ventoude manière à réduire le tout à un ses latérales, allongées. Ses anneaux verre, et ils avalent le mélange tout sont plus larges que longs. Les pores entier, racine et eau comprises. génitaux sont situés sur la ligne Quelques heures après, ils prennent médiane. Le pénis est court, lisse, à jeun 30 à 40 grammes de ricin. saillant, situé au-dessus dé la vulve.

Ce remède serait un taenifuge ab- Il est tellement commun à Genève,

solument sur lorsqu'il est pris frais, que Odier, médecin de cette ville, a

mais il parait beaucoup moins actif pu dire : c Le tœnia laia est si fré-

lorsque le rhizome est desséché. quent chez nous, qu'au moins le

(2) Bothriocéphale de Vhomme quart des habitants Ta, l'a eu ou {Bothriocephalus lattis) (de pdOpiov, Taura (a), i On l'observe aussi sur

(a) Davaine, Des GkstoÏdes, in Dictionnaire encyclopédique des icience$ médi' cales.

878 LEÇOiNS DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

une communication qu*il nous fit au congrès international de Genève, a dit n'avoir jamais observé le moindre parasite dans les poissons du lac, et particulièrement dans la féra^ accusée d'être le porteur du bothriocéphale. Ce ver réclame lemêmetraitementquele taenia. Je reconnais, cependant, que les préparations de fougère mâle occupent peut-être le premier rang; toutefois, même à Genève, on emploie avec succès récorce de grenadier, et en France, avec la pelletiérine, on a aussi obtenu l'expulsion de ce ver.

Qu'ils'agissed'unt8eniaoud'unbothriocéphale,laguérison ne peut être considérée comme complète que si l'on obtient le cestoïde avec sa tête. Cependant cette règle souffre quelquefois des exceptions, et pour ma part je connais plusieurs individus qui malgré de minutieuses recherches n'ont pas trouvé la tête du taenia expulsé et qui cependant n'en ont pas moins été guéris définitivement. On comprend d'ailleurs, en présence de l'extrême ténuité de l'extrémité filiforme de ces cestoïdes, que la tête puisse échapper aux recherches même les plus minutieuses. Quoi qu'il en soit, on ne doit renouveler une nouvelle tentative d'expulsion après un

les bords delà Baltique. En Suisse, à Bertolus a même soutenu que la

Saint-Pétersbourg, en Finlande, en LigtUa nodosa, que Ton trouve dans

Hollande. des espèces du genre SalmOf repré-

Ge ver cestoïde, d'une couleur gris senterait cette phase intermédiaire

noirâtre, siège, chez Thomme, dans entre l'embryon et le proglottis.

rintestin grêle; il peut se développer, Knoch et Leuckart ont prétendu

très rarement il est vrai, chez le au contraire que Tanimal pouvait se

même individu, en même temps que développer en entier chez le même

le tœnia solium. individu. Enadministrantà des chiens

Nous connaissons peu de choses des embryons de bothriocéphale,

sur révolution du bothriocéphale; par Knoch aurait trouvé des individus

analogie on suppose que l'embryon adultes dans le tube digestif de ces

libre du bothriocéphale séjourne dans animaux; mais d'après Davaine, ce

l'eau et va se fixer sur des poissons, et sont là des faits qui méritent de nou-

en particulier de ceux du genre Safwo. velles expériences (a).

(a) Odîer. Manuel de médecine praliquey Genève, 1821, 3* édit. — Davainc, article Bothriocéphale, in Dictionnaire encyclopédique.

insuccès partielque lorsque le malade rend des anneaux dans les garde-robes ou involontairement, ce quiarrivela plupart du temps deux ou trois mois après le premier essai d'expulsion.

Telles sont, messieurs, les réflexions que je voulais vous exposer à propos des vers intestinaux. J'en ai fini avec les maladies de l'intestin. Je me propose de consacrer mes prochaines leçons au traitement des affections du foie et des reins, et j'espèrey trouver encore des preuves convaincantes de l'utilité de la clinique thérapeutique.

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