‹ Leçons de flore (volume 2)Chapitre 25 sur 82 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME

Considérations sur les formes et les différentes positions du même organe dans les fleurs , et du rapport des organes entre eux.

Jj'homme éclairé par les arts, guidé par le bon goût, aclieiclié, tant dans les giaiids raonumens que dans les objets d'agrément , à var-.er les formes, à les mettie en harmonie on en opposition, de mani^ire a plaire aux yeux : il crée des chefs-d'œuvre tant qu il imite la nature; il ne produit que des grotesques dès qu'il s'en écarte. Dans Phomme , cette imitation n'a souvent d'autre utilité que de Hatter le goût et d'exciter Tadmiration : une voûte, soutenue par d'élégantes colonnes , ne serait pas moins bien soutenue, peut être même davantage, par un masbif de pierres informes; mais la demeure du premier être de la création ne serait alors qu'une carrière arrachée du sein de la terre et transportée a sa surface. Le génie de Ihomme est trop élevé, trop actif pour ne point chercher a revêtir son habitation de ces belles formes dont la nature lui offre le modèle : dans la nature, la variété des formes a un autre but. A la vérité , c'est un de ses bienfaits d'avoir mis en nous un sentiment d'admiration et de plaisir dans la contemplation de ses œuvres; mais ces formes élégantes et variées dont elle a revèiu les oiç^anes extérieurs des plantes, répondent aux fonctions qu'elle leur impose : elles ne peuvent être découvertes que par de longues observations. Cette recherche est un des charmes les plus séduisans de l'étude des plantes ; je dirai plus, elle en est le principal objet, quoique exclue généralement de tous les ouvrages systématiques. Par elle, nous apprenons quels sont les rapports des organes entre eux ; quelles sont les causes qui déterminent les formes différentes du même organe dans les différentes espèces; d où vient, par exemple , qu'une corolle est campanulée dans les une^;, papibonacée ou labiée dans d autres , quels rapports il y a entre la position, la longueur respective des étaminci et du pistd, entre la situation des anthères et celle du stigmate j d'où vient

qu'ici les filaraens sont libres , qu'ailleurs ils sont réunis eu un seul corps, etc. Ainsi donc se borner à la seule description des formes, sans autre considération, c'est comme si Ton réduisait l'étude de la géométrie à savoir distinguer ua triangle, un quadrilatère, un pentagone, etc., sans en re- ^ chercher les propriétés : pour ce genre d'étude, il ne faut que des yeux et un peu d'habitude. C'est parce que la plupart n'étudieot qu'avec leurs yeux, que nous avons tant de nomenclateurs, si peu de véritables botanistes; mais que l'œil du génie s'applique à rechercher quel a été, dans ces formes si variées, le dessein de la nature; quel en peut être le but; il reconnaîtra qu'aucune forme n'est arbitraire ni indifférente, que toutes les parties d'une même fleur influent nécessairement les unes sur les autres, et que, pour changer la disposition d'un seul organe, il faudrait que tous ceux qui y correspondent le fussent également. Nous en avons déjà eu la conviction lorsque j'ai traité des organes isolément; elle deviendra plus frappante, en rappelant ici les traits les plus saillans avec quelques détails particuliers dans lesquels je n'ai pu entrer.

IVous avons vu ailleurs que la direction des tiges, que leurs dimensions, ainsi que celles des rameaux, leur consistance herbacée ou ligneuse n'étaient point l'effet du hasard, pas plus que la disposition et la forme des feuilles; passons aux fleurs qui, par l'importance de leurs fonctions et le nombre de leurs organes, nous offrent bien plus de faits k observer. Parmi les enveloppes florales, le calice tubulé ou campanule, entier ou divisé, régulier ou inégal, caduc ou persistant, etc., nous offre, dans ces différentes formes, autant de modifications relatives aux autres parties de la fleur : essayons d'en examiner quelques-unes. Sans la consistance coriace, sans la forme allongée et tubulée du calice dans l'œillet, dans les silènes et dans la plupart des caryophyllées , comment pourraient se soutenir leurs pétales pourvus de longs onglets , et ne tenant au réceptacle que par la pointe étroite de leur base? IN'avons-nous pas tous les jours la preuve de son utilité dans ces beaux œillets doubles, dont les pétales, trop nombreux, occasionent le déchirement du calice : ces pétales, éparpillés et renversés, abrègent nos jouissances, a moins que nous ne prévenions cet accident par des soutiens artificiels.

Le calice des corolles monopétales est assez généralement court et peu divisé, ou bien il est de la longiieiu- du lube quand celui-ci est grêle, faible, incapable de se soutenir par lui-même : plus divisé dans les corolles poly pétales et à courts onglets, le calice nous offre ses divisions presque toujours alternes avec les pétales. D'où vient cette disposition? Dans ces sortes de fleurs, les étamines sont également alternes avec les pétales et en opposition avec les divisions du calice : il est évident qu'alors les étamines se trouvent dans la ligne qui sépare un pétale d'un autre ; qu'elles ne peuvent être que faiblement garanties par ces derniers : elles le sont par les divisions du calice qui s'appliquent sur la ligne de jonction de deux pétales ' .

D'un autre côté, il est des fleurs que la nature semble avoir bien moins protégées, telles que les pavots, la plupart des crucifères, etc., dont le calice et la corolle, extrêmement caducs, tombent peu après leur épanouissement jmais déjà la fécondation est opérée lorsque les fleurs s'ouvrent : elles ne se montrent qu'avec leurs anthères flétries. Une fois épanouies, elles ne se ferment plus, comme le font beaucoup d'autres, particulièrement les composées.

J'ai dit plus haut que, dans les fleurs monopétales, le calice était court, peu divisé : il n'entoure souvent que la partie inférieure de la corolle, et ne la protège que faiblement 3 mais, dans ce cas, la nature a fortifié la partie extérieure de cette corolle dont le limbe , avant l'épanouissement, est plissé en éventail : la partie intérieure est tendre, assez mince, tandis que l'extérieure, ou le dos de chaque pli , est beaucoup plus épais , quelquefois verdâtre, plus renforcé, comme étant plus exposé aux influences de l'atmosphère. C'est assez souvent sous cet abri , et avant l'épanouissement complet, que s'opère la fécondation.

' On voudra bien se rappeler que je n'entends pas établir, en principes généraux, les faits particuliers que je rap[)orte. On pourrait en citer beaucoup d"' autres qui sembleraient les détruire,* mais qu'on y fasse bien attention, on trouvera alors, dans les autres organes de la fleur, une disposition particulière qui remplira également le but de la nature. Je ne peux entrer dans tous les détails, je cnerche seulement à mettre le lecteur sur la voie de l'observation. Quand bien même quelques-unes de mes explications paraîtraient un peu hasardées, je n'en aurai pas moins fixé l'attention des naturalistes sur uue des considérations les plus importâmes de rétude des plantes.

(236) Le calice commun des fleurs composées mérite toute notre attention : il est, dans ses différentes positions, aussi curieux que facile à observer. Suivons-le dans cette plante si connue, si remarquable par la légèreté, l'élégance de son aigrette, je veux parler du pissenlit. J'aime à fixer l'attention snr les espèces les plus communes et trop souvent les plus dédaignées. Avant la floraison, le calice, sous ses folioles presque imbriquées et très-serrées, tient les fleurs à l'abri des variations de l'atmosphère; mais dès que le moment de l'épanouissement est arrivé, et que le temps est favorable, ses folioles s'ouvrent, s'écartent, et laissent aux corolles la liberté d'exposer au soleil leurs pétales rayonnans» A l'approche de la nuit ou de l'humidiié, tout se ferme, et le calice reprend sa première position; la fécondation s'opère; les corolles se flétrissent et tombent, mais le calice reste : il a protégé les fleurs, d protégera encore les semences jusqu'à leur parfaite maturité. Celles-ci ne sont que médiocrement attachées au réceptacle : elles le quitteraient k la moindre secousse, si elles n'avaient point d'abri. Le calice se ferme donc de nouveau et ne s'ouvre plus : il reste dans cette position, quel que soit l'état de l'atmosphère, fortement appliqué sur les jeunes semences jusqu'à ce qu'elles soient parfaitement mûres; alors il les quitte, et, pour ne point gêner leur dissémination, il tient toutes ses folioles rabattues sur le pédoncule : le réceptacle saillant en dehors prend une forme convexe, et se montre chargé des semences ornées de leur aigrette et disposées en une jolie tête globuleuse et d'une telle légèreté, qu'au moindre souffle ces semences voltigent au milieu des airs. Il ne reste plus de cette intéressante fleur que le réceptacle à nu , offrant à l'œil de l'observateur sa surface parsemée de petits alvéoles dans lesquels les semences étaient insérées par leur base. Maintenant explique qui le pourra, par les influences atmosphériques, ce jeu admirable des folioles du ctdice. A la vérité, tant que la plante est en fleurs, elles semblent céder, par leur changement de situation, aux impressioiis de Phumidité ou de la sécheresse, de la lumière ou de l'obscurité; mais par quelle cause ce même calice cesse t-il d'en éprouver Tinfluence après la fécondation? Pourquoi reste t il constamment fermé sur les graines? Quelle force inconnue le retient dans cette position, quel que soil i'état de l'atmosphère? Quelle puissance lui

(^37) fait raLaltre ensuite toutes ses folioles après la maturité des semences? JN'en clierclions point d'autre cause que l'action vitale. Les beaux phénomènes que je viens d'exposer sur la fleur du pissenlit se retrouvent dans un grand nombre d'autres, souvent avec des modifications qui ne les rendent que plus intéressans. J'ai choisi exprès la fleur la plus commune pour prouver qu'aucune n'est à dédaigner. Que de beaux faits n'aurions-nous pas à observer dans les seules plantes qui nous entourent , dans nos herbes potagères , dans nos arbres fruitiers, dans les fleurs de nos parterres, dans les plantes qui composent les pâturages et les prairies?

La corolle, chargée plus particulièrement de protéger les parties sexuelles, a aussi des formes bien plus variées que le calice : elles dépendent de la sit nation des étamines. Il ne faut qn'un peu d'attention pour saisir les rapports de position et de configuration qui existent entre ces deux organes. IVoiis avons vu, dans les fleurs a double enveloppe, c'est-àdire pourvues de calice et de corolle, les divisions du calice protéger les étamines placées entre la ligne de séparation de chaque pétale, tandis que, dans les fleurs k une seule enveloppe, mais à plusieurs divisions, les étamines, n'ayant point d'autre protecteur que la corolle , sont ordinairement placées vis-'a-vis ses divisions. Si ces étamines étaient alternes , elles manqueraient d'abri ; quand il en est autrement , la corolle les défend par d'autres moyens. Dans certaines fleurs, les étamines sont courtes, et ne s'élèvent pas au-delà de la portion entière de la corolle, comme dans plusieurs liliacées; dans d'autres, la corolle s'incline vers la terre, et tient les bords de son limbe courbés en gouttière, garantissant ainsi les étamines de la pluie.

La plupart des fleurs monopétales régulières ont les filamens des étamines soudés en partie sur la corolle. Celle-ci se ferme assez généralement à l'approche de la nuit et des temps humides, tandis que les corolles monopétales irrégulières, telles que les labiées, les personnées, ne se ferment jamais; mais leurs étamines, placées sous la lèvre supérieure, concave et en voûte, sont en tout temps à l'abri des influences de l'atmosphère. Il en est de même de quelques fleurs polypétcdes irrégulières, telles que les gesses, les pois^ les lèves , et en général la plupart des papilionacées :

( 2.38 ) leur pétale supérieur, profondément concave, courbé eu carène , renferme, dans sa concavité , le paquet des étamiues ; enfin, dans beaucoup d'autres corolles, les appendices dont elles sont pourvues, différens des nectaires, tels que des plis, des fossettes, des écailles, etc., sont presque toujours destinés pour la défense des organes sexuels. Les trois étamines des iris pourraient difficilement se conserver sans accident , si les stigmates , élargis en forme de pétales , ne les recouvraient en totalité.

Dans les fleurs composées , les demi-fleurons , qui , dans les radiées, ne sont placés qu'a la circonférence, semblent n'avoir été ainsi établis que pour ajouter a la défense des fleurons du centre, d'où saillent les organes sexuels. Quand la fleur se ferme, les demi-fleurons se replient sur les fleurons , et sont eux-mêmes recouverts par les folioles du calice. Dans plusieurs flosculeuses, telles que les centaurées, de grandes fleurs, souvent stériles et difformes, entourent les fleurons du centre, et paraissent les abriter : on sait que, dans ces sortes de fleurs, les cinq étamines sont réunies par leiu^s anthères sous la forme d'un tube que traverse le pistil. Harwin, dans ses yimours des plantes , cite des expériences faites par Dosdley, sur des artichauts, des chardons, des centaurées, etc., desquelles il résulte que, lorsqu'on touche le sommet des fleurons, les cinq filamens libres, qui supportent le cylindre des anthères, se contractent et se redressent ensuite. Par ce mouvement alternatif, la poussière fécondante s'échappe, et se précipite sur les stigmates : les filamens , séparés des fleurons , conservent encore , pendant quelques momens , leur irritabilité, comme les fibres musculaires des animaux.

Les grandes et belles fleurs des nénuphars , promenant à la surface des eaux leurs corolles d'un jaune doré ou d'un blanc virginal, sontpourvues d'étamines nombreuses , qu'elles présentent , très-étalées , aux rayons actifs de l'astre du jour , sans être abritées par aucun organe protecteur ; mais , au coucher- du soleil , ces fleurs se ferment et se plongent dans l'eau : elles en sortent le matin, et s'épanouissent de nouveau avec le retour de la lumière. Ce beau phénomène avait été observé par les Egyptiens sur cet élégant nénuphar du Nil, le lotos : c'est probablement d'après cette observation que cette fleur '<

( ^^9 ) était devcDue pour eux l'emblème du soleil, qu'ils voyaient tous les soirs se plonger dans les eaux de la mer, et en sorti v tous les matins aussi radieux que la veille.

Les divers mouvemens qu'exécutent le calice ou la corolle, et même la fleur entière, sont la plupart relatifs à la sûreté de la fécondation, ainsi que nous 1 avons déjà observé : il est encore d'autres phénomènes qui tendent au même but. On sait que les labiées sont pourvues de quatre étamines , dont deux plus courtes : il arrive, dans certaines espèces^ que les deux étamines inférieures sont les premières à lancer leur pollen- après cette opération, elles s'écartent, se retirent sur le côté, souvent sortent de la corolle, tandis que le pistil continue à s'élever pour recevoir la poussière des anthères supérieures.

D'après tout ce qui a été exposé dans le chapitre dixneuvième, il me reste peu a dire sur les organes sexuels. Je ne peux trop recommander au lecteur de porter une attention toute particulière sur leur disposition dans la fleur, sur leurs rapports de situation avec les formes de la corolle. Daiis les fleiu's hermaphrodites, la réunion des deux sexes dans lu même fleur , donne beaucoup de facilité pour la fécondation^ mais , dans les fleurs où les mâles sont séparés des femelles , comme dans les plantes monoïques et dioiques , les sexes se trouvant alors plus ou moins éloignés les uns des autres, il suit que la disposition , la forme des organes , doivent offrir des différences particulières, selon les rapports de situation de l'un et l'autre sexe. Ici, comme partout ailleurs, on reconnaît la prévoyance de la nature; et si, en général, les fleurs à sexes séparés n'ont pas le même éclat que les heimaplirodites, nous verrons que les corolles de ces dernières deviendraient, dans les plantes uni-sexuelles, un obstacle a la fécondation.

Dans les fleurs monoïques, c'est-a-dire dans celles où les étamijies sont séparées des pistils, mais sur les mêmes individus, presque toujours les fleurs mâles sont placées audessus des femelles, soit sur la même grappe, comme dans le tjpha (la massette d'eau), le sparij^anium (le ruban d'eau), plusieurs carex^ etc., soit sur des grappes ou sur des chatons distincts, comme dans le chêne, le bouleau, le noisetier, le maïs, etc. 11 est encore a remarquer que, dans ces plantes, surtout dans celles a fleurs dioïques, telles que

les saules, les peupliers, les genévriers, etc., les étamines sont ordinairement plus nombreuses , très-saillantes , souvent sans autre enveloppe florale qu'une petite écaille, rarement pourvues de corolle, ou les corolles sont larges, très-ouvertes, afin de ne point gêner la dispersion de la poussière fécondante. C'est sans doute par cette raison que nous ne connaissons aucune plante a sexes distincts parmi les flenrs labiées ou papilionacées , qui tiennent les anthères renfermées dans la concavité de leurs pétales. Les fleurs mâles sont portées sur des chatons mobiles , souples , pendans , allongés , que le moindre souffle agite , tandis que les fleurs femelles sont moins nombreuses; leur pédoncule droit, plus court, plus fixe. Assez généralement ces fleurs s'épanouissent avant l'apparition des feuilles, afin que la poussière des étamines, qui flotte dans l'air, puisse parvenir sans obstacle sur les fleurs femelles.

On trouve dans Plenk ( Physiologie des plantes , pag. 89 . traduction française) une remarque importante au sujet des plantes unisexuelles : «Un suc mielleux, dit-il, imbibe la superficie du stigmate : il sort de toutes les parties du pistil, mais particulièrement de l'ovaire. Il paraît qu'il est tellem.ent nécessaire pour la fécondation , que si, a l'aide d'une chaleur artificielle, il était entièrement desséché, l'ovaire ne pourrait être fécondé par le pollen. Les fleurs mâles ne sécrètent, en général, aucun suc mielleux. » Ce fait, qui mé« rite d'être observé, me paraît confirmer ce que j'ai dit, dans le chapitre seizième, au sujet des glandes nectarifères , que j'ai considérées non-seulement comme destinées pour la nourriture de l'ovaire , mais encore pour la perfection et la maturité des fruits.

A ces faits intéressans je pourrais en ajouter beaucoup d'autres : ceux que je viens de présenter suffisent pour tracer au naturaliste la marche qu'il doit suivre dans l'étude des végétaux , et lui faire voir sous quels rapports il doit les envisager. J'ai la conviction qu'il n'existe, dans les parties des plantes, aucune position, aucune forme arbitraires, et si nous n'y découvrons pas toujours le but de la nature^ c'est qu'il nous échappe : il suffit, pour nous en convaincre , de lavoir aperçu ou soupçonné dans certaines espèces. A force d'observations, nous pourrons obtenir de nouvelles découvertes; mais, je le répète, n'oublions pas qu'il ne faut pas se borner à considérer un organe isolement, qu'il faut en-

( Mï ) core l'étudier dans sa forme et sa position, dans tous ses rajjports avec les autres organes, dans les fonctions qu'il remplit concurremment avec eux. Par exemple, si je considère la position de ce beau et large pétale inférieur, portant le nom à' étendait dans les fieurs papilionacées, il me semblera voir un miroir réflecteiu-, destiné a renvoyer la lumière et la chaleur vers les organes sexuels, qui, renfermés dans la carène placée au-dessus, ne peuvent être frappés immédiatement par les rayons solaires; considérant ensuite ce pétale supérieur ou cette carène, et cherchant ses rapports avec les étamines et le pistil, je découvre que ceux-ci, réunis en un seul paquet dans la concavité de ce pétale, y sont tenus k l'abri des influencés de l'atmosphère; je vois encore que , probablement par cette même raison , ces fleurs , comme je l'ai dit, ne se ferment presque pas, tandis que le contraire a lieu pour la plupart des fleurs dont les organes sexuels n'ont aucun abri tant que leur corolle reste épanouie : celle-ci se ferme a TapprOche du danger.

Si quelques-unes des explications appliquées aux différentes dispositions des organes sont quelquefois un peu hasardées, du moins elles nous mettent sur la voie des découvertes , et peuvent être rectifiées par d'autres observations. Ce n'est qu'k force de les multiplier qu'on pourra parvenir à saisir le secret de la nature dans la configuration et autres attributs des corps organiques. Ces connaissances sont si agréables, d'une si facile acquisition, et en même temps si importantes, que je n'hésite pas a les proposer comme une des parties essentielles de l'étude des plantes.

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