les Foi-mes du terrain, pi. XXXIV
de rérosion pour la région émergée à cette époque, et qui s'étendait de la Champagne aux Vosges. Sur tout ce parcours devait s'installer un réseau fluvial dirigé de Test à l'ouest, et dont l'action tendait à transformer l'ensemble de la Lorraine, de la Bourgogne et de la Champagne crayeuse en une pénéplaine aboutissant à la nappe lacustre.
Plus tard, le lac s'est vidé en s'inclinant vers la Loire» après quoi un soulèvement, ou plutôt une série de soulèvements, en a relevé le fond vers le nord-est, de telle sorte qu'autour de Paris, les restes de ce fond se retrouvent aujourd'hui entre 170 et 180 mètres d'altitude. Par suite de cette surrection, les rivières, déjà régularisées jusqu'à leur entrée dans le lac, ont dû, à la fois, s'allonger sur son territoire asséché, y descendre et creuser à nouveau leurs anciens lits. Le façonnement de la surface a marché avec une vitesse inégale suivant la résistance des affleurements, les bandes les moins dures cédant plus vite que les autres, ce qui a dû créer la falaise de l'Ile de France et accentuer celles qui existaient auparavant en Champagne et en Argonne. De cette façon, l'ancienne pénéplaine a subi un nouveau modelé, qui n'en a laissé subsister que des restes, formant les crêtes des falaises successives.
Phénomènes de capture en Champagne. — Au cours de ce travail, les diverses rivières n'ont pas dû marcher du même pas, soit qu'elles eussent des débits inégaux, soit à cause de la variété des roches rencontrées sur leur parcours. Aussi des phénomènes de capture se sont-ils produits, qui ont modifié plus ou moins profondément le réseau de la pénéplaine oligocène. L'un des exemples les plus typiques de ces modifications a été signalé par M. Davis *. Il concerne le territoire compris entre la Marne et l'Aube au voisinage de Fère-Champenoise (fig. 93).
A l'origine du mouvement qui a déterminé l'enfoncement des lits fluviaux, trois rivières paraissent avoir existé entre la Marne et l'Aube (fig. 93, I) : la première, R, marquée par la réunion des eaux divisées de nos jours entre la Soude et le Surmelin; la seconde, R', comprenant la Somme qui, après s'être réunie au petit cours d'eau de Vaurefroy sur l'emplacement du marais de Saint-Gond, se prolongeait par le Petit-Morin; enfin la troisième R", jalonnée par l'ensemble de la Maurienne, du ruisseau de Sézanne ou des Anges et du Grand-Morin.
Pendant que s'opérait la surrection du pays, tous ces cours
i. Annales de géographie, 1895.