‹ Leçons de flore (volume 2)Chapitre 56 sur 82 · CHAPITRE DIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIEME

Système sexuel de Linné,

Apres le choix que Tournefort avait fait de la corolle pour base de sa méthode, il devait paraître bien difficile d'en établir une autre sur aucune partie des fleurs pius'propre a intéresser; mais la découverte des sexes dans les végétaux fixa l'attention sur ces organes délicats : ils furent regardés avec raison comme les plus essentiels, et d'une nécessité indispensable pour la fécondation des fruits. Dès lors la corolle, malgré tout son éclat, ne fut plus considérée que comme une enveloppe brillante, destinée à les protéger. L'importance des élamines et des pistils, dans l'acte de la génération , détermina Linné à les prendre pour base de son système sexuel^ qu'il signala sous le nom séduisant de noces des plantes : les étamines furent considérées comme les maris, et lui servirent k établir ses classes; les pistils, considérés comme femmes, foimèrent les ordres ou sections. Mais comme il existe un ordre de plantes dans lesquelles ces organes sexuels sont nuls ou très-obscurs, Linné forma d'abord deux grandes coupes; savoir, les plantes dont les parties de la fructification sont très-apparentes, les phanérogames ' ; ce sont les noces publiques; celles dont la fructification est cachée ou très-obscure, les cryptogames : ce sont les noces clandestines.

A partir de ces deux grandes divisions, reprenant la preraière, les plantes phanérogames j Linné reconnut que^ quoique le plus grand nombre des plantes réunisse les doux sexes dans chaque fleur, savoir, les étamines et les pistils ^ il s en trouvait beaucoup d'antres qui n'avaient qu\in sexe; que les étamines existaient seules dans une fleur, et les pistils dans une autre; nouvelle division qui amena, i°. les fleurs hermaphrodites ou monocUnes ; 2°. les fleurs unisexuelles ou diclines. Dans la première, les maris habitent avec leurs femmes ; dans la seconde , ils en sont séparés.

' Ce terme est moderne : il u'a point été employé par Linné, i/j.". Livraison.

Considérant ensuite les attributs des étamines, ou Tordre que la uaUne a établi entre ces maris, il en résulte, i°. que, dans certaines fleurs, toutes les étamines sont libres, séparées les unes des autres, sans aucune proportion dans leur longueur respective; s**, qu'il s'en trouve de plus courtes, c'est à-dire que les maris sont séparés entre eux, et que quelques-un.s dominent les autres par leur longueur ; 3°. que, dans d'antres fleurs, les étamines sont réunies, par leurs tilaraens, en un^ deux ou plusieurs paquets, de telle sorte, qne les n^aris, considérés comme frères, n'en font qu'un, deux ou plusieurs, selon le nombre des paquets.

Les étamines libres et sans proportion dans leur longueur respective donnent lieu à la formation des treize premières classes établies d'après le nombre des étamines qui se trouvent dans chaque fleur : ce sont des maris tous égaux.

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