Dana, in Penck, Morphologie, H, p. il
186 INFLUENCES TECTONIQUES ACTIVES
le Goenoeng-Raon, un cratère de 730 mètres de profondeur, avec parois verticales en voie de constant écroulement. Mais les circonstances changent beaucoup quand la lave monte par la cheminée et remplit plus ou moins l'ouverture .
Bon nombre de cratères de volcans éteints abritent aujourd'hui des lacs et sont dits cratêi^es-lacs. De ce nombre est le lac deLaach, près des bords du Rhin, avec une profondeur de 51 mètres. Le plus curieux exemple de ce genre est celui du petit lac, d'environ 500 mètres de diamètre, que M. Kerr Cross * a récemment signalé au fond du cratère qui couronne le Rongoué, cône volcanique de près de 3000 mètres, se dressant à l'extrémité septentrionale du lac Nyassa, en Afrique. C'est l'abondance des pluies équatoriales qui entretient cette petite nappe d'eau, ainsi que beaucoup d'autres lacs de cratères situés au voisinage de la même montagne.
II est impossible de séparer de cette catégorie les cratères résultant d'explosions volcaniques, lors même que l'explosion s'est bornée à faire naître un entonnoir, loin d'un volcan, dans une roche qui n'a elle-même rien d'éruptif. Ces cratères d'explosion peuvent aussi <levenir des lacs, comme le lac d'Albano, dans le Latium, le Craier lake de l'Orégon, profond d'environ 800 mètres, certains lacs d'Auvergne, tels que \q gour de Tazanat, profond de 67 mètres, enfin les célèbres maare de l'Eifel, où la profondeur varie de 22 à 53 mètres, mais dont le plus grand n'a que 200 mètres de diamètre.
Beaucoup de ces cavités n'ont pas d'écoulement extérieur. Ainsi les lacs de Gmûnd, de Weinfeld, le Pulvermaar, les lacs d'Albano, do Nemi, de Laach. Souvent le niveau de l'eau s'y tient beaucoup plus bas que le point le moins élevé de l'entourage. C'est l'eau (le pluie qui les entretient et, quand il n'y a pas de solfatare, cette eau est nécessairement douce *. Les cratères d'explosion, produits par la projection en massé d'une certaine étendue de terrain, ont parfois des dimensions considérables et engendrent de véritables cirques gigantesques ; de ce nombre sont : la caldera ou chaudière du Goenoeng-Tengger de Java, qui a 6500 mètres sur 9000 ; le cirque de Sanlorin, avec 6500 mètres de petit axe et 10 kilomètres de grand axe; la chaudière de Ténériffe, qui compte 13 kilomètres sur 20; le Craterlake déjà mentionné.
Enfin une structure commune à certains districts de laves est celle qui engendre des cavités cratériformes par le simple effondrement de certaines parties, refondues à la base ou offrant des vides
1. Geograph. Joumaly 1895, p. 114. — 2. Pcnck, Afotyhogie, H, p. 298.