‹ Leçons de floreChapitre 11 sur 115 · SYSTEME SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

SYSTEME SUPÉRIEUR

A la suite des trois systèmes (général, axifère et appendiculaire) dont nous venons de parler, j'ai établi une quatrième colonne, dans laquelle je représente les trois moyens de reproduction des végétaux composés; savoir, les embryons-latens, les embryons-fixes (bourgeons) et les embryons-graines : j'ajoute, à la représentation de ces trois sortes de corps reproducteurs , celle des divers modes qu'ils offrent dans le développement de leurs premières évolutions, tels que, pour les embryons-fixes, le scion allongé ou de continuité; le scion roselé, qui n'est qu'une abréviation du scion allongé; le scion avorté ou spinescent, dans l'épine axillaire; le scion bulbeux , dans les bulbines qui se développent à l'aisselle des feuilles de certaines liliacées, et dans celles

que l'on nomme gousses dans l'ail, et qui prennent également naissance a l'aisselle des feuilles écailleuses et inférieures de cette plante; et enfin le scion terminé ou scion-fleur, quand il paraît sous l'apparence d'une fleur.

Les embryons-graines présentent dans leur germination deux modes de développement très-faciles a distinguer : le premier (cotylédons hypogés) consiste dans ce que les feuilles cotylédonaires ayant acquis, sous les tuniques propres de la graine, tout l'accroissement dont elles étaient susceptibles, restent sous la terre , et se flétrissent tout près du point où elles ont pris naissance; tandis que, dans le second (cotylédons épigés), ces mêmes feuilles cotylédonaires, en conservant la faculté de croître et de verdir, sont exhaussées audessus du sol, et souvent assez loin de la ligne médiane, au moyen d'une première élongation végétale de l'axe, à laquelle on a, sans nécessité, donné le nom de tigelle.

SYSTÈME AXIFÈRE.

Organes faisant partie du tube vivant des végétaux.

ORGANES EPIDERMIQUES.

Pores. On nomme pores les issues, soit intérieures, soit extérieures, qui facilitent la circulation des fluides destinés a entretenir la vie des êtres organisés, et a mettre en rapport de communication les cellules aggrégées dont ces êtres se composent.

Les pores, comme organes de première formation et comme étant d'une nécessité absolue a l'existence des êtres vivans, sont communs aux végétaux et aux animaux, et ils exercent leurs fonctions dans tous, depuis les plus simples jusqu'aux plus composés.

Leur ouverture à la surface du végétal se manifeste de diverses manières; elle est simple (fig. i), membraneuse (fig. 2), glandulaire (fig. 3) ou tubulaire (fig. 4)> toujours simple dans ceux des racines.

Aiguillons . Les aiguillons sont de simples expansions du tissu cellulaire : répandus indistinctement sur toute la surface de la partie aérienne des végétaux, ils s'en détachent au moindre effort. La partie terrestre n'en produit jamais (fig. 5).

Disposition des nœuds-vitaux ou conceptacles des embryons-fixes sur le tube vivant des végétaux.

NOEUD-VITAL (Tlirp.).

Cet organe, qu'il ne faut point confondre avec les pointsvnaux répandus indistinctement dans toutes les parties du tissu cellulaire des végétaux, sert de conceptacle ou de berceau aux embryons-fixes (bourgeons) : son apparition sur les plantes , qui ne commence guère qu'à partir des mousses, devient le premier des caractères qui distinguent les végétaux composés ou appendiculaires des végétaux simples ou axifères. Les nœuds-vitaux, comme les points-vitaux, prennent naissance dans l'intérieur du tissu cellulaire; mais ils diffèrent essentiellement de ceux-ci , en ce qu'au lieu d'être épars, ils sont constamment disposés, autour du tube végétal, sur des points déterminés. Considérés dans le sens transversal des tiges, les nœuds- vitaux sont isolés (fig. i et 2) ou associés (fig. 3 et 4). Dans le premier cas, ils sont alternes, distiques ou rangés sur deux côtés (fig. 1), ou alternes en spirale (fig. 2); dans le second, ils montrent l'opposition par couple (fig. 3 ) ou l'opposition par verticille (fig. 4) î mais une chose de la plus haute importance, et qu'il ne faut jamais perdre de vue dans l'étude organique des végétaux , c'est que , quel que soit le mode de situation de ces organes dans le sens horizontal , ils restent toujours assujettis a la disposition alterne dans le sens longitudinal £ c'està-dire, que jamais un nœud-vital ne s'oppose à un autre lacé immédiatement au-dessus ou au-dessous de lui, mais tien à Pe.pace produit par deux autres (fig. 3 et 4)-

Les nœuds-vitaux annoncent que les végétaux qui en sont pourvus quittent cette organisation simple que l'on remarque dans les champignons et les algues de terre et de mer; que ces végétaux vont devenir des êtres composés ou plutôt des aggrégations d'êtres ; que , sur le bord de leurs nœuds-vitaux , il va se développer des organes appendiculaires, tels que les feuilles de la t;ge et celles de la fleur ; qu'au premier moyen de reproduction, les embryons-iatens, le seul que montrent les végétaux axifères, vont s'en adjoindre deux autres, les embryons-fixes et les embryons-graines ; que la fécondation.

peut-être indispensable au développement des embryonsgraines, va se manifester; et qu'enfin cette masse de tissu primitif ou cellulaire va être traversée diversement par un second tissu, que Ton nomme vasculaire.

Les nœuds-vitaux de la partie inférieure, ou système terrestre des végétaux composés, ont cela de remarquable, que , quelle que soit la disposition de ceux du système aérien, ils sont toujours alternes; qu'ils ne sont jamais bordés par un organe appendiculaire, et que les embryons-fixes qui en émanent (connus sous le nom de spongioles ou de clievelu) sont toujours dépourvus d'écaillés : très-peu apparens sur les racines ordinaires (fig. 2), ils deviennent très-visibles sur celles qui se gorgent de suc , comme dans la pomme de terre et le topinambour (fig. 3).

Fig. 1 , a. ( du système supérieur ) nœud-vital donnant naissance à un embryon- fixe; b. embryon-fixe terminal, trèsdistinct des latéraux, en ce qu'il n'a point de conceptacle particulier, qu'il émane de la continuité de l'axe, et qu'il ne contribue point à l'augmentation en diamètre ; c. embryonfixe latéral; d. espace ou entre-nœud auquel M. du Petit- Thouars a donné le nom de mérithalle; e. place qu'occupait la feuille protectrice de l'embryon-fixe développé dans son aisselle.

Fig. 3 (du système inférieur), topinambour, a. nœudsvitaux et embryons- fixes; b. mérithalle.

Corps reproducteurs libres, appartenant au troisième et dernier moyen de reproduction des végétaux composés ; considérés } avec leurs enveloppes protectrices , comme émanant de la partie terminale des axes.

Embryons-libres dépouillés de leurs enveloppes,

Page 1