CHAMPAGNE. PHENOMENES DE CAPTURE
d*eau durent se tailler une entrée à travers la falaise tertiaire de Sézanne (fig. 93, II), qui se dessinait au fur et à mesure, grâce à la résistance offerte par Taffleurement du calcaire pîsolithique, faisant obstacle à la pénétration des rivières. Au contraire, en arrière» le facile aObuillement de la craie engendrait, le long de la falaise, une dépression où deux affluents subséquents prenaient naissance : l'un, A, correspondant à la Somme-Soude, tombait dans la Marne au-dessous de Chàlons; l'autre. A', représenté par le tronçon inférieur de la Superbe, aboutissait à l'Aube. Bientôt la Marne et l'Aube, grâce au volume de leurs eaux, qui
Fig. 93. — Évolution dos rivières entro la Marno et TAaho (d'après M. Davis). — I, état antërioar; II, état actuel.
leur donnait de l'avantage, grâce aussi, peut-être, à une moindre résistance du bloc tertiaire sur leur parcours, parvenaient à descendre notablement plus bas que les autres rivières, attirant à elles les thalwegs des deux affluents A et A', qui allongeaient leurs lits dans deux directions opposées. En vertu de ce double allongement, d'un côté, par le progrès de son creusement en amont, la Somme- Soude A capturait d'abord la Soude, et un peu plus tard la Somme. De l'autre côté, la Superbe s'emparait du tronçon supérieur du Grand-Morin, le divisant en deux petites rivières opposées bout à bout, dont l'une, obséquente * et coulant à rebours sous la for.me du ruisseau des Anges, tandis que l'autre devenait la Maurienne. Puis, continuant sa marche rétrograde au nord, la Superbe, ainsi renforcée, opérait, par la Vaure, la conquête du