‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 147 sur 364 · FALAISES. PLATES-FORMES LITTORALES · texte numérisé non relu

FALAISES. PLATES-FORMES LITTORALES

tionnels, ne dépasse pas 20 mètres et d'ordinaire en atteint à peine 10*.

Formation des falaises. — Cela posé, imaginons une côte dont le profil originel ACD (fig. 111) présenterait une inclinaison de quelques degrés, et qui viendrait tout d*un coup à être soumise à Taltaque des vagues. Celles-ci créeront par sapement, quelle que soit la nature de la roche, une entaille CBA, le point C marquant la profondeur à laquelle l'érosion cesse d'être efficace. Le talus BÂ, constamment rafraîchi, se maintient raide et voisin de la verticale, parfois même en surplomb si les roches au-dessus de la rainure ordinairement creusée en B ont assez de tenue pour résister pendant quelque temps au défaut de support. Ainsi se

Fig. 111. — Formation d'une falaise.

forme une falaise, et cet effet est indépendant de la nature des matériaux de la côte ; car on observe non seulement des falaises de granité, de schiste, de calcaire dur ou de craie, mais aussi des falaises d'argile, comme celles de la côte normande de Trouville à Dives, dont la raideur se conserve grâce à la chute continuelle de nouvelles tranches.

Plates-formes littorales. — Le point C et le pied de la falaise se raccordent, surtout quand il s'agit de roches consistantes, par une véritable plate-forme CB, partiellement émergée à mer basse, et contre laquelle les débris arrachés à la falaise viennent constituer un remblai sous-marin DBEF. Cette plate-forme d'abrasion est particulièrement nette au pied du promontoire crayeux du cap Blanc-Nez, entre le Boulonnais et Calais.

Si le niveau de la mer est stable, une limite s'impose à la largeur de la plate-forme. En effet, Feau peu profonde qui la submerge à haute mer n'éprouve, par le fait de la marée, que de

1. Il s'agit ici des vagues poussées contre une côte et non des courants marins, dont quelques-uns peuvent opérer un creusement en roches dures à la profondeur de 100 mètres et même plus.

faibles oscillations. De plus, le frottement ralentit le mouvement des vagues poussées par le vent. Bientôt presque toute la force vive de Teau n'est plus employée qu'à amener sur cette terrasse des sables ou des galets. Parfois même il s'y établit une végétation protectrice d'herbes marines. Aussi, lorsque les courants de marée et les vents n'ont pas une intensité exceptionnelle, la largeur des plates-formes d'érosion se réduit-elle d'ordinaire à un petit nombre de centaines de mètres. Quand le socle d'érosion a pris assez de développement pour pouvoir supprimer l'assaut direct des vagues contre la falaise, un cordon de galets et de graviers se forme au pied de celle-ci, et l'escarpement, qui n'est plus rafraîchi, s'adoucit peu à peu sous l'effort des agents atmosphériques, en même temps que l'herbe parvient à se fixer.

L'observation géologique a permis de constater, aux environs de Vienne, l'existence d'une ancienne falaise atrophiée de calcaire miocène {calcaire de la Leilha)^ en avant de laquelle s'étend une plate-forme d'abrasion large d'un kilomètre. Contre le bord extérieur de cette terrasse s'appuie le conglomérai de la Leilha, que sa richesse en fossiles et sa stratification oblique font reconnaître comme un remblai, où les vagues ont accumulé les matériaux arrachés à la falaise K

Accidents d'un rivage en falaise. — Sur une côte absolument homogène, et qui ne serait pas échancrée par des vallées, il n'y a pas de raisons pour que le tracé d'un rivage en falaise ne reste point rectiligne.

Mais la plus petite différence dans la résistance ou l'état de fendillement des roches introduit des inégalités, par suite desquelles certaines parties se creusent plus rapidement que les autres, engendrant des criques ou des anses plus ou moins découpées, en forme d'arcs de cercle dont la flèche est rarement supérieure à 200 ou 300 mètres, avec une corde environ trois fois plus grande.

La côte occidentale de Jersey, où se fait sentir dans toute sa force le choc des vagues aidées par des marées puissantes, donne le moyen d'apprécier combien sont faibles les échancrures produites par la rencontre de roches moins résistantes, partout où il n'y a pas de cours d'eau débouchant sur le rivage. Aux deux extrémités delà côte en question apparaissent, formant de hautes falaises, deux bandes granitiques, celle du nord, qui donne les promontoires de Piémont, de Gros-Nez et de l'Étacq; celle du sud,

i. Penck, Morphologie f II, p. 476.

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