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IV. Théories

DIATHÉSIQUES.

L'angine de poitrine est un spasme du cœur {Heberden, 1768; iMacbride, Hannlton, Baumes, Latham, Lente). L'angine de poitrine est une paralysie incomplète du cœur {Parnj, Eichiuald, Jahn); une paralysie incomplète des muscles du cœur et un spasme périodique des vaisseaux pulmonaires (Schœ/fcr).

Ang. de poitrine due à. la dilatation, à la dégénérescence graisseuse du cœur {Stokes, Quain, etc.); à la surcharge graisseuse du cœur {Black, Wall).

Manifestation de la goutte sur le cœur (Elsner, 1770; Bar-

thez, Schmidt, Stœller, Schœ/fer, Bergius) ; de la goutte sur

le diaphragme {Stephen, Butter, Darwin}; de la goutte sur

l'estomac avec symptômes cardiaques sympathiques (Mac-

queen).

Manifestation du rhumatisme {Schmidt, Vlguier, etc.).

Huchard divise les angines de poitrine en deux grands groupes :

les angines de poitrine vraies et les pseudo-angines.

L'angine de poitrine, à laquelle il donne le nom de maladie de Rouguon- Heberden, est celle dont on meurt au deuxième ou troisième jour, elle a pour lui toujours pour cause une ischémie cardiaque due à l'altération des artères coronaires.

Les pseudo-angines de poitrine sont beaucoup plus nombreuses, elles peuvent résulter des quatre causes suivantes :

1° Angines de poiti'ine nerveuses, ce sont celles qu'on observe dans l'hystérie, la neurataxie, l'hypocondrie, la maladie de Graves, et l'épilepsie;

2° Angines de poitrine réflexes, que l'on observe surtout dans les affections gastro-intestinales ;

o° Angines de poitrine diathésiques, qui ont été constatées dans la goutte, le diabète et le syphilis;

4-0 Angines de poitrine toxiques produites par le tabac, le thé, le café, l'alcool (a).

{a) Henri Huchard, Des angines de poitrine {Bévue de médecine, 1883).

diaque n'en est pas moins tributaire d'un traitement qui a pour base essentielle les poisons vaso-dilatateurs, en tête desquels nous devons placer la trinitrine, le nitrite d'amyle et la morphine. Aussi chez tout malade qui présentera ces phénomènes angineux, vous devez ordonner la trinilrine avec les injections de morphine. Si ces dernières sont préférables au moment de l'accès, dont elles empêchent l'éclosion, elles présentent le sérieux inconvénient de transformer les angineux e nmorphiomanes; aussi tout en reconnaissant l'utilité de ces injections je crois que la trinilrine est mieux indiquée, et pour ma part elle m'a donné parfois de merveilleux résultats.

Mais il est encore d'autres moyens que l'on a conseillé en pareil cas et sur lesquels je désire vous dire quelques mots. Commençons par l'électricité.

L'application de l'électricité à la cure des affections cardiaques est de date récente. Durozier (i) a pensé que, par

(1) Voici une note de l'auteur que nous extrayons du traité d'Onimus et Legros.

« Je pense, dit le docteur Durozier, qu'on peut électriser le cœur comme tout autre muscle, mais le cœur ne se laisse pas influencer de la même manière que les muscles de la vie animale. Je place une des armatures à la pointe et l'autre à l'endroit où les deux poumons se séparent pour laisser le cœur affleurer. Dans un certain nombre de cas, je remarque un eff'et produit. On me dira que c'est une action réflexe. J'agis sur un muscle profond, pourquoi n'agirais-je pas sur le cœur ?

s J'ai observé une femme de vingtsept ans, atteinte d'abord d'étourdissement, de deux syncopes, puis de paralysie et d'aliénation passagère.

Lorsque je l'examinai, le premier claquement ne s'entendait pas sous le sternum, et je ne pouvais produire

De

l'électricité-

aucun souffle par la compression de la crurale. L'électrisation, pratiquée comme je l'ai indiqué, ramenait le premier claqîieraent et le souffle pour un temps d'autant plus long que nous avancions dans le nombre des séances.

» Cette femme présentait, suivant nous, un cas de dégénérescence graisseuse du cœur.

» Dans un autre cas, au contraire, l'électrisation rendait le pouls plus fdiforme qu'il n'était, il fallait interrompre l'expérience ; le cœur était comme tétanisé. Ici, le plus faible courant produisait des accidents.

Dans le premier cas, il fallait employer les plus forts courants de l'appareil de Legendre.

» Dans un troisième cas, où nous notions un étouffement considérable, des irrégularités nombreuses, la faiblesse des battements du cœur et l'absence de claquement, Félectrisa-

Gourants intermittents.

l'électricité, il était possible de favoriser les contractions du cœur, et que, de même qu'on voit se produire des mouvements musculaires énergiques sous l'Influence de courants interrompus, de même on pouvait espérer que l'application de ces courants, faite à la région précordiale, amènerait les contractions du muscle cardiaque et combattrait l'asystolie. Les résultats n'ont pas confirmé cette manière devoir, et l'on en est encore à se demander si l'application, sur la paroi thoracique, de courants interrompus et d'une grande intensité, a une action réelle et [efficace sur le muscle cardiaque.

Mais, si l'action de l'électricité sur le cœur n'a pas produit tous les efi'ets désirés, elle a donné, dans le traitement de l'angine de poitrine, certains résultats.

C'est Duchenne (de Boulogne) qui, le premier, a traité l'angine de poitrine par l'emploi de courants intermittents (1).

tion diminua le volume du cœur d'une manière manifeste et permit de produire, par la coinpression, un souffle dans la crurale droite et un double souffle intermittent .dans la crurale gauche.

» L'électrisation du cœur, ainsi i[ue nous l'avons pratiquée, ne présente aucun danger; elle ne peut pas tuer, ainsi que pourrait le faire l'électrisation du pneumogastrique, pratiquée dans le pharynx; elle peut troubler le cœur, mais le pouls nous fait immédiatement toucher du doigt le danger et nous arrête.

» L'électrisation peut être utile dans la syncope, dans la congestion des cavités cardiaques, dans l'asystolie, enfin dans la dégénérescence graisseuse du cœur. »

(1) Le premier fait relaté par Duchenne (de Boulogne) remoiite à 1853.

Le malade était un homme de cinquante ans, corroyeur, atteint d'angine de poitrine depuis six mois, les

accès étaient fréquents, et le malade pouvait même les produire à volonté en faisant un effort, un mouvement brusque, ou en montant un escalier.

Un accès angineux étant provoqué, Duchenne appliqua sur le mamelon l'extrémité des deux fils métalliques excitateurs qui communiquaient avec les conducteurs de son appareil d'induction gradué au maximum et marchant avec des intermittences très rapides. A l'instant où l'excitation du mamelon fut produite, le malade ressentit une douleur atroce, mais instantanée; instantanément aussi disparurent la douleur de l'angine, ainsi que l'engourdissement et les fourmillements du membre supérieur gauche qui l'accompagnaient.

Celte électrisation fut répétée cà diverses reprises, et après chaque séance, le malade éprouvait une plus grande difficulté à reproduire son accès. Après quinze jours de traite-

TROUBLES nus AUX AFFECTIONS AORTIQUES. 171

11 se servait d'un pinceau métallique, en rapport avec la machine électrique qui porte son nom, le promenait autour du mamelon, et, dans quelques cas, il obtint la disparition complète des accès, et des guérisons véritables. Mais, à côté de certains cas favorables, il en faut citer d'autres bien désavantageux. Sous l'influence des courants, on voit, en effet, quelquefois, non pas disparaître, mais se produire de violentes attaques d'angine de poitrine, et c'est même ce qui a fait abandonner à Duchenne, dans les derniers temps de sa vie, l'emploi de ce mode de traitement.

Un jour, en effet, un malade se présente dans son cabinet et réclame, contre une angine de poitrine, l'application des

ment, le malade fut guéri et reprit tensité du courant, mais dépend du son métier de corroyeur. nombi'c des interruptions. En effet, Vers la même époque, Aran obtint un appareil électrique, ne donnant aussi un succès chez une dame de qu'une seuleinterruptionparseconde, trente-deux ans, atteinte depuis deux quelque fort que soit le courant, n'arans d'angine de poitrine. rète pas le cœur, même si on place Baulet et Becquerel, Holsbeck ont les rhéophores directement sur les employé aussi l'électricité dans le ventricules. Avec cet appareil, on traitement des angines de poitrine. n'arrête pas non plus le cœur en A propos des applications de l'élec- électrisant les nerfs vagues. D'oîi ce tricité au cœur; rappelons une com- précepte de ne pas se servir, pour munication faite par Onimus à la So- électriser le cœur, des machines ciété de biologie, en janvier 1875. 11 électriques ordinaires, qui donnent a constaté que, lorsqu'on place les au moins quinze interruptions par rhéophores d'une machine d'induction seconde, mais d'appareils modifiés sur les ventricules du cœur, chez un ne donnant qu'une, deux, trois ou chien ou chez un chat, on arrête les quatre interruptions par seconde; mouvements de contraction de l'or- ainsi on évitera le danger déjà sigane instantanément et d'une façon gnalé par Vulnian et d'autres physiodéfinitive. Le résultat, du reste, n'est logistes : l'arrêt instantané des coupas tout à fait en rapport avec Fin- tractions rhythmiques du cœur (a).

(a) Duchenne (de Boulogne), Bull, de Thérap., 1853. — De Vélectrisation localisée, 3= édil., Paris, 1872, p. 813. — Fliess, Berl. Jdin. Woch., 1856. — Becquerel et Boullet, Comptes rendus de l'Académie des sciences, février 1869. — Van Hols- beck, cité par Nivelet (de Commercy), De Vélectrisation généralisée, 1869, p. 64. — SoUes, Emploi de l'électricité dans l'angine de poitrine [Mém. et Bull, de la Soc. méd. de Bordeaux, 1869). — A.-D. Rockwell et G.-M. Beard, Electrisatiou in the treatment ofang. pectoris (Med. and Surg..Rep., Philadelphia, 1869, XX, 401-403).

Gourants continus.

courants électriques; Duchenne commence, avec grande prudence, à appliquer les électrodes, et, presque instantanément, le malade est pris d'une violente attaque d'angine, et c'est à grand'peine qu'on put le rappeler à la vie. Le docteur Crisaphis, qui m'a rapporté ce fait, et qui aidait Duchenne dans cette circonstance, m'a dit que l'opérateur fut tellement impressionné par cet accident, qu'il se promit bien de n'avoir plus recours à cette méthode de traitement.

Mais, si les courants interrompus sont dangereux, il n'en est pas de même des courants continjis. Fliess {a) a déjà proposé, pour la cure des affections cardiaques, l'application de courants continus descendants sur le pneumogastrique; on a de plus signalé, depuis longtemps, les avantages qu'on peut retirer de l'application de ces courants continus au traitement des névralgies, et je vous citerai à ce propos les observations de Niemeyer, Benedikt, Daily, Onimus, Bouchod, Lewandowski, et plus récemment les travaux du docteur Ouspenski (de Saint-Pétersbourg) etde Huchard(/'). C'est ce que nous verrons d'ailleurs complètement, lorsque j'exposerai devant vous letraitement des névralgies (c).

C'est sur ces deux données qu'on a basé l'emploi de ces courants à la cure des angines de poitrine. Hubener, Cordes, Fluebuch et plus récemment Armaingaud {d) ont déjà cité plusieurs cas de cette affection guéris par ce procédé, et j'ai vu, dans un fait intéressant d'angine, avec insuffisance aortique, les excellents résultats qu'on peut obtenir par ces courants continus.

Chez le malade dont je vous parle, les attaques se produi-

{(i) Fliess, Berliner kUnische Wochenschrift, 1865, n° 26.

{b) Huchard, Angines de poiliiiie cardiaque et pulmonaire. Remarques sur des synergies morbides du pneumogastrique.

■ (c) Voy. t. ni. — Traitement des 7naladies du système nerveux. Leçon sur les névralgies.

{d) Hubener, Deutsch. Arch. f. kli:i. Med., XU, 5. — Cordes, D. Arch., VUI, 1, — Fluebucli, Deutsch. Arcli., 1873. — Armaingaud, Note sur l'angine de poitrine, Bordeaux, 1877, p. 20.

saient ainsi : la main était d'abord envahie, puis le bras, puis l'épaule, et, de ce point, la douleur descendait rapidement au cœur, et produisait tous les symptômes caractéristiques de l'angine. Pour arrêter la marche de la douleur, nous avons songé, Peter et moi, qui soignions ensemble ce malade, à appliquer les courants continus, et voici comment nous avons procédé :

L'appareil employé était une pile de Gaiffe, appareil que je ne saurais trop vous recommander, et qui se compose d'une boîte contenant plusieurs éléments avec boussole, pour juger du passage du courant; les fils communiquent avec des plaques d'étain très souple, recouvertes de peau de chamois, maintenue humide pour empêcher l'action destructive que produiraient les courants sur la peau. Nous nous servions de courants descendants et, mettant le pôle positif à la partie supérieure du membre et le pôle négatif à la partie inférieure, nous faisions ainsi le long du bras une série d'applications consistant à placer les deux pôles sur l'avant-bras, le bras, l'épaule, applications que nous renouvelions ainsi chaque fois que le malade ressentait les douleurs prodromiques des attaques. Par ce moyen, nous arrêtions la marche envahissante de la névralgie, et, chaque fois que le malade avait recours à ce moyen, il voyait, par une application du courant durant une demi-=heure, avorter à son début la véritable attaque angineuse.

Un fait curieux et qui avait bien frappé le patient, c'est que, lorsque nous appliquions le courant continu autour de l'épaule, nous coupions pour ainsi dire la névralgie brachiale dans sa marche ascendante, en formant une sorte de barrière qui s'opposait au développement des accès douloureux du côté du cœur et de la poitrine. Vous pourrez répéter ce mode de traitement, qui ne présente pas de danger, et donne quelquefois d'heureux résultats.

■(■vulsifs.

f'es Outre ces accès d'angine, vous observez chez les malades

atteints d'affections aortiques, comme l'a montré Peter, des points douloureux à l'origine de l'aorte. Ces points douloureux seraient, pour ce médecin, une preuve de la névrite qui accompagne presque toujours le développement exagéré de l'aorte; il importe de les combattre, et vous arriverez à ce résultat par les révulsifs, soit par des vésicatoires souvent répétés, soit par des cautères, soit par des pointes de feu. Ce dernier moyen me paraît de beaucoup préférable, il est peu douloureux et permet de faire une révulsion très énergique sans provoquer une suppuration gênante pour le malade. Il est bien entendu que c'est avec le thermo-cautère Paquelin que vous devrez appliquer les pointes de feu et vous les ferez le plus superficiellement possible sur la région du cœur et de l'aorte.

Tels sont les différents moyens dont peut user le médecin dans la thérapeutique des affections aortiques accompagnées ou non d'accès angineux.

Dyspnées Jusqu'icï, nous ne nous sommes occupé que du traitement des troubles résultant, soit de l'anémie cérébrale, soit des phénomènes douloureux qui accompagnent si fréquemment l'insuffisance aortique; pour compléter cette question, il me reste à vous parler des moyens thérapeutiques dont vous pouvez user pour combattre la dyspnée à forme intermittente, véritable asthme cardiaque, qui est un compagnon si fréquent des affections aortiques. Un des meilleurs médicaments dans ces cas, c'est le bromure de potassium, cet excellent tonique du cœur, qui, agissant sur le bulbe, diminue son irritabilité et combat ainsi efficacement les phénomènes dyspnéiques et angineux. Je vous ai déjà indiqué le mode d'administration de ce médicament, je n'y reviendrai pas. Vous pourrez aussi associer, pour combattre cet asthme cardiaque, la cicutine au bromure de potassium.

cardiaques.

La cicutine, ou conine, ou conicine, est, comme vous le savez, messieurs, l'alcaloïde de la grande ciguë, du conium maculatim (i) ; malgré les nombreuses recherches qui ont

Delà licutine.

(1) Ciguë. — Plusieurs plantes de la famille des ombellifères portent ce nom : La petite ciguë, œthusa cynapiiim L. (éthuse, ciguë des jardins, faux persil, aclie des chiens), ombellifères séselinées ; — la ciguë vireuse. clcuta virosa L. (ciguë d'eau, cicutaire aquatique), omljellifères-amminées; et la grande ciguë, qui seule' doit nous occuper ici.

Grande ciguë, conium maculatmn L. (ciguë commune, ciguë tachetée, ciguë officinale), ombellifères-smyrnées (pentandrie digynie L.). Herbe bisannuelle, à tige haute de 80 cenlimètres à 1 et 2 mètres, droite, cylindrique et creuse, épaisse, glabre, légèrement striée, d'un vert clair avec quelques taches rougeâtres à la base.

Feuilles alternes, grandes ("quelquesunes peuvent atteindre 30 centimètres), d'un vert sombre, engainantes à la base, ayant une odeur spéciale (odeur de souris). Fleurs en ombelles terminales, blanches, petites ; involucre à quatre ou cinq folioles ; calice court, quinquélobé; cinq pétales inégaux, cinq étamines alternes avec les pétales ; ovaire simple. Fruit largement ovoïde, un peu comprimé latéralement, formé de deux akènes à côtes saillantes, ondulées, crénelées. La racine est épaisse, blanche, pivotante, peu ramifiée.

Parties employées : les feuilles et les fruits. Les feuilles sèches ne contiennent pas souvent de conine (Geiger, Pereira, Halley) ; les fruits, pour être actifs, doivent être recueillis avant la maturité sur une plante de deux ans.

Composition : huile volatile, résine, matière colorante, albumine, ligneux.

sels et cicutine ou conicine; par la disllalion des fleurs fraîches, Wertatheim a retiré un principe cristallisable, la conhydrine, soluble dans l'eau, l'éther et l'alcool.

Le principe actif de la grande ciguë, la cicutine, se retire de toutes les parties de la plante, mais en particulier des fruits; il a été entrevu par Brandes(1826), qui lui a donné le nom de conin; séparé l'année suivante pour la première fois par Gicsecke (1827), appelé conéine par Geiger (1334), conicine par Boutron- Charlard et 0. Henry (1834).

La cicutine peut s'obtenir (Hugo S:iff) en faisant agir sur l'aldéhyde butyrique de l'ammoniaque alcoolique. Le liquide ainsi obtenu, quoique ayant de grandes analogies avec la cicutine vraie, n'a pas été cependant expérimenté au point de vue physiologique.

La cicutine se présente sous l'aspect d'un liquide oléagineux, incolore, plus léger que l'eau, d'une saveur acre, d'odeur vireuse très prononcée.

On la trouve dans le commerce sous deux aspects différents : celle qui vient d'Allemagne, de Darmstadt, est blanche, ambrée; celle qui est d'origine française a uiie coloration rouge noirâtre. Ces différences tiennent à la plus ou moins grande pureté de la cicutine, qui doit être incolore Jorsqu'elle est débarrassée des matières étrangères qu'elle renferme. Sa densité est égale à 0,89 à -[- 15 degrés; ellebout à 21 2 degrés (Wurtz), 1 72 degrés (Pélissard), liô^ô, (Wertheimj.

Pour A. Petit, la conicine pure présenteles propriétés suivantes: elle Ijout à 170 degrés, à la pression de

LEÇOx^■S DE CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE.

été faites sur ce corps, nous ne connaissons pas encore d'une façon complète son action physiologique, et cela résulte, non pas de l'inexpérience des expérimentateurs, mais

760 millimètres. Sa densité est 0,846 à 12 degrés. Son pouvoir polarimé- Irique est égal à + 11 degrés quand elle vient d'être préparée, et diminue pour devenir à peu près constant à + 10°36. Ce dernier nombre correspond à 81 degrés saccharimétriques, pour un tube de 2 centimètres de longueur rempli de conicine pure.

Un centigramme de conicine pure doit donner 1,093 de chlorhydrate anhydre, contenant 21,9 pour 100 de chlore et doit saturer exactement 6", 65 d'une solution d'acide sulfurique monohydraté contenant 50 gr.

par litre. L'éther, l'huile, la benzine sont sans action sur le pouvoir rotatoire; le chloroforme le diminue, mais beaucoup moins que l'alcool, qui l'abaisse à + 7®42.

D'après von Planta et Kékulé, la conicine est composée de deux bases ternaires : la conicine, C^H^^'Az, et la méthylconine, C^H^Az.

Lacomposition atomique de la cicutine,C^Hi^Az,peutfaire considérer cet alcaloïde comme une ammoniaque dans laquelle deux atomes d'hydrogène sont remplacés par un corps hydrocarboné auquel Wertheim (l^Oi), a donné le nom de conylène C^H^*.

jj / Az=AzH3 cm^i \ ) Ammo- Cony- / niaque. lène.

Hf

Az=C8Hi3Az.

Si on remplace dans cette formule l'atome d'hydrogène par un radical alcoolique, le mélhyle, l'éthyle, etc., on obtient la méthylconicine, l'éthylconicine.

La cicutine se combine avec les

acidespour former des sels: l'acétate, l'azotate, le sulfate, le tartrate sonl à peu près incristallisables; le chlorhydrate cristallise en aiguilles, mais il est déliquescent et s'altère rapidement; le bromhydrate, au contraire, étudié par Blythe en 1835, et récemment d'une façon bien plus complète par Mourrut, cristallise en prismes rhomboïdaux incolores; il est stable, fixe, non déliquescent, et se conserve bien à l'air. II est soluble, à proportions vai'iables, dans l'eau, l'alcool et l'éther. Mourrut obtient ce sel en faisant agir directement l'acide bromhydrique sur la cicutine. Le bromhydrate de cicutine ne contient pas trace de méthylconicine ; il a, d'après Portes, la formule suivante :

CSRSAzHBr

ce qui correspond en poids à 0,405 d'acide bromhydrique, et 0,595 de cicutine pure; de telle sorte que, lorsqu'on administre ce sel on donne plus de moitié en poids de cicutine pure.

Pour A. Petit, le bromhydrate et le chlorhydrate sont de beaux sels anhydres très stables, même à 120 degrés, très solubles dans l'eau et l'alcool, ayant un pouvoir rotatoire six fois plus élevé en solution alcoolique qu'en solution aqueuse.

Le meilleur procédé pour les préparer consiste (Petit) ta saturer par l'acide chlorhydrique ou bromhydrique de la conicine pure distillée dans un courant d'hydrogène. On emploie seulement ce qui passe à la température fixe de 170 degrés. Par évaporalion lente au bain-marie, on ob-

des impuretés que présente cet alcaloïde ; ce n'est, en effet, que depuis les travaux de Mourrut, qui a fourni à la thérapeutique une combinaison stable de cet alcaloïde, le bromhydrate

tient ces sels en beaux cristaux incolores.

Action physiologique de la conine ou cicutine. — - Cette action, caractérisée par Gubler du nom de cicutisnie, se manifeste par des troubles apportés dans le système nerveux et en particulier dans les fonctions des nerfs moteurs et par des modifications dans le liquide sanguin, ce qui explique comment, selon qu'ils ont vu prédominer tel ou tel phénomène, les différents physiologistes ont rangé la cicutine ou dans les paralysants du système nervo-moteur (G. Sée) ou dansles modificateurs du sang (Casaubon, Pelvet et Martin-Damourette).

On a rapproché, au point de vue de l'action sur le système nerveux, la cicutine et les sels du curare ; d'après Bochefontaine et Tiryakian, la similitude d'action serait due à une matière résinoïde que Mourrut a pu séparer de la conine, et qui possède, comme le curare, la propriété d'empêcher les nerfs moteurs d'agir sur les muscles, ainsi que Vulpian l'a démontré. D'après Jolyet, Cahours et Pelissard, le curare et la cicutine n'agissent pas de même sur le pneumogastrique : ainsi chez un chien curarisé l'intégrité ou la neurilité du pneumogastrique (Vulpian) reste intacte, tandis que chez un chien empoisonné par la cicutine, elle est atteinte : le pneumogastrique ne conserve pas sa conductibilité, et les excitations électriques ne déterminent plus l'arrêt du cœur. Cette différence entre la cicutine et le curare est encore plus marquée lorsqu'on se sert des autres composés extraits de la cicutine.

CLINIQUE THÉRA.P., 4^ édit.

Les premiers effets que produit l'absorption de la cicutine sont : un affaissement général, sensation de vertige, difficulté au travail intellectuel et une diminution considérable du pouvoir musculaire ; la marche devient incertaine, vacillante, impossible, les mouvements spontanés sont abolis. En même temps il y a des troubles oculaires, lourdeur dans les yeux, dilatation des pupilles et impossibilité de maintenir les paupières ouvertes. A petites doses, l'intelligence reste intacte et le sujet revient assez rapidement à lui.

La paralysie déterminée par la cicutine peut quelquefois être précédée de phénomènes convulsifs : cela tient à deux causes : la dose administrée et la pureté du produit. Ainsi, chez un animal, lorsque la dose est considérable et donnée en une fois, l'animal est pour ainsi dire foudroyé, et les phénomènes paralytiques se produisent immédiatement sans convulsions. Ces convulsions, du reste, sont rares si la cicutine est pure, fréquentes au contraire lorsque la conine renferme de la méthylconicine, d'après Fraser, et surtout de l'éthylconicine, d'après Pelissard.

La sensibilité est atteinte aussi dans le cicutisme, mais d'une manière lente et progressive. Quelques observations permettent d'admettre que des applications locales de la substance amènent la perte de la sensibilité (PeUssard, Gubler).

L'action sur la circulation est peu

marquée. Diaprés Casaubon, Pelvet

et Martin-Damourette, la cicutine

agirait sur' le sang en perturbant

de cicutine, que nous possédons un sel pur et cristallisable de cicutine.

On rangeait, il y a peu de temps encore, l'alcaloïde de la ciguë, au point de vue de son action toxique, à côté de ces combinaisons méthyliques si curieuses (méthyl-brucium, méthyl-morphium, etc.), étudiées par Brown et Fraser, et qui constituent une classe de poisons ayant des propriétés identiques à celles du curare. D'après les dernières recherches de

l'organisation et le fonctionnement cutine, on observe un peu de somno-

des hématies. lence : avec 0,10, paralysie du train

Le bromhydrate de cicutine déter- postérieur; avec 0,40 la paralysie se

mine à peu près les mêmes symp- généralise; mais, au bout de quatre

tomes chez l'homme; et les effets heures, cesphénomènes disparaissent

physiologiques se font sentir à la et l'animal revient à la vie; avec 0,50

dose de io centigrammes. administrés d'un seul coup, paralysie

Chez les animaux, si, à un chien généralisée, et mort sans qu'il se pro-

de 7 à 8 kilogrammes, on adminis- duise de convulsions très accusées (a),

tre par la voie stomacale 0,05 de ci- La ciguë a été préconisée pour le

(a) Orfila, Traité de médecine légale, t. III, p. 430. Paris, 1832; Annales d'hygiène publique el deméd. lég., t. XLVI, p. 224. — Christison, Treatise in Poisons, 1836, 3^ édit., p. 776. — Poehlmann, Physiologische, Toxicologische Vntersuchungen ûber das Conin, Eilangen, 1838. — Nega (D. Julius), Bas Conin aïs Arzneimittel, Gunsb. Inschr., t. I, in SchmiWs Jahrbucher, t. LXVI, p. 164, 1859. — Wertheim, Pharma-

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Bochefontaine etTiryakian, ce serait non pas à la cicutine, mais bien à une matière résinoïde qu'elle renferme à l'état impur, que l'on devrait cette propriété spéciale paralysante des nerfs moteurs. La cicutine, à l'état pur, agirait cependant d'une façon élective sur le centre respiratoire bulbaire.

Je ne saurais trop insister sur le fait précédent : il vous montrera, messieurs, pourquoi la cicutine n'a jamais pris droit de cité dans la. pratique journalière; il vous montrera

traitement d'une foule de maladies : (Sauvage), névralgies (Fothergill), cancer et tumeurs malignes (Stœrk, maladies de peau (Wier), gale (Gio- Devay), tumeurs lymphatiques, scro- vanni Pellegrini), helminthes (Matfnle (Baudelocque, M. Simon, La- tucci), etc., etc. C'est surtout contre boulbène), ulcères atoniques (Bayle), les phénomènes convulsifs et en paraffections vénériennes (Zeller), exci- ticulier contrôles symptômes réflexes talions génésiques (Arétée), phthisie qui ont pour point de départ le pneupulmonaire (Quarin), affections du mogastrique, que la ciguë et ses sels cœur (Parola, Battini), péritonite paraissent donner de bons résulchronique (Trousseau), épilepsie tàts (a).

pharm., vol. XIII, p. 366; Arch. de phann., voir Brandes, vol. XX, p. 97, 1825. — Geiger, Magasin f'âr Pharm., t. XXX, p. 72 et 159, et t. XXXV et XXXVI, 1834.

— Boutron-Charlard et 0. Henry, Ann. clechim. et de phys., t. LXI, p. 337, 1834. — Ortigosa, Ann. de chim. et de pharm., t. LXII, p. 113, 1834. — Blyth, Ann. de chim. et de pharm., t. LXX, p. 73, 1835. — Gerhardt, Comptes rendus des travaux de chimie, p. 373, 1849; et Traité de chim. org., t IV, p. 1, 1856. — Wertheim, Journ. fur prakt. Chem., t. LXXXVI, p. 263, 1862, et t. XC, p. 264, 1864. — Kékulé et Planta, Compte rend, méd., de chim., t. LXXXIX, p, 130, 1852, et Ann. de chim. et phys., t. XLI, p. 182. — Wurtz, Traité de chimie élémentaire, p. 653, 1865, et Dictionnaire de chimie, article Conicine, 1870. — Hugo Schiff, Bull, de Thérap., t. LXXXI, p. 356, 1871. — Mourrut, Bull, de Thérap., U XC, p. 446, mai 1876.

(a) Stœrck, Libellus quo demonstratur cicutam, etc., 1760-1761. — Baudelocque, Bull, de Thérap., t. XIII, p. 165. — Max Simon, Bidl. de Thérap., t.XXVU, p. 341.

— Devay, Bull, de Thérap., t. LXII, p. 529. — Trousseau, Bull, de Thérap., t. XXX.II, p. 517. — Parola, Bull, de Thérap., t. XLIV, p. 84. — Bottini, Bull, de Thérap., p. 33^. — Laboulbène, Bull.' de Thérap., t. LXIII, p. 280. — Harley, Bull, de Thérap., t. LXXX, p. 232. — Welch, Lancet, 6 mars 1859, et Bull, de Thérap., t. LXXVIII, p. 333. — Fothergill, .]Ied. Obs.. t. 111, p. 400. — Bazin, Leçons théoriques et pratiques sur la scrofule, 2'* édit., p. 3^0. — Meyr, Mauthner, Murawjew, Canstatt's Jahresb., t. II et V, p. 136, 104 et 125. — Mattucci, Bull, de Thérap., t. XXX, p. 70. — Schlesiiiger, Bull, de méd., t. LVIII. p. 379. — Hufeland, Traité des scrofules, p, 236. '— Corry, Bull, de Thérap., t. LV, p. 180. — Bayle, Bibliothèque de thérapeutique. — Cazin, Traité des plantes médicinales, 4° édit., 1876, p. 304- — Dujardin-Beaumetz, Sur les propriétés physiol. et thérap. des sels de cicutine et en particulier du bromhydrate de cicutine {Bull, de la Soc. de Thérap., 1876). —A. Petit, Société de Thérapeutique, avril, 1877. — Bochefontaine et Tiryakian (Ac. des se, séance du "iO mai 1878).

aussi la cause des résultats contradictoires obtenus par les thérapeutes et les physiologistes ; enfin, il vous fera toucher du doigt les difficultés de la thérapeutique expérimentale, qui résultent, non pas seulement du mode expérimental, mais encore de la pureté et de la fixité du corps chimique employé.

Toujours est-il que la cicutine, que l'on considérait comme un alcaloïde très toxique, peut, à l'état pur, être donnée par la voie stomacale à la dose de 10 centigrammes dans les vingt-quatre heures ; vous pourrez placer cette dose dans une solution bromurée. On a aussi conseillé les injections hypodermiques de cicutine, et malgré les expériences de Bochefontaine, qui prétend que chez les animaux cet alcaloïde est moins toxique par la peau que par l'estomac, je fais à cet égard de grandes réserves et je crois que chez l'homme il faut, au contraire, n'employer en injections hypodermiques les sels de cicutine et le bromhydrate en particulier qu'à doses faibles, de 1 à 2 centigrammes dans les vingt-quatre heures. Quoi qu'il en soit, que vous vous serviez de la voie stomacale ou de la voie hypodermique, ayez soin de formuler la cicutine à l'état de sel pur et cristallisé, soit sous forme de bromhydrate, soit sous celle de chlorhydrate, comme le conseille Petit, en vous rappelant quel rôle considérable jouent au point de vue toxique les impuretés que peut renfermer cet alcaloïde (1).

(1) Voies et modes d'introduction que, tandis que 20 centigrammes de

de la cicutine. — La voie liypoder- bromliydrate de cicutine ont amené

mique est préférable à la voie sloma- une paralysie qui a duré quatre

cale; les sucs intestinaux paraissent heures, JO centigrammes seulement,

avoir une action destructive sur les introduits sous la peau, ont produit

propriétés physiologiques et toxiques des phénomènes bien plus intenses,

de la cicutine, comme le suc gastri- et pendant plus de seize heures on

que, du reste, en a sur le curare; a pu constater des traces de cicu-

dans une expérience faite sur un chat tisme.

de 3 kilogrammes, il a élé constaté On poui'rait employer pour injec-

Quoi qu'il en soit la cicutine n'est pas encore entrée dans le domaine de la thérapeutique courante et les résultats qu'on en a obtenu dans le traitement des phénomènes angineux et dans celui de l'asthme cardiaque sont des plus incertains. Il n'en est pas de même de l'iodure de potassium qui est un des plus précieux médicaments pour combattre l'asthme cardiaque et surtout les altérations athéromateuses de l'aorte et dans la leçon sur les anévrysmes et dans celle sur l'asthme, je vous montrerais les bons effets de la médication iodurée.

On a aussi conseillé le chloral et le chloroforme. Vergely (de Bordeaux) a même cité des cas où les inhalations de chloroforme auraient calmé les phénomènes angineux (a). Je crois que l'on doit user de ces deux substances avec ménagement dans le traitement des affections aortiques parce que l'expérience vous a montré qu'elles ont l'une et l'autre une action paralysante sur le cœur.

tions sous-cutanées la formule sui- 1 centigramme de sel ou 6 milli-

vante : grammes de cicutine pure.

Bromhydrate de cicutine 2° Granules de bromhydrate de cicristallisé OsoO cutine :

Alcool 1 50

Bromhvdrate de cicutine

Eau de laurier-cerise .... 23 00 cristallisé 2 grammes .

■ j I- • 1 i- 1 51 Sucre de lait j 0- S.

1 gramme de liquide contient 2 cen- ^- , f .„„„

^. ° 1 1 • . 11- ' 1 ,. Sirop de gomme S pour 1000 g.

tigrammes de sel cristallise, la goutte

en contient 1 milligramme. Chaque granule contient 2 milli-

Par la voie stomacale on pourra se grammes de sel, ou 1 milligramme

servir soit de granules, soit de sirop, d'alcaloïde.

soit de solution. 3^ Solution de bromhydrate de ci-

1° Sirop de bromhydrate.de cicu- cutine :

tine :

Bromhydrate de cicutine

Sirop simple ou aroma- cristallisé Os30

tisé à volonté 900 gr. Eau de menthe 59 00

Bromhydrate de cicutine Eau distillée 250 00

cristallisé blanc et pur. 1

La cuillerée à bouche contiendra

10 grammes de sirop contiennent 1 centigramme de sel.

(a) Vergely (de Bordeaux), 5m/' l'emploi du chloroforme dans les affections cardiaques {Soc. méd. des hop. de Paris, et Union médicale, 3' série, t. XXX, 1880, p. 411, 421, 433.

Ainsi donc, pour me résumer, vous aurez pour combattre les affections aorliques et les phénomènes douloureux qui en résultent souvent, les trois grands moyens que voici : la morphine (1), la trinitrine et l'iodure de potassium, auxquels vous pourrez ajouter la médication révulsive et quelquefois l'électricité.

Tels sont les conseils que je crois devoir vous donner pour le traitement des affections du cœur, soit lésions mitrales, soit lésions aortiques. Il me resterait, pour compléter cette question, à vous parler de la thérapeutique des affections aiguës du cœur et de ses enveloppes. L'endocardite, la péricardite réclament, en effet, une médication active, mais vous la connaissez bien ; elle réside presque uniquement dans l'emploi des révulsifs appliqués sur la région cardiaque. Ce sont là les raisons qui m'ont conduit à insister surtout sur les maladies à longue durée, qui réclament du médecin un traitement varié et une thérapeutique pouvant se modifier suivant les circonstances et suivant les accidents qui se produisent.

Les maladies du cœur sont très fréquentes, et dès vos premiers pas dans la clientèle vous aurez à soigner ces affections; vous pourrez même, pendant de longues années, suivre ces mêmes maladies : il faut donc que vous soyez prêts à combattre les. accidents qui surviennent, et c'est pour cela

(1) Picard et Pieatbel viennent de cherchei^ la cause de ce phénomène,

faire des épreuves intéressantes sur abaissement de la pression moyenne

l'action des sels de morphine sur et ralentissement des battements du

le cœur. Ils ont constaté que chez le cœur, on peut conclure que la mor

chien, après une injection de chlor- phine porte son action sur le cœur

hydrate de morphine, deux phéno- lui-même : elle agit sur le système

mènes importants se montrent du nerveux excitateur du cœur et affai-

côté de la circulation : 1" abaissement blit son action. Si, en effet, aprèsavoir

souvent considérable de la pression coupé les deux pneumogastriques à

moyenne; 2° ralentissement des bat- un chien, on lui pratique une injec-

tements du cœur, qui coïncide avec lion de morphine, le cœur, malgré

cet abaissement. cela, ralentit ses battements. (So-

Des recherches instituées pour re- ciété de biologie.)

que j'ai pensé qu'il vous serait plus profitable d'insister presque exclusivemeut sur les affections chroniques, c'eslà-dire sur les lésions mitrales et aor tiques.

Dans la prochaine leçon j'aborderai le traitement des anévrysmes de l'aorte, qui, bien que plus] rares cependant, méritent toute votre attention.

TRAITEMENT

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