‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 156 sur 364 · FJORDS. RIVAGES DALMATES · texte numérisé non relu

FJORDS. RIVAGES DALMATES

lion du territoire refroidi par la glace, et insuffisamment réchauffé depuis sa disparition).

D'après cela, c'est la mer elle-même qui paraît avoir le moins de part à la formation de cette structure, qu'elle se contente d'accuser en envahissant les creux produits.

Quand des causes analogues à celles qui produisaient les vrais fjords ont agi sur des rivages peu élevés, quoique appartenant toujours à d'anciens plateaux, la forme des échancrures se modifie. Les fjàrd de Suède, golfes fermés à éléments non parallèles, et les schàren de Finlande, qui se résolvent en un enchevêtrement com-

Fig. 118. — Fragment do la côto norvégienne.

plet de baies, de falaises et d'îles, peuvent être considérés comme répondant à ce cas particulier.

On vient de voir que les fjords proprement dits trahissent par leur allure des dislocations qui tendaient à morceler un territoire de grande altitude. Si ce morcellement s'est exercé sur une plus vaste échelle, mais dans des pays pourvus d'un moindre relief, on obtient les archipels extrêmement découpés des terres circumpolaires, avec leurs détroits ou snnds {sounds), larges de 40 à 50 kilomètres et profonds de 360 mètres au plus. Ici comme en Scandinavie, l'effort de dislocation a porté sur des districts de terrains très anciennement consolidés, qui ne paraissent plus aujourd'hui susceptibles de plissement.

Rivages du type dalmate. — L'effet sera tout différent s'il s'agit d'une région disloquée par des fractures ou de brusques flexures, et, par surcroît, formée de calcaires compacts de grande épaisseur. Ce cas est celui de la côte orientale de l'Adriatique, où le morcel-

lement des Alpes dinariques a fait naître un type particulier de côtes découpées, qu'on a justement qualifié de type dalmale, La mer y pénètre profondément, soit dans les synclinaux, soit dans les cassures, en donnant naissance à des golfes très étroits et encaissés (fig. H9), mais qu*on aurait grand tort de qualifier de fjords; car ils ne serpentent pas à de grandes distances au milieu du massif, s'élargissant assez progressivement de Tamont à l'aval, et offrent dans la distribution des profondeurs une régularité qu'on ne trouve jamais dans les fjords. D'anciennes dolines, rencontrées par les cassures, peuvent provoquer des élargissements des golfes, et si le débouché marin de ces cavités d'effondrement vient à ôtre

Fig. 119. — Fragment do la côto do Daliiiatic. Les zones de profondear sont indiquées par dos hachares do moins en moins osparc'cs.

obstrué par des alluvions, elles se transformeront en lacs salés. Ce sont, au moins pour partie, les reliklcn seen ou lacs résiduels de M. Peschel, au nombre desquels on doit ranger le lac de Scutari d'Albanie.

Les cassures le long desquelles se sont faits. les glissements do paquets disloqués se révèlent quelquefois de la manière la plus nette par de hautes falaises, comme celle de l'Ombla près de Raguso (fig. 120). Un escarpement vertical d'environ 200 mètres y forme un premier gradin, précédant une falaise intérieure d'égale hauteur. Du pied du premier s'échappe une source puissante, qui se déverse directement dans la mer.

Remarquons seulement, avec M. de Pichthofen*, que la netteté des découpures de la côte dalmate tient surtout à ce que la mer qui les baigne, dépourvue de marées, n'exerce qu'un très faible effort

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