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XIV. Gynmidrie : le clutia

Cette classe ne renferme que quelques fragmens de familles naturelles, tels que des amejitacées , des conifères, etc.; la plupart des autres genres n'ont entre eux aucune connexion.

CLASSE XXIlï. Polygamie.

Cette classe n'est qu'une combinaison des deux précédentes; elle consiste dans des fleurs dont les unes sont unisexuell-es, les autres hermaphrodites : il y a pluralité de mariages ou polygamie. Les ordres sont tirés des combinaisons diverses des fleurs mâles et des fleurs femelles avec des fleurs hermaphrodites sur un même individu, sur deux ou trois : d'où suivent trois ordres :

I. Fleurs polygames réunies sur le même individu, mauœcie : le micocoulier (^celtis).

IL Fleurs polygames; les hermaphrodites sur un individu; les mâles et femelles sur un autre, diœcie : le févier {gleditsia triacanthos , pi. 4^,23, fig. i , 2 , 3 ).

m. Fleurs polygames; les hermaphrodites sur un individu j les mâles sur un autre; les femelles sur un autre : le caroubier ( ceratonia ).

On trouve, dans le P' ordre, la suite de la famille des graminées, quelques légumineuses, etc.; les deux autres, d'ailleurs très-peu étendus, surtout le dernier, n'offrent point de groupes naturels remarquables.

CLASSE XXIV. Crjptogamie.

Nous voici arrivés aux mariages clandestins ^ c'est-à-dire a ces plantes dont la fructification est indistincte, invisible

ou peu connue. Cette classe ne pouvait fournir, pour rétablissement des ordres, les mêmes caractères employés dans les classes précédentes : Linné a très-ingénieusement présenté en quatre ordres autant de familles très-naturelles et dont les caractères sont si bien prononcés, qu'ils se reconnaissent au premier aspect. Il faut en excepter un très-petit nombre de genres qu'on a depuis transportés dans des familles particnlières.

Ordre V\ Les fougères, que plusieurs botanistes ont nommées dorsifères k cause de leur caractère particulier de porter leur fructification sur le revers des feuilles. Elle consiste en petits paquets groupés en forme de lignes, de taches, de points, souvent entourés d'un anneau élastique, quelquefois nus. Ces paquets renferment un grand nombre de semences fort petites, pulvérulentes; les groupes souvent recouverts d'un tégument membraneux. On ignore par quels moyens ces semences obtiennent la fécondité : la doradille (asplejuum trichomaneSy pi. 4i -, ^i-, fig* 4)-

Ordre IL Les mousses, en général très-bien connues par leur port, remarquables par les caractères de leur fructification, aujourd'hui assez connues pour qu'on ait pu y distinguer des fleurs monoïques, dioïques ou hermaphrodites. La partie la plus apparente est le fruit : il consiste en une urne ou capsule pédicellée, uniloculaire, traversée, delà base au sommet, par un axe nommé columelle. L'orifice de cette capsule, qui porte le nom de péristome , est tantôt nu, tantôt bordé de cils ou de dents réunis quelquefois k leur sommet par une membrane nommée épiphragme ; Turne est, en outre, recouverte par un opercule qui tombe a la maturité des fruits. Les semences sont nombreuses, trèsfines et remplissent la capsule. Linné prenait cet organe pour l'anthère ' ; mais il est prouvé aujourd'hui, d'après les expériences d'IIedwig, que la prétendue poussière de l'anthère, semée convenablement, produisait denouvellesplantes.

' Linné, à la sagacité duquel la plupart de nos nouvelles découvertes n"* avaient pas échappé, mais que Ton ne cite pas pour de bonnes raisons, avait soupçonné le mode de fécondation tel qu'ail a éié ensuite plus dévelo))]^é par^Hedwig : il dit, dans le Gênera plantar., pag. 552, Edit. Heich. : Antherje quas nominamiis , forte potius capsula dlcendce , et earum pollen l'era semina, ciun in buxbaumià, aliisque indimus intra opercula veras anthep.as poUiniferas , è fîlamento suo dependentes, apice déhiscentes , pollen dimittere in cilia, tanquam inpistilla.

Ce même naturaliste a découvert que les fleurs des mousses étaient très-petites, les unes latérales, d'autres terminales, sous forme de bourgeons sessiles ou pédoncules, composées de folioles qui tiennent lieu de calice, et renferment, dans leur aisselle, les organes sexuels. Les mâles sont des utricules pédicellés, remplis d'une poussière très-fine, entremêlés de filamens stériles et articulés; les femelles offrent ces mêmes filamens mélangés de plusieurs corpuscules cylindriques, que l'on considère comme des pistils. Ordinairement un seul est fécondé : alors le pédicelle imperceptible qui soulevait l'ovaire s'allonge , pousse le jeune fruit hors de ces folioles calicinales que, pour distinguer des autres , on a nommées périchet. Ce fruit enlève avec lui une coiffe qui le recouvrait, et que Ton regarde comme faisant la fonction de corolle pendant la floraison : Thypne ( hjpnum minutilum, pi. 4ï , 24, fig. 3).

Ordre III. Les algues. Linné a compris dans cette division plusieurs genres qui en ont été séparés avec raison, et considérés comme formant des familles distinctes, tels que les hépatiques^ les lichens. Ainsi, bornant cet ordre aux algues proprement dites, on peut les diviser en deux sections : 1°. les algues marines; 2°. les algues d'eau douce. Leur fructification est encore moins connue que celle des deux ordres précédens. Ces plantes, très-variées dans leur port, se présentent tantôt sous la forme de membranes simples ou divisées, assez semblables a des feuilles; tantôt ce sont des filamens simples ou cloisonnés, articulés, de substance homogène : elles se reproduisent ou par une séparation naturelle de leurs parties, ou, h ce que Ton soupçonne, par des corps granuleux ,. que Ton regarde comme des semences auxquelles on a donné le nom de gongjles ; elles sont renfermées dans des tubercules internes ou externes : \<ds fucus ou varecs, les conferves {lichen cocciferus^ Lin., pi. 4i ? 24, fig. 2).

Ordre IV. Les champigî^oivs. Cet ordre, sous le nom de champignons , dont l'étude a été long-temps négligée, comprend aujourd'hui deux familles , ks champignons proprement dits et les hjpoxjlées : peut-être trouvera-î-on, parla suite, des caractères qui forceront d'augmenter le nombre de ces familles. Les champignons sont, en général, de consistance charnue^ coiiace, subéreuse ou mucilagiueuse ; ils.

( i34 ) sont très-variables dans leur forme ainsi que dans leur couleur qui n'est jamais veiîe. On distingue dans plusieurs parties de ces plantes , particulièrement vers leur surface, de très-pelits globules arrondis, qu'on regarde comme leurs semences, et qui, examinés au microscope, paraissent être eux-màne5 des capsules pleines de très-petites graines : l'agaric (pi. 4ï , 24, fig.i).

Tel est ce système si célèbre, tant loué par les uns, si amèrement criiiqué par d'autres. On y trouve de grands défauts, sans doute; mais la plupart sont inévitables dans toute méthode artificielle, telle que la dispersion de genres, très-rapprochés d'ailleurs dans l'ordre de la nature; des anomabes quand on est forcé de prendre, pour base des classes et des ordres, une ou deux parties seulement dans les fleurs. Ainsi, il arrive que plusieurs espèces du même genre n'ont pas toujours le nombre d'étamines indiquées par le caractère classique, telles que les valérianes, les gentianes, les lauriers j les polygonum, etc. ; que d'autres n'offrent que très- faiblement le caractère de leur genre, que, dans d'autres, la distinction entre plusieurs genres est si peu marquée, qu'on ne sait quelquefois auquel rapporter l'espèce que Ton cherche à cîas^er.

Malgré ces inconvéniens, malgré les déclamations injurieuses auxquelles se sont livrés opiniâtrement certains auteurs jaloux de la gloire de Linné, son système sexuel n'a pas moiiis été généralement adopté : on a reconnu qu'il n'en existait aucun plus propre a faciliter l'étude des vég^étaux, offrant, pardessus tous les autres, l'avantage de pouvoir-y trouver toutes les plantes connues, et d'y placer toutes celles que de nouvelles recherches peuvent faire découvrir.

Si les défauts de ce système, quand on commence a en faire usage, font naître quelques difficultés, elles disparaissent en partie a mesure qu'on avance dans cette étude. Bien certainement celui qui n'aurait jamais vu de valérianes, et qui aurait a déterminer nue de ces espèces qui n'ont qu'une ou deux etanîines, ou qui sont dioiques, n'ira pas la chercher dans la tricmdrie ; mais s'il connaît déjà quelques esj èces de ce genre, il s'apercevra aisément que, le nombre des etamines excepté, ces espèces possèdent tous les autres caractères particuliers a ce genre.

t( Eu voulant critiquer Linné avec tant de rigueur, dit

( i35 ) ^ l'estimaLle M. de Clairville, et exiger partout une perfection, une précision, pour ainsi dire nialhematique, on bouleverserait bientôt son système : il vaudrait beaucoup mieux que ceux qui y trouvent tant de défauts s'occupassent avant tout d'en créer un meilleur; autrement, nons pourrions nous trouver dans le cas de cet h(mime inconsidéré, qui, pour quelques petits inconvéniens, commencerait par abattre sa maison, sans avoir pensé à un abri, laissant au hasard le

soin de l'en pourvoir Au reste , quel ouvrage de Ihomme

est sans défaut? ajoute le même auteur. Au lieu de relever ceux de T inné avec amertume, de s'y apj; esantir avec humeur, admirons plutôt le beau génie qui a élevé en si peu de temps la botanique au niveau des autres sciences, et qui , en outre, nous a laissé, par ses excellens préceptes, des moyens de le corriger lui-même '. »

11 est d'autant plus important de nous familiariser avec le système sexuel, qu'aujourd'hui la plupart des Species plantai uni et des llores particulières sont disposées d'après cette classification. Il est bon aussi de connaître la méthode de Tournefort : elle nous apprend à bien distinguer les formes variées de la corolle ; elle nous offre de beaux fragmens de familles naturelles. Avec Tournefort, nous formons des bouquets, nous tressons des guirlandes : elles nous servent d'introduction pour assister aux noces des plantes célébrées par Linné au milieu des étamines et des pistils. Il est encore avantageux de faire concourir, pour les plantes de France, la méthode analytique de M. De Lamarck avec celle de Linné. C'est ajouter à nos jouissances que de pouvoir arriver, par des routes différentes, a la connaissance de la même

» Voyez le Botaniste sans maître, parj. 270 et 29G; ouvrage que j^ai (3éjà cité arec éloge, et dont je ne peux trop conseiller la lecture à tous ceux qui voudront avoir du système de Linné une connaissance plus parfaite, et en saisir le véritable esprit. Ce sont des lettres qui font suile à celles de J.-J. Rousseau, sur la botanique , et dont M. de Clairville a tellement suivi le plan et le style, qu'on y retrouve les aimables leçons de la plume qui a tracé les pr» mières. Cel ouvrage est peu connu : son modes e auteur, qui 11e recherche ni la célébrité, ni les preneurs, vit heureux au milieu des Alpes, dans le sein de la nature, li^ ré tout entier à Téuide de ses plus belles productions. Ainsi a \écu ce respectable pasteur de Marligny , Murith , que Ja mort a enlevé , il y a peu cVanuées, aux sciences et à ses amis. Il a publié le Guide du voyageur dans le Valais ^ ouvrage écrit, comme le précédent, avec beaucoup de simplicité, sans préieniion, par le seul amour de la science, bien différent de la plupart de ceux que Fou publie dans les grandes villes.

plante : il en résulte un plus grand degré de certitude. Il ne faut pas non plus négliger, à mesure que l'on se familiarise avec les familles naturelles, l'étude des rapports trop souvent interronjpus dans les méthodes artificielles : cette douce occnj^^atiou exerce agréablement nos facultés intellectuelles, suiiout si, dans les commcnrcmens , nous pouvons être gn n( ? par c[uel(ju'uii ^ui nous aide dans nos premières recherches»

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