RÉSEAU HYDROGRAPHIQUE RHÉNAN
tagnes suisses, la dépression de Constance, le plateau jurassien du pied de la Forêt Noire, le grand effondrement alsacien, le bassin plaide Mayence; après quoi, au lieu de continuer par les trouées de la Fulda et du Weser, qui semblaient lui offrir une voie plus directe que tout autre, ce fleuve s'impose la rude traversée du haut plateau dit rhénan du Hunsrûck et du Westerwald, pour arriver
Fig. 96. — Le réseau hydrographique rhénan.
ainsi laborieusement aux plaines de la Westphalie et à celles des Pays-Bas.
Profil dn BhlTi. — La diversité de structure et d'histoire des régions tour à tour visitées par le Rhin est telle, que le fleuve n'a pas encore pu conquérir un profil d'équilibre. Au lieu d'une pente continue, se traduisant par une courbe régulièrement concave, le lit du Rhin offre une suite de ressauts (fig. 97). Au milieu de ces inégalités s'intercalent deux parties de très faible inclinaison, Tune entre le lac de Constance et Schaffouse, l'autre s'étendant de Spire
à Mayence, dans cet ancien bassin que le fleuve a fortement affouillé, avant d'établir son lit dans le défilé de Bingen à Coblence. L'ensemble forme une ligne brisée dont les éléments se groupent bien autour d'une courbe, mais en dessinant une concavité beaucoup plus progressive que dans la plupart des rivières, où la courbure ne commence à se prononcer que dans les parties hautes du bassin. Aussi peut-on dire que le cours du Rhin, long de 1000 kilomètres, se compose de deux portions presque égales, Tune de 450 kilomètres, entre la source et Kehl, où la pente d'ensemble est supérieure à j^^ l'autre de 550 kilomètres, de Kehl à l'embouchure, où la pente moyenne est de 0",24 pour 1000. La première partie elle-même se divise en deux tronçons, séparés par le
3co ¥oo 5oo JCHomkrM
Fig. 07. — Profil du Rhin.
lac de Constance, et dont les pentes sont respectivement de 2 pour 1000 et de0",9 pour 1000. Si l'on réfléchit qu'une pente d un millième est en général la limite au delà de laquelle une rivière cesse d'être navigable, et que cette pente se retrouve par endroits entre Bâle et le Kaiserstuhl, on appréciera combien le Rhin est encore éloigné de son état d'équilibre définitif. C'est ce dont témoignent les nombreux changements, survenus de l'époque romaine au XVI* siècle, dans la situation de Vieux-Brisach ; et sans doute le travail mécanique du Rhin serait encore plus efficace, si l'homme ne s'était appliqué à en diminuer le danger par toutes sortes de travaux, ayant pour objet de fixer le sol du territoire traversé par le fleuve et ses affluents.
Ce qui peut surprendre au premier abord, c'est de voir la pente de Bâle à Kehl si notablement supérieure à celle du tronçon précédent. Mais cette anomalie s'explique, quand on se rappelle que ce tronçon est établi sur le massif sédimentaire, à peu près horizontal et perméable, qui forme au pied de la Forêt Noire ce qu'on nomme le Jura tabulaire {Tafeljura); de sorte que le fleuve, à partir de la