ONZIÈME LEÇON
Définition et importance du modelé glaciaire. — Jusqu'ici nous n'avons considéré l'action des puissances extérieures que sous la forme des eaux courantes ; mais il est une part importante des précipitations atmosphériques qui prend d'abord la forme de neige et qui, transformée ensuite en glace, devient pour la terre ferme un puissant agent de modelé.
A l'heure présente, selon M. Penck*, la surface occupée par les glaciers dans les Alpes, le Caucase, l'Himalaya, la Cordillère des Andes et la Nouvelle-Zélande, serait d'environ 80 000 kilomètres carrés : c'est peu de chose relativement à la superficie continentale; mais ce peu de chose agit avec une grande énergie, précisément sur les régions où le relief est le plus heurté, produisant des modifications rapides et imposantes. Il y faut» d'ailleurs ajouter Tespace considérable occupé par les glaces dans les régions polaires. Mais surtout, il convient de se souvenir qu'à une époque très voisine de la nôtre, l'empire de la glace a été incomparablement plus étendu ; de sorte que les traces de son passage, partout nettement visibles, impriment à une fraction notable de la terre ferme une physionomie tout à fait particulière.
De là dérive le puissant intérêt géographique qui s'attache à Tétude du modelé glaciaire. Sous cette rubrique, nous comprendrons, avec les effets du froid et de là neige, ceux des glaces proprement dites. Nous nous occuperons d'abord des glaciers de montagnes, pour tourner ensuite notre attention vers les calottes glaciaires.
BéBagrégation des roches par la gelée. — La gelée est una