‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 148 sur 364 · FALAISES · texte numérisé non relu

FALAISES

qui s'avance jusqu'aux rochers de Corbière. Entre les deux s'étend, comme un arc de cercle concave à 1res grand rayon, la baie de Saint-Ouen, creusée dans Kaffleurement des schistes tendres précambriens, et occupée par une plage de sable avec dunes en arrière. La flèche de la concavité de cette baie est à peine égale au sixième de son ouverture. Encore reçoit-elle quelques petits cours d'eau.

Fig. 119. — Aiguille de vieux grès rouge, isolée par la mer aux îles Orcades.

En revanche, sur la même île, on voit la mer creuser, à la place des filons tendres de porphyrite qui parcourent le granité, des sillons, parfois des tunnels. En s'y engouffrant, la vague comprime l'air avec violence. Sur certaines côtes, comme aux Canaries, l'air lancé dans de tels sillons réussit à se faire jour en crevant le toit des galeries.

Entre deux criques d'une falaise, la mer, pénétrant dans les fissures d'un promontoire, le découpe en aiguilles^ en pyramides, ^n piliers (fig. 112), et quelquefois y creuse des arcades, comme

celles d'Étretat. Tous ces accidents surgissent directement du niveau de la basse mer, et les sables de la plage s'accumulent à leur pied.

nés d'érosion. — Les progrès de Térosion marine, favorisés par rinégale résistance des roches, peuvent à la longue amener la formation d'îles en avant des côtes. C'est ainsi que lefs îles anglo-normandes ont été peu à peu isolées du Cotentin, auquel elles se reliaient dans l'origine. C'est à la dureté particulière des roches cristallines qui les composent qu'elles ont dû d'être partiellement respectées. De la même façon, les vagues, en déblayant les terrains schisteux de l'estuaire de la Sélune, n'ont pas pu faire disparaître le culot granitique du mont Saint-Michel.

Du moins ce dernier continue-t-il, à marée basse, à faire partie du domaine continental. Mais, à mesure que progressait la destruction des isthmes qui autrefois rattachaient les îles anglo-normandes, au continent, des courants marins se sont établis, et ont acquis assez de vitesse pour approfondir les passes où la mer ne s'avançait qu'au moment du flux; si bien que la séparation a fini par être complète. -^

Ce phénomène sera évidemment facilité par un déplacement positif du niveau de la mer, tandis qu'il serait empêché par un mouvement contraire. Mais il importe de remarquer que la première de ces conditions n'est pas indispensable à la formation des îles, et que le pouvoir d'érosion des courants de marée, dans les parages où ce facteur acquiert une grande intensité, suffit à expliquer l'isolement définitif d'anciens promontoires, particulièrement exposés à l'assaut des vagues de tempêtes.

Quand les îles ainsi formées gardent encore quelque étendue, les caractères de la surface, par leur identité avec ce qu'on observe sur le continent voisin, laissent deviner la séparation accomplie. On se rend compte aisément qu'il ne s'agit pas de territoires indépendants, modelés en conformité de leur situation actuelle, mais de districts dont le façonnement avait commencé sous l'empire de tout autres conditions.

Ce morcellement des côtes s'est accompli avec une énergie particulière sur le littoral océanique de l'Europe, depuis le Portugal jusqu'au nord de l'Ecosse. Toutes les îles de cette bande sont des ruines, autrefois rattachées au continent, et dont l'isolement a été facilité par les crevasses et les mouvements tectoniques dont la formation de l'Atlantique nord a dû être accompagnée. Presque partout, la faible profondeur des détroits qui séparent ces îles de

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