RÉGIONS DE STEPPES
petites collines, encore bien visibles dans la région si plate qui s'étend à l'ouest de la Theiss. Ces collines sont d'anciennes dunes, édifiées lors de la mise à sec du fond du lac, avant que les herbes eussent réussi à s'y installer. Aujourd'hui encore, dans la partie méridionale du bassin, il y a conflit entre l'action éolienne et la végétation qui cherche à s'emparer du sol.
Ce qui est certain, c'est que VAlfold ou pays plat de la Hongrie, aussi nommé la Ptizta, ofl*re tous les caractères d'une steppe ou d'une savane. Seulement, ici comme pour beaucoup de savanes américaines, l'intervention de l'homme a exagéré ce que le climat seul aurait produit; et c'est surtout par la destruction inconsidérée des forêts que ces pays sont devenus des steppes : que l'homme ait abattu les arbres pour s'en servir ou qu'à l'exemple des Indiens, il ait incendié les bois en mettant le feu aux herbes. La civilisation atténue cet effet; et c'est ainsi qu'en Amérique, nombre de plaines herbeuses ont pu se repeupler d'arbres depuis l'arrivée des Européens. De même, la culture et les plantations font chaque jour de nouveaux progrès dans les plaines de la Pannonie. Mais si l'intervention de l'homme se produit avec succès sur certaines plaines herbeuses, elle serait inefficace sur les véritables steppes, celles qui confinent au désert, et où la sécheresse de l'air est attestée par le caractère tout spécial de la végétation. Telles sont les steppes à absinthe de la dépression aralo-caspienne.
Quant aux steppes de la Russie méridionale, il faut distinguer celles qui sont assises sur le tchemozom ou terre noire, d'avec les steppes plus méridionales, au sol généralement salé, lesquelles préparent la transition aux steppes désertiques. Dans les premières, ce n'est pas l'humidité qui fait défaut et le sol est fertile. Mais l'absence de relief, dans un pays exposé sans défense aux ouragans de neige, ne permet la croissance des arbres que dans les vallées où ils sont abrités.
Pour être moins indécis que dans les déserts, le modelé du sol reste toujours assez imparfait sur les vraies steppes, où le défaut de pente s'ajoute à l'insuffisance des eaux courantes.