‹ Leçons de floreChapitre 21 sur 115 · TABLEAU IL · texte numérisé non relu

TABLEAU IL

Organisation végétale.

On est depuis longtemps d'accord sur l'accroissement en longueur des végétaux; mais il n'en est pas de même de celui qu'ils acquièrent en grosseur : on avait cru et on croit encore , d'après les belles observations de Duhamel, qu'un suc mucilagineux, nommé cambium, en suintant entre l'écone et le bois, s'y organisait et y formait une nouvelle couche, qui, en se joignant a celles des années précédentes, suffisait seule à l'augmentation , en diamètre, des végétaux.

M. Aubert du Petit-Thouars a depuis démontré que cette augmentation est produite par les nombreuses libres, pour ainsi dire, radiculaires, que les bourgeons ou embryonsfixes, à mesure qu'ils deviennent des rameaux, laissent échapper inférieurement entre le bois et l'écorce, où, à l'aide du cambium, ils s'anastomosent et forment de nouvelles couches.

Depuis long-temps je savais, par mes propres observalions, que tout végétal rameux ou simplement muni de feuilles, grossissait ; que cette augmentation avait lieu, et qu'elle était toujours en rapport avec le nombre et la grandeur des feuilles, le nombre et la force des rameaux que produisait chaque plante ; je voyais que les dicotylédones , éminemment rameuses, étaient aussi celles dont le diamètre augmentait le plus, tandis qu'à côté les monocotylédones, le plus souvent réduites à la tige principale, grossissaient infiniment moins.

Un végétal qui ne présenterait ni feuilles ni rameaux latéraux ne ferait que s'allonger sans jamais acquérir eu grosseur. Ce végétal n'exisie point parmi les apprndiculuircs; mais on peut, jusqu'à un certain point, prouver ce que j'avance, en mettant sous les yeux les plantes qui appartiennent aux genres cascuta et cassyta. Ou sait que ces plantes,, presque dépourvues de feuilles et de rameaux, n'ont qu'une végetatiou simplement filiforme.

i. asclep ï as frnticosa, Lin. Coupe transversale d'une jeune branche : «, écorcej b , moelle; d7 vaisseaux poreux;

(68) è, vaisseaux propres, réunis en faisceaux. On n'a représenté ici qu'une portion d'une lame mince levée sur la coupe transversale de la branche : cette portion s'étend du centre à un point de la circonférence. Ainsi, pour se faire une idée juste de la coupe transversale entière, il faut compléter, par la pensée, le cercle autour de la partie c, qui eu est le centre.

2. salvia hispanica, Lin. Coupe longitudinale d'un rameau : «, écorce; &, bois. On distingue aisément dans l'épaisseur du bois les tubes poreux et des trachées; c, moelle. On n'a représenté ici qu'une portion d'une lame mince levée sur la coupe longitudinale du rameau, et comprise entre le centre et un point de la circonférence. Il faut donc, pour compléter l'image de cette coupe, ajouter a la droite decla répétition des parties b et a.

3. Portion , isolée par déchirement , d'un vaisseau qui présente des pores et des fentes : on remarque sur sa paroi extérieure quelques lambeaux du tissu dont il faisait partie.

4- fougère en arbre (cyathea arborea). Coupe transversale et longitudinale d'un stipe, où l'on voit que le bois de ces végétaux présente deux sortes de tissus : en a, le tissu cellulaire, et, en &, le tissu ligneux ou vasculaire.

Obs. Cette singulière disposition, dans les fougères, du tissu ligneux, produit, sur la coupe transversale de la base des pétioles de notre pteris aquilinay une figure dans laquelle on a cru voir l'image d'un aigle a deux têtes.

5. chou-palmier (areca olevacea, Lin.). Coupe transversale et longitudinale d'un stipe. Cette modification des tissus paraît plus simple, en ne considérant que l'arrangement des tissus cellulaire et vasculaire, que celle qu'offre la coupe du stipe de la fougère figurée au-dessus : a , écorce ; b, traînées de tissu cellulaire, semblables a celles que l'on appelle rayons ou prolongeinens médullaires dans les dicotylédones; c, faisceaux de tubes formant la partie ligneuse de ces végétaux.

6. chêne commun (quercus robur , Lin.). Coupe transversale et longitudinale d'un tronc. Dans cette modification , extrêmement éloignée de celle dont nous venons de parler, on voit, en a, l'écoice; en &, cette masse considérable de jeune bois, que l'on nomme aubier; en c, une autre masse, déjà réduite a Vétat d'inertie, est le bois parfait ; en d, le

(«9) canal médullaire réduit, par le refoulement successif des couches du Lois, à un simple point; et, en e, les prolongemens ou rayons médullaires.

La moelle et ses rayons, observés dans les végétaux appcndiculaires de l'ordre le plus élevé, représentent exactement une portion du tissu cellulaire ou primitif, plus ou moins ménagée par le tissu vasculaire qui la traverse.

Ce même tissu cellulaire, qui compose a lui seul la masse organique des végétaux axifères (végétaux qui, d'après cette considération , pourraient être regardés comme n'étant que moelle), reçoit peu a peu, et à mesure que l'on s'élève vers les espèces les plus compliquées, un autre tissu que l'on nomme vasculaire. Ce tissu, dont la présence annonce, dans les végétaux qui en sont pourvus, des nœuds-vitaux, des organes appendiculaires, des sexes, des embryons-fixes et des embryons-graines, s'établit toujours à la circonférence: dans les monocotylédons, peu considérables vers le centre, il s'y anastomose à peine dans le sens longitudinal; caractère qui se retrouve dans les feuilles de ces plantes, et dans lesquelles plantes les deux tissus s'y trouvent à peu près eu niasse égale.

Dans les dicotylédons, le tissu vasculaire, allant toujours en augmentant, aux dépens du tissu primitif, absorbe presque à lui seul toute la masse des arbres, dans lesquels, comme je l'ai déjà dit, le tissu cellulaire ne se montre plus que dans cette partie que l'on a nommée improprement moelle, et dans les prolongeniens lamelliformes et rayoïinans de cette dernière.

Cette petite partie de tissu cellulaire, ménagée au centre des végétaux appendiculaires supérieurs, peut, selon les diverses espèces, se rétrécir par le refoulement successif des couches additionnelles du bois, ou conserver le diamètre qu'elle a reçu dans l'axe de l'embryon-graine , si la plante est venue de semence, ou dans celui de l'embryon-fixe, si elle provient de bouture.

7. chêke commun (quercus robur 7 Lin.). Feuille réduite au simple tissu ligneux , afin de bien faire connaître la manière dont il s'anastomose dans les végétaux, pour en former en quelque sorte la charpente.

Page 1