II. Myélites i Aiguës
diffuses ou
1NTEHST1- T1ELLB9-
(Débutent ' et se propagent J par le tissu conjonctif, envahissent Indistinctement toutes les régions de la moelle.) \ Chroniques.
Non envahis-\ santés (cir-J conscrit es , plus oui moins étondues).
apoplecti forme.
, Mortels. .
vP08 i Avec guérison.j «^«•U rechutes.
Avec passage à l'état chro-] nique.
et v ibai-j
subaigus,
Variétés :
Dorso-lonibairo ou cervicale.
Complèto ou hémilatérale.
Cenlralo ou périphérique.
Non «MwMt-lCo"plM* 'jDorw^om tante* (cir-J „, .. .. î balre.
Envahissantes (paralysie spinale sub-aiguë de Duché n n e myélite dif-l fuse généra-] lisée d'Haï lopeau).
Type a marche ascen daote.
Type à marche desdante.
Formes spéciales..
Lésions complètes.
Lésions prédominant dans la substance grise :
Paralysie spinale antérieure de Duchcnae»
myélite périépendy maire de Hallopeau.
Lésions prédominant dans la substance blanche : Myélite annulaire corticale de Trousseau et Vulpia»»
Paralysie générale progressive.
TRAITEMENT DES MYÉLITES.
Les congestions de la moelle sont fréquentes, et leurs Traltenicnl causes sont multiples (1) ; elles n'entraînent le plus souvent Mmie. <»« qu'une incapacité relative des membres inférieurs, incapacité d'ailleurs curable, constituant ainsi un groupe des paraplégies sur lesquelles la thérapeutique a le plus d'action. Comme dans toute hyperhémie, la première indication à rem-
(1) Les causes de congestion de la moelle sont assez nombreuses; les plus fréquentes sont : l'exposition à une température très froide et le débat des fièvres, surtout des fièvres paludéennes, de la variole et de la fièrre typhoïde. Viennent ensuite les excès alcooliques, les excès vénériens, une station debout trop prolongée, des fatigues musculaires excessives, les efforts violents, parfois des convulsions, de môme aussi la suppression d'un flux habituel : menstruel ou hémorroïdal.
Les traumatismes, coups ou chutes (Leudet) sur la colonne vertébrale, peuvent produire la congestion spinale : il en est de même du changement brusque de la pression extérieure sur le corps. Rabington, Cuthbert, Clark ont publié des exemples de cette congestion sur des ouvriers qui, travaillant dans des cloches contenant un air fortement comprimé, sortaient brusquement dans l'atmosphère habituelle.
La congestion passive reconnaît pour cause : l'obstruction veineuse, comme on l'observe dans la cirrhose du foie, la grossesse, les tumeurs abdominales» et dans les maladies du cœur ou des poumons.
Les symptômes de la congestion de la moelle consistent spécialement en douleurs lombaires ou dorsales rarement aiguës, accompagnées d'une sensation d'engourdissement et de fourmillement dans les jambes. Les malades se plaignent aussi parfois
d'éprouver dans la moelle une sensation de chaleur plus ou moins forte.
Lorsque l'inflammation siège à la région dorso-lombaire, les membres inférieurs présentent des troubles de la sensibilité et de la motilité; il y a des sensations de fourmillement, des picotements, de l'engourdissement dans les orteils; la peau présente aussi des points anesthésiques existant concurremment avec de Thyperesthésie.
La motilité est plus ou moins atteinte. Toujours il y a de la paraplégie, incomplète, il est vrai, le plus souvent; le malade marche difficilement en se traînant; à un degré avancé, il ne peut plus marcher, il garde le lit, mais alors encore il peut remuer les jambes lorsqu'il est couché ou assis.
Les muscles de la vessie et du rectum sont souvent paralysés ; il y a de la rétention d'urine ou de l'incontinence, et parfois de la rétention des matières fécales.
Dans la congestion active de la moelle, le début est brusque et les accidents marchent parfois avec une extrême rapidité : douleurs plus vives et paraplégie complète.
Dans la congestion passive, les symptômes se développent plus lentement, apparaissent plus tardivement, et les douleurs précèdent souvent de plusieurs jours l'apparition de la paraplégie, qui reste incomplète.
Dans la forme active, les mouvements réflexes sont souvent exagérés;
maies.
plir est de supprimer la cause dont elle est une manifestation, et suivant que la congestion de la moelle dépendra d'un rhumatisme, de congestions utérines ou hémorroïdaires, d'un décubitus dorsal très prolongé ou de fatigues exagérées, vous devrez modifier votre thérapeutique. Des myé- Le rhumatisme est Tune des causes les plus fréquentes de 1 rnaiu-" ces congestions de la moelle et, pour ma part, je me rappelle avoir observé chez Lasègue, lors de mes études médicales, un cas fort curieux de paraplégie subite qui se montra chez une cuisinière comme première manifestation d'un rhumatisme articulaire aigu, et, à mesure que les articulations se prirent, la paralysie disparut. On comprend l'utilité dans ce cas des ventouses sèches ou scarifiées le long du rachis, des bains de vapeur et du salicylate de soude à l'intérieur. D'autres fois, il s'agit de simples paralysies a frigore, paralysies réflexes et qui résultent de l'action du froid sur la peau. La médication est ici différente ; outre les révulsifs, tels que, les vésicatoires le long du rachis, on peut employer les sudorifiques et en particulier la pilocarpine, qui, par la congestion qu'ils amènent du côté de la peau, ont une action favorable dans ce genre de paralysie.
Les fatigues prolongées, par suite delà congestion physiologique qu'elles entraînent du côté de la moelle, sont une cause d'hyperhémie de cet organe et, outre le repos qui
ils conservent leur intégrité dans la paludéenne se dissipe au bout de
forme passive. quelques jours. Lorsque l'état in-
La durée de la maladie est va- flammatoire persiste, lorsqu'il y a de
riable. La congestion passive dure la fièvre pendant quelques jours, il
autant que les causes qui lui ont y a lieu de craindre alors le déve-
donné naissance. La congestion eau- loppement d'une affection plus sè-
sée par le traumatisme ou par Tap- rieuse (a), parition d'une fièvre éruptive ou
(a) Leudct, Sur la congestion de la moelle survenant à la suite de chutes et d'efforts violents (Arch. gén. de méd., 1863, t. I"). — Rabington et Cuthbert, Paralysis caused by working under compreûsed air {Dublin Qarterly Journal of Médical Science). — Clark, Saint-Louis Médical Surgical Journal.
TRAITEMENT DES MYÉLITES. 337
s'impose en pareil cas, vous pourrez user de la méthode révulsive.
Ce mot de repos me conduit à vous parler de l'action du *■ A6cttdécubitus dans les affections de la moelle. Vous savez que le sai. décubitus dorsal longtemps prolongé entraine une congestion passive médullaire et que c'est probablement à cette congestion qu'il faut attribuer les érections nocturnes qui se produisent pendant le sommeil. On comprend que ce fait ait une certaine influence dans les affections de la moelle , et Ton voit en effet certains malades prédisposés aux congestions de la moelle qui, par suite de la nuit qu'ils viennent de passer, peuvent à peine se tenir sur leurs jambes; puis cette impotence se dissipe à mesure que cet individu, par la station debout, fait disparaître les effets du décubilus dorsal.
Ce fait a une certaine importance, et Brown-Séquard a justement insisté sur ce point; tandis que, dans les cas d'anémie médullaire il veut que le malade reste couché sur le dos, pour les cas d'hyperhémie de la moelle il exige, au contraire, que le malade reste couché sur le ventre.
Jusqu'ici je ne vous ai pas parlé des émissions sanguines ; amusions elles ont joué un rôle important dans la cure des myélites. &uinw. Très vantées autrefois par Ollivier, qui conseillait dans ces cas, outre les saignées générales, les sangsues appliquées en grand nombre sur la région dorsale et les ventouses scarifiées, ce traitement antiphlogistique est de nos jours bien délaissé. Cependant, les ventouses sèches et scarifiées peuvent rendre des services dans les congestions actives de la moelle, et vous devez toujours y avoir recours (1).
(1) C'est surtout contre les ménin- gnées générales, il voulait que la phlé-
gites rachidiennes et contre les botomie fût surtout répétée chez les
commotions de la moelle qu'Olli- sujets jeunes et vigoureux; pour les
vier a recommandé les saignées saignées locales, il recommande l'ap-
abondantes. Ces saignées étaient plication des ventouses scarifiées sur
générales ou locales. Pour les sai- toute la longueur de la colonne ver- CUHIQUE TnÉRAP., 6* édit. m. — 22
Traitement La méningo-mvélite, quelle qu'en soit d'ailleurs la cause, Cnioff"°" est une des affections de la moelle le plus fréquemment
myeiitc. 0kscrv£es Elle se caractérise surtout au point de vue symptomalique par deux phénomènes : en premier lieu, ce sont des douleurs plus ou moins vives, revenant par accès et ayant bien des points de commun avec les douleurs fulgurantes et la névralgiesciatique; en second lieu, c'est l'impotence plus ou moins complète des membres inférieurs avec la conservation de la sensibilité, les parties extérieures de la moelle étant seules atteintes. Dans ces cas nous devons agir au point de vue thérapeutique avec la méthode révulsive et pratiquer avec énergie et constance des cautérisations le long du rachis. Vous devez aussi calmer les douleurs, car c'est là un des points sur lesquels le malade attire le plus souvent votre attention ; vous pourrez ici employer les divers moyens que je vous ai signalés à propos des névralgies, les doubles sciatiques devant toujours vous faire penser à une méningite médullaire; mais le moyen de beaucoup préférable est l'emploi de l'acétanilide, qui peut calmer les douleurs atroces qu'éprouve le patient. Quand ce médicament échouera vous pourrez user des injections de morphine. Il faut aussi surveiller les fonctions de défécationetd'urination,qui sont le plus souvent profondément perturbées en pareil cas, et c'est là une des circonstances aggravantes des paraplégies dues aux affections de la moelle.
De» trou- Du côté de l'intestin, nous avons des constipations opiniâtres ou de l'incontinence des matières fécales. Pour la
ble* de défécation,
tébrale et des deux côtés de Ja sail- le long des gouttières vertébrales, de lie des apophyses épineuses. manière à ouvrir les veines qui com- A propos de ces ventouses, Gosse muniquent directement avec le canal (de (ienève) voulait que Ton fil des rachidien. Ollivier repousse absoluincisions profondes dans les muscles ment cette pratique (a).
(a) Ollivier, Traité des maladies de la moelle épinière. Paris, 1&37, t. II, p. -U9. — Gosse, Dus maladies rhumatoides. Genève, 182C, p. 231.
TRAITEMENT DES MYÉLITES. 33ft
constipation, elle est tributaire d'un traitement par les drastiques; ces médicaments non seulement rétablissent leè garde-robes, mais encore ils agissent comme des révulsifs et peuvent ainsi modifier l'état de circulation de la moelle et de ses enveloppes. Dans certains cas, les purgatifs les plus violents ne pourront vaincre la constipation, et cela parce que le rectum paralysé s'est laissé distendre outre mesure par les matières fécales. 11 vous faudra alors dans ces cas briser le bol fécal soit avec» le doigt, soit avec une cuiller, pour en permettre l'issue au dehors.
Pour l'incontinence des matières, nous n'avons qu'à user des soins de propreté, qui jouent un rôle si considérable dans le traitement de la myélite ; car n'oubliez jamais que les inflammations de la moelle peuvent s'accompagner de troubles trophiques et que souvent, malgré toutes les précautions que vous prendrez, des escarres étendues pourront atteindre le sacrum et même le pourtour de l'anus, et cela par les effets du décubitus dorsal. C'est dans ces cas que les lits mécaniques ou les fauteuils mécaniques nous rendent de si grands services ; ils permettent soit de panser le malade avec facilité, soit de le déplacer d'une pièce à une autre, soit de faire faire à vos paraplégiques ce que Ricord appelle si spirituellement leur voyage de lit à lit (l'Italie), rendant ainsi la vie plus supportable aux malheureux paralytiques.
Le trouble apporté par la méningo-myélite du côté des Des t™fonctions urinaires a des conséquences plus graves encore *l*^*m que les troubles intestinaux. Au début, le malade éprouve UoDsouvent du ténesme dû au spasme de la vessie, ténesme qui fait bientôt place à de la rétention ou à de l'incontinence; pour la rétention, on devra pratiquer le cathétérisme, mais ce dernier ne tardepasàprovoquerde la cystite et de la purulence des urines. Si les urines deviennent purulentes, le ma-
Iade éprouve bientôt tous les symptômes de la résorption putride. 11 vous faudra donc faire des lavages de la vessie avec des liquides antifermentescibles : acide borique, chloral, résorcine ; il vous faudra aussi donner à l'intérieur des médicaments qui s'opposent à cette fermentation, tels que l'acide benzoïque, la térébenthine, l'essence de santal, le boldo, le buchu, etc.
Un jeune médecin des hôpitaux, mort prématurément, le Dr F. Dreyfous, a proposé l'emploi du salol à l'intérieur comme un excellent antiseptique pour les affections des voies urinaires. Les essais tentés de différents côtés ont justifié les affirmations de Dreyfous ; actuellement le salol se place au premier rang des substances qui réalisent l'antisepsie par la voie interne. Le même médicament peut rendre des services d'un autre genre dans les affections médullaires, en calmant les douleurs et en diminuant l'hyperexcitabilité des nerfs.
Le salol est formé par la combinaison du phénol et de l'acide salicylique; j'ai d'ailleurs longuement insisté sur ce médicament dans l'antisepsie intestinale. Les doses quotidiennes varient de 2 à 8 grammes.
Si la rétention d'urine a des inconvénients, l'incontinence en a de tout aussi graves; l'écoulement incessant de l'urine irrite les parties génitales, souille les linges qui entourent le malade et augmente les causes déjà existantes de gangrène locale et d'inflammation érythémateuse de la peau ; pour les hommes, on a assez perfectionné les urinais pour qu'on puisse en partie éviter ces accidents, mais il n'en est plus de même pour la femme paraplégique, chez laquelle l'écoulement d'urine conserve toute sa gravité et tous ses dangers.
Lorsque les phénomènes inflammatoires sont passés, on eut alors intervenir activement pour ramener les mouve-
litea par compression.
TRAITEMENT DÈS MYÉLITES. 341
ments danslesrhembres inférieurs, etc'esticique l'hydrothérapie, les massages, les frictions, l'électricité, peuvent vous rendre de réels services; mais il ne faut jamais employer ces moyens pendant la période aiguë de l'affection, car au lieu d'améliorer l'état dû malade, ils l'aggravent.
Les myélites par compression réclament le même traite- do. myé ment local que la mé.ningo-jnyélite, mais elles réclament aussi un traitement spécial ptour détruire la cause même de la myélite. Quand il Vagit d'un cancer de la moelle ou de ses enveloppes, nous ne pouvons rien, et notre rôle thérapeutique consistera à calmer les douleurs atroces des patients par l'acétanilide et par des injections de morphine. Lorsqu'il s'agit, au contraire, d'un mal de Pôtt, nous pouvons, par des moyens orthopédiques appropriés, rétablir dans une certaine mesure la rectitude de la colonne vertébrale. Enfin, lorsqu'il s'agit de lésions syphilitiques, on comprend qu'un traitement très énergique, et dans lequel les injections de peptonates mercuriques ammoniques jouent le rôle le plus important, puisse faire disparaître la myélite en enlevant sa cause productrice. Ce sont les cas de paraplégies curables que nous observons malheureusement trop rarement.
J'arrive maintenant au traitement des scléroses médul- Do ** ***-