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RIVIÈRES A PENTE RAPIDE

quand d'autres en seront encore à la jeunesse. C'est une considération qu'il ne faut pas perdre de vue, lorsqu'on se sert de l'aspect topographique comme d'un critérium pour apprécier le degré d'évolution d'un cycle.

Gela posé, nous allons passer successivement en revue un certain nombre de types de cours d'eau ou de réseaux fluviaux, de manière à nous faire une idée des diverses combinaisons qui peuvent se présenter.

Rivières à pente rapide et diBcontinue. — Nous commencerons par donner les profils de cours d'eau qui peuvent servir d'exemples

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Fig. 88. — Profil da Kohlbach, dans lo Tatra (hauteurs non cxagërôos).

au point de vue de la régularisation encore fort incomplète de la courbe du lit.

Ainsi le Kohlbach, qui descend du Tatra pour se jeter à Gross Lomnitz, après 17 kilomètres de parcours, dans un affluent de la Vistule, a sa pente brisée par deux rapides (fig. 88). Le tronçon

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Fig. 89. — Profil de la Linlh entre le Sandfirn et Glaris (d'après M. Bodraer).

de tête (marqué 1. 2), essentiellement torrentiel, a une pente de 35'* 18' sur environ 1300 mètres. Puis la traversée de la dépression dite Chaudière des Cinq Lacs (2. 3) se fait avec une inclinaison de S** 43', à laquelle succède un rapide (3. 4) de 48^ 34' sur 400 mètres. Alors, dans le tronçon (4. 5), la pente devient de 5** 33', jusqu'à un autre rapide (5. 6) de près de 600 mètres avec 16" 20', à la suite duquel la pente se règle à 3M0' jusqu'à l'embouchure, sur une longueur totale de 10 kilomètres et demi.

Le Kohlbach n'est qu'un torrent. Mais la même rupture de pente par deux rapides se retrouve dans le cours supérieur de la Linth, entre le Sandfirn et Glaris (fig. 89), Seulement, dans ce cas.

tant par suite de la nature des roches que par l'insuffisance des eaux de tête, le premier tronçon à partir du haut commence par une courbe convexe.

Bassin de la Somme. — A Textrémité tout à fait opposée de l'échelle doit être placée la rivière de la Somme. D'abord son bassin, remarquablement homogène, est formé de craie, presque exclusivement même de craie blanche, avec une légère couverture de limon et de bief à silex sur les plateaux. Le peu de ruissellement qui est susceptible de se produire par l'effet de cette couverture argileuse n'a pas assez de puissance (en dehors du cas exceptionnel de trombes) pour se faire sentir jusque dans la vallée. Aussi, de tous les cours d'eau connus, la Somme est-elle un de ceux dont le débit est le plus constant, la différence n'étant que de 1 à 4 entre le volume d'étiage et celui des crues. Sa limpidité ne

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Fig. 90. — Profil da lit de la Somme.

se dément jamais, et les suintements du pied des versants, assez analogues à ceux de la Champagne, ont engendré une puissante végétation tourbeuse, dont la culture a seule arrêté le progrès.

D'autre part, la Somme coule au fond d'un synclinal qui demeure absolument rectiligne sur près de 80 kilomètres. La rivière mérite donc bien le titre de cours d'eau conséquent^ et les quelques affluents qu'elle reçoit tombent en général à angle droit sur sa direction, disposition que quelques auteurs, en particulier M. Daubrée, ont attribuée à un réseau de diaclases ou cassures orthogonales, tandis que MM. de la Noë et de Margerie n'y voient que l'arrangement ordinaire des cours d'eau envoyés par les versants du synclinal.

Dans ces conditions, on ne s'étonnera pas de l'extrême régularité de la courbe du lit (fig. 90), qui ne commence à s'écarter sérieusement d'une droite que dans le tronçon tout à fait supérieur. La pente moyenne totale étant de iôtifôô, on peut distinguer un tronçon inférieur de 76 kilomètres, avec rôrîrôô, un tronçon moyen de 67 kilomètres avec TôTrVe, un autre de 51 kilomètres avec nrrrôii; enfin le dernier, de H kilomètres, où la pente atteint fôiHôô.

On remarquera en même temps que la pente moyenne (1 pour

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