‹ Leçons de floreChapitre 22 sur 115 · dattjra .épineux (datura stramonium, Lin.). Fruit · texte numérisé non relu

dattjra .épineux (datura stramonium, Lin.). Fruit

( 7° ) réduit au même état que la feuille représentée par la figure précédente.

Obs. Les figures 4> 5 et 6 donnent une idée de l'aspect que présentent, à l'intérieur, les diverses combinaisons des tissus dans les trois grandes divisions des végétaux, les acotyU doues , les monocotylédones et les dicotylédones. Il est aisé de voir dans ces trois figures, malgré que les exemples aient été pris sur des points très-éloignés les uns des autres, dans la série naturelle, qu'elles n'offrent pourtant que de simples modifications, diversifiées seulement par l'arrangement divers des deux tissus. Il est bon de remarquer que si , dans la figure 5, le canal médullaire occupe tant d'espace, on y aperçoit en même temps des traînées de tissu cellulaire qui annoncent, dans ces végétaux, une tendance à la formation des rayons médullaires. Comme je l'ai déjà dit, ces trois exemples sont pris au milieu et aux extrémités du règne végétal : on doit, en raison des immenses intervalles qui les séparent, être étonné de retrouver encore de l'analogie entre eux. Que serait-ce si, partant du champignon, qui n'offre que le seul tissu cellulaire, nous suivions toutes les nuances établies par la nature dans le tissu organique des végétaux? 3\Tous reconnaîtrions que la, comme partout ailleurs, il faut se défier de ces définitions arbitraires, par lesquelles on prétend assigner a chaque objet des caractères nettement tranchés ; que les livres seuls s'accommodent de toutes ces divisions entièrement désavouées par la nature; qu'elles se détruisent, au moyen des nuances qui les lient, sous les yeux de quiconque les soumet au creuset de l'observation comparée, et qu'en disparaissant elles entraînent avec elles les prétendues anomalies , fruits de notre ignorance.

TABLEAU II {bis).

Dans ce tableau , on a représenté deux phénomènes de végétation : l'un (fig. i ) tend a prouver que la fleur, toute entière, n'est qu'un bourgeon terminé; que ce bourgeon, comme ceux dont résultent les branches , se compose d'un axe et d'organes appendiculaires ou feuilles de la fleur; et que cet axe, terminé par une sorte d'épuisement nécessaire au développement des embryons, peut, aux dépens des

graines, lorsque les sucs nourriciers abondent en cette partie, continuer de s'allonger, et, en quelque sorte, reprendre des droits qu'il n'avait cédés qu'en faveur de la fructification.

Rien n'est plus commun que ces sortes de végétai ions, et rien en même temps n'est plus propre a nous éclairer sur la physiologie végétale. C'est surtout parmi es plantes cultivées et souvent nourries avec profusion , que Ton voit le plus communément ces petits rameaux abrégés ou épuisés, que l'on nomme fleurs , continuer de s'allonger au-delà de leur terme ordinaire; c'est encore a cette tendance naturelle des végétaux a continuer de s'allonger, que nous devons ces roses prolifères, que tout le monde connaît, et qui, du sein de leurs pétales, donnent naissance, par prolong ment de l'axe, a un autre rameau florifère, ou , pour être nneux entendu , à une autre fleur.

Cette poire, figurée et réduite a la moitié de sa grandeur naturelle , a été observée, par mon ami M. Poireau, au potager de Versailles, en 1817. En la comparant aux autres fruits de l'arbre, naturellement développés, sa forme générale n'était point altérée, son volume était a peu près le même, l'aspect et la saveur de sa chair présentaient peu de différence; mais ce qui était très-remarquable, c'est que l'endocarpe ou partie cartilagineuse des loges, de même que les graines, avaient entièrement disparu (fig. 2).

Fig. 1 , 0, folioles calicinales ; £, nœuds- vitaux; c, embryons-fixes émanant des nœuds-vitaux.

L'autre phénomène (fig. 3 ) a pour but de faire connaître, i°. que l'état de repos ou d'intermittence des embryons sous les-enveloppes de la graine et du péricarpe n'est dû qu'aux circonstances environnantes ; 20. que , dans les climats chauds et humides où la végétation est sans cesse favorisée , les embryons, en continuant de se développer, sans interruption, depuis le moment où ils en ont reçu le pouvoir, par la fécondation, jusqu'à celui où ils terminent leur vie, il arrive assez souvent de rencontrer, sur certains végétaux, des fruits de l'intérieur desquels s'échappent des embryons, qui, quoique chargés de feuilles, de fleurs et de fruits, restent malgré cela fixés, en vrais parasites , sur celui qui leur a donne naissance.

Plusieurs autres végétaux offrent également des embryons qui n'attendent point, pour continuer de se développer,.

( » ) qu'ils soient éloignés de leur mère et confiés au sol : ceux du crinum asiaticum végètent, pour la plupart, dans l'intérieur du fruit ; pareille chose arrive dans les oranges, les citrons, et surtout dans le fruit que l'on nomme avocat aux Antilles ( laurus persea ) ; mais l'un des plus curieux de ces sortes de dévtloppemens, est celui que présente le rizophora mangle (Tabl. xxyvi, fig. 6, *j et o). Cet embryon vivipare perce sa tunique propre et le péricarpe dans lequel il est contenu; restant ensuite simplement engagé, par ses quatre feuilles cotylédonaires, dans l'intérieur du fruit, il continue en cet état de s'allonger en une massue radiculaire, pendante, et qui , avant de se détacher de la mère et de s'enfoncer, par son propre poids, dans la terre, acquiert quelquefois une longueur de quinze pouces.

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