DIXIÈME LEÇON TRAITEMENT DES MYÉLITES
Sommaire. — Des maladies de la moelle. — Progrès de l'anatomie pathologique. — Des divers processus inflammatoires. — Des myélites aiguës ou parencbymaleuses. — Des myélites scléreuses ou interstitielles. — Leurs variétés. — Thérapeutique générale des myélites. — Des émissions sanguines locales et générales. — De la révulsion. — Des paraplégies réflexes. — Des paraplégies a frigore. — De l'hydrothérapie. — Des douches froides et des douches chaudes. — De l'électricité. — Du seigle ergoté. — De la médication empirique. — Du nitrate d'argent. — Du phosphore. — Des règles de la médication phosphorée. — Traitement des différentes variétés de myélites. — Traitement de l'hyperhémie. — Influence du décubitus. — Traitement de la ménin^o-myélite. — Traitement consécutif de la paraplégie. — De l'électricité. — De l'hydrothérapie.
— Traitement thermal. — De la strychnine. — Indications et contreindications. — Traitement de la myélite par compression. — Traitement antisyphilitique. — Traitement de là sclérose des cordons postérieurs. — Sa marche progressive. — Son incurabilité. — Mauvais effet de l'hydrothérapie. — Traitement thermal. — Traitement des douleurs fulgurantes.
— Injections de morphine. — Action de la température. — Élongation des nerfs.— Électricité. — Traitement de la paralysie atrophique de l'enfance.
— électricité.
Messieurs, s'il me fallait vous exposer l'histoire des myélites, cette leçon ne pourrait suffire, car il n'est pas de sujet qui ait élé plus étudié dans ces dernières années que les maladies de la moelle. La clinique et l'anatomie pathologique, en se basant sur les études physiologiques et anatomiques dont la moelle a été l'objet, ont permis de tracer non seulement le tableau des maladies de la moelle et de ses enveloppes prises dans leur ensemble, mais encore les diverses altérations qui atteignent les différents faisceaux
dont Taxe médullaire est composé (4). Malheureusement la thérapeutique n'a pas suivi les progrès incessants de la clinique et nous en sommes encore réduits, au point de vue du traitement, à la plupart des moyens que Ton employait autrefois, moyens le plus souvent inefficaces et qui font que,
(1) Si nous faisons une coupe de la moelle vers la partie moyenne, nous voyons qu'elle est composée de deux substances : l'une enveloppante, la substance blanche, l'autre enveloppée, la substance grise.
La disposition de la substance grise a été comparée à un H majuscule, les lignes verticales sont représentées par les parties latérales de la* substance grise, qui se recourbent en dehors parleurs extrémités, affectant ainsi la forme d'un croissant; la ligne horizontale est un pont de substance grise, qui comprend dans son épaisseur le canal de l'épendymc, et porte le nom de commissure grise.
Les parties des croissants situées en avant de la commissure sont les cornes antérieures de la moelle, les parties situées en arrière constituent les cornes postérieures.
Comme dans tout le système nerveux, cette substance grise est en majeure partie composée de cellules qui forment les noyaux d'origine des nerfs rachidiens.
Les cellules de la corne antérieure sont beaucoup plus volumineuses que celles de la corne postérieure et réparties principalement en trois groupes ou colonnes (colonne antéro-interne,colonneantéro-externe, colonne postérieure). C'est dans ces groupes que les racines antérieures ou motrices prennent leur origine par trois faisceaux de fibres. Ajoutons qu'elles semblent, outre le rôle moteur, posséder une action trophique; ce sont elles, en effet, qui sont lésées et dans l'atro-
phie musculaire progressive et dans la paralysie atrophique de l'enfance.
Les cornes postérieures de la moelle sont coiffées, en quelque sorte, à leur extrémité libre, d'une substance composée d'une trame conjonctive et de cellules sur la nature desquelles on n'est pas exactement fixé(substance gélatineuse de Rolando).
Les cellules des cornes postérieures sont plus irrégulièrement disséminées que celles des cornes antérieures, elles ne sont groupées qu'en un seul endroit, situé tout près des cornes antérieures (colonne de Clarke). Les racines postérieures ou sensitives viennent prendre origine à différents points de la corne postérieure, quelques-unes même vont se jeter dans les cellules de la corne antérieure. C'est par cette disposition que l'on explique l'atrophie musculaire dans le cours du tabès progressif.
Si, d'autre part, l'on considère une moelle dépourvue de ces enveloppes, on voit sur la ligne médiane, en avant aussi bien qu'en arrière, un sillon qui la sépare en deux parties, un antérieur assez large, et un postérieur plus étroit, mais plus profond ; en écartant les lèvres de ces sillons on arrive au fond du premier, sur un point de substance blanche (commissure blanche), et au fond du second, sur un point de substance grise, commissure grise (Vicq d'Azyr).
Latéralement se voient, à la partie postérieure, de chaque côté du sillon médian postérieur, un sillon qui répond à l'arrachement des racines
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dans un grand nombre de cas, ridée d'incurabilité accompagne le diagnostic des affections de la moelle.
Cependant, comme les maladies médullaires sont fré- De rincuquentes, comme de plus elles ont une marche longue et ^utdieT progressive, et que, par cela même, vous aurez à les traiter J°J*e souvent et longtemps, j'ai cru devoir vous exposer ici les
postérieures, ce sont là les sillons latéraux postérieurs, dont l'extrémité se prolonge sur le bulbe pour répondre successivement au tubercule cendré de Rolando et aux racines des nerfs pneumogastriques et glosso-pharyngien.
On a décrit également un sillon collatéral antérieur, correspondant aux racines antérieures; mais ce sillon est purement fictif, et tandis que les racines postérieures prennent naissance sur une ligne parfaitement ferticale, les racines antérieures interceptent par leur origine une bande d'une largeur de 3 à 4 millimétrés.
Ces sillons divisent la moelle en un certain nombre de cordons principaux, trois pour chaque moitié de la moelle, pour ceux qui admettent un sillon collatéral antérieur (cordon antérieur, cordon latéral, cordon postérieur), deux pour ceux qui ne l'admettent pas (cordon antéro-latéral, cordon postérieur) .
Outre ces sillons principaux, signalons le sillon postérieur intermédiaire situé à 2 millimètres du sillon médian postérieur; il divise le cordon postérieur en une portion interne, cordon de Goll, zone de dégénérescence ascendante, et en zone radiculaire postérieure, ou faisceau de Burdach, siège des lésions de l'ataxie locomotrice progressive.
Telles sont les divisions perceptibles à la vue de la substance blanche de la moelle en cordons. Outre celleci, la physiologie expérimentale et
surtout la clinique en ontfait d'autres. Elles ont subdivisé les cordons antéro-latéraux en plusieurs zones.
A la partie interne, limitée en dedans par le sillon médian antérieur et limitée en dehors par une ligne allant du groupe antéro-interne des cellules de la corne antérieure (dont nous avons parlé) à la périphérie de la moelle, se trouve le faisceau pyramidal direct de Turck (siège de dégénérescences descendantes). En dehors de ce faisceau se trouve la zone radiculaire antérieure (siège des lésions de l'atrophie musculaire progressive).
En avant du sillon collatéral postérieur, la partie comprise entre ce sillon est divisée en deux parties, une externe et superficielle, le faisceau cérébelleux direct, zone de dégénérescence ascendante, et une partie interne plus rapprochée de la substance grise, troisième faisceau pyramidal croisé (zone de dégénérescence descendante).
Que deviennent les cordons antérieurs, latéraux et postérieurs au niveau du bulbe? Les cordons antérieurs qui se sont entre-croisés sur toute la longueur de la moelle (commissure blanche antérieure ) ne s'entre-croisent pas au niveau du bulbe, mais deviennent postérieurs.
Les cordons latéraux s'entre-croisent incomplètement et deviennent antérieurs pour former la partie superficielle des pyramides antérieures.
La portion non entre-croisée continue
médications les plus en usage tout en reconnaissant leur inefficacité. Cette inefficacité d'ailleurs se comprend lorsque Ton songe d'une part, à la position de la moelle qui, entourée de son enveloppe osseuse, est difficilement atteinte par des médications directes, et, d'autre part, à la structure de cet organe qui, sous son petit volume, réunit et des centres nerveux et des conducteurs, qui établissent entre le cerveau et les nerfs une communication directe.
La moindre altération qui viendra frapper cet axe médullaire est donc appelée à modifier profondément les fonctions des parties auxquelles cette portion de la moelle préside, et tandis que l'on voit des tumeurs, même volumineuses, pouvoir se développer sans symptômes apparents dans certaines portions de la masse cérébrale, le moindre désordre, à peine appréciable à la vue du côté de la moelle, se traduira par des symptômes d'une haute gravité. Ce dernier fait nous explique pourquoi ce n'est que depuis l'application de l'histologie à la médecine que nous avons pu reconnaître d'une façon plus exacte les affections de la moelle, parce que le plus souvent ces altérations, invisibles à l'œil nu, ne peuvent être étudiées qu'au, moyen de forts grossissements*
Sur le terrain thérapeutique, où je me suis placé, notre étude des myélites peut être considérablement abrégée, car,
son trajet pour former le faisceau s'entre-croisent pas; ils changent
latéral du bulbe. seulement de direction et s'écartent
Les cordons postérieurs s'entre- au niveau du bec du calamus $cripcroisent complètement; affectant la toritu pour se porter obliquement même direction que les cordons laté- en haut et en dehors, sur le bord raux, les cordons postérieurs se por- interne des corps restiformes et pètent en avant et forment la partie nétrer avec eux dans le cervelet en profonde des pyramides. concourant à la formation du pédon-
Quant aux cordons de Goll, ils ne cule cérébelleux inférieur (a).
(a) Charcot, Leçons sur les maladies du système nerveux. — Hirschfeld, Anutomie du système nerveux. — Sappcy, Anatomie descriptive. — Fort, Leçons 9ur Vanatomie du système nerveux. — Jaccoud, Traité des paraplégies, Nouveau Dictionn., art.. Nerfs ; Dictionn. encyclopédique, art. Moelle.
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^adressant au processus qui détermine les accidents médullaires, la thérapeutique n'a pas à distinguer les différentes myélites que l'on a appelées myélites systématiques, telles que la sclérose des faisceaux postérieurs, la sclérose des faisceaux latéraux, la sclérose des cornes antérieures que la clinique et l'anatomie pathologique ont décrites comme des entités morbides spéciales ; elle n'a qu'à combattre le processus scléreux et l'on comprend que les moyens thérapeutiques à employer soient les mêmes dans la sclérose des faisceaux postérieurs et dans celle des faisceaux latéraux.
Lorsqu'on embrasse d'un coup d'œil général les maladies d™ m«de la moelle, on constate qu'elles peuvent être rapportées à ^ociu trois types principaux. Dans le premier groupe se placent les diverses dégénérescences qui peuvent frapper l'axe médullaire et ses enveloppes (cancer, gomme, etc.); dans le second, nous rencontrons les mêmes altérations que nous avons étudiées dans le chapitre précédent à propos de l'apoplexie, c'est-à-dire que la rupture des vaisseaux de la moelle ou leurs lésions entraînant des désorganisations rapides et subites de la moelle, qui amènent de véritables apoplexies médullaires (attaque de ramollissement, hémorragie de la moelle) ; enfin dans le troisième groupe, toutes les altérations auront pour origine un travail hyperhémique et inflammatoire.
Nous devons insister davantage sur ce dernier groupe qui Anémie est le plus fréquent, et si je sors ici, par les détails anatomopathologiques dans lesquels je vais entrer, du cadre habituel de mes leçons, c'est que ces détails jouent au point de vue thérapeutique, comme vous allez le voir, un rôle prépondérant. Mais avant je vous dois quelques mots sur les phénomènes qui accompagnent l'anémie de la moelle. Les altérations de la moelle qui sont consécutives à l'anémie de cet organe, altérations similaires de certaines lésions du cerveau (ramollissement), ont été étudiées par Singer, physiologiste
médullaire.
viennois, par la voie expérimentale, en suspendant la circulation artérielle chez des lapins, au moyen de la compression de l'aorte abdominale. Si la compression est maintenue pendant une heure seulement, les éléments médullaires subissent des modifications appréciables qui s'accentuent encore ultérieurement. La névroglie et la substance grise des cornes postérieures s'atrophient, il en est de même pour la substance blanche. Seules, quelques parties (ganglions spinaux) restent normales. Ces modifications ont pour équivalent clinique des phénomènes très faciles à reconnaître : paralysie des membres inférieurs et des réservoirs, insensibilité, contracture, atrophie musculaire, décubitus aigu et mort. Le rétablissement de la circulation intra-médullaire, quand la compression de l'aorte a été levée, n'empêche en rien ces altérations. Ces expériences prouvent une fois de plus l'extrême délicatesse de texture du tissu nerveux. procès»!!» L'inflammation de la moelle peut se présenter sous deux dm™>é~ formes distinctes; dans l'une, l'altération hyperhémique et inflammatoire frappe toutes les parties constituantes de la moelle et amène promptement la désorganisation du tissu qu'elle atteint ; dans l'autre, le travail inflammatoire, qu'il soit primitif ou secondaire, ne frappe que l'élément conjonctif, déterminant une hyperplasie de la névroglie qui étouffe promptement et détruit les éléments nerveux.
Ici donc nous retrouvons cette grande division des inflammations que nous avons vues déjà se produire dans le rein et dans le foie, et aux néphrites et aux hépatites interstitielles et parenchymateuses peuvent se joindre les myélites interstitielles et parenchymateuses.
Myéuios Pour la myélite parenchymateuse, j'ai montré, dans ma ueiio*1. thèse d'agrégation sur la myélite aiguë (i), la marche du
(1) Dans son travail, Dujardin- logique de la myélite aigué; il décrit Deaumetz a étudié l'anatomie patho- trois états correspondant aux divers
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processus inflammatoire, et j'ai surtout insisté sur la première période dite de gonflement de cette phlegmasie, et qui résulte non seulement de Thyperhémie vasculaire considérable dont la moelle est le siège, mais encore du gonflement de la névroglie et de la tuméfaction des éléments nerveux.
Dans les myélites interstitielles, la névroglie paraît seule Th*raPcuatteinte, et par l'organisation de ses éléments cellulaires elle ^0^ étouffe, sous Tinfluence de ce travail scléreux, les cellules m?*,ilcs ou les tubes nerveux. Vulpian, dans ses remarquables leçons sur les maladies de la moelle, a longuement insisté sur la pathogénie de ce travail scléreux, surtout à propos de Fataxie locomotrice, et il adopte l'idée que la prolifération dépend de l'irritation primitive des éléments nerveux. Mais ce n'est pas la seule opinion émise ; les uns, comme Ordonez, soutiennent que les altérations vasculaires sont les causes primitives de la sclérose ; les autres prétendent que cette hyperplasie de la névroglie est primitive. Je crois que chacune de ces hypothèses est exacte, et qu'au point de vue thérapeutique nous devons en tenir grand compte.
degrés de l'inflammation : ce sont le tables foyers hémorragiques (héma-
gonflement, le ramollissement, la ré« tomyélie d'Hayem). Lorsqu'on exa-
sorption. mine ce ramollissement au micro-
Le gonflement résulte de l'aug- scope, on y trouve Mes débris de
raentation de la circulation, de la cellules et de tubes nerveux, des
tuméfaction de la trame conjonctive vaisseaux hyperhémiés dont la gaine
et des modifications apportées aux lymphatique est gorgée de cellules ;
éléments nerveux eux-mêmes, mo- des gouttelettes de myéline, des
difications caractérisées surtout par agrégats de corps granuleux, et
la dilatation (Froraann) des cylindres enûn des granulations graisseuses et
axes et le gonflement colossal des pigmentai res. cellules multipolaires (Charcot). La résorption de ces parties con-
Le ramollissement est produit par stitue des foyers et des lacunes que
l'exsudat que laissent transsuder les Ton observe lorsque la myélite aiguë
vaisseaux, exsudais qui amènent la n'amène pas de désordres incompa-
d es intégration des parties constituan- tibles avec la vie, et que l'on constate
tes de la moelle et qui constituent surtout dans les myélites localisées
même, dans certains cas, de véri- ou en foyer (a).
(m) Dujmrdin-Beaumetx, De la myélite aiguë. Thèse d'agrégation. Paris, 1872.
Mydutc» Quel sera, dans le cas de myélite parenchymateuse ou de Ta^es" myélite interstitielle, le rôle des agents médicamenteux? Dans la myélite parenchymateuse, nous ne pouvons agir qu'à la période de gonflement, et comme nous ne pouvons atteindre ni la névroglie ni les tubes nerveux, notre seule action portera sur la circulation de la moelle ; mais une fois l'exsudat produit et la moelle détruite, il nous sera impossible de réparer les désordres qui résultent du ramollissement médullaire.
Pour la myélite interstitielle nous sommes impuissants à arrêter l'hyperplasie de la névroglie et les désordres qui en sont les conséquences et nous ne pourrons agir qu'en diminuant l'irritation nerveuse que détermine cette hyperplasie ou bien l'hyperhémie dont elle est la conséquence.
Ainsi donc, en résumé, notre action thérapeutique considérée d'une façon générale se résume aux deux points suivants : d'abord combattre les causes premières de l'inflammation , puis s'opposer à l'hyperhémie de la moelle. En dehors de cette double action nous ne serons qu'impuissants et nous ne pourrons agir alors que sur les conséquences qui résultent des altérations médullaires pour en atténuer les effets fâcheux. Je vais passer en revue devant vous les différents agents thérapeutiques que nous devons employer en pareil cas, puis nous en ferons l'application spéciale aux différentes affections de la moelle.
Traitement Remplir la première de ces conditions est souvent facile n^uqT. et, dans le cas de myélite par traumatisme ou par compression, il suffira de retirer le corps étranger qui irrite ou blesse la moelle pour faire disparaître les accidents inflammatoires que la présence de ces corps étrangers a déterminés; il suffira, dans les cas d'altérations osseuses du rachis, comme dans le mal de Pott, de remédier par des appareils spéciaux aux déformations de la colonne vertébrale qui
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amènent la compression de la moelle pour guérir la douleur et l'impotence qui sont la conséquence de cette compression (1). Il suffira, lorsque nous aurons affaire à des affections de nature curable comme les exostoses ou les gommes syphilitiques, d'employer un traitement spécifique pour agir à la fois et sur les tumeurs et sur l'inflammation qu'elles déterminent du côté de la moelle.
Dans d'autres cas, nous pourrons encore agir sur la cause première de l'inflammation (2) et en particulier de l'inflammation scléreuse par des moyens hygiéniques. Que cette
(1) Charcot et son élève Michaud ootdéterrainéil y a longtemps le mode . suivant lequel l'affection vertébrale ditema/ife Pott retentit sur la moelle.
Cen'est point par simple compression mécanique que la moelle souffre :
car cet organe est doué d'une grande flexibilitéet peut se plier à des déformations considérables dans la colonne vertébrale sans que sa texture ni ses fonctions en soient modifiées sensi- Wetnent La véritable cause des conplications médullaires dans le mal de Pou parait tenir, suivant les auteurs précités, au développement concomitant (Tune inflammation des enveloppes. Celle-ci peut se propager à son tour i la moelle et déterminer une myélite localisée ou bien encore une compression assez marquée sur le segment médullaire entouré par la phlegmasie méningée. Telle est en particulier l'explication des douleurs violentes que les individus atteints de tuberculose vertébrale ressentent à distance et qui occasionnent si facilement des erreurs de diagnostic, surtout au début de la maladie.
(2) Voici, pour Vulpian, les diflërealcs causes de la myélite aiguë :
1* Myélites par propagation. Cette myélite débute par la méningite et
atteint d'abord les coucbes superficielles de la moelle et peut se propager vers le centre et gagner même la substance grise ; cet envahissement peut se faire avec une assez grande rapidité ; on voit, aux symptômes de la méningite, s'ajouter ceux de la myélite, et la paralysie apparaître dans les membres inférieurs.
2° Myélites par tumeurs intra ou extra-médullaires. Ce sont les myélites aiguës ou subaiguës qui se produisent dans les cas de tubercules, de gommes, de cancers, de sarcomes et de gliomes de la moelle.
3° Myélites par violence traumatique. Ce sont celles qui résultent de plaies, de commotions ou de contusions de la moelle. Ce sont celles aussi que Ton peut reproduire artificiellement chez les animaux.
i° Myélites par excès de fatigue.
Elles sont produites par l'excès d'activité fonctionnelle des éléments médullaires. Ce sont celles qui surviennent à la suite du surmenage.
5° Myélites par le froid. Le froid peut déterminer des myélites. Frinberg, en pulvérisant de l'éther sur la région racliidienne d'un lapin, après avoir eu soin de raser cette partie de la peau, a pu développer
sclérose médullaire soit primitive et résulte de phénomènes congestifs souvent répétés du côté de la moelle, ou qu'elle soit secondaire et dépende alors, comme le veut Vulpian, d'une irritation des éléments nerveux eux-mêmes, il n'en est pas moins vrai que tout travail exagéré du fonctionnement de la moelle et des différentes parties qui la constituent sera une cause prédisposant à ces scléroses; aussi les marches forcées, les travaijx musculaires trop prolongés peuvent-ils déterminer de véritables myélites que Ton a décrites sous le nom de myélites par surmenage et que Ton observe chez l'homme comme chez les animaux. L'abus des fonctions génitales et en particulier le coït debout rentrent dans le même groupe et on a souvent signalé cette cause comme productrice des tabès. On comprend facilement que, ces causes une fois connues, on puisse les combattre par des mesures hygiéniques préventives, et je passe maintenant à la seconde indication qui nous reste à remplir, c'est-à-dire combattre l'hyperhémie médullaire.
de la paraplégie chez cet animal, de certains nerfs. Cette myélite a été Vulpian explique les myélites a fri- reproduite expérimentalement par gore par l'irritation spéciale déter- Tiesler,Frinberg,Klemm, Haycm,en minée par le froid sur les extrémités irritant par des excitants mécaniques périphériques des nerfs cutanés, irri- ou chimiques les nerfs sciatiques. tation qui trouble le fonctionnement 7° Myélites d'origine toxique. Ces trophique des parties de la moelle, myélites se rencontrent surtout dans d'où naissent les fibres sensitives et les cas d'intoxication saturnine et sympathiques, destinées aux nié- probablement dans les cas d'intoxininges, ce qui amène une perturba- cation par l'alcool et le phosphore, tion plus ou moins vive de la nutri- 8° Myélites par maladies gênétion intime des éléments anatomiques raies. C'est dans ce groupe que se de ces membranes. trouvent les myélites déterminées par 6° Myélites par irritation des nerfs la variole, la fièvre typhoïde, la périphériques. Ce sont les myélites diphtérie, la syphilis; celles que Ton que l'on décrit habituellement sous observe à la suite des maladies aile nom de myélites par action ré* guës, qui ont été décrites par Gûbler, flexe. Elles résultent de l'altération la dysenterie, les affections puerapportée à la moelle par l'irritation pérales (a).
(a) Vulpian, Maladies du système nerveux (Maladies de la moelle. Paris, 1879, p. 160).
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La circulation de la moelle est des plus actives, elle reçoit Traitement d'origines nombreuses des vaisseaux veineux et artériels qui c^cas. forment autour de son canal osseux et de ses enveloppes un lionréseau circulatoire des plus riches et qu'il nous est bien difficile d'atteindre d'une façon directe. Mais comme les vaisseaux médullaires et les vaso-moteurs qui les innervent, comme nous l'a montré Vulpian (a), sont accessibles à l'action réflexe, on comprend que, par une action limitée sur des points plus ou moins éloignés du rachis, on puisse modifier la circulation de la moelle, et c'est sur cette action qu'est basée la médication révulsive, qui occupe de beaucoup le premier rang dans le traitement des affections médullaires, médication révulsive peut-être la seule active en pareil cas.
Quoique la tradition nous ait montré, depuis les premiers De ia âges de l'histoire de la médecine, l'heureuse influence de la révulsion énergique dans les maladies de la moelle, à notre époque quelques médecins ont nié cette action favorable, et ont soutenu que la médication révulsive faisait subir des tourments aux malades sans améliorer leur état; il n'en est rien, messieurs, et les données expérimentales viennent confirmer d'une façon absolue les résultats que la clinique a accumulés depuis des siècles.
Que nous a fourni en effet la thérapeutique expérimen- exPctale? Des observations les plus concluantes à cet égard : ™UT\Ï Vulpian en électrisant une branche nerveuse communiquant rdvuUlonavec la chaîne intrathoracique du grand sympathique n'at-il pas vu se produire une contraction des plus nettes des vaisseaux de la région de la moelle épinière, d'où naissait le nerf intercostal avec lequel la branche nerveuse électrisée était en relation? Dans ses nombreuses et remarquables
(«) Vulpian, Appareil vaso-moteur, t. II, p. 49. Paris, 1875.
recherches sur la circulation de la moelle, Brown-Séquard, en liant ou en irritant les nerfs des reins ou des capsules surrénales, n'a-t-il pas observé un resserrement vasculaire de la moelle correspondant au côté où portait l'irritation? Frinberg ne détermina-t-il pas une paralysie a frigore chez un lapin en pulvérisant de l'éther sur la peau du dos dépouillé de ses poils (a) ? On a même basé, comme vous le savez, sur cette action réflexe la théorie des paralysies dites réflexes et des myélites et des méningo-myélites a frigore, et sans entrer ici dans les longues discussions qui se sont élevées à cet égard, il n'en reste pas moins acquis par l'expérimentation comme par la clinique, que les excitations extérieures faites sur la peau peuvent modifier la circulation de la moelle et de ses enveloppes. Examinons maintenant quels sont les agents de notre médication révulsive. Mode Ici on a tout employé, depuis les frictions avec les pomopcratoirc. ma(jeg }lTitantes jusqu'à la destruction profonde des tissus par les moxas et les cautères. Ceux-ci, qui étaient les plus employés jusque dans ces dernières années, tendent à être aujourd'hui abandonnés et on les remplace avantageusement par les pointes de feu. Les cautères avec la potasse caustique, ou mieux encore avec la pâte de Vienne, présentaient certains inconvénients, et en particulier celui d'entretenir le long de la colonne vertébrale des plaies suppurantes, ce qui n'est pas sans danger chez des malades qui doivent garder le décubitus dorsal et dont la peau fonctionne mal par suite des troubles trophiques que détermine l'affection médullaire.
Avantages Les pointes de feu, au contraire, rendues si commodes point! de Par l'invention du cautère Paquelin, présentent tous les
(a) Brown-Séquard, Leçon* sur le diagnostic et le traitement des principales formes de paralysie des membres inférieurs. Paris, 1864. — Frinberg, Ueber #eflexlahunungen {Berlin, klin. Wochenschr., 1871, n°* 41, 42, 44, 46, analyse, in Ccntralblatt, 1879, p; 810).
TRAITEMENT DES MYÉLITES. 321
avantages d'une cautérisation énergique sans le moindre inconvénient; de plus ces cautérisations, qui n'amènent pas de plaies, peuvent être renouvelées presque tous les huit jours. Vous pratiquez donc le long du rachis et suivant des séries parallèles, à droite et à gauche de la colonne vertébrale, des cautérisations ponctuées en nombre variable. Vous devez brûler superficiellement la peau, car il ne faut pas croire que la révulsion est proportionnelle à l'intensité de la brûlure, et il faut absolument repousser ces cautérisalions énergiques et brutales qui détruisent le derme dans toute sa profondeur et qui ont de sérieux inconvénients sans être supérieurs, au point de vue révulsif, aux cautérisations Jégères et superficielles.
Ces cautérisations sont préférables aux vésicatoires que Ton a aussi conseillés comme moyen révulsif dans les affections médullaires, et cette préférence est basée sur ce fait que les vésicatoires, outre la dénudation du derme, amènent toujours des troubles dans la miction, qui est ellemême déjà profondément modifiée par les maladies de la moelle. Dans certains cas on peut user du séton ; c'est là un des plus puissants révulsifs que je connaisse, mais il s'adresse surtout aux affections du cerveau et des parties supérieures de la moelle.
A cette médication révulsive on peut joindre l'application APPuCadu froid qui, lui aussi, comme nous l'avons vu par les expé- réfrwriences de Frinberg, peut modifier la circulation de la rante8, moelle ; mais, pour qu'il ait une action durable, il est nécessaire de prolonger les applications de glace, et c'est là, il faut le reconnaître, un des plus grands inconvénients de cette méthode thérapeutique. Les pulvérisations d'éther, si elles pouvaient être continuées longuement, seraient ici applicables; enfin on a conseillé dans bien des cas l'hydrothérapie.
CLWIQUK TflÉHAP., 6* édit. III. — 21
Hydrothérapie.
Electricité,
L'hydrothérapie appliquée au traitement des affections médullaires est une arme à deux tranchants qu'il faut manier avec une extrême prudence. En effet elle n'anémie pas la moelle, elle la congestionne au contraire dans la plupart des cas, et c'est ce qui explique les succès et les aggravations qu'on en a obtenus. Succès, lorsqu'on avait affaire à ces paralysies sinemateria qui apparaissent dans le cours des névroses, ou bien à celles qui ont une origine dyscrasique et qui accompagnent la diphtérie et les maladies aiguës, ou bien encore aux paraplégies observées dans l'anémie et la chlorose; aggravation, au contraire, lorsque l'on veut combattre les processus phlegmasiques et scléreux ; car, dans ces cas, l'hydrothérapie en ramenant la congestion de la moelle favorise plutôt qu'elle n'entrave le travail hyperplasique de la névroglie médullaire.
Pour éviter ces inconvénients dans le traitement des affections médullaires, on a conseillé des douches chaudes, ou des douches tempérées comme le veut Beni-Barde, mais il est toujours important, lorsque vous vous servirez soit des douches froides, soit des douches tempérées, d'examiner avec soin la sensibilité cutanée de vos malades, qui présentent parfois, à cet égard, d'étranges perversions (4).
Nous avons vu que, expérimentalement, l'électricité appliquée extérieurement au canal osseux de la moelle modifiait la circulation de cette dernière; il en est résulté une application de cette électricité à la cure des myélites ou des congestions de la moelle et ici deux méthodes sont appli-
^1) Beni-Barde fait observer à cet égard, avec juste raison, que lesens de la température chez les tabétiques est quelquefois si perverti, que les malades confondent l'eau chaude et l'eau froide, et dès lors il est impos-
sible, pour déterminer la température de l'eau qu'il faut employer, de prendre pour base l'impression sentie par le malade. On ne peut arriver à cette connaissance que par une série de tâtonnements (a).
(a) Beai-Bardc, Traité théorique et pratique d'hydrothérapie. Paris, 1874, p. 808.
TRAITEMENT DES MYÉLITES.
cables. Dans Tune, avec les courants faradiques et grâce aux bobines à chariot, vous faites le long du rachis une révulsion des plus énergiques à l'aide d'électrodes en balais ; j'ai vu cette pratique amener de très heureuses modifications chez quelques tabétiques. Dans d'autres cas, vous vous servez des courants continus que vous appliquez le long delà moelle; on a longuement discuté sur la direction de ces courants, les uns les voulant descendants, les autres ascendants. Je crois pour ma part que cette direction a peu d'importance et que l'on peut indifféremment faire des courants descendants ou des courants ascendants (1). Aux cautérisations, aux applications du froid, àl'hydro-
(1) Les courants faradiques ont été employés dansl'ataxie par Duchenue, mais le traitement n'adonné que fort peu de résultats satisfaisants ; ce* pendant, dans les premières périodes de la maladie, la faradisation de la peau ferait disparaître les douleurs fulgurantes.
Les courants continus ont été beaucoup plus employés. Remak a même soutenu qu'ils pouvaient avoir une action directe sur le processus seléreux, ce qui est une erreur, car jamais les courants n'ont amené la guéri son complète, mais simplement des améliorations, comme le montre la statistique fournie par Erb, qui, sur 66 cas d'alaxie locomotrice traités par les courants continus, a eu b\ fois des améliorations et 21 insuccès.
Quant à la direction des courants, les opinions sont variables : Rosenthal se sert de courants dirigés à travers la moelle épinière et de courants ascendants. Onimus insiste sur la nécessité d'employer des courants
ascendants, et, de plus, souvent il place le pôle positif sur la région lombaire et le pôle négatif sur la région cervicale.
Benedikt procède de la manière suivante : il électrise la moelle tous les jours, pendant trois ou six minutes. Si les troubles de la motilité prédominent, il électrise à la fois la moelle et les muscles; lorsqu'il n'y a que des phénomènes d'excitation et de spasme, il électrise la moelle sans s'occuper de la direction des courants et en mettant les deux réophores sur la moelle.
Pour combattre les troubles oculaires on a aussi employé l'électricité.
Benedikt recommande l'électrisatioii centripète du trijumeau. Erb conseille, au contraire, l'emploi d'un courant centrifuge. Léon Le Fort, Reynolds, Boucheron soutiennent que la direction du courant n'a aucune valeur et placent l'un des pôles sur la nuque et l'autre sur le front (a).
Traitement pharmaceutique.
(«) Onimus et Legros, Traité d'électricité médicale. Paris, 1872, p. 430. — Hammond, Traité de* maladies du système nerveux, trad. de Labadie-Lagrave, p. 712.
ergote.
thérapie et à l'électricité, il faut joindre certains médicaments internes qui ont aussi pour but de diminuer la congestion ou le travail scléreux qui en est la conséquence. Pour certains de ces médicaments leur application estie résultat de leurs propriétés physiologiques; pour les autres, au contraire, c'est l'empirisme qui en fait adopter l'usage. Nous allons passer rapidement en revue la plupart de ces médications.
du seigle La curieuse propriété que possède le seigle ergoté d'amener la contraclilité du réseau capillaire a été utilisée dans les affections de la moelle et c'est Brown-Séquard qui s'est montré l'un des partisans les plus ardents de cette médication. Les résultats que j'ai obtenus de l'emploi du seigle ergoté chez les tabétiques n'ont pas répondu à mon attente, et je crois que cette médication est plutôt basée sur des idées théoriques que sur des faits cl iniques. Quoi qu'il en soit, vous pourrez utiliser ici toutes les préparations de seigle ergoté, ergot de seigle en nature, ergotine, ergotinine; vous pourrez même user de la voie hypodermique, ce qui n'est pas sans avantage, et pratiquer le long de la moelle des injections d'ergotine ou d'ergotinine. Si vous vous servez de cette dernière, rappelez-vous que vous ne devez pas dépasser 1 milligramme en une seule fois et tenez-vous le plus souvent à 4/2 milligramme.
La strychnine (4) a été aussi conseillée dans le traitement
Do la strychnine
(1) Cet alcaloïde, C81H9âAz802, dé- sonner leurs flèches). Outre la stry-
couvert en 1818 par Pelletier et chnine, ces plantes contiennent aussi
Cavcntou,danslafèvedeSaint-Ignace la brucine (Pelletier et Caventou,
et la noix vomique, ne se trouve que 1819), l'igasurine (Desnoix, 1853),
dans les végétaux vénéneux de la combinée comme la première avec
tribu des Strychnées : noix vomique l'acide strychnique ou igasurique. (graine du vomiquier), fève de Saint- La strychnine, d'une amertume
Ignace (graine du Strychnos Igna- excessive, cristallise en prismes auhy-
tia), strychnos tiente (liane dont les dres du système orthorhombique;
sauvages font un extrait pour empoi- insoluble dans : eau» alcool, chlore-
TRAITEMENT DES MYÉLITES. 325
des maladies de la moelle; mais, comme le fait très judicieusement remarquer Vulpian, l'action thérapeutique de la strychnine n'ayant aucune influence sur le processus morbide, cause de la paralysie, et d'autre part, ne pou-
forme; peu dans : alcool absolu, benzine, alcool mcthylique et éther. La solution dévie la lumière polarisée à gauche. D'après Se hûtzen berger, la strychnine serait un mélange de trois bases différentes, et non une substance définie. C'est un médicament qui a une action pour ainsi dire spécifique sur les organes contractiles.
Il augmente le pouvoir excito-moleur de la moelle. Pour Cl. Bernard, il n'agit ni sur les muscles, ni sur les nerfs moteurs, ni sur la moelle, mais sur les nerfs sensitifs. Pour Van Deen, Marshall- Hall, Brown-Séquard, Martin, Magron et Buisson, Vulpian, la strychnine concentre son action sur la substance grise de la moelle.
Effets physiologiques: locaux. — Provoque la contraction des muscles de la peau, horripilation, chair de poule; du côté de l'estomac, excitation de la sensibilité, de la contractilité; augmentation des sécrétions gastrique et intestinale.
Diffusés. — Variables. C'est un médicament qui s'accumule, s'élimine moins vite qu'il ne s'absorbe et amène facilement des accidents. A très faible dose, il agit comme tonique et diurétique. Tessier (de Lyon) a signalé son action favorable dans les hydropisies asthéniques (a). A la dose de 15 à 20 centigrammes de poudre de noix vomique : chair de poule» raideur musculaire ; à doses plus forles : secousses musculaires, douleurs fulgurantes, démangeaisons a la peau, surtout au cuir chevelu, éblouissements , fourmillements; à doses très élevées, convulsions téta-
niques ou avec raideur intermittente puis raideur tétanique générale, immobilité du thorax : mort par asphyxie, par arrêt spasmodique de la respiration. Jusqu'à la fin, intelligence intacte.
La brucine et l'igasurine ont une action semblable à la strychnine, mais moindre. Ces alcaloïdes s'éliminent parles urines.
Les préparations de strychnos les plus employées sont : la poudre de noix vomique, l'extrait alcoolique et la teinture de noix vomique, la teinture de Saint-Ignace ou gouttes amères de Baume et le sirop de sulfate de strychnine.
Gouttes amères de Baume.
Fève de Saint-Ignace ràpéc (Igna-
tia amara) 500
Carbonate de potasse '. 5
Suie 1
Alcool à 60* 1000
Donner les gouttes dans une tasse d'infusion de camomille, ou toute autre espèce amère.
Teinture de noix vomique.
Noix vomique ràpéc (Strychnot nux
vomica) 1
Alcool à 80* 5
Dose : 5 à 10 gouttes dans un verre d'eau au commencement du repas.
Extrait alcoolique de noix vomique.
Noix vomique gross. pulv. {Strychnos
nux vomica) 1
Alcooià 80° 5
Se donne à doses croissantes, de
vant rétablir les désordres; résultats de l'inflammation, cette strychnine ne peut avoir aucune action curative dans le traitement des maladies aiguës où chroniques; j'ajouterai même que souvent «ette -action est nuisible, à cause de l'influence irritante de ce médicament sur Taxe médullaire. Il faut donc être très sobre et même repousser la strychnine du traitement des congestions de la moelle, et ne l'employer que dans les cas où il s'agit de paralysies sine maleria ou essentielles (1).
Denodure On a prétendu que l'iodure de potassium avait aussi une e*iumM action sur la circulation de la moelle et qu'il pouvait l'anémier; aussi a-t-on conseillé la médication iodurée dans les cas de tabès ; je crois que les bons résultats que l'on a obtenus de cette médication ne sont pas l'effet de l'action de l'iodure sur les éapillaires de la moelle, mais bien de son action spécifique et résolutive sur les productions de nature syphi-
5 à 20 centigrammes par jour; en chnine aux paraplégiques, les prepilules de 25 centigrammes (excito- mières manifestations convulsives se moteur); de 1 à 2 centigrammes montraient dans les membres para- (tonique-amer). lysés ; ceci résulte d'un fait reproduit
par l'expérimentation. Lorsque la Sirop de sulfate de strychnine. moelle n'est plus en rapport avec le
Sulfate de strychnine. . 5 centigr. f erveau, le Pou?oir excito-moteur de
Eau distillée 4 grammes. la moel,e est augmenté et 1 on com-
Sirop de sucre 196 — prend que l'action de la strychnine
détermine rapidement sur ces points
20 grammes de ce sirop représen- son action excitante. Lorsque, sur
tent 5 milligrammes de sulfate de une grenouille, on coupe transver-
strychnine. salement la moelle et qu'on injecte
On peut aussi donner le sulfate de de la strychnine, c'est dans les
strychnine en granules de 1 milli- membres inférieurs que se produisent
gramme. On trouvera à propos du les premières atteintes du médica-
traitement des Maladies delà moelle, ment; mais comme le fait très bien
dans le troisième volume, l'étude remarquer Vulpian, pour que cette
complète de l'action physiologique et action se produise chez les paraplé-
thérapeutique de la strychnine. giques, il faut que l'action réflexe
(1) Fouquier a remarqué le premier soit conservée dans les membres pa-
que lorsqu'on administrait la stry- ralysés (a).
(a) Vulpian, Substances toxiques et médicamenteuses. Paris, 1882, p. 580.
TRAITEMENT DES MYÉLITES- 327
litique. Nous verrons, en effet, lorsque je vous parlerai de l'ataxie, qu'un grand nombre de tabétiques sont syphilitiques et l'on comprend facilement dans ce cas l'utilité de la médication iodurée.
Le bromure de potassium joue un rôle important dans le D» bro-
mure de
traitement des maladies de la moelle, non pas qu'il ait une potassium, action directe sur le travail phlegmasique aigu ou chronique, mais parce qu'il tend à diminuer dans de notables proportions le pouvoir excito-moteur de l'axe cérébrospinal; aussi doit-on administrer ce bromure toutes les fois que surviennent des signes d'irritation ou d'excitation médullaire (1).
À côté du bromure, il faut placer à un rang égal et même plus élevé les antithermiques analgésiques dont je vous ai déjà parlé. Médicaments nervins par excellence, s' adressant surtout à la moelle dont ils modifient l'excitabilité, ces médicaments tels que l'antipyrine et surtout l'acétanilide sont appelés à occuper une place importante dans le traitement des maladies de la moelle au titre de sédatifs et d'analgésiques, et vous verrez plus loin que c'est grâce à l'antipyrine elà l'acétanilide que nous pouvons faire disparaître les dou leurs fulgurantes si pénibles des tabétiques.
L'empirisme a surtout vanté deux agents médicamenteux dans le traitement des scléroses médullaires, le nitrate d'argent et le phosphore.
Le nitrate d'argent a été préconisé pour la première fois du nitrate en 1861 par Wunderlich, mais c'est surtout à Charcot et dârgen1,
(\) Siredey a signalé, dans un donne 2 grammes de bromure de cas d'ataxie locomotrice, les bons potassium et augmente graduelleeffets du bromure de potassium, ment la dose jusqu'à 6 grammes par effets déjà constatés par Vulpian. Il jour (a).
(a) Siredey, De l'action du bromure de potassium dans l'ataxie locomotrice progressive (Bull, de thérap., 1872, t. LXXXIII, p. 180).
Vulpianque l'on doitla généralisation de cette méthode (1); le nitrate d'argent s'emploie sous forme de pilules de 1 centigramme : on donne d'abord une, puis deux, puis trois, puis quatre de ces pilules en vingt-quatre heures, sans jamais dépasser cette dose de quatre pilules. Cette médication, qui ne peut être appliquée que lorsque tous les symptômes phlegmasiques ou congestifs de la moelle ont disparu, pourra vous donner dans quelques cas des améliorations et même des guérisons, si l'on s'en rapporte aux observations
(1) C'est Wunderlich le premier qui, en 1861, a employé le nitrate d'argent dans le cas de tabès dorsalis, et sur les cinq observations qu'il cite, un seul aurait été guéri par ce moyen. L'année suivante, Charcot et Vulpian ont fait paraître un travail sur ce sujet; ils administraient le nitrate d'argent sous forme de pilules contenant un centigramme de principe actif. On donnait d'abord deux pilules par jour, puis trois, rarement on a dépassé la dose de quatre pilules par jour. Dans les cinq observations citées à l'appui de cette médication, sous l'influence du nitrate d'argent, il y a eu une très grande amélioration; les douleurs fulgurantes ont disparu et les mouvements ont gagné en force et en précision.
Après le travail de Charcot, Moreau (de Tours) et puis Beau ont publié des faits de guérison par le nitrate d'argent. En Allemagne,
Kûchenmeister a publié des observations dans lesquelles le médicament n'a produit aucun effet. En 1863, Wunderlich, au contraire, a donné des observations de guérison et d'amélioration parla médication qu'il avait imaginée.
Rosenthal, Hammond, etc., ont aussi signalé des cas de guérison d'ataxie par le nitrate d'argent.
Teissier (de Lyon), après avoir montré que l'a taxi e locomotrice décrite par Duchenne (de Boulogne) et le tabès dor salis de Romberg sont la môme maladie, a insisté sur les résultats thérapeutiques que l'on obtenait dans cette maladie par l'emploi du nitrate d'argent. Ces résultats seraient variables ; tantôt il y aurait une amélioration dans les mouvements d'incoordination, tantôt au contraire l'amélioration ne porterait que sur les phénomènes douloureux (a).
(a) Wunderlich, Erfulge der Behandlung der progressive*, Spkialparalysie durch Silber salpeter (Archiv der Heilkunde, 1861, p. 193). — Charcot et Vulpian, De l'emploi du nitrate d'argent dans le traitement de l'ataxie locomotrice progressive, 1862 (Bull, de thérap., t. LXH, p. 481 et 521). — Wunderlich, Nouveaux Faits concernant l'action curative du nitrate d'argent dans la paralysie spinale progressive (Archiv der Heilkunde, 1863, p. 43). — Moreau (de Tours), Ataxie locomotrice progressive traitée avec succès par le nitrate d'argent (Union m éd., octobre 1862). — Beau, BulL de thérap. , 1863, t. LXIY, p. 32. — Trousseau, Bull, de thérap., 1863, t. LXIV, p. 315. — Hammond, Traité des maladies nerveuses, trad. par Labadie-Lagrave, p. 709. Paris, 1878. — Teissier, De l'ataxie locomotrice et de son traitement (Congrès médical de Lyon, 1864).
TRAITEMENT DES MYÉLITES. 329
de Wunderlich, de Rosenthal, de Hammond, etc. ; mais il faut bien le reconnaître, ce sont là des faits exceptionnels et pour ma part je n'ai jamais obtenu par l'emploi du nitrate d'argent, même longtemps prolongé, que peu ou pas de résultats. Indépendamment du reproche d'inefficacité, le nitrate d'argent est encore passible d'une autre critique. En imprégnant l'organisme, il engendre à la longue une coloration particulière de la peau et même des muqueuses, coloration brune, persistante, qu'il est fort difficile de faire disparaître. On a cité dans cet ordre de faits le cas d'une vieille femme traitée longtemps par des attouchements de nitrate d'argent pour une maladie de lagorge, et qui présenta au bout de quelque temps une véritable mélanodermie généralisée. Du reste l'usage de ce médicament, comme moyen curateur des affections médullaires, est abandonné aujourd'hui à peu près universellement.
N'oublions pas, en effet, quela sclérose médullaire contre laquelle on emploie le nitrate d'argent ne progresse pas d'une façon uniforme et qu'elle présente des périodes ascensionnelles et des périodes d'arrêt; on comprend facilement que, suivant le moment où l'on intervient, on puisse attribuer au médicament soit l'amélioration, soit l'aggravation qu'on observe. Comment agitce médicament? le métal agitil sur les éléments nerveux eux- mêmes ? ce sont là des questions qu'il nous est impossible de résoudre.
C'est moi qui, le premier, ai proposé en 1868 l'emploi du du Pho»phosphore (1) dans le traitement de l'ataxie locomotrice; pl,orc
(1) C'est en 1669 que l'alchimiste thérapeutique et compose des
Brandt (de Hambourg) découvrit le pilules lumineuses. En 1733, Kram-
pbospbore en cherchant la pierre mer l'emploie dans les cas d'épi-
philosophale dans les urines. En lepsie et de démence. Mentz, puis
1774, Gahn et Scheele le trouvèrent Barchewitz, Haartman, Werckard,
dans les matières animales et en par- en 1780, le prescrivent dans di-
ticulier dans les os. verses affections. En 1779, Alphonse
Kunkel, en 1721, l'applique à la Leroy l'emploie dans les affections
j'avais été précédé dans cette voie par les travaux de Delpech, qui avait déjà appliqué en 1863 le phosphore au traitement de certaines paralysies par intoxication et en particulier dans celle produite par le sulfure de carbone; je ne parle pas bien entendu du travail de Gallavardin, qui, en 1865, avait préconisé ce médicament contre les paralysies, car il en usait à doses homéopathiques. J'ai continué cette médication phosphorée et, quoique je n'aie jamais observé de guérison par ce moyen, j'ai constaté, dans bien des cas, une amélioration caractérisée par une sensation de force plus grande et par une diminution de l'incoordination. Mais les mêmes réserves que nous avons faites à propos du nitrate d'argent doivent être renouvelées ici, et l'on peut se demander si dans bien des cas l'amélioration obtenue n'est pas plutôt le fait de la marche naturelle de la maladie que de l'action du médicament. Mon élève le docteur Eugène Lemaire (de Compiègne) a d'ailleurs publié dans sa remarquable thèse sur l'emploi thérapeutique du phosphore la plupart de ces observations.
rhumatismales et dans l'épuisement; sulfure de carbone. En 1860, Gala-
en 4800, Gaultier de Claubry le donne vardin (de Lyon) a conseillé au
dans les paralysies et les fièvres ty- point de vue homéopathique le phos-
phoïdes graves; mais c'est Lœbens- phore dans certains cas de para-
tein-Lœbel (de Strasbourg) qui fit, en lysie. Dujardin-Beaumetz, le 20 dé-
1815, un des travaux les plus complets cembre 1867, a communiqué à la
sur Faction physiologique et théra- Société de thérapeutique les résul-
peutique du phosphore. En 1858, Ta- tats qu'il avait obtenus par le phos-
vignot et Strumpf l'employèrent dans phore; la môme année, Noël Gue-
les cas d'araaurose et de paralysie de neau de Mussy faisait connaître des
l'œil. Delpech, en 1863, appliqua le cas de guérison de tremblement par
phosphore avec succès dans le trai- le phosphure de zinc (a), tement de l'empoisonnement par le
(a) Dujardin-Beaumetz, Sur l'emploi du phosphore en médecine, et en particulier dans Vataxie locomotrice progressive (Bull. gén. de thérap., 1868, t. LXXIV, p. 16, 157, 203, 302), — N. Guencau de Mussy, Du traitement du tremblement mercuriel par le phosphore (Gai. des hôp.y 1868, n" 48 ot 50). — Lemaire (Kug.), De Vemploi thérapeutique du phosphore dans quelques affections du système nerveux, 1865. Thèse de Paris, 1875, n° 143.
les de la médication phosphorée.
THA1TEMENT DES MYÉLITES. 331
Cette médication phosphorée demande à être suivie de Dm rè*i< près et je vais entrer à ce propos dans quelques détails qui me paraissent nécessaires. Lorsque j'ai commencé mes expériences sur le phosphore, je me suis d'abord heurté à une difficulté : l'inconstance et le danger des préparations dont on se servait, et j'ai proposé alors de substituer à l'huile phosphorée du Codex (1) des dissolutions titrées de phosphore dans le chloroforme, et je faisais ainsi des capsules renfermant un milligramme de phosphore. Mais l'attention était désormais éveillée sur ce point et successivement parurent les travaux de Méhu et de Vigier.
Méhu montra qu'en surchauffant l'huile on pouvait obtenir Des Phosime solution suffisante du phosphore, et désormais Ton put
phores.
(1) Les anciennes préparations d'huile phosphorée donnaient un produit des plus incertains. En 1868, le Codex prescrivait la préparation suivante :
Phosphore 2 grammes.
Huile d'amandes douces 100 —
ce qui donnait un produit plus ou moins chargé d'huile phosphorée.
Pour rendre la dissolution plus régulière, Mandl avait employé le sulfure de carbone. Glover, puis Dujardin-Beaumetz se sont servis du chloroforme; Soubeyran avait aussi conseillé, dès 1829, l'éther.
Méhu a montré qu'en portant l'huile à une température de 200 à 250* on pouvait faire dissoudre, dans cette huile surchauffée, une partie de phosphore dans cent parties d'huile. On fait, avec cette huile phosphorée, des capsules contenant 2 centigrammes d'huile et un milligramme de phosphore.
Vigier, en 1868, a utilisé le pbosphure de zinc (PhZn). Ce corps est friable, sa cassure est vitreuse et douée d'éclat métallique. Ce phosphure de zinc est facilement attaqué par l'acide lactique, A milligrammes de phosphure de zinc correspondant à un milligramme de phosphore. Seulement, il faut reconnaître que la décomposition n'étant pas totale par les acides de l'estomac, on peut affirmer que la moitié seule du phosphore contenu dans le phosphure de zinc est absorbée, de telle sorte que des pilules de i milligrammes contenant un milligramme de phosphore théorique ne correspondent qu'à 1/2 milligramme de phosphore actif.
Ces phosphures de zinc sont, d'ailleurs, de composition bien différente selon les procédés de fabrication, il faut avoir soin d'analyser ces phosphures avant de les employer (a).
(«) Vigier, De remploi thérapeutique du phosphure de zinc (Bull, de thérap., t LXX1V, p. 268).
obtenir des capsules d'huile phosphorée inaltérable et renfermant exactement 4 milligramme de phosphore. Vigicr, par ses travaux sur les phosphures, montra le parti que Ton pouvait tirer de ces médicaments, et il introduisit le phosphure de zinc dans la thérapeutique. Ces capsules d'huile phosphorée et ces pilules de phosphure de zinc sont aujourd'hui les préparations dont on se sert habituellement.
Lorsque vous userez du phosphure de zinc, n'oubliez pas que 4 milligrammes de ce composé correspondent à 1 milligramme de phosphore. Que vous vous serviez de granules de phosphure de zinc de 4 milligrammes ou des capsules d'huile phosphorée renfermant un milligramme de phosphore, vous devez suivre les règles suivantes :
On commence d'abord par une pilule ou capsule et on augmente progressivement les doses, jusqu'à faire prendre dix granules ou dix capsules en vingt-quatre heures. Vous restez à cette dose pendant trois ou quatre jours, puis vous cessez le médicament pendant cinq jours pour reprendre à nouveau le traitement en commençant par une capsule. Ces interruptions dans la médication phosphorée sont nécessaires pour éviter l'accumulation d'action et permettre au médicament de s'éliminer; c'est en suivant ces règles thérapeutiques que l'on peut prolonger pendant des mois et des années, et cela sans danger, la médication phosphorée. J'ajoute que, pour rendre encore le médicament plus tolérable, vous ferez bien d'administrer le phosphore aux repas ; on fait ainsi disparaître en grande partie les renvois d'odeur phosphorée ou alliacée qui accompagnent l'administration de ce médicament.
Maintenant, comment allez-vous diriger cette médication phosphorée chez les tabétiques?U ne faut administrer ces médications phosphorées que lorsqu'il n'existe aucun signe de congestion ou d'irritabilité trop grande du système ner*
TRAITEMENT DES MYÉLITES. 333
veux ; il ne faut pas l'employer non plus chez les personnes qui présentent des troubles gastro-inteslinaux ; enfin il faut aussi, pour obtenir de l'amélioration, prolonger la médication pendant longtemps.
Sur quoi est basée celte action du phosphore dans l'ataxie? De i action Ici encore, comme pour le nitrate d'argent, nous en sommes ^^ réduits à des hypothèses. Celle que j'ai émise est la suivante : Ranvier, dans ses expériences sur le phosphore, a montré que, lorsqu'on place du phosphore sous la peau des animaux, on ne provoque pas de phénomènes d'inflammation, mais on amène l'arrêt du travail formateur et nutritif des éléments histologiques. Il est possible que dans la moelle le phosphore s'oppose ainsi à la prolifération de la névroglie, mais, je le répète, c'est là une simple hypothèse, et je la donne pour ce qu'elle vaut, sans y insister davantage.
Maintenant que nous avons jeté un coup d'œil général sur Traitement les différents moyens d'action que nous possédons dans le Tiitcunl° traitement des affections médullaires, étudions les indica- d0*it™*6" lions de ces moyens dans les divers cas de myélite. Je ne puis ici vous parler de toutes les variétés d'inflammation de la moelle, leur nombre est aujourd'hui très considérable; vous trouverez dans le travail de Grasset un tableau qui résume fort bien toutes les variétés et qui vous permettra de juger leur nombre (1). Je n'appellerai votre attention, au point de vue thérapeutique, que sur les cas que vous serez le plus souvent à même d'observer : ce sont les congestions médullaires, les méningo-myélites, les myélites par compression, la sclérose des cordons postérieurs, la sclérose en plaques et enfin celle des cornes antérieures, connue plus habituellement sous le nom de paralysie atrophique de V enfance.
(\) Voir le tableau de la page suivante, d'après Grasset» Maladie du système nntciiXy 2* édition.
CLASSIFICATION DES MYÉLITES
a. Priiuitlro. Ataxit locomotrice progressive.
b. Secondaire.