‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 155 sur 364 · Dinse, op, cit. — 2. Dinse, op. cit · texte numérisé non relu

Dinse, op, cit. — 2. Dinse, op. cit

Il y a du reste une dilTérence sensible entre le3 fjords de Norvège et les lacs d'Ecosse. En effet les vallées qui aboutissent aux premiers sont des chapelets de cavités lacustres, parfois très profondes, qui servent de purificateurs pour les eaux et empêchent le comblement des fjords. Il n'en est pas de même en Ecosse, non plus que pour les loughs irlandais et les découpures de la côte du Maine en Amérique. Aussi ces échancrures se comblent-elles assez rapidement. En 1862, le fjord Robin Hood Cove avait des bassins de 48 mètres de profondeur; aujourd'hui on n'y mesure pas plus de 2 mètres de fond. Dans la même période, le détroit-fjord du Back River a perdu plus de 50 mètres de profondeur. Le Sligo Harbour d'Irlande était autrefois un fjord typique, long de 11 kilomètres, large de 500 à 2500 mètres, et assez profond. Aujourd'hui, sauf un seul chenal étroit, tout est à 1 m. 50 ou 2 mètres au-dessus de la basse mer *.

Ainsi d'abondantes précipitations atmosphériques, en activant le travail d'une érosion dont les produits ne s'emmagasinent pas dans des lacs, entraîne la rapide disparition des fjords. C'est ainsi qu'ont dû se combler les étroites et sinueuses vallées à fond plat qui débouchent sur la côte^ occidentale du pays de Galles.

Éléments tectoniques des Qords. Action glaciaire. Types fiubordonnés. — Dans tout ce qui précède, nous avons cru devoir, à l'exemple de MM. de Richthofen et Dinse, restreindre la dénomination de fjords, dont on a souvent fait le plus grand abus, l'appliquant à toutes les découpures profondes des côtes. En conservant cette signification limitée, qui implique à la fois une grande longueur, des parois raiJes et un fond partagé en cuvettes inégales , nous pouvons ajouter quelques autres particularités. D'abord les vrais fjords vont toujours par séries et accompagnent les côtes montagneuses. Ensuite un parallélisme évident se manifeste (fig. 118, p. 279), non dans la direction générale des fjords eux-mêmes, mais dans celle des nombreux éléments entre lesquels ces découpures se décomposent tout naturellement.

Aussi peut-on dire que deux influences éclatent surtout dans les fjords : l'influence tectonique, c'est-à-dire la dislocation qui a morcelé la côte, et l'action glaciaire qui a préservé ces échancrures, en même temps qu'elle a dû causer en partie leur submersion, par l'abaissement infligé à la contrée (peut-être à cause de la contrac-

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