‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 121 sur 364 · HISTOIRE DU RHIN · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU RHIN

chute que lui impose Téperon granitique de Laufenburg, a trouvé de suite à descendre jusqu'au voisinage du niveau de base. Au contraire, au delà de Bâle, il lui a fallu s'accommoder de la dépression alsacienne, telle que l'avaient faite les effondrements de l'époque ^ tertiaire, et sans doute aussi les apports des glaciers quaternaires.

Histoire du fleuve. — L'histoire du fleuve est d'ailleurs très complexe. D'abord la dépression alsacienne s'est produite au milieu des temps tertiaires, lors de l'époque oligocène, et elle a été occupée par une mer qui venait de la région de Cassel et du Weser. Après le départ de cette mer, il a dû y avoir un fleuve qui se vidait à rest, du côté du Danube, si bien que les géologues suisses ont donné le nom A' anti-Rhin à ce précurseur du fleuve actuel. Pendant ce temps, les éruptions volcaniques du Vogelsberg venaient intercepter l'ancien golfe de la Hesse.

Après le soulèvement des Alpes, tandis que le Rhin supérieur continuait à se diriger vers Ulm, il y a eu en Suisse un fleuve qui passait par Sargans, Wallenstatt, Zurich et le lit de la Limmat, creusant une rigole au bord méridional de la Forêt Noire. Ensuite le Rhin a changé de route et s'est rendu dans la dépression de Constance, d'où il s'écoulait à l'ouest, d'abord par la branche d'Ueberlingen, puis par l'Untersee, empruntant au delà le sillon déjà creusé au sud de la Forêt Noire, mais à condition de modifier son cours d'aval après chaque extension des glaces.

De la plaine rhénane, le Rhin a passé dans la dépression de Mayence, qui à l'époque pleistocène a subi un affaissement marqué, pendant qu'au contraire le massif rhénan se soulevait peu à peu, comme nous l'avons vu antérieurement*, ce qui fait que les anciennes alluvions du Rhin, d'origine nettement fluviale, atteignent 85 mètres d'épaisseur devant Bingen. Ce mouvement pourrait d'ailleurs n'être pas entièrement terminé, car les tremblements de terre qui se sont fait sentir à Darmstadt témoignent d'une certaine instabilité dans la plaine fluviale.

La traversée de Bingen à Coblence est loin d'être définitivement régularisée. Elle offrait autrefois plusieurs seuils dangereux. Le lit y perd par moments les 4/5 de sa largeur, et la profondeur de l'eau s'élève jusqu'à 27 mètres. Quant à la Moselle, nous avons déjà eu l'occasion de parler de son enfoncement progressif au sein du massif schisteux.

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