EVOLUTION DU RESEAU PARISIEN
D'ailleurs, comme Font montré MM. de la Noë et de Margerie *, si, entre l'Oise et TYonne, on réunit par des courbes les points des lits des grands cours d'eau qui ont la même altitude, on obtient des lignes concentriques qui dessinent un entonnoir aussi aplati que régulier. On peut donc dire que la pénéplaine future est actuellement jalonnée par des éléments correspondants des rivières principales, pour lesquelles l'état d'équilibre est atteint.
Mais les mêmes auteurs ont fait cette remarque importante, que les courbes générales d'altitude, au sommet de la falaise tertiaire de l'Ile de France, aussi bien que celles de la falaise crétacée de Champagne (c'est-à-dire les courbes qui réunissent, sans égard aux dénivellations intermédiaires, les points de même niveau sur les couronnements de ces deux falaises), sont exactement parallèles aux précédentes \ d'où Ton peut tirer cette conclusion, que
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Fig. 92. — Diagrauimo du bassin de Paris. — l, calcaire do Beauce; 2, sables oligocènes; 3, terrain éocène; 4, craie; 5, infracrétacé ; 6, calcaires jurassiques. — I, I, pénéplaine oligocène, II, II, surface d'équilibre dos grands cours d'eau actuels.
les bords actuels des falaises représentent des lambeaux d'une ancienne pénéplaine. Même on peut s'assurer qu'à part un bombement correspondant à la Montagne de Reims, presque partout, entre le lit des grands cours d'eau et la surface supérieure de la falaise que chacun d'eux entame pour pénétrer d'une bande dans la suivante, la dénivellation est à peu près constante, toujours comprise entre 130 et 150 mètres : ce qui autoriserait la supposition que l'ancienne pénéplaine, dont les couronnements des falaises représentent les restes (fîg. 92), aurait été soulevée en masse, presque sans déformation, de cette quantité.
Aperçu de révolution du bassin. — Or l'histoire géologique du bassin nous enseigne que, vers le milieu des temps tertiaires, un grand lac, le lac oligocène de la Beauce, occupait toute la partie centrale de la région, recevant des cours d'eau qui lui venaient de l'est. Le niveau de ce lac était alors peu différent de celui de la mer; car, à plus d'une reprise, du moins au début, cette dernière y a fait des incursions. Le lac définissait donc la surface de base